Primaires démocrates

Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 09:56
Avec le discours de Barack Obama prévu jeudi, celui de Hillary Clinton, prononcé mardi 26 août au soir à Denver, était le plus attendu de la convention démocrate. Comme prévu, l'ancienne candidate à l'investiture du parti a profité de son intervention d'une vingtaine de minutes pour demander l'unité du parti en vue de l'élection du 4 novembre. Sans fioritures, elle a appelé tous les démocrates, en premier lieu desquels ses propres partisans, à se ranger derrière la candidature de M. Obama.

Après un accueil triomphal qui s'est prolongé plusieurs minutes, l'ex-première dame a affirmé que "le temps est maintenant venu de se rassembler au sein d'un parti uni" et que "Barack Obama est [son] candidat et il doit être notre président". Mme Clinton, battue à l'issue d'élections primaires acharnées, a été présentée à la tribune par sa fille et son époux, l'ancien président, William Clinton, était présent dans la salle. Assistaient également au show Joe Biden, choisi comme colistier par Barack Obama, et Michelle Obama, l'épouse du candidat, à qui Mme Clinton a rendu un hommage appuyé.

Alors que les tensions entre ses partisans et ceux de M. Obama peinent à disparaître, Hillary Clinton a rappelé aux délégués et aux électeurs qui lui sont toujours fidèles qu'il sont tous "dans la même équipe". "Je veux que vous vous posiez la question, a demandé la sénatrice de New York. Etiez-vous dans cette campagne uniquement pour moi ? Ou aussi pour ce jeune soldat et ses camarades ? Etiez-vous dans cette campagne pour cette mère atteinte d'un cancer qui ne peut élever ses enfants ? Ou pour cette famille qui survit avec le salaire minimum ? Etiez-vous dans cette campagne pour tous les gens dans ce pays qui se sentent invisibles ?"

"Que vous ayez voté pour moi ou voté pour Barack, le temps est venu de l'unité avec un seul but
[...] personne d'entre nous ne doit rester sur la touche", a-t-elle ensuite ajouté, avant de préciser : "D'aucune façon il ne faut McCain." Des remarques qui avaient notamment pour but d'éviter qu'une partie de l'électorat démocrate ne s'éloigne de Barack Obama, comme de récents sondage l'ont laissé entendre.

Dans son discours, Mme Clinton a également abordé un thème qui lui est cher, ainsi qu'à son mari, celui de l'économie. "Quand Obama sera à la Maison Blanche, il revitalisera notre économie, il défendra les travailleurs américains. Les démocrates savent comment faire cela. Et je me souviens que le président Clinton et les démocrates l'ont fait auparavant. Et le président Obama et les démocrates le feront encore", a-t-elle affirmé sous les ovations de la foule, qui avait quasiment rempli le Pepsi Center de Denver.


Barack Obama, qui est attendu sur place jeudi, a suivi l'intervention de son ancienne rivale de l'Etat du Montana. Il a jugé la prestation "de premier ordre" et l'oratrice "exceptionnelle". "C'était un discours excellent, très fort. Elle a bien montré pourquoi nous serons unis en novembre et pourquoi nous allons gagner cette élection", a-t-il ajouté.

L'équipe de campagne de John McCain a également réagi, soulignant dans un communiqué que la sénatrice de New York n'avait pas reconnu que M. Obama était prêt à devenir commandant en chef. Depuis le début de la convention démocrate, le camp républicain multiplie les attaques en utilisant, à son insu, des déclarations de Mme Clinton où elle critique durement le sénateur de l'Illinois.

 

Source Le Monde





 

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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 13:56
Situé au croisement de la tradition du « self-made man » et de l'autogestion à l’américaine, Saul Alinsky est la figure de proue d'un mouvement qui a profondément marqué l'histoire du progressisme aux États-Unis. Michael C. Behrent dresse ici le portrait du père fondateur du community organizing, dont l'histoire a inspiré aussi bien Hillary Clinton que Barack Obama.

Les primaires démocrates viennent de se terminer aux États-Unis. Elles ont permis à l'opinion publique de mesurer la distance qui sépare les deux candidats, distance qui a tant mobilisé – au risque de la diviser – la gauche américaine. Mais au moment où cet affrontement-là cède la place à celui qui opposera Obama à McCain, revenons sur un héritage intellectuel et politique que les deux candidats démocrates partagent : l’enseignement de Saul Alinsky.

Si Alinsky est quasiment inconnu en France, c’est parce qu’il fut un militant et un penseur résolument américain – dans ses croyances, ses références et ses méthodes. Aux États-Unis, il est généralement reconnu comme le père fondateur du community organizing, terme que l’on pourrait traduire de manière approximative par « animation de quartier » , mais dont le sens est à la fois plus politique et plus radical : il se réfère aux activités par lesquelles un animateur aide les habitants d’un quartier défavorisé à faire valoir leurs droits, que ce soit en exigeant de l’administration des HLM de mettre les logements sociaux aux normes sanitaires en vigueur, ou en demandant aux banques implantées dans le quartier d’offrir des taux d’intérêts plus raisonnables.

