Politique européenne

Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 15:08

zone euro L'Union européenne affronte la plus grave crise de son existence. Elle tient moins à la force des marchés qui menace la zone euro, qu'à la faiblesse de la gouvernance politique pour la conjurer.


Le 9 décembre, le compromis de Bruxelles à l'occasion du 16e sommet européen depuis le déclenchement de la défaillance grecque en a été une nouvelle illustration. Je partage la nécessité d'adresser de nouveaux signes de crédibilité par des procédures de contrôle des engagements budgétaires des Etats. Mais je constate que la proclamation d'un nouveau traité n'a pas permis de restaurer le calme sur les marchés et d'instaurer la confiance chez les citoyens. Car cet accord n'a été capable ni de répondre à l'urgence, ni de relancer l'Europe.

Personne ne sait d'ailleurs quelle en sera la traduction juridique: une révision des traités européens ? L'adaptation de dispositions existantes ou la finalisation de mécanismes déjà prévus par la Commission ? Un accord intergouvernemental sur de bonnes pratiques mais avec quel rattachement à l'ordre juridique communautaire ?

Je le sais d'autant moins que le président-candidat se garde bien de consulter l'opposition. Il en appelle à l'union nationale, ce qui est cocasse venant de celui qui n'a cessé d'entretenir des divisions, et se prive, sur des questions essentielles, de l'avis de ceux qui pourraient être demain en charge du pays.

Une révision des traités est un exercice difficile. Et même périlleux, a fortiori si le texte lui-même suscite la controverse. En tout cas, sa seule annonce, même célébrée par des communiqués de presse de victoire, n'a pas été de nature à lever les incertitudes. Une semaine après, tout semble être revenu comme avant. Et c'est un constat d'insuffisance qui est dressé. Je souhaite évidemment que les moyens financiers décidés à Bruxelles dissipent les inquiétudes avec le concours de la Banque centrale européenne. C'est l'intérêt de la France, comme de l'ensemble de la zone euro.

Je tiens néanmoins à exprimer mes réserves. Car ce projet de traité, parce qu'il est étroit, flou et punitif, entretient une dangereuse confusion entre la nécessaire convergence des politiques économiques dans la zone euro et la généralisation de l'austérité.

Et je vois, non sans m'en étonner, la résignation de l'un de ses initiateurs. Nicolas Sarkozy lui-même déclare, au détour d'une phrase, ne pas faire un drame de la dégradation de la notation de notre pays par les agences de notations. C'est dire sa confiance ! Le sauvetage du triple A était hier considéré comme un "trésor national" et le talisman d'une bonne gestion. Sa perte, aujourd'hui, est jugée "tout sauf insurmontable". Il y a là un terrible aveu d'échec.

La réduction des déficits et de la dette est un impératif. Si les Français m'accordent leur confiance en mai 2012, je demanderai au Parlement de voter une loi de programmation des finances publiques sur le retour à l'équilibre de nos comptes avant 2017. Cet effort sera réalisé dans la justice sociale. Mais rien de sérieux ne sera possible sans la croissance; elle est la grande oubliée de l'accord de Bruxelles avec même le risque d'accentuer la récession, au point d'en inquiéter les marchés eux-mêmes.

La démocratie est l'autre grande absente. Comment admettre la mise à distance des institutions communautaires et, notamment, du Parlement européen ? Est-ce au prix d'un plus grand rôle donné à la Cour de justice européenne ? Ce serait inacceptable. Quelle sera la place des Parlements nationaux ? Pour toutes ces raisons, j'ai indiqué que j'examinerai avec la plus grande attention le détail de cet accord au fur et à mesure de son écriture, et j'ai exprimé ma volonté de renégocier pour rééquilibrer et compléter le futur traité dans l'esprit du pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance que je réclame, avec mes amis de la gauche européenne.

Je souhaite des moyens efficaces d'action sur les marchés, conjuguant ceux de la Banque centrale européenne, dans le respect de son indépendance, et d'un fonds de secours financier puissamment doté pour décourager la spéculation. La zone euro doit se munir d'une véritable force de frappe financière. Je suis favorable à la mise en place d'euro-obligations, pour mutualiser au moins une partie de notre dette. Enfin, je demande des moyens de soutien à la croissance: les interventions de la Banque européenne d'investissement dans les secteurs d'avenir, un budget européen renforcé par des ressources nouvelles (notamment la taxe sur les transactions financières) pour conduire des politiques industrielles, en faveur de la conversion écologique ou dans les nouvelles technologies.

Comment comprendre que l'on se soit privé de ces éléments indispensables à la sortie de crise ? Les peuples le demandent. Même le président du Conseil européen Herman Van Rompuy le propose.

L'enjeu n'est pas seulement la sortie de la crise. Il est aussi de refonder le projet européen. Celui-ci ne peut se réduire à l'austérité et à une simple coordination intergouvernementale, sans ambition. Les peuples s'en détourneraient définitivement. Cette refondation ne peut être entreprise qu'à partir d'un processus de convergence économique, d'harmonisation fiscale et sociale, de grands programmes européens de croissance, d'un nouvel élan démocratique. Tout cela donnera naissance à ce "fédéralisme des projets" que j'entends discuter avec nos partenaires et amis européens pour le proposer au peuple français et demain à l'Union européenne tout entière.

 

François HOLLANDE

Par SD32 - Publié dans : Politique européenne
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 20:28

DSK-16022011.jpg Dominique Strauss-Kahn a-t-il décidé d'être candidat à la présidence de la République ? La réponse est oui.

Ceux qui s'interrogent encore sur la détermination de Dominique Strauss-Kahn ont un train de retard. Jusqu'à l'ouverture officielle du processus des primaires socialistes, DSK ne dira rien de définitif. Il s'en tiendra au langage des signes qui peut énerver mais ne souffre plus guère d'ambiguïté. En juin, il quittera son poste au FMI pour plonger dans le grand bain de la politique hexagonale. Parce qu'il croit qu'il peut battre Sarkozy ; parce qu'il pense que son projet pour la France est adapté aux exigences de l'heure ; parce qu'il ne voit pas, dans le cheptel socialiste, celui ou celle qui réunit, mieux que lui, cette double exigence.

Cette démonstration, DSK ne l'a pas seulement faite devant le tout petit cercle de ses affidés. Il l'a livrée, en substance, le 13 janvier dernier, lors d'un passage à Paris, aux deux personnes sur qui il compte le plus pour favoriser son atterrissage :Martine Aubry et Laurent Fabius. Le fameux pacte de Marrakech est une belle invention. Reste que la complicité de ces trois-là, au-delà des incompréhensions passagères et des énervements naturels, est une donnée centrale pour deviner les prochains épisodes.

La patronne du Parti socialiste et l'ancien Premier ministre ont réagi chacun à leur façon. Aubry de manière tripale et Fabius sur le mode cérébral. C'est que la mission qui incombe à la première n'est pas la plus facile. Il lui faut faire mine de se préparer - au cas où... - tout en tenant le parti. Mais si elle le tenait vraiment, elle serait aujourd'hui la candidate évidente ! La mission que lui confie DSK relève donc de l'injonction paradoxale, comme disent les psychanalystes. Fais ce que tu ne sais pas faire ! D'autres, à sa place, auraient volé en éclats. Pour le moment, vaille que vaille, elle tient bon. Quant à Fabius, dont la tâche, comme gardien de la sagesse socialiste, est plus simple qu'on aurait pu l'imaginer, il a lâché, au lendemain de cette entrevue, une de ces phrases tellement limpides qu'elles finissent par passer inaperçues : "Mon sentiment personnel est que Dominique souhaitera être candidat."

Aujourd'hui, on en est encore là. Désir et détermination sont les deux ressorts du strauss-kahnisme présidentiel. Tout le problème, pour l'homme de Washington, est de le faire comprendre sans se découvrir prématurément. DSK dit souvent qu'il n'a qu'un seul porte-parole : lui et lui seul. Ce qui n'est pas tout à fait vrai. Pour accréditer sa parole, ses amis - ou supposés tels - à Paris n'ont pas la légitimité nécessaire. Reste donc Anne Sinclair. C'est elle, la semaine dernière, qui a entonné le chant du départ du FMI dans les colonnes du "Point". Le moins que l'on puisse dire est que le message a fait du bruit, à défaut d'être vraiment compris.

Il a commencé à bouger ses pions


DSK est un joueur d'échecs. Dans une partie qui ne s'achèvera que le 6 mai 2012, il a commencé à bouger ses pions, un par un. Il vient d'avancer sa dame après avoir installé ses deux tours. Comme tout bon stratège, il sait que, avant d'affronter l'adversaire, il faut d'abord mettre de l'ordre dans son propre dispositif. Pour que, au moment décisif, l'entame soit propre. Pour que rien, dans son camp, ne vienne le déstabiliser dès lors que l'on passera aux choses sérieuses, à découvert, sans cette protection de plus en plus factice qu'assure l'ambiguïté de son double statut de directeur général du FMI sur le départ et de candidat à la présidence de la République française en voie d'atterrissage.

(…)


Dominique Strauss-Kahn, qui dans sa tête a déjà fait le grand saut de la candidature, se retrouve ainsi dans cette situation paradoxale où l'ultime obstacle relève autant de la psychologie que de la politique. Il a besoin de Martine Aubry parce qu'elle est la première secrétaire en titre, parce qu'elle seule peut l'aider à tuer la primaire dès l'ouverture du match, enfin parce qu'elle le couvre sur sa gauche. Mais ce retrait consenti, bon gré mal gré, de la patronne du PS reste, au sens propre du terme, un sacrifice. Il faut "cocooner" le soldat Aubry. C'est la vraie ligne DSK, au moment où tout le monde imagine qu'il ne pense qu'aux sondages. A ceux qui s'inquiètent de leurs relations, le directeur général du FMI et la première secrétaire du PS ont l'habitude de répondre qu'ils sont en contact constant. Il vaudrait mieux que cela soit vrai, en effet !


Source Le Nouvel Obs

François Bazin et Matthieu Croissandeau

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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 17:17

drapeau-europeen.jpeg S'il fallait encore un symbole, l'hospitalisation impromptue du ministre des finances allemand, hier après-midi, est venue illustrer combien l'Europe apparaît malade. Ce 9 mai, on pouvait imaginer plus enthousiasmante façon de célébrer l'anniversaire de « l'acte fondateur de la construction européenne ».

Dimanche, c'est une Europe particulièrement à la peine qui s'est affichée à Bruxelles, soixante ans tout juste après la déclaration Schumann sur le charbon et l'acier, prélude à plus d'un demi-siècle de rapprochements successifs. Cette stratégie des « petits pas » et du contournement du politique par l'économie a pu être pertinente à l'origine, mais elle aboutit aujourd'hui à une vraie béance.

L'union monétaire et l'euro ont déjà plus d'une dizaine d'années d'existence, mais « l'Europe sociale » - vendue comme l'argument décisif lors du référendum de Maastricht - n'est plus évoquée qu'avec une sombre ironie. Et l'on attend encore l'arrivée de sa vraie dimension politique. Victime d'un élargissement géographique qui a surtout tenu de la fuite en avant au mépris de toute cohérence, l'Europe ne fait plus rêver, mais rebute.

Et cette faiblesse devient éclatante en période de tangage comme aujourd'hui. Alors qu'elle dispose en théorie d'un président du Conseil européen, le terne Van Rompuy destiné à la faire parler d'une même voix - une des rares avancées du Traité de Lisbonne - jamais l'Union n'a paru si transparente, tandis que la dimension intergouvernementale domine, chaque chef d'État jouant sa partition.

Entre une banque européenne dont « l'indépendance » statutaire se fait chaque jour plus absurde et l'absence de vrai leadership, la crise actuelle sert aussi de révélateur. Si l'on veut une vraie union européenne, il lui faut une réelle politique économique, fiscale et monétaire commune. Faute de quoi, c'est plutôt de déconstruction européenne qu'il faudra s'attendre à parler.


Source:Le Courrier Picard avec NEWS Press

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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 21:35
zone euro Le Comité des régions, qui représente les collectivités auprès de l'Union européenne, s'est doté aujourd'hui d'une présidente progressiste, l'Italienne Mercedes Bresso (PSE). Cette nomination est bienvenue, d'autant plus que les régions auront fort à faire pour défendre leurs projets dans les négociations budgétaires à venir et dans le cadre de la stratégie dite "UE 2020".
Selon Mathieu Hornung et Alix Cava, fonctionnaires européens, c'est aux régions elles-mêmes de penser leur propre développement dans un cadre européen.


En ce début d'année 2010, les acteurs territoriaux français donnent une priorité, légitime, aux échéances électorales régionales et au débat sur le projet de loi de réforme des collectivités territoriales. Logiquement, il est donc peu question d'Europe. Tout au plus peut-on noter ça et là, dans les programmes électoraux, des propositions d’inspiration européenne. 

 

Pourtant, des orientations fondamentales pour l’avenir européen des régions seront prises en 2010.


Tout d'abord dans les urnes puisque, outre les élections régionales françaises de mars 2010, des scrutins importants auront lieu au même moment dans 14 régions italiennes, en mai en Rhénanie du Nord-Westphalie, puis à l'automne en Catalogne, en Pologne et dans différentes régions autrichiennes. Toutes ces élections seront déterminantes sur la question de savoir si la gauche européenne peut, au niveau des territoires, casser le cycle des défaites électorales subies aux niveaux national et européen.

 

Mais c'est à l’échelon européen que les enjeux seront essentiels : de la détermination d'une Stratégie de Lisbonne révisée - la probable Stratégie "UE 2020" - à la fixation d'un nouveau cadre budgétaire au-delà de 2013, en passant par l'avenir de la politique de cohésion et de la déclinaison "territoriale" du Traité de Lisbonne, toutes ces décisions impacteront les régions de l'Union Européenne.
 
Il est donc essentiel que ces orientations soient prises sur la base d'une implication active des régions. Le Comité des régions, qui représente les collectivités auprès de l'Union, s'est doté mercredi 10 février d'une présidente progressiste, l'Italienne Mercedes Bresso (PSE). Au-delà, c'est aux régions elles-mêmes de penser leur développement dans un cadre européen et de peser sur les choix budgétaires et stratégiques de l'Union. L'enjeu est d'autant plus important pour les régions françaises qu'il existe un risque de renationalisation de la politique de cohésion qui pourrait leur être préjudiciable.

 

Lire la note : http://www.tnova.fr/images/stories/publications/notes/239-cohesion.pdf

Source TERRA NOVA

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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 17:01
Zapatero.jpg Alors que l'Espagne inaugure la première présidence bicéphale de l'Europe, le président du gouvernement espagnol et le président du Conseil européen s'expriment dans plusieurs quotidiens* de l'UE pour donner leur vision de l'Europe après le traité de Lisbonne.

Cette année 2010 doit être bonne et marquer le début d'une bonne décennie pour l'Europe. L'entrée en vigueur, le 1er décembre dernier, du traité de Lisbonne ouvre une nouvelle étape pour l'Union, pour ce projet de vivre ensemble, unique en son genre, qui rassemble 27 pays et 500 millions de personnes, un projet bâti sur ces grandes valeurs irrévocables que sont la liberté et la dignité humaine, la tolérance et la solidarité.

L'Espagne, qui fêtera en juin prochain le 25e anniversaire de la signature du traité d'adhésion, est un pays à forte vocation européenne ; elle l'a prouvé à maintes reprises au fil de ces années. Avec ce nouveau semestre et ce nouveau traité, elle se voit offrir une occasion unique de réaffirmer cette vocation. Elle ne manquera pas de la saisir.

En tant que présidents du Conseil européen et du gouvernement de la présidence tournante, nous souhaitons que la mise en œuvre institutionnelle du traité de Lisbonne soit aussi rapide et rigoureuse que possible. Dans un esprit de totale loyauté et de coopération, nous allons tâcher de consolider le nouvel ordre institutionnel de l'Union, qui nous permettra de résoudre les problèmes concrets nous préoccupant tous.

Les nouvelles autorités sont pleinement conscientes des responsabilités qu'implique cette nouvelle étape. La présidence espagnole est également consciente du rôle qu'elle aura à jouer en tant que présidence de transition. Il lui reviendra en effet de faciliter les choses, d'apporter sa collaboration et d'assumer les engagements qui jalonnent l'ambitieux agenda de ce premier semestre.

Ensemble, nous allons aborder les priorités établies dans le programme de la présidence. La pleine application du traité constitue la première d'entre elles. Elle sera le point de départ nous permettant de poursuivre les autres objectifs que nous nous sommes fixés, en utilisant les instruments  et  les  possibilités  que  ce  texte  nous  offre :  mieux  coordonner  les  politiques économiques nationales pour consolider la reprise, contribuer à ce que l'Europe, forte et unie, parle d'une seule voix dans le monde pour défendre ses valeurs et ses intérêts, et faire de l'Union une réalité plus proche et plus utile pour tous les citoyens européens.

À Maastricht, nous avons mis en marche une Union économique et monétaire. L'union monétaire existe, et nous disposons d'un marché unique, mais nous sommes encore loin de l'union économique, dont la crise a pourtant plus que souligné le besoin croissant.

Il est nécessaire d'intensifier la coordination pour impulser la relance économique et jeter les bases d'une croissance durable. Durable en termes économiques, ce qui implique d'être plus compétitifs, de miser davantage sur l'éducation, la formation, la recherche, le développement et l'innovation, de respecter le principe de stabilité budgétaire et, enfin, de mieux superviser les questions financières. Durable, encore, d'un point de vue environnemental et social, ce qui signifie être capables de maintenir le leadership dans la lutte contre le changement climatique - et d'en tirer parti - ainsi que veiller à la cohésion sociale et au maintien du système de la Sécurité sociale. En définitive, un modèle de croissance européen, fidèle tant à ses marques d'identité actuelles qu'à la nécessité de s'adapter à un environnement et à un avenir irrémédiablement globalisés.

Telle est la finalité de la Stratégie pour la croissance et l'emploi, que nous devons approuver à l'occasion d'un des Conseils les plus importants de la présidence espagnole et qui aura pour objectif la révision de l'agenda de Lisbonne.

Ensuite, et c'est là notre deuxième priorité, au lendemain du sommet de Copenhague sur le changement climatique, l'Union doit réaffirmer son leadership dans un monde multipolaire, voué au multilatéralisme. Elle doit être une référence incontestable en matière de démocratie, de droits humains et de progrès social sur l'ensemble de la planète. Grâce au président du Conseil et à la haute représentante, Catherine Ashton, et avec le concours des États membres, l'Europe sera désormais dotée d'une plus grande visibilité et d'une voix plus forte et plus unie sur la scène internationale. Et cette présence se verra, certainement, renforcée avec la création du Service européen pour l'action extérieure, une véritable diplomatie européenne au service des citoyens de l'UE dans le monde entier.

Avec l'entrée en vigueur du traité, les citoyens européens pourront réellement sentir que l'Union est importante pour eux, dans leur vie quotidienne, qu'elle est importante pour leurs libertés et pour leur sécurité. L'inclusion de la charte des droits fondamentaux dans le traité de Lisbonne a constitué un premier pas dans cette direction. Pour poursuivre dans cette voie, nous œuvrerons en faveur de l'adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'homme et nous donnerons le coup d'envoi au Plan pour l'égalité des chances entre les femmes et les hommes de l'UE pour la période 2011-2015, qui conférera à la lutte contre la violence de genre une dimension européenne.

Nous lancerons en outre l'initiative législative populaire européenne, qui permettra aux citoyens de participer au processus législatif de l'Union par l'intermédiaire de la Commission. Nous approuverons également le plan d'action du Programme de Stockholm, adopté sous la présidence  suédoise,  relatif  à  l'Espace  européen  de  liberté,  de  sécurité  et  de  justice  et contenant des mesures décisives pour la protection de nos concitoyens. Enfin, nous continuerons de faire en sorte que la gestion commune de l'immigration reste une priorité stratégique pour l'Europe.

Ce sont là les nouvelles impulsions que nous donnerons à une Europe rénovée, les premières étapes d'un long chemin qui commence au premier semestre 2010 et que nous allons parcourir ensemble.


Par José Luis Rodriguez Zapatero et Herman Van Rompuy

*   Corriere   della   Sera   (Italie),   El   Pais   (Espagne),   Frankfurter   Allgemeine   Zeitung (Allemagne), Le Soir, De Standaard (Belgique), The Guardian (Grande-Bretagne).

Par SD32 - Publié dans : Politique européenne
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 18:33
Les citoyens européens ont fait leur choix. le parlement européen et la Commission européenne seront dirigées par une coalition de droite.La complexité du processus de décision communautaire ainsi que les traditionnels arrangements créeront sans doute la confusion auprès des citoyens sur qui sera responsable de l'orientation de l'Europe pour les cinq années à venir.

Mais les gouvernements et les partis de la droite européenne, ainsi que leurs députés au Parlement européen, doivent maintenant assumer pleinement les conséquences de leur victoire à la Pyrrhus, basée sur des taux d'abstention record. je crois qu'ils vont décevoir beaucoup de ceux qui leur ont fait confiance le 7 juin. Les dirigeants de la droite européenne, et en particulier du PPE, utilisent aujourd'hui une rhétorique sociale-démocrate pour tromper leurs électeurs. Des engagements ont été pris sur la politique sociale, sur la lutte contre le changement climatique, sur la régulation des marchés financiers et sur bien d'autres sujets encore. Ils ne seront pas tenus.

La tradition de légiférer par consensus va sans doute perdurer à Bruxelles et à Strasbourg. Mais j'ai la conviction que l'heure est venue de mettre davantage en évidence les différences politiques entre la gauche et la droite. Après cette défaite aux élections européennes, la social-démocratie doit-elle faire comme si de rien n'était, et ainsi prendre le risque d'aider la droite à brouiller un peu plus les clivages politiques dans les années à venir ? Je ne crois pas que ce soit la voie à suivre. Pour commencer, nous devons nous battre pour nos engagements de campagne: un nouveau plan de relance européen et une réforme en profondeur du système européen de régulation financière. mais dès à présent, nous devons aller beaucoup plus loin.


La social-démocratie doit se renouveler. les valeurs sur lesquelles nous avons fondé nos combats et nos succés politiques depuis plus d'un siècle doivent rester notre inspiration. mais nous devons repenser notre projet dans le monde d'aujourd'hui, en perpétuelle mutation. Nous devons être audacieux, fiers de ce que nous représentons et plus efficaces dans la manière d'exprimer nos idées et nos projets. Nous devons apprendre à être au plus proche des gens, de ceux qui se sentent exclus de la société et ne croient plus à la politique, en répondant à leurs peurs et à leurs rêves. Nous, partis socialistes et sociaux-démocrates européens, devons plus que jamais travailler ensemble. Nous devons aussi être ouverts aux personnes et aux idées progressistes  au delà de nos propres partis.

Mais nous devons aller encore plus loin.Notre impératif aujourd'hui, est d'intégrer à notre pensée politique les dynamiques d'un monde en pleine évolution.

Prenons l'environnement. Nous nous sommes battus pour la protection des ressources naturelles, de la biodiversité, de la qualité de l'air et de l'eau. Mais comment lier cela à nos combats naturels pour la justice sociale et l'égalité? Nous avons été incapables de développer une vision cohérente à long terme pour le développement écologique de nos économies et de nos sociétés. Si nous n'arrivons pas à trouver une manière de combiner notre combat de toujours contre les inégalités avec l'environnement, nous serons contraints de faire des compromis impossibles. Nous devons parvenir à plus de clarté et de crédibilité politique sur cette question essentielle qu'est le développement durable.

Prenons l'économie mondiale. Nous devons trouver les meilleures réponses aux aspects les plus néfastes de la mondialisation. Nous avons oeuvré pour un système économique global plus durable et plus juste.Mais les inégalités demeurent scandaleuses. Et la création de nouvelles richesses écologiquement durables, qui doivent être plus équitablement réparties, ne répond pas aux besoins des milliards de personnes qui vivent aujourd'hui dans la pauvreté. nous devons trouver de nouvelles réponses à ce défi mondial et nous devons les trouver rapidement.Sinon comment peut-on prétendre continuer d'incarner le principal mouvement politique internationaliste ?

Prenons l'Europe. Nous avons peur de défendre une Europe politique plus forte. Nos discours sont hésitants, et parfois même contradictoires.Une fois encore, si nous n'arrivons pas à élaborer un projet clair et ambitieux pour l'avenir politique de l'Europe, nous ne pourrons pas convaincre les citoyens de nous soutenir pour construire une Europe capable de les protéger dans la mondialisation.

Nous avons perdu une élection, mais pas la guerre des idées politiques. nous n'en sommes qu'au début.Pour les cinq années à venir, les institutions européennes seront dominées par la droite.Nous devons utiliser cette période pour engager un changement audacieux. Si nous y parvenons, les citoyens retrouveront confiance en nous, peut-être pour longtemps.Si nous échouons, et surtout si nous refusons de changer en continuant comme avant, nous mourrons.


Poul Nyrup Rasmussen
Président du Parti Socialiste Européen

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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 09:13

Le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen et le chef de file du Groupe socialiste au Parlement européen Martin Schulz viennent de rendre public une déclaration commune sur la décision du Conseil concernant le président de la Commission. La déclaration stipule:

“Nous avons appris que le Conseil demande au Parlement européen de passer au vote le 15 juillet. Comme nous l'avons déjà dit, nous refusons ce vote. Nous ne céderons pas à la pression de certains membres du Conseil qui voudraient qu'on passe à un vote le plus rapidement possible. Nous avons convenu avec nos premiers ministres et nos leaders de partis hier que le Parlement européen avait besoin de temps pour mener à bien une pleine consultation. Nous prévoyons des auditions intenses une fois que le Parlement aura été adéquatement constitué”.

“Nous avons besoin d'un débat de fond sur le programme et les politiques de la prochaine Commission, sur les propositions concrètes, et non d'une campagne de relations publiques. Nous connaissons M. Barroso et nos expériences avec lui ne sont pas positives. Ses actions pour gérer la crise, pour la protection sociale, sa capacité de leadership se sont révélées insuffisantes mais il essaie d'impressionner en les présentant comme positives. Nous, les socialistes, savons ce que nous voulons pour l'Europe et nous évaluerons M. Barroso et son programme sur cette base”.

“Nos priorités sont claires et nous voulons entendre ce que M. Barroso aura à dire là-dessus. Nous demandons à la Commission européenne d'adopter un nouveau plan de relance pour l'emploi et pour une croissance verte, un Pacte européen pour l'emploi afin de préserver les postes de travail et de renforcer les droits des travailleurs, comprenant une clause sociale, une nouvelle charte des droits des femmes, une régulation effective et une véritable régulation des marchés financiers, une nouvelle solidarité entre les Etats membres et un engagement européen en faveur d'un nouveau 'deal' mondial”.

“Il s'agit de garantir l'avenir de l'Europe, non pas d'une offensive de charme ou d'une opération de relations publiques”.


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Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /Juin /2009 10:59
  • Voir ressurgir l'idée d'une Europe rayonnante

On dirait qu'il y a un intérêt politique dans tous les pays européens à gommer chaque élection du Parlement européen, car tous les thèmes de campagne sont nationaux, alors que 80 % des lois sont établies à Bruxelles. J'irai voter le 7 juin dans l'espoir de voir l'idée d'une Europe rayonnante ressurgir et que l'électeur voie de plus en plus une nécessité de plus d'Europe pour le protéger d'une globalisation à la dérive.


  • Voter est un de nos derniers droits !

Je fais parti des moins de 25 ans et c'est malheureusement l'un des seuls droits qui nous restent : le droit au travail nous fuit, ne parlons pas du droit de propriété, nous ne pouvons même pas en rêver ! La liberté est utile lorsqu'on l'utilise.

  • Pour chasser José Manuel Barroso

Je serai présent à 100 % ce dimanche 7 juin pour voter aux élections européennes, car je suis intimement convaincu de l'importance d'un tel scrutin sur nos vies en tant que citoyens. Il me semble également crucial de voter pour les élections européennes afin que puisse renaître l'idée d'une Europe politique, volontaire sur le plan social, mais également capable de peser dans le jeu politique international. Force est de constater que l'Europe s'est détachée ces dernières années de l'esprit innovateur des pères fondateurs que furent Jean Monnet et Robert Schuman en 1957. L'actuel président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dont l'action témoigne d'une vision de l'Europe sans aucune ambition, doit être chassé par les urnes afin que puisse renaître une véritable ambition Européenne.

  • Je voterai pour une Europe plus audacieuse
Oui, je voterai car on ne peut toujours critiquer l'Europe et au jour J faire comme si elle n'existait pas. On peut la critiquer, parce qu'elle est là, depuis 50 ans, imparfaite, mais là. Avec elle, nous avons su reconstruire un grand espace de paix, qui fait rêver de nombreux peuples moins bien lotis que nous. Il faut continuer à la construire avec de plus grandes ambitions, ne pas se contenter de la libre circulation des marchandises et des hommes, surtout si ces hommes, main d'œuvre docile, sont soumis aux plus bas revenus possibles dans la communauté.


Source Le Monde.fr
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 16:59

La crise économique frappe durement notre pays et elle n'épargne pas notre territoire . Salariés, artisans, PME, fonctionnaires, retraités, jeunes : nous sommes tous touchés. Dans ce contexte, l'élection européenne du 7 juin est essentielle. Elle concerne directement notre quotidien. C'est pourquoi je vous appelle à y participer.

 

Voter socialiste le 7 juin, c'est voter pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat et pour la défense des services publics. Avec les élus socialistes nous nous mobilisons tous les jours à notre niveau. Le 7 juin, donnons les moyens aux socialistes de mettre la même énergie au Parlement européen pour conduire cette politique.

 

Voter socialiste le 7 juin, c'est apporter des réponses concrètes à la crise. Dès le lendemain de l'élection européenne, nos députés européens, s'ils sont majoritaires, mettront en place un plan de relance d'un montant de 100 milliards d'Euros. Ils créeront 10 millions d'emplois dans la « croissance verte », dans les transports, dans la construction et dans les énergies renouvelables. Ils imposeront un salaire minimum dans tous les pays afin d'arrêter la concurrence entre les travailleurs des pays européens. Ils voteront un bouclier social pour mettre fin aux délocalisations. Ils voteront une directive pour protéger et développer les service publics.

 

Voter socialiste le 7 juin, c'est rendre le changement possible avec une nouvelle majorité au Parlement européen.

 

Telles sont les raisons qui me conduisent à vous demander de soutenir la liste du Parti Socialiste conduite pour notre région Grand Sud Ouest par Kader Arif et ses colistiers gersois Françoise Castex et Philippe Pugnet


 

Cyril Cotonat

Maire de Ladevèze-Rivière

 

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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 09:37
Déclaration de personnalités
de la
famille socialiste et social-démocrate

 

La crise en cours a ouvert une période de choix historiques. Elle peut conduire soit à une dépression avec chômage de masse mêlée à un repli économique et politique, soit à une opportunité unique de faire émerger un nouveau modèle de croissance fondé sur plus de justice sociale et le développement durable, et lié à une réforme de l’ordre international.


Les socialistes et les sociaux-démocrates ont une responsabilité centrale face à ces choix historiques. C’est à eux de présenter des propositions pour cette transformation. C’est à eux de lutter pour le leadership au niveau national, européen et international.


C’est pourquoi les prochaines élections européennes sont particulièrement décisives. Les socialistes et les sociaux-démocrates ont déjà été capables de présenter un plan pour surmonter cette crise qui définit une vraie alternative et qui montre pourquoi une solution durable exige une Europe plus forte, capable d’éviter le chômage de masse, de coordonner la relance économique, de réformer le système financier, de promouvoir une croissance verte et intelligente et de s’affirmer comme un véritable acteur global dans la réforme de l’ordre mondial.


L’alternative socialiste et sociale-démocrate est claire. Il faut maintenant la traduire dans les meilleurs résultats électoraux en vue de renforcer la présence des socialistes et des sociaux-démocrates dans les institutions européennes, pas seulement dans le Parlement Européen mais aussi dans la Commission et au Conseil.


Le Parti Populaire Européen (PPE) a déjà présenté son candidat officiel pour la Présidence de la Commission européenne. C’est avec espoir que les socialistes et les sociaux-démocrates et beaucoup d’autres progressistes attendent un candidat provenant du Parti Socialiste Européen, le seul parti européen qui peut disputer le leadership au PPE. Dans la situation économique et politique présente, une nouvelle majorité peut naître au Parlement Européen, créant une vraie chance pour un candidat du Parti Socialiste Européen.


C’est dans ce but que nous adressons cet appel aux socialistes et aux sociaux-démocrates, sur la base de notre responsabilité historique commune, afin que ce pas fondamental soit franchit.


Signataires : Felipe GONZÁLEZ, ancien Président du Gouvernement de l’Espagne, Lionel JOSPIN, ancien Premier ministre de la France, Paavo LIPPONEN, ancien Premier ministre de la Finlande, Aleksander KWASNIEWSKI, ancien président de la république de la Pologne, Gerhard SCHROEDER, ancien Chancellier de l’Allemagne, Constantino SIMITIS, ancien Premier ministre de la Grèce, Mário SOARES, ancien Président de la république et Premier ministre du Portugal, Franz VRANITZKY, ancien Premier-ministre de l’Autriche.

 

Par SD32 - Publié dans : Politique européenne
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