Lundi 7 septembre 2009
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Alors qu’aux dires de certains, son ombre planait sur la dernière université d’été du Parti Socialiste, Dominique Strauss-Kahn, dont la cote de popularité
progresse constamment dans notre pays, n’en continue pas moins d’ assumer pleinement ses responsabilités de directeur général du Fonds monétaire international (FMI).
Ainsi, ce week-end, à Londres, était-il présent à la réunion des ministres des finances du G-20. Il n’a pas manqué de leur dire combien il préconisait "le maintien des mesures de
relance économique" et dans cette optique combien il fallait également "continuer à soutenir la demande jusqu'à ce que la reprise se soit fermement installée".
Il a , par ailleurs, souhaité attirer leur attention sur "les coûts sociaux et économiques d’un chômage qui est élevé et le restera en dépit de la stabilisation des marchés financiers et de
la production" .
Aussi Dominique Strauss-Kahn a-t-il recommandé aux dirigeants des pays membres du FMI à "pécher plutôt par excès de prudence quand ils décideront de mettre fin aux mesures de riposte à la
crise".
"La reprise sera timide, mais elle ne sera pas nécessairement génératrice d’emploi, parce qu’étant fragile", a-t-il analysé, avant d’exhorter les pays à définir et coordonner leurs
stratégies de sortie de crise, afin qu’ils puissent être "en mesure de mobiliser le soutien de l’opinion et d’agir au moment opportun ".
Mais Dominique Strauss-Kahn a souhaité aller plus loin encore en estimant qu'en matière de bonus des traders, il fallait " changer la culture du système bancaire".
Après avoir soutenu, en son temps, qu’il ne saurait y avoir d’assainissement du système financier international sans la volonté de " couper les branches pourries des banques ", le
Directeur général du FMI a tenu à rappeler, ce week-end combien "le fait de dire, je prends n'importe quel risque à titre individuel, peu importe les conséquences collectives ", était
inacceptable.
Pour Dominique Strauss-Kahn c'est cette "culture du risque" qui "nous a amené à la crise". "On prend n'importe quel risque. Ensuite, si ça crée une catastrophe, peu
importe. On prend des risques et si jamais ça marche, alors formidable, on va gagner beaucoup d'argent", a-t-il dénoncé.
Aussi a-t-il demandé au FSB (Conseil de stabilité financière) de travailler sur des mesures qui pourraient être prises rapidement "pour limiter ce phénomène de prise de risque".
Dominique Strauss-Kahn ne s’est pas privé également de juger "assez scandaleux que des établissements financiers, notamment ceux qui ont été aidés par l'Etat, par l'argent des contribuables,
versent des bonus aussi immenses". Pour lui,la réforme de la régulation financière ne va pas assez vite. Il émet des craintes sur l'attitude et la situation des banques et sur le marché
immobilier.
Aussi, dans le cadre de la préparation du prochain G20 de Pittsburgh, la réunion des principaux pays du monde, Dominique Strauss-Kahn vient-il de demander aux gouvernements, dans un discours
prononcé ce vendredi à Berlin et intitulé "Par delà la crise: croissance durable et stabilité du système monétaire international", de "formuler" des stratégies de sortie de crise claires, au
moment où "l'économie mondiale semble être en train d'émerger enfin de la pire récession que nous ayons connue".
Dominique Strauss-Kahn reste donc plus que jamais vigilant: plus que des recommandations, il formule désormais des exigences pour une meilleure sortie de crise. A charge pour celles et ceux à qui
elles s'adressent de bien vouloir les prendre en compte.
Philippe PUGNET
Par SD32
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Publié dans : International
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