Partager l'article ! Enjeux de Copenhague : les grandes lignes: Les représentants des délégations nationales qui se rendront à Copenhague en décembre prochai ...
Les représentants des délégations nationales qui se rendront à Copenhague en
décembre prochain pour dessiner l’après Kyoto sont réunis cette semaine pour un dernier round de négociations à Barcelone. A un mois de cette grande messe internationale du climat, le décalage
persiste entre les multiples discours sur l’urgence climatique et les nombreuses difficultés qui rythment les pourparlers. Les discussions sur la régulation des émissions de gaz à effet de serre
d’origine anthropique se font en effet sur une base complexe de négociations : un défi commun et de bonnes intentions, mais des responsabilités et moyens différenciés. Il s’agira à
Copenhague de parvenir à un accord – tout au moins politique – pour un « partage du fardeau » ambitieux et équitable.
On est loin des temps où la responsabilité de l’homme dans le réchauffement
climatique était minimisée, voir niée. L’enjeu environnemental fait désormais pleinement partie de l’agenda politique – et économique – international. Il y a un consensus sur la nécessité d’agir
pour réduire l’impact des activités humaines sur le réchauffement de la planète. A cet égard, la fin des années Bush et la position plus ouverte de la nouvelle administration sur la question du
réchauffement climatique augmentent l’espoir d’un accord international avec une implication plus volontariste des Etats-Unis. Le rendez-vous de Copenhague a une résonance particulière car il
s’agit de négocier l’après Kyoto, le protocole expirant en 2012. Ce dispositif vise à restreindre les émissions des grands pays industrialisés, mais la non ratification des Etats-Unis a abouti à
un déséquilibre dans le mécanisme qui limite son efficacité. L’ambition de Copenhague est d’élargir le système de droits à polluer aux pays en développement tout en leur apportant les garanties
d’une assistance technique et financière. Une caractéristique fondamentale de la question environnementale a trait à la nature diffuse du risque qu’elle génère, les frontières ne suffisent pas à
s’en protéger et la sécurité de chacun dépend de l’effort collectif. Un engagement global, avec un mécanisme inclusif, est crucial car les scénarios abondent sur les conséquences à long terme des
dérèglements climatiques pour la sécurité internationale : insécurité alimentaire, guerres de l’eau, reconfiguration des littoraux, conflits pour l’accès aux ressources.
Les pays du Sud sont les plus exposés à ces risques d’instabilité, et en même
temps les moins enclins à mettre en place des politiques environnementales ambitieuses étant donné leurs préoccupations de développement. Ainsi au cœur de la négociation se trouve la question de
la compensation des pays riches à destination des pays les moins avancés. La responsabilité historique des pays industrialisés dans les émissions de gaz à effet de serre conduit les pays en
développement à négocier sur la base de ce déséquilibre. Les émergents, la Chine en tête, jouent pour leur part une position d’intermédiaire : ils font désormais pleinement partie du club
des pays industrialisés, sont de gros émetteurs, mais ont tout intérêt à recourir à l’argument de compensation historique. Et en même temps, ils ont conscience que l’effort ne peut pas uniquement
reposer sur les pays du Nord, et ont donc intérêt à ce qu’un compromis soit trouvé à Copenhague. L’Union européenne s’est accordée sur l’aide globale à mobiliser pour aider les pays
pauvres : un montant de 100 milliards de dollars par an est jugé nécessaire pour les accompagner dans un processus d’adaptation. Reste à déterminer le partage du fardeau entre les pays
riches, et là-dessus l’Union européenne n’a pas fixé le montant qu’elle envisage pour sa propre contribution car elle conditionne son engagement à ceux des autres, les Etats-Unis en première
ligne, mais également les autres gros Etats pollueurs. Ainsi, outre la question de la compensation, c’est la question de la répartition de cette compensation qui occupe également les débats. A
l’échelle de l’Union, les Etats membres ne sont pas parvenus à s’accorder sur leurs efforts respectifs, les pays d’Europe de l’Est faisant valoir leurs positions plus fragiles par rapport aux
pays plus riches de l’ouest. Ce qui crée des difficultés à l’échelon européen – club de pays riches – devrait s’exprimer de manière encore plus aiguë entre les délégations à Copenhague.