Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 10:09

A cinq mois des élections régionales de mars, les partis fourbissent leurs armes, même s'ils n'ont pas tous arrêté le nom de leurs candidats. La majorité craint les retombées d'un contexte social lourd, les Verts espèrent rééditer leur exploit des européennes, et le PS, qui a investi ses candidats ce week-end, rêve de conserver ses 20 régions.

A cinq mois des régionales, dernières élections générales avant la présidentielle de 2012, la pression monte au sein des formations politiques. Le PS, qui a tenu ce week-end une convention nationale pour ratifier « les premiers des socialistes aux élections régionales », se veut plus confiant que la droite, aussi unie soit-elle.

l  La majorité met la barre très bas 

« Deux régions de conquises, c'est une réussite. Trois, c'est un triomphe. Quatre, c'est le délire absolu ! », prévient un poids lourd de l'UMP. « Chaque région prise sera une victoire », assure un autre. « Encore faut-il ne pas perdre celles que l'on a... », glisse un troisième, alors que la droite n'a aujourd'hui que l'Alsace et la Corse. Pour créer une dynamique, l'Elysée veut éviter que les composantes de la majorité ne partent en ordre dispersé au premier tour. Mais les régionales sont souvent l'occasion de sanctionner le pouvoir en place, le contexte social est lourd, et la majorité n'aura guère de réserves de voix pour le second tour. Nicolas Sarkozy a lui-même compliqué la donne en imposant la règle du non-cumul, plusieurs ministres ayant alors renoncé à leur candidature pour conserver leur portefeuille ministériel. La droite place quelques espoirs en Franche-Comté, en Champagne-Ardenne, et, dans une moindre mesure en Basse-Normandie. Symbole oblige, elle rêve de remporter l'Ile-de-France. Le score du FN comptera lourd. « S'il revit, ce sera difficile pour nous », prédit un ministre. Pour mordre sur l'électorat frontiste, Jacques Bompard, le maire villiériste d'Orange, pourrait se présenter en Paca.

l  Le PS mise sur ses sortants 

Quand on détient 20 régions métropolitaines sur 22, que peut-on raisonnablement espérer ? Après la douche froide des européennes où les oracles socialistes s'étaient trompés dans les grandes largeurs, plus personne ne se risquait à faire des pronostics il y a un mois. Depuis, pourtant, à la faveur de sondages très favorables, certains socialistes espèrent conserver toutes les régions qu'ils dirigent. La prime au sortant jouerait à plein. Ainsi, alors que Michel Vauzelle, qui préside la région Paca, semblait très menacé, selon des sondages réalisés pour le PS, il gagnerait, quelle que soit la tête de liste UMP au deuxième tour. En Ile-de-France, où les écologistes ont devancé les socialistes lors des élections européennes, les sondages sont également favorables à Jean-Paul Huchon. Epine dans le pied, le Languedoc-Roussillon, où les militants ont voté à une écrasante majorité pour Didier Codorniou, soutien de Georges Frêche, président de région sortant... et exclu du PS.
« Avec l'ensemble des élus de la région, nous allons voir nos partenaires. Nous verrons aussi Georges Frêche et nous prendrons ensemble la meilleure solution », a indiqué le maire de Lille. L'affaire est délicate: les Verts et le PCF ne veulent pas de Georges Frêche...

l  Les écologistes veulent surfer sur la vague 

Bien que les dirigeants du PS prédisent aux écologistes qu'ils vont retomber sur terre, les Verts espèrent confirmer aux régionales leur succès des européennes. Contrairement aux régionales de 2004 où ils étaient associés au PS dans une dizaine de régions dès le premier tour, ils auront une stratégie d'autonomie dans chaque région et « une vraie campagne nationale avec les têtes d'affiche des européennes, comme Dany Cohn-Bendit, José Bové et Eva Joly ». Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, escompte bien l'emporter en Ile-de-France. Elle a jugé le bilan de Jean-Paul Huchon à la tête de la région « pas mauvais » mais « un peu saupoudré ». En région Paca, la magistrate Laurence Vichnievsky, qui avait instruit l'affaire ELF avec Eva Joly, sera candidate sur la liste Europe Ecologie.

l  Le Modem en position délicate 

Contesté après le revers des européennes, François Bayrou est au pied du mur. Il y a cinq ans, l'UDF avait approché la barre des 12 % au premier tour, en moyenne, dans les 16 régions où elle présentait une liste autonome (dans les six autres, elle était alliée à l'UMP). Or, à cinq mois du rendez-vous électoral, les sondages créditent le Modem de 7 à 8 % seulement des intentions de vote. Pour l'heure, l'essentiel pour François Bayrou est de maintenir la visibilité de son parti au premier tour (avec des listes autonomes quasiment partout) avant d'éventuels rassemblements au second avec le PS et les Verts. Pas question, en effet, de s'allier à l'UMP, que ce soit au premier ou au second tour, même si certains élus locaux le souhaitent. Désireux de ne pas rééditer l'erreur des européennes, lorsque François Bayrou s'était concentré sur l'anti-sarkozysme, le Modem (qui n'a pas encore désigné ses chefs de file) promet cette fois « une campagne régionale avec des thèmes régionaux ».

l  Grandes manoeuvres à la gauche de la gauche 

Le PCF et le Parti de gauche, qui iront à la bataille sous la bannière Front de gauche qui leur a plutôt bien réussi aux élections européennes, multiplient les rencontres avec le NPA, afin de déterminer s'il leur est possible de constituer des listes communes.
Le NPA s'est déclaré favorable à la constitution d'une fusion « technique » ou « démocratique »
avec le PS au second tour, pour battre la droite, mais qui n'implique aucun engagement de gestion commune des exécutifs régionaux par la suite. Le débat désormais porte sur le fond : un accord de gestion est-il possible entre le Front de gauche et le NPA ? Une réunion à ce sujet est prévue vendredi. Reste aussi à savoir si les élus PCF ne seront pas tentés ici ou là de faire alliance dès le premier tour avec le PS. La question subsidiaire est : que fera le Parti de gauche si le PCF fait des alliances au premier tour avec le PS ? Samedi, les « ateliers du projet de la gauche » organisés par le PCF pour « construire des majorités alternatives » à Nicolas Sarkozy, ont été boudés par le Parti de gauche (PG) et le NPA en raison de la présence du PS. Le PG a indiqué néanmoins qu'il participerait aux prochains « ateliers ».

l  Le FN rêve de se refaire une santé 

C'est Jean-Marie Le Pen qui le dit : « Le président de la République n'a pas tué le FN. Il va s'en apercevoir. » Cela reste à voir. D'un côté, le parti est handicapé par l'âge et l'usure de son président - lui-même candidat en Paca -, par des finances en berne et une courbe descendante au fur et à mesure des élections. D'un autre, le Front national espère tirer profit de la crise sociale et du ralliement de Philippe de Villiers à la majorité. Les régionales ont souvent été favorables à la formation d'extrême droite. En 2004, elle avait obtenu 14,7 % des voix, dépassant la barre des 22 % en Paca et en Picardie et frôlant les 20 % en Champagne-Ardenne. Au total, le FN avait pu se maintenir au second tour dans 17 régions, contribuant à la défaite de la droite. Aujourd'hui, il est crédité de 6 à 8 % des intentions de vote dans les sondages.

 

Source : Les échos

 

 

A savoir : 

 

L'élection des conseillers régionaux repose sur un scrutin de liste proportionnel  avec prime majoritaire. Les listes sont déposées au niveau régional, mais les candidats sont répartis entre les départements.Si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés lors du premier tour, elle dispose du quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages.Si aucune liste n'obtient la majorité absolue, un second tour est organisé . Seules les listes
ayant obtenu plus de 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent se maintenir et éventuellement usionner avec les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages. La liste qui arrive en tête obtient le quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages.

 

SD32

 

 

Par SD32 - Publié dans : Politique
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