Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 16:37
Qui l’eut cru ? Mais surtout que doit-on en penser ? Et d’ailleurs, pouvons-nous penser à sa place ? Depuis plusieurs semaines, sondage après sondage, Dominique Strauss-Kahn  s’impose dans le paysage politique hexagonal alors qu’il n’a rien demandé.

Meilleur candidat de la gauche face à Nicolas Sarkozy, qui serait battu au second tour de l’élection présidentielle de 2012 : il a fallu un sondage pour que la machine médiatique s’emballe et les spéculations en tous genres aillent bon train .

Phénomène de mode ou désir plus profond pour de plus en plus de nos concitoyens de voir en Dominique Strauss-Kahn, non pas "le sauveur de la gauche " comme l’écrivent certains éditorialistes,  mais l’homme politique de gauche qui prouve, par sa compétence, sa stature et sa crédibilité internationales , qu’il reste porteur d’espoir.

Chaque jour davantage , de plus en plus de camarades de ma fédération, qu’ils soient simples militants, responsables ou élus, m’interpellent sur un retour de Dominique. Mes réponses qui  sont de leur dire que c’est aller vite en besogne, qu’un sondage ne fait pas une élection et que Dominique Strauss-Kahn reste seul maître de ses intentions, n’y suffisent plus.

Une réelle impatience s’est désormais installée à l’encontre de celui qui ne fut pas entendu à défaut d’être écouté, en 2006, lors de cette primaire interne largement manipulée par une frénésie sondagière autour de Ségolène Royal.

Est-ce à dire que les mêmes causes produiraient les mêmes effets. Le contexte est totalement différent vu que Dominique Strauss-Kahn ne s’est pas déclaré candidat à la primaire contrairement à d’autres qui n’ont pas attendu que soient connues les conditions de son organisation. De plus, en raison même de son devoir de réserve lié à sa responsabilité de directeur général du FMI, il n’intervient pas dans le débat politique hexagonal et reste distant de ce Parti socialiste qui n’en finit plus de panser ses plaies.

Alors, toutes celles et ceux qui espèrent doivent simplement attendre : pour Dominique Strauss-Kahn , l’heure n’est pas à l’examen des sondages sur sa notoriété mais à la manière de gérer au mieux, au poste qu’il occupe, cette sortie de crise et à élaborer des mécanismes régulateurs, comme la taxe FMI, capables d’ assurer la stabilité financière du monde.

Pour l’instant sa priorité est là. Le reste viendra en son temps , s’il vient un jour . Le moment venu, Dominique Strauss-Kahn nous fera connaître ses intentions. En attendant, afin de ne pas rajouter à la spéculation médiatique le concernant et pour le moins prématurée, ce discrédit du Parti socialiste qui ne cesse d’interpeller une opinion publique, pour partie désemparée , nos présidentiables et autres responsables socialistes, coutumiers des plateaux de télévisions et autres micros, feraient mieux de se mettre au travail autour de Martine Aubry.

Car, quel que soit celui ou celle qui représentera la gauche en 2012, avant de pouvoir penser gagner faudrait peut-être enfin penser préalablement à présenter à nos concitoyens un projet novateur et crédible.

Philippe PUGNET
Par SD32 - Publié dans : Politique
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