Lundi 13 octobre 2008
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Alors que notre congrès est entré dans sa phase de préparation, que nos argumentaires
respectifs s’élaborent et que les premières réunions sont programmées, une dure réalité vient bousculer tant la pertinence des analyses de certains que la crédibilité d’un débat qui en ferait
abstraction.
Une crise financière, sans précédent, bouscule depuis plusieurs jours, le dogme néo-libéral , entraînant corrélativement une perte de confiance énorme de tous les acteurs de la vie
économique.
Cette crise, partie des Etats-Unis, a été provoquée par des financiers dans la sphère financière. Entre 2003 et 2007, les banques ont commis des erreurs aussi grossières que massives. Sous des
formes diverses, elles ont acheté des masses énormes de prêts hypothécaires américains alors que le prix de l’immobilier explosait.
Des multitudes d’études et d’analyse n’ont cessé d’avertir que le prix des maisons allait retomber mais, aveuglées par l’appât du gain, les banques ont continué. Le retournement annoncé a eu lieu
: un excès de crédit a eu pour corollaire une diminution des capitaux bancaires, d’autant plus importante que les ménages, frappés de plein fouet par des conditions économiques de plus en plus
difficiles se trouvèrent progressivement dans l’impossibilité de rembourser les prêts consentis.
Il n’y a là rien de nouveau dans un monde où le capitalisme financier impose ses règles au marché, où la spéculation opaque demeure l’instrument et où seul compte l’appât du gain pour certains au
détriment de la bonne marche de l’économie, dans le respect de l’intérêt général .
Ce que nous vivons actuellement ne semble guère éloigné de ce " capitalisme du désastre " dénoncé par Naomie Klein dans son dernier ouvrage " la stratégie du choc " : la journaliste y décrit
l'existence d’opérations concertées ( depuis le coup d’état de Pinochet au Chili en 1973 à la guerre en Irak, en passant par l’effondrement de l’Union soviétique et les attentats du 11 septembre
) dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultra libéralisme tout-puissant qui met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux
valeurs démocratiques auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Que penser d’ailleurs d’un système financier qui réclame des contribuables un effort pour les tirer d’affaire alors qu’en même temps des esprits bien intentionnés spéculent en bourse sur les
ventes à découvert ? Nous avons là un scénario cynique , sorte de billard complexe, où d’énormes fortunes vont se faire malgré le risque d’implosion du système financier.
La gravité de cette crise systémique qui impose, comme le souligne Laurent Fabius*, " d’assurer la liquidité des banques, la continuité du crédit et de garantir les dépôts " , fait quand
même redouter le pire. Progressivement d’autres secteurs de l’économie perdent plus que les banques, tels le secteur de l’énergie et celui des matières premières, du fait de la baisse de la
demande.
Nous avons là les premiers signaux d’une récession économique qui s’annonce. Les victimes sont toutes désignées : les pays pauvres en général, les couches sociales défavorisées en
particulier.
Alors que faire ? Dominique Strauss-Kahn , Directeur du FMI, prône, depuis des jours, d’agir " vite, énergiquement et de façon concertée" en plaidant " qu’il n’y a pas de solution
locale à une crise comme celle-là", ajoutant même que "toute action solitaire doit être évitée, voire condamnée". Il formule dans une récente interview au JDD, un certain nombre de
propositions qui, comme le souligne Jean Christophe Cambadélis " nous semblent non seulement régulatrices, mais aussi une source d’inspiration pour un réformisme de gauche", un
réformisme radical s’entend.
Cette crise nous y invite : les socialistes
ont capacité à formuler des réponses concrètes et à apporter des solutions claires à cette crise financière. Encore faut-il éviter, pour certains incantations et autres maladresses.
Dans cette période de congrès qui s’ouvre, les socialistes ont le devoir de parler d’une seule et même voix, sur ce sujet . Ils ont également l’obligation de poursuivre les travaux de ce
congrès parce que nos concitoyens , de plus en plus inquiets, attendent une alternative politique, une équipe et un projet qui ne soit pas un socialisme de l’accompagnement du
libéralisme.
Philippe PUGNET
*Laurent Fabius : Surmonter les trois
crises
Par SD32
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Publié dans : Parti Socialiste
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