Plusieurs maires de petites communes ou de villes moyennes, en majeure partie
de gauche, ont exprimé leur ras-le-bol vis-à-vis de la réforme territoriale voulue par le gouvernement lors des débats organisés sur ce thème mercredi au Congrès des maires de France, à
Paris.Ce projet gouvernemental "est une formidable attaque, avec des pouvoirs exorbitants accordés aux préfets", a ainsi lancé le maire d'une commune de l'Isère, Marcel Berthouard. "C'est inacceptable. Les populations ne se laisseront pas faire". L'un des intervenants les plus applaudis, Roland Povinelli, maire PS d'Allauch (Bouches-du-Rhône), a lancé en direction des élus de droite assis à la tribune: "Arrêtez de nous prendre pour des idiots". Il a plaidé pour "des actions fortes" pour refuser cette réforme, comme par exemple ne plus ouvrir, un temps, les cantines et les crèches municipales. "Si vous ne le faites pas, vous serez toutes et tous bouffés dans les mois qui viennent", a-t-il tempêté.
Son collègue, Marc Petit, jeune maire PCF de Firminy (Loire), a exprimé son incompréhension vis-à-vis de la création du "conseiller territorial". "Assumer le travail à la fois du conseiller régional et du conseiller général, je ne vois pas comment c'est possible ", a-t-il dit en accusant le gouvernement de vouloir "recentraliser et d'entraîner une augmentation forte des impôts locaux". "Il faut que les élus locaux s'organisent pour refuser ça!", a-t-il lui aussi lancé.
Un édile des Bouches-du-Rhône, André Molino, très mécontent, s'est dit "pas du tout rassuré par les propos de François Fillon" la veille à la tribune du Congrès. "Quand le Premier ministre s'exprime devant les maires, ça serait intéressant qu'on puisse lui poser des questions (...) Et puis il n'y a pas de petit et de grand maire", a-t-il dit en dénonçant le fait que "Nicolas Sarkozy se soit permis" d'inviter à l'Elysée certains maires alors qu'il aurait pu venir ici". "Je souhaiterais connaître sur quelle base les invitations se sont faites!", a-t-il encore lancé sous les applaudissements.
Source AFP