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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 17:24
Le Fonds monétaire international a revu en baisse, mercredi 22 avril, ses prévisions pour l'économie mondiale et a prévenu que la stabilisation des marchés financiers serait plus longue qu'initialement prévu. Le FMI estime désormais que le produit intérieur brut de la planète se contractera de 1,3 % cette année, une première depuis plus d'un demi-siècle.

Cette crise, la plus grave depuis la seconde guerre mondiale, touche le plus durement les pays développés, leur PIB devant chuter de 3,8 % cette année, alors que les pays émergents et en développement devraient connaître une croissance faible (1,6 %). Elle n'épargne aucune région du monde.


Pour le FMI, la reprise devrait être "seulement partielle en 2010, avec une croissance de l'activité de 1,9 %" dans le monde. Cette croissance proviendrait l'année prochaine entièrement des pays émergents et en développement (+ 4,0 %), les pays développés voyant leur activité économique stagner.


Ces prévisions "reposent sur l'hypothèse de base que la stabilisation des marchés financiers va prendre plus longtemps que prévu initialement, même portée par les efforts vigoureux" des dirigeants politiques, écrit le FMI. "Les problèmes financiers des pays avancés resteront donc sérieux pendant une bonne partie de l'année 2010, ne se résolvant que lentement", selon l'institution multilatérale.


Or "les crises financières antérieures enseignent que si l'on tarde à s'attaquer au problème de fond, le marasme économique persiste encore plus longtemps et a un coût encore plus élevé, tant pour le contribuable que pour l'activité économique", s'alarme le FMI, dans ce document publié en vue de ses assemblées de printemps, qui se tiennent en fin de semaine.


Les conséquences de la crise sont particulièrement sensibles dans le volume des échanges internationaux, qui devrait fondre de 11 % cette année, avant de se stabiliser (+0,6 %) en 2010. Elles se reflètent également dans une baisse des prix à la consommation pour les pays développées en 2009 (-0,2 %).

 

Source Le Monde

Par SD32 - Publié dans : International
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 15:05
Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn vient d'annoncer qu'il comptait concentrer la mission de surveillance de son institution sur les risques systémiques pour l'économie et le système financier mondiaux.

"Les dirigeants du G20 ont exprimé leur soutien pour une surveillance franche, équilibrée et indépendante. Notre stratégie sera de concentrer notre surveillance sur les risques venus de tous côtés, en intégrant mieux le travail sur la macro-économie et le secteur financier", a déclaré Dominique Strauss-Kahn lors d'un discours devant le Club national de la presse à Washington.


Le G20, qui regroupe les pays riches et émergents de la planète, a pris cet engagement lors d'un sommet à Londres le 2 avril.


"Nous sommes en train d'étendre notre examen des vