Jeudi 4 février 2010
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Il suffit qu'il donne une interview sur une radio de grande écoute pour que la machine médiatique s'emballe. Ce matin, Dominique Strauss-Kahn,
Directeur général du FMI, de passage à Paris, était l'invité de Jean-Michel Apathie sur RTL. On pouvait s'attendre, comme d'habitude, à des questions bien ciblées de la part du journaliste et ce
fut, bien sûr, le cas. Comme à son habitude, Dominique Strauss-Kahn a répondu, avec courtoisie , empreinte parfois de malice, et un sens aigu des responsabilités qui sont les siennes,
actuellement.
Sur la crise, tout d'abord." La croissance est revenue, tant mieux. Le chômage est toujours là ; et non seulement il est toujours là, mais dans beaucoup de pays avancés - les pays
industrialisés principalement - il va continuer à augmenter, pas en Asie où les choses vont plus vite mais dans les pays comme les Etats-Unis, l'Europe, le Japon" a tenu à souligner
Dominique Strauss-Kahn.
Le chômage, un véritable fléau qui exige des mesures concrètes, loin des discours ambiants laissant croire, ici ou là que la crise serait terminée.
"Non seulement il ne faut pas mettre fin aux plans de soutien de l'activité qui ont été mis en place, les fameux stimulus..." mais il convient de "recentrer tous ces stimulus sur
l'emploi, sur les politiques de l'emploi " a tenu à rappeler le Directeur du FMI, qui va plus loin encore : " maintenant, ça doit être le sujet principal. Ma préoccupation principale, à
moi, aujourd'hui, dans le pilotage qu'on peut avoir au FMI de l'économie mondiale, c'est l'emploi ".
Et les difficultés sont devant nous, car si , sur le court terme " la croissance revient, la crise n'est pas
terminée, le chômage est encore là, il faut s'occuper du chômage ", sur le moyen et le long terme , Dominique Strauss-Kahn précise qu'on a pu mettre en place "des moyens d'éviter
quelque chose d'aussi grave que la crise de 1929 grâce aux soutiens publics " mais "ça a créé des déficits massifs dans beaucoup de pays et le problème de moyen terme, c'est
qu'il faut résorber ces déficits " .
" Et donc le deuxième message après l'accent sur l'emploi,
le deuxième message qui est le mien, c'est qu'il faut que les gouvernements maintenant, annoncent comment ils vont au cours des années qui viennent réduire leurs dettes. Pas mettre en place tout
de suite la réduction, c'est trop tôt. Aujourd'hui encore, il faut soutenir l'activité, mais dès que possible, et la date dépend des pays. Tout le monde est entré dans la crise au même moment,
vous avez symboliquement cité la chute de Lehmann-Brothers, pourquoi pas ! Oui. Mais tout le monde n'en sort pas au même moment. Mais au moment où chaque pays commence à en sortir, il faut qu'il
puisse mettre en place la réduction de la dette et il faut qu'il l'annonce maintenant. Qu'est-ce qu'il a en tête ? Comment il va le faire montrer qu'il s'en préoccupe
".
Dominique Strauss-Kahn n'est pas du genre à fuir les réalités et les évidentes
contraintes qui vont avec : " les taux de croissance, aujourd'hui, sont revenus positifs partout ; mais 10% en Chine, 1% pour la zone Euro. De un à dix. C'est quand même considérable
comme écart. Ca risque de durer. Donc, ca va créer des rapports de force différents. C'est-à-dire que là, on assiste à la domination potentielle de la Chine dans les années qui viennent. On n'en
est pas encore là parce que malgré tout et malgré sa croissance forte, l'économie chinoise n'a pas la taille des économies européennes ; mais enfin, vous avez raison, ce n'est qu'une
question de temps ".
Puis le moment est venu, pour lui , au cours de cet entretien, de présenter sa vision de l'avenir " il nous faut un modèle de croissance au sortir de la crise : dans un an, dans un an
et demi ; mais il faut y travailler maintenant, qui soit un modèle à bas carbone. On ne peut plus reconstruire le modèle qu'on avait avant. Le Fonds monétaire vient de proposer un mécanisme, je
crois, très innovant de financement parce que Copenhague a quand même été de ce point de vue-là un échec de financement de ces dépenses. Moi je suis très déçu de ce qui s'est passé à
Copenhague ; et donc, on s'est dit, il faut qu'on apporte une solution. On apporte cette solution. Dans quelques semaines, les documents seront publics ; mais tout ça que c'est les
problèmes qui vont se créer, demeurer pendant assez longtemps au-delà du problème chômage qui est le problème immédiat ".
Mais Dominique Strauss-Kahn va plus loin encore " ...l'Europe s'était donnée comme objectif, il y a dix
ans, rappelez-vous, ça s'appelait "la stratégie de Lisbonne", d'être le cœur de la production de l'innovation dans le monde et que le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas le cas. Pour
mille raisons dans lesquelles on ne va pas rentrer, l'Europe a été incapable de mener ce combat-là. Et c'est ça le vrai combat. Assurer les emplois de demain, d'après-demain, de nos enfants, de
nos petits-enfants en Europe, en France comme en Allemagne, comme en Italie, comme ailleurs, c'est être capable d'investir suffisamment dans la Recherche, dans l'innovation ; et ça, très
honnêtement, la vue qu'on peut avoir de l'extérieur, c'est que les dix ans qui viennent de s'écouler n'ont pas été -loin de là !- suffisamment dans cette direction "
.
La conversation s'est poursuivie sur d'autres thèmes économiques comme le grand
emprunt, l'âge légal de la retraite - "la réalité, en fait, dans la plupart des pays, ce n'est pas tellement l'âge légal de la retraite " qui est posé mais " c'est l'âge réel de la
retraite. Ce qui pèse sur les systèmes de retraite, c'est l'âge auquel on commence véritablement à prendre sa retraite " - mais Dominique Strauss-Kahn a tenu à bien préciser " il ne faut
pas croire qu'on va sortir de la crise sans en payer le coût. On a échappé, je le disais tout à l'heure, à une crise colossale, très bien. Pour autant, on n'y a pas échappé avec zéro coût. Et ce
coût-là, il va falloir le payer, c'est ce que le FMI essaie de canaliser dans chaque pays ; et le pire serait que chacun choisisse des solutions différentes et chacun reparte chez soi avec
l'idée, je vais m'en sortir tout seul " .
On aurait pu croire que Jean-Michel Apathie s'en tienne uniquement à des questions d'ordre économique et social, en présence du Directeur général du FMI mais n'en pouvant plus, il demande à
Dominique Strauss-Kahn : "à quel moment direz-vous, si une candidature à l'élection présidentielle de 2012 vous intéresse-t-elle ? "
La réponse de Dominique Strauss-Kahn fut courtoise mais directe: " à ce jour (je l'ai toujours dit), j'ai l'intention de faire mon mandat. Maintenant, si vous me demandez : si, dans certaines
circonstances, je pourrais me reposer cette question ? La réponse est oui. Je pourrais me reposer cette question. J'ai déjà dit ça. Et donc, il n'y a pas de : à quel moment ? Si à un moment
donné, je considère que je veux me reposer cette question, évidemment vous serez le premier informé, Jean-Michel Aphatie ".
Et pour bien se faire comprendre, Dominique Strauus-Kahn rajoute immédiatement : " il n'y a aucune raison qu'aujourd'hui dans l'ensemble des gens qui ont eu des responsabilités politiques
dans notre pays, que la question ne se pose pas aujourd'hui parce qu'elle ne se pose pour aucun des autres candidats potentiels à l'élection présidentielle. Il n'y aucune raison qu'elle se pose à
moi. Donc, je comprends qu'on se pose cette question ; vous comprenez que je n'y apporte pas de réponse aujourd'hui " .
Une fin de non-recevoir ? Non, une simple mise au point. Cela suffira-t-il à calmer les supputations médiatiques ?
Philippe PUGNET
Par SD32
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Publié dans : Politique
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maintenant il faut avoir de bons amortissseurs pour contenir la vague dévastratrice de cette crise de société qui englobe la crise financière, la crise d'identité, la crise environnemental.
avec toute ma sympathie.
nicole