Né lui-même dans un ghetto de Chicago en 1909, Alinsky est issu d’une famille juive originaire de la Russie. Après des études à l’université de Chicago, il s’intéresse à la criminologie et obtient une bourse lui permettant de suivre de près la vie des gangs urbains : il développera ainsi une grande estime pour celui d’Al Capone, qu’il considère comme un vaste service public informel.

Mais surtout, à partir de 1938, il trouve sa vocation lorsqu’il décide d’« organiser » le quartier Back of the Yards, le fameux ghetto dont les conditions de vie atroces ont été portées au grand jour par le roman d’Upton Sinclair, La Jungle (1905). C’est là qu’Alinksy mettra pour la première fois en oeuvre des méthodes dont il fera plus tard un système.

Son idée fondamentale : pour s’attaquer aux problèmes sociaux, il faut bâtir des « organisations populaires » (« People’s Organizations ») permettant aux populations de se mobiliser. Ces méthodes s’avéreront fructueuses aussi lorsqu’il organisa - toujours à Chicago - aux débuts des années soixante « The Woodlawn Organization » (TWO), du nom d’un quartier noir menacé par les efforts dits de « rénovation urbaine » de l’université de Chicago.

Il fonda aussi l’Industrial Areas Foundation (IAF), une association où de nombreux futurs organizers (« animateurs de quartier ») apprendront la « méthode Alinsky » pour l’appliquer un peu partout dans le pays.

La suite :
la vie des idées


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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /Juin /2008 14:51
Barack Obama a indiqué, samedi 7 juin, qu'il avait hâte de faire campagne aux côtés de Hillary Clinton qui représente une valeur "inestimable" pour gagner l'élection présidentielle en novembre.

"La sénatrice Clinton sera d'une valeur inestimable pour nous aider à gagner en novembre et j'ai hâte de faire campagne à ses côtés pour apporter au pays les changements dont il a éperdument besoin", a dit M. Obama dans un courriel adressé à ses partisans.


"Notre parti et notre pays sont plus forts en raison du travail qu'elle a accompli tout au long de sa vie et je suis un meilleur candidat pour avoir eu le privilège de faire campagne avec elle", a ajouté le sénateur de l'Illinois. Mme Clinton a "fait l'histoire au cours de ces 16 derniers mois", a estimé M. Obama avant d'affirmer que son ex-rivale avait "inspiré des millions d'Américains avec sa force, son courage et son engagement pour des causes comme l'assurance santé universelle qui font une différence dans la vie des travailleurs américains".

Quatre jours après les dernières primaires démocrates, l'ex-première dame a apporté publiquement, depuis le National Building Museum de Washington, son ''plein soutien'' à Barack Obama et appelé ses millions de partisans à travers le pays à mettre toute leur ''énergie'' et leur "passion'' à faire élire le premier président noir des Etats-Unis.

''Aujourd'hui, alors que je suspends ma campagne, je le félicite pour la victoire qu'il a remportée et l'extraordinaire campagne qu'il a menée. Je l'appuie et lui apporte mon plein soutien et je vous demande de vous joindre à moi afin de travailler aussi dur pour Barack Obama que vous l'avez fait pour moi'', a lancé la sénatrice de New York dans un discours d'une demi-heure au cours duquel elle a prononcé 14 fois le nom de son ancien rival. Des huées ont parfois accueilli le nom d'Obama dans l'assistance, mais Hillary Clinton a reconnu que le temps était venu, après une campagne âpre et rugueuse au sein du camp démocrate, de mettre de côté les divergences et de se concentrer sur la victoire contre les républicains en novembre.

''A présent, la manière de continuer notre combat pour réaliser les objectifs que nous nous étions fixés, c'est de prendre notre énergie, notre passion, notre force et faire tout notre possible pour faire élire Barack Obama au poste de prochain président des Etats-Unis'', a-t-elle poursuivi.

La concession de Mme Clinton met un terme officiel aux primaires démocrates et ouvre un nouveau chapitre dans le scrutin présidentiel américain. Les dirigeants du Parti démocrate espèrent que son ralliement officiel permettra de ressouder les rangs après une bataille interne particulièrement âpre qui aura duré près de cinq mois.

La question d'un "ticket" réunissant les deux candidats reste quant à elle ouverte. Hillary Clinton a fait savoir qu'elle ne solliciterait pas la vice-présidence, sans préciser quelle serait sa réponse si M. Obama la lui proposait. "Le choix appartient seulement au sénateur Obama", martèle la campagne de l'ancienne première dame.

A l'heure actuelle, Barack Obama a nommé un comité exploratoire de trois personnes, dont la fille de l'ancien président John Kennedy, Caroline, pour dresser une courte liste d'éventuels candidats à la vice-présidence.

Source Le Monde AFP Reuters
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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 16:04
Longtemps retardé en raison de la résistance farouche opposée par Hillary Clinton, le moment a fini par arriver. Cinq mois, jour pour jour, après le début des primaires, le 3 janvier dans l'Iowa, Barack Obama en a fait lui-même l'annonce, mardi 3 juin, devant près de 20000 personnes réunies dans une salle de Saint Paul, dans le Minnesota, et 13000 autres qui n'avaient pu y trouver place : "Grâce à vous, je peux être ici et dire ce soir que je serai le candidat démocrate pour l'élection du président des Etats-Unis."

Une longue ovation a suivi, mais Barack Obama, concentré, investi de l'enjeu de la bataille qui s'annonce contre le candidat républicain, John McCain, n'a qu'à peine souri. L'attente avait été trop longue pour savourer le moment. Et il y a déjà longtemps que Barack Obama a laissé éclater sa fierté, lorsqu'il a remporté le scrutin dans l'Iowa, la victoire la plus significative, celle qui a montré aux Noirs que tout était possible, peut-être, dans l'Amérique d'aujourd'hui. "Ils disaient que ce jour n'arriverait jamais", avait-il lancé.

M. Obama a gagné l'une des deux dernières primaires, qui se tenaient mardi, celle du Montana (avec 15points d'avance). Dans le Dakota du Sud, il a été devancé de 10points par Mme Clinton. Mais le soutien annoncé des "super-délégués" au fil de la journée lui a permis de franchir le seuil nécessaire pour remporter la nomination (2118 délégués). Il a terminé avec 2157 délégués, contre 1926 pour Mme Clinton.

Toute la soirée, les commentateurs se sont réjouis de ce résultat historique. Pour la première fois, un Africain-Américain va porter les couleurs de l'un des deux grands partis dans la bataille présidentielle, et les sondages lui donnent des chances d'être élu. "Président noir", ces deux mots ne sont plus inconciliables, a commenté le Washington Post.

Alors qu'il n'est apparu sur la scène nationale qu'il y a quatre ans, le sénateur de l'Illinois, âgé de 46 ans, a fait tomber la "maison Clinton". Il l'a emporté sur 9 autres candidats, tous plus âgés et, pour beaucoup, plus expérimentés.

Globalement, M. Obama a remporté 33Etats, contre 19 pour Mme Clinton. Une analyse du New York Times portant sur 36 Etats montre cependant que le tableau est plus contrasté que la répartition de "clientèles", mentionnée généralement. Mme Clinton a gagné majoritairement le vote féminin, mais pas partout. Dans 16 Etats, plus de 50% des femmes ont choisi M. Obama. Celui-ci arrive en tête chez les jeunes mais dans 5Etats, dont le Massachusetts, "Etat étudiant" s'il en est, et la Floride, Mme Clinton a recueilli plus de 50% du vote des moins de 30 ans. M. Obama n'a été majoritaire dans l'électorat blanc que dans 8 Etats.

Toute la journée, les supporters de Mme Clinton ont tenté d'endiguer les rumeurs faisant état de l'abandon de leur championne. Elles ont adressé des courriels à l'ancien vice-président AlGore soutenant que la sénatrice avait remporté le "vote populaire" et l'appelant à la rescousse. Dans son discours, M. Obama a rendu un hommage très appuyé à sa rivale et assuré qu'elle aurait "une place centrale" lorsque s'engagera "la bataille de l'assurance-santé".

Il a aussi cité Bill Clinton, alors que celui-ci est décrit comme le principal obstacle, du point de vue du camp Obama, à l'éventuelle offre de la vice-présidence à son épouse. "Elle est entrée dans l'Histoire non pas seulement parce qu'elle est une femme qui a fait ce qu'aucune autre femme n'a fait. Mais parce qu'elle est une dirigeante qui inspire des millions d'Américains par sa force, son courage et son engagement", a-t-il dit. L'autre obstacle à un éventuel "ticket" Obama-Clinton : la base militante. Des appels sont apparus sur les blogs : "Non à Hillary". L'entourage du candidat craint aussi, selon la presse, d'envoyer un signal contraire à son "message de changement".

M. Obama a appelé Mme Clinton pour lui renouveler son offre de la rencontrer à sa convenance. Une pétition a été lancée par une déléguée du camp Clinton réclamant sa présence sur le "ticket".

Mardi, le candidat démocrate a esquissé en quelques mots l'angle principal de sa campagne contre son adversaire républicain. "Il y a beaucoup de mots pour décrire la tentative de John McCain de faire passer pour pluraliste et nouvelle son adhésion aux politiques de George Bush, mais le changement n'en fait pas partie", a-t-il déclaré.

M. McCain essaie lui aussi de récupérer les femmes qui, déçues par la défaite de Hillary Clinton, refuseraient de voter pour M. Obama. Dans un appel à peine déguisé à la sensibilité féminine, il a évoqué ses trois filles et rendu hommage à Mme Clinton, une "amie". Le Parti républicain a, de son côté, publié une analyse relevant que près de 18 millions d'électeurs ont estimé que M. Obama n'était pas le meilleur candidat. Un nombre supérieur au total des voix enregistrées, tous candidats confondus, dans les quatre dernières campagnes d'élections primaires démocrates.

Source Le Monde AFP
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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 17:09
C hacun sent, chacun sait que la partie est devenue plus que difficile pour Hillary Clinton. Elle est en retard en nombre de délégués, de primaires gagnées, de votes exprimés, de super délégués maintenant – ceux-ci  souhaitent désormais éviter le scénario catastrophe, qui conduirait le parti à régler la question de sa candidature à la Convention de Denver.

Cette défaite, inattendue tant elle était à l’origine favorite, doit beaucoup à Mme Clinton et à son mari Bill, l’ancien Président des États-Unis.

Elle a trop ciblé les grands États, visé des financements traditionnels, été successivement centriste et populiste, elle a été maladroite sur le problème racial, là où son rival Barack Obama a travaillé les « caucus », élargi le cercle de ses donateurs, défendu une thématique générale, presque vague, mais éloquente et rassembleuse.

A-t-elle déjà perdu la bataille ? Elle se refuse à l’admettre, attend la décision du parti sur les primaires non orthodoxes de Floride et du Michigan, le résultat des dernières confrontations, par exemple en Virginie occidentale et à Porto Rico. Cela ne suffira pas, probablement. Sans doute était-elle – j’en ai la conviction, même si je suis sensible au grand talent de Barack Obama – la mieux à même de l’emporter face à John McCain, en réunissant la base populaire des démocrates, en gagnant les « swing states ».

Incontestablement, elle est la plus armée pour être Présidente des États-Unis. Mais elle ne sera vraisemblablement pas la candidate de son parti, qui sortira divisé et affaibli d’une confrontation trop longue, brutale, incertaine, clivante – contre-exemple à méditer pour le PS, au passage – et abordera en situation de faiblesse relative une élection qui lui semblait promise face au candidat, vieillissant mais armé de son expérience, d’un parti républicain discrédité par huit ans de bushisme. Si les démocrates veulent, malgré tout, revenir à la Maison Blanche, il faut sortir le plus vite possible de cette crise.

Les scénarios se multiplient

Retrait élégant d’Hillary après sa prochaine victoire ? Le climat de ne semble pas assez pacifié pour cela. « Ticket » Obama/Clinton ? Il ne serait pas forcément complémentaire ni convivial – même si Kennedy et Johnson l’avaient fait en 1960 – il risquerait d’amoindrir l’image rénovatrice d’Obama, il rendrait difficile la reconquête du Sud et du Midwest, mais cela reste une possibilité.

Vote en bloc des super délégués pour le candidat en tête des primaires ? Il est possible, aussi, qu’un mouvement se produise chez eux pour conjurer le spectre d’une Convention « pourrie ». L’issue, en réalité, est connue à 99 % : Barack Obama sera le candidat du parti démocrate, il sortira douloureux vainqueur d’une primaire qu’Hillary Clinton n’aurait jamais dû perdre. Celle-ci, au fond, devrait aujourd’hui se poser deux questions – qui malheureusement peuvent aboutir à des conclusions opposées : quel est l’intérêt du parti démocrate, comment peut-elle conserver ses chances pour l’avenir ?

C’est, en tout cas, à un incroyable feuilleton que nous assistons : espérons que la passion et le suspense qui l’ont émaillé n’en terniront pas la conclusion.

Pierre Moscovici
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Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /Mai /2008 10:06
Le magazine Time titre "And the winner is…" avec une photo de Barack Obama. John McCain, candidat désigné par le parti républicain, et Obama, désigné au moins par le magazine Time, commencent à discuter des modalités d’un débat entre eux. Et pourtant, comme la dernière table d’un resto qui n’aurait pas remarqué le serveur en train de renverser les chaises sur les tables, Hillary Clinton continue à faire campagne.

Elle était seule sur le terrain dimanche pendant que les deux autres candidats prenaient un jour de repos. Jusqu’au dernier moment, elle a ratissé la Virginie Orientale qui vote ce mardi. Barack Obama, lui, sera dans le Missouri à l'heure des résultats. Oui, l’Etat a déjà tenu ses primaires il y a trois mois. Mais voilà une manière de faire comprendre que les primaires sont derrière lui, qu'il est passé en mode "campagne nationale" face à McCain, qu’il courtise maintenant les Etats clés du scrutin de novembre. Hillary Clinton peut organiser une "victory party" si cela lui dit, semble dire son absence de Virginie Occidentale.

A quoi va servir la victoire de Virginie Occidentale?

Que fera Hillary Clinton de cette victoire? Car elle gagnera. Avec peut-être même une quarantaine de points d’avance sur Obama, indiquent les sondages. Veut-elle rester dans la course et continuer à lui démontrer, qu’elle seule est capable de rallier le vote populaire blanc (les sondages de Virginie Orientale montrent que moins d’un Blanc sur cinq s'apprêterait à voter Obama), essentiel pour gagner les élections de novembre? Les six derniers scrutins ne comptent pas assez de délégués pour qu’elle rattrape son retard sur Obama. Mais elle pourrait espérer que les 250 "super délégués" qui ne se sont pas encore prononcés entendent son argument. Compte-t-elle rester en embuscade jusqu’à la dernière primaire du 3 juin en espérant une énorme bourde d’Obama (la fatigue aidant, on vient de l’entendre dire qu’il avait "déjà été dans 57 Etats").


A défaut de pouvoir rallier suffisamment de délégués, le critère pour remporter l'investiture, on entend l'Hillaryland développer de nouveaux arguments. En suffrages exprimés, elle pourrait passer devant Obama, insiste son directeur de campagne (ce serait gagner le vote populaire "pour jouer à Al Gore" comme l'écrit Maria-Pia Mascaro ).Depuis 1916, tous les démocrates qui sont allés jusqu'à la Maison Blanche avaient gagné les primaires de Virginie Occidentale (donc ni Al Gore ni John Kerry), assure encore Hillary Clinton. Elle donne l'exemple de John Kennedy qui, avant la Convention du parti, n'avait pas suffisamment de délégués… "Mais il avait quelque chose d'aussi important: le soutien de la Virginie Occidentale."

 

Numéro 2 du ticket?


Souhaite-t-elle utiliser ce triomphe pour décrocher la vice-présidence? Si elle raccrochait sa besace électorale pleine de "blue-collars" (vote ouvrier) après sa victoire haut la main de Virginie Occidentale, elle pourrait faire valoir qu’elle a gagné des Etats clés et des électeurs dont il a besoin… Howard Wolfson, son directeur de communication, a assuré ce weekend que la vice-présidence n’intéressait pas Hillary. Mais, a observé le journaliste Carl Bernstein, retourner au Sénat l’intéresse probablement encore moins.Les Obamistes n’ont pas intérêt à ce que leur adversaire quitte la course trop brutalement. Parmi les dernières primaires restantes, une franche victoire de Clinton est prévue dans quelques Etats (notamment le Kentucky). Si Hillary se retirait, Obama pourrait quand même perdre face à une non-candidate… Un coup dur en terme de communication politique.


Il n'y a plus de démocrate pour la pousser vers la sortie.


Fini donc l’époque où des ténors du parti démocrate supporters d’Obama appelaient Hillary Clinton à abandonner la course. L’Etat-major du parti, lui aussi, marche sur des œufs. Si Obama remporte l’investiture du parti, il aura besoin des supporters d’Hillary Clinton. Pas question de se les aliéner. Certes, un élu du Tennessee l'a comparée au personnage de "Liaison Fatale" que l'on croyait noyée ( " Glenn Glose n'aurait pas dû ressortir de la baignoire ")  mais il s'est vite excusé. On entend maintenant Obama et son directeur de campagne, David Axelrod, louer les qualités d’Hillary Clinton, sa combativité (le compliment tire vers l’autopromotion: vous vous rendez compte? Il a battu la machine des Clinton!).Enfin, dernière inconnue: les caisses (vides) de la campagne d’Hillary Clinton endettée à 20 millios de dollars. A t-elle besoin de continuer à faire campagne? Compte t-elle faire pression sur la campagne d’Obama en échange d’un coup de main financier.


Enfin, pour le parti et les supporters d’Obama, il ne s’agit plus seulement de voir si Hillary Clinton continue à faire campagne mais surtout de voir comment. La sénatrice de New York ne fait plus allusion qu'en creux à l'inexpérience d'Obama ("je n'ai pas besoin d'une visite guidée de la Maison-Blanche") et réserve désormais ses attaques à John McCain. On l’a entendue promettre à un parterre de supporters: "On aura un nominé, un parti uni et on va battre McCain et reprendre la Maison-Blanche."Son directeur de campagne, Howard Wolfson, s’est, lui, montré, plus agressif à l’encontre de l’autre candidat démocrate :"si Barack Obama veut qu’Hillary Clinton quitte la course, qu’il la batte. En Virginie occidentale, à Porto Rico, dans le Kentucky" (trois primaires où elle a l’avantage). Bill Clinton, de son côté, continue à laisser entendre dans ses meetings que le rival de sa femme est un élitiste… Le genre d’étiquette qui pourrait coller à Obama jusqu’au scrutin de novembre. Exactement ce que le parti démocrate redoute.


John Edwards, ex-candidat, ex-colistier de John Kerry en 2004 a assez bien résumé la pensée du parti sur le sujet en expliquant dimanche dans l'émission "Face The Nation" que le maintien de la candidature de la sénatrice de New York ne lui posait aucun problème:"Si elle fait campagne pour elle, ce qu’elle a bien le droit de faire, elle doit faire attention à ne pas porter tort à nos chances, celles du parti démocrate, pour l’automne."Autrement dit, elle peut continuer à faire campagne aussi longtemps qu’elle veut dans son coin, tant qu’elle n’attaque pas le futur candidat du parti.


 

Source RUE89

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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 17:21
Barack Obama a fait un pas décisif, mardi 6mai, vers l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle américaine, en réussissant à "survivre", selon le mot d'un de ses aides, à une période de plusieurs semaines sans victoires, marquée par des polémiques sur la race et la religion dont personne n'était en mesure de prédire les conséquences sur l'électorat.


"Ce soir, nous sommes à moins de 200 délégués de la nomination, a annoncé Barack Obama, visiblement rasséréné, dans son discours de victoire à Raleigh, en Caroline du Nord. Et grâce à vous, nous voyons qu'il est possible de surmonter la politique de division, de distraction ; de surmonter les sempiternelles attaques négatives qui ne visent qu'à marquer des points et jamais à résoudre nos problèmes." En Caroline du Nord, et surtout dans l'Indiana, M. Obama a réussi à enrayer la montée de son adversaire Hillary Clinton, qui espérait profiter de la dynamique créée par sa victoire coup de poing en Pennsylvanie le 22 avril, et n'avait pas hésité à forcer sur le populisme et la symbolique "macho" en tenant ses discours à l'arrière d'une camionnette. Cette attitude musclée lui a d'ailleurs peut-être coûté des points. Selon les sondages à la sortie des urnes, le sénateur de l'Illinois a nettement amélioré son score dans la catégorie dite des "femmes blanches" (+8 points entre l'Ohio et l'Indiana).


Du point de vue du total des délégués, la situation n'est pas fondamentalement modifiée. Mais dans la guerre psychologique que se livrent les deux camps depuis des semaines, la performance de Barack Obama est décisive.


Elle permet à nombre de super-délégués, dont 275 sont encore indécis et dont le choix va faire pencher la balance, en l'absence de vainqueur à l'issue du vote des électeurs, de lever leurs réticences à l'égard d'un candidat qui ne parvient pas à séduire l'électorat "col bleu", un élément important de la coalition du Parti démocrate pour l'élection de novembre. A cet égard, M. Obama peut d'ailleurs se vanter d'avoir largement maintenu ses positions. Il a aussi profité du vote des indépendants (23% des votants), alors que les républicains ne se sont que peu déplacés (11%), malgré l'appel de l'animateur de droite Rush Limbaugh à participer à son "opération chaos" en votant pour Mme Clinton dans les primaires démocrates.


Pour Barack Obama, la soirée a été comme un retour aux promesses de l'Iowa, mais après avoir subi l'épreuve du feu de la controverse médiatique autour du pasteur Jeremiah Wright. Dans son discours, il a réexpliqué ses origines, quoiqu'en termes différents, insistant non plus seulement sur sa mère, Anne, qui l'a élevé seule, mais sur son grand-père –mis en terre dans un drapeau américain–, l'un de ces "petits Blancs" qui lui font défaut aujourd'hui. Lui qui mène à 65% chez les électeurs n'étant "pas affectés par la récession", alors que Mme Clinton enregistre le même score mais chez les votants se disant victimes de la crise, a ajouté des termes à son vocabulaire de l'unité. Blancs, Noirs, "cols bleus, cols blancs, riches, pauvres"… Barack Obama, qui avait fait le pari de ne pas tomber dans la démagogie en réclamant comme Mme Clinton la suppression de la taxe fédérale sur l'essence, s'est estimé conforté. Il a repris son message de faire de la politique autrement "en disant la vérité, avec force, avec constance, avec confiance".


"J'ai confiance dans le peuple américain pour reconnaître que ce n'est pas une reddition que de mettre fin à la guerre en Irak", a-t-il dit en contrecarrant l'argument souvent avancé par le républicain John McCain. Ce n'est pas de la faiblesse de parler à ses amis." A ceux qui lui demandaient un peu plus de fougue dans ses déclarations patriotiques, il a répondu : "J'aime trop ce pays pour supporter de le voir divisé." Barack Obama a parlé au passé de la longue campagne pour l'investiture démocrate qui avait commencé le 3 janvier. Sûr de lui, il a tendu la main aux partisans de Hillary Clinton. "Oui il y a eu des sentiments froissés, des deux côtés." Six compétitions sont encore inscrites au calendrier d'ici le 3 juin, représentant 217 délégués. Il est généralement admis que Mme Clinton pourrait en remporter trois (Virginie occidentale, Kentucky et Porto Rico), et M.Obama les trois autres (Oregon, Montana et Dakota du Sud).

Source Le Monde
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /Mars /2008 10:47
OBAMA-2008.jpg
Jackson (Mississippi), envoyé spécial du Monde

Encore une victoire. Le très charismatique sénateur démocrate de l'Illinois Barack Obama a largement remporté, mardi 11 mars, les primaires du Mississippi. Une nouvelle fois, il devance sa rivale la sénatrice de l'Etat de New York Hillary Clinton confortant ainsi un peu plus son avance en terme de délégués appelés à désigner à la fin août le candidat du parti.

Si le résultat ne constitue pas une surprise, il révèle néanmoins une tendance de fond concernant le comportement des électeurs vis à vis de la candidature de M. Obama. Dans cet Etat ultra-conservateur du sud profond des Etats-Unis où 37% de la population est africaine-américaine, soit le taux le plus élevé du pays, le "vote racial", comme on l'appelle ici, a été déterminant.

A l'image de l'Alabama voisin et de la Caroline du Sud, tous deux également remportés par le candidat, les électeurs africain-américains du Mississippi, mobilisés en masse et représentant près des deux tiers des démocrates inscrit dans l'Etat, ont plébiscité M. Obama. Il consolide même la tendance en obtenant près de 91% de leurs suffrages. Selon les sondages réalisés à la sortie des urnes, Mme Clinton a réussi, semble-t-il, à conforter son noyau traditionnel composé notamment d'électrices blanches et de personnes âgées.

"Barack est un candidat transracial, affirme Susan Glisson, directrice du département chargé des questions raciales à l'université du Mississippi. Il capte indéniablement le vote noir tout en créant avec sa puissance d'attraction des brèches chez les électeurs démocrates blancs et même conservateurs." D'après de nombreux experts, ce "vote noir" semble avoir irrésistiblement basculé en faveur du candidat Obama à la suite propos de l'ancien président Bill Clinton tenus peu après les primaires de la Caroline du Sud. M. Clinton avait insinué que la victoire du sénateur de l'Illinois était dû à la couleur de sa peau. Des propos qui avaient déclenché une vive polémique. Celle-ci vient de rebondir avec Geraldine Ferraro, une proche de Mme Clinton, qui a affirmé mardi, jour de vote, que "si Obama était un homme blanc, il ne serait pas là où il est maintenant".

OBAMA-family.jpg La question posée au soir de ces nouvelles primaires est de savoir si Barack Obama est en mesure d'amplifier sur son nom le vote blanc lors des élections générales de novembre en cas d'investiture par le parti démocrate. Pour le seul Mississippi, il suffirait de 31,5% de l'électorat blanc pour que l'Etat bascule dans le camp démocrate, selon des études du corps électoral. En 2004, près de 85% de ces électeurs blancs avaient porté leurs suffrages au président sortant George W. Bush.

"Une victoire parait donc possible même si elle s'annonce difficile, souligne Donna Ladd, responsable du Jackson Free Press, hebdomadaire indépendant soutenant la candidature d'Obama. Avec lui, le potentiel est là. Les lignes politiques sont en train de se modifier dans cet Etat qui vote républicain depuis le milieu des années 1970." Un maire noir élu à Hattiesburg, ville majoritairement blanche du sud; un ex-membre du Ku Kux Klan incarcéré cet été; un musée des droits civiques en projet : le Mississippi semble donner des gages au changement.

"Autrefois, dans les années 1960 et 1970, je n'aurais jamais eu l'idée de venir ici pour faire une campagne électorale, admet Rose, 65 ans, venue d'Atlanta et supportrice de Barack Obama. A l'époque, le Mississippi faisait peur." Lors d'un déplacement, mardi matin, à Greenville, petite ville de située dans le Delta du Mississippi, la partie la plus pauvre de l'Etat, Barack Obama a déclaré n'avoir "pas eu assez d'opportunités pour venir dans cette région aussi souvent que nous l'aurions souhaité". Et cette mise en garde, comme si elle lui était destinée : "Un des défis, je pense, du prochain président sera de s'assurer que nous aidions toutes les communautés et non pas une seule".
Par SD32 - Publié dans : Primaires démocrates
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Dimanche 9 mars 2008 7 09 /03 /Mars /2008 10:31
undefined Barack Obama l'a emporté sur Hillary Rodham Clinton samedi dans les caucus démocrates du Wyoming, rebondissant après des défaites qui ont relancé cette semaine la campagne de Clinton.

La victoire d'Obama dans ce petit Etat peu peuplé qui n'enverra que douze délégués à la convention démocrates ralentit la remontée de Clinton qui a remporté trois des quatre primaires de mardi, dont celles organisées dans les importants Etats du Texas et de l'Ohio.

 
Alors que les résultats de 96% des caucus étaient connus, Obama devançait Clinton avec 59% contre 40%.

"C'est une victoire très importante pour nous", a déclaré David Plouffe, directeur de campagne d'Obama. Il a noté que Clinton ainsi que son mari Bill et sa fille Chelsea avaient tous trois fait campagne dans le Wyoming.

 

Selon des projections de CNN, Obama obtiendrait au moins sept des 12 délégués du Wyoming.

 

Les prochaines primaires démocrates auront lieu mardi dans le Mississippi et le 22 avril en Pennsylvanie.

 

Obama jouit maintenant d'une avance quasi insurmontable sur Clinton, mais il reste néanmoins encore loin de réunir le nombre de délégués requis pour obtenir l'investiture lors de la convention démocrate d'août prochain et affronter le républicain John McCain à l'élection présidentielle de novembre.

 
LE POIDS DES "SUPERDELEGUES"

 

 

Ni Obama ni Clinton n'atteindront probablement les 2.025 délégués nécessaires pour obtenir l'investiture sans l'aide des 796 "superdélégués" - des responsables du parti qui sont libres de soutenir le candidat de leur choix.

 

Les Etats du Michigan et de Floride, dont les consultations n'ont pas été reconnues par la direction nationale du parti, pourraient aussi jouer un rôle pour départager les deux candidats à l'investiture.

 

Les responsables des deux Etats ont envisagé d'organiser de nouvelles consultations afin de pouvoir envoyer des délégués à la convention, mais les candidats et les responsables locaux et nationaux du parti devront se mettre d'accord sur la date, le financement et le format de ces consultations.

 

Au Wyoming, Etat majoritairement républicain, les démocrates étaient invités à se réunir en 23 endroits désignés pour la tenue des caucus.

 

Obama a jusqu'ici particulièrement bien réussi dans les caucus où sa bonne organisation et l'enthousiasme des militants de base lui ont donné l'avantage.

 

Clinton apprécie moins le système de caucus et elle se targue de mieux réussir aux primaires de grands Etats tels que l'Ohio, la Californie et le New Jersey que les démocrates devront remporter s'ils veulent envoyer l'un des leurs à la Maison blanche.

 

Le Wyoming, dont est originaire le vice-président Dick Cheney, n'a pas voté pour un président démocrate depuis 1964. Néanmoins son gouverneur, Dave Freudenthal, est démocrate, mais il n'a apporté son soutien ni à Obama, ni à Clinton.

Source : Le Monde

 

Par SD32 - Publié dans : Primaires démocrates
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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 18:45
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SAN ANTONIO, Texas (Reuters) - Hillary Clinton s'est maintenue en lice en remportant mardi les primaires de l'Ohio et du Texas, ce qui va prolonger durant des semaines la rivalité opposant la sénatrice de New York à Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine.

 

Obama ayant engrangé auparavant onze succès consécutifs au seul mois de février, les experts commençaient à l'imaginer en vainqueur de son duel avec l'ancienne First Lady, pourtant grande favorite du camp démocrate au début de la campagne.

 

"Avant cette victoire, il y avait de fortes chances pour que Clinton jette l'éponge", note Jennifer Palmieri, politologue du Center for American Progress qui conseillait l'ancien candidat démocrate John Edwards.

 

Le suspense démocrate se déplace le 8 mars au Wyoming et le 11 au Mississippi, où Obama est jugé en bonne position. Mais Clinton compte revenir en force le 22 avril en Pennsylvanie, Etat fournissant un fort contingent de délégués et qui, à l'instar de l'Ohio, compte de nombreux ouvriers et électeurs âgés en difficulté comme ceux qui l'ont soutenue mardi.

 

Même si Clinton est sortie victorieuse dans trois des quatre votes de mardi, Obama a des chances de conserver l'avantage global pour ce qui est du nombre de délégués acquis pour la convention nationale du mois d'août qui désignera le candidat.

 

Il s'ensuit que Clinton sera peut-être tributaire des "superdélégués" - personnalités du parti et responsables élus pouvant voter en toute liberté -, ce qui risque d'entraîner des dissensions internes sur le mode de sélection du candidat définitif.

 
"L'OHIO DONNE LE TON"

 

 

Faute d'un nombre de délégués suffisant, Clinton s'emploiera sans doute à persuader le parti qu'elle serait le meilleur candidat face au républicain John McCain (d'ores et déjà assuré de l'investiture) sur les grands "terrains de bataille" comme l'Ohio dont dépendra en grande partie l'élection de novembre.

 

"Vous savez ce qu'on dit: c'est l'Ohio qui donne le ton. Eh bien, le pays repart et la campagne aussi", a lancé une Clinton exubérante lors d'un rassemblement à Columbus (Ohio) où elle fêtait sa victoire.

 

Obama et Clinton se disputent le privilège d'affronter McCain, devenu mardi le candidat présomptif du Parti républicain après le retrait de son dernier concurrent, Mike Huckabee.

 

Outre ses succès en Ohio et au Texas, Clinton l'a emporté à Rhode Island tandis qu'Obama la supplantait au Vermont. Si Rhode Island et le Vermont sont de petits Etats de Nouvelle-Angleterre, l'Ohio et le Texas faisaient figure de "gros lots" pour Clinton et Obama qui avaient passé des semaines à faire la navette de l'un à l'autre.

 

"Je pense qu'Obama occupe toujours la place du conducteur mais que les derniers jours l'ont ramené aux réalités", déclare Calvin Jillson, de la Southern Methodist University de Dallas.

 

Le sénateur de l'Illinois s'est retrouvé sur la défensive, Clinton l'ayant vivement brocardé sur les dossiers de la sécurité nationale et du commerce.

 

La sénatrice démocrate a lancé la semaine dernière un encart publicitaire visant à susciter l'inquiétude quant au manque d'expérience qu'elle impute à Obama en politique étrangère.

 

Clinton le juge aussi incohérent à propos de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena), auquel beaucoup d'habitants de l'Ohio attribuent des pertes d'emplois.

 
LUTTE DE LONGUE HALEINE

 

 

Obama a exprimé la volonté de renégocier le traité mais s'est heurté à des attaques après la divulgation d'un document qui semblait indiquer qu'un de ses conseillers avait minimisé ce projet auprès de responsables canadiens. Obama soutient qu'il n'en est rien et réaffirme sa volonté de modifier l'Alena.

 

Les derniers sondages ayant fait apparaître Clinton et Obama au coude à coude en Ohio et au Texas, le sénateur de l'Illinois avait paru s'appliquer à ne pas paraître trop confiant. Quand un de ses partisans l'a appelé "M. le Président" dimanche en Ohio, il lui a dit que cela sonnait bien mais qu'il restait "beaucoup à faire" et que tout dépendait de ce que ferait l'Ohio.

 

Et dès mardi après-midi, avant même que soient connus les résultats du Texas et de l'Ohio, Obama a laissé entendre aux journalistes qu'il se préparait à une lutte de longue haleine.

 

Rappelant la ténacité pour laquelle est connue Hillary Clinton, il a déclaré: "Nous devons veiller à travailler aussi dur que nous le pouvons et aussi longtemps qu'il le faudra."

 

Malgré la série de revers qu'elle avait subis le mois dernier, Clinton a su ramasser ses forces pour l'étape Ohio-Texas, dont on considérait qu'elle déciderait de son maintien ou de son retrait. Son mari, l'ancien président Bill Clinton, jugeait vital de remporter ces deux Etats.

 

Si certains démocrates craignent qu'un suspense prolongé ne soit préjudiciable à l'unité du parti et n'affaiblisse d'autant son futur candidat, Jennifer Palmieri n'exclut pas que cela produise l'effet opposé. "La personne qui l'emportera n'en sortira que mieux aguerrie", estime la politologue.

Par SD32 - Publié dans : Primaires démocrates
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