Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 16:35
Conseil national du PS très feutré hier soir. Ils étaient tous là, sans exception, même ceux qui d’ordinaire sèchent nos instances. Bertrand Delanoë – qui y est toujours présent – s’est exprimé, en avançant, Martine Aubry a parlé avec optimisme, Ségolène Royal ne l’a pas fait, mais Vincent Peillon oui, en son nom, le calendrier du Congrès – du 7 au 9 novembre – a finalement été adopté sans la moindre réserve.

Pourquoi un tel calme ? Quelle est sa signification ? Il y a, derrière cela, beaucoup  de réalisme. Le Conseil national d’hier était, avant tout, celui de nos maires et présidents de Conseils généraux élus les 9 et 16 mars, c’était un moment d’affirmation de force collective, le rassemblement était donc pour tous une obligation.

Chacun l’avait compris, François Hollande en a habilement joué, d’où la tonalité très unanimiste des débats, leur caractère un peu soporifique parfois. Ne nous en plaignons pas : on ne peut pas à la fois critiquer le PS quand il se divise et s’ennuyer quand il est uni. Au-delà de cette donne conjoncturelle, il y a aussi, me semble-t-il, des facteurs de stabilité plus durables.

Je crois d’abord en la valeur de l’exemple : ce qui s’est passé dans nos communes – la capacité à bâtir un projet, à offrir un modèle de gestion locale, à construire des équipes soudées, à mener campagne – doit nous inspirer à l’échelle nationale. C’est d’un travail collectif, serein, méthodique dont nous avons besoin, d’options claires, réformistes, ambitieuses et réalistes, non de divisions artificielles entre des personnalités qui partagent l’essentiel.

En cela, je suis en désaccord, une fois n’est pas coutume, avec le brillant papier de Lionel Jospin dans « le Monde ». Comme lui, je crois que le PS doit évacuer la question de la désignation présidentielle de ce Congrès, qu’il doit éviter le premier secrétaire de transition que certains souhaitent, se confier à une personnalité expérimentée capable de travailler avec les autres – même si nous n’avons peut-être pas le même nom au terme de ce portrait-robot.

Mais contrairement à lui, je ne pense pas que la question du leadership soit première, qu’elle doit occuper tout l’espace du Congrès : s’il en allait ainsi, la confrontation s’imposerait, d’abord doucereuse puis dangereuse. C’est pourquoi, me semble-t-il, le climat du Conseil national a des chances de perdurer : gare à celui qui viendra casser le vase de Soissons, au nom d’ambitions purement personnelles.

En réalité, le PS a le choix entre des inconvénients. Le mieux serait qu’existent, ensemble, une ligne claire, une forte majorité, une personnalité incontestable pour l’incarner. Ce n’est pas le cas, et ce ne sera pas le cas d’ici novembre. Alors, il faut éviter le passage en force, la présidentialisation du parti, qui ouvrirait quatre ans de désordre, et choisir de travailler deux à trois ans ensemble pour stabiliser le parti, densifier sa pensée, améliorer son organisation, préparer la primaire présidentielle sur une base assainie.

C’est ce que je préconise. Comme le général de Gaulle volait vers l’Orient compliqué avec des idées simples, j’irai – beaucoup plus modestement – vers ce congrès difficile avec des conceptions claires. C’est, au fond, ce que je répète depuis La Rochelle. Le temps du réformisme arrive, le PS est plus uni idéologiquement qu’il ne l’a jamais été, les idées social-démocrates ne doivent plus se cacher mais s’affirmer. Ce n’est donc pas, pour nous, pour SD, le moment de se diluer ou se cacher, mais d’avancer.

C’est pourquoi je préconise, à nouveau, que nous proposions au PS une offre politique complète : une contribution générale, ambitieuse, novatrice, signée avec d’autres qui font mouvement dans le même sens que nous – je pense aux amis d’Arnaud Montebourg - une motion, rassemblant sans exclusive autour de ces idées, un candidat au poste de Premier secrétaire – on sait à qui je pense. Je vais arrêter de le dire : il est temps de le faire.

Le calendrier du Congrès est maintenant connu, il est sage, il donne du temps mais n’incite pas à l’attentisme. Au travail !

Pierre MOSCOVICI
Par SD32
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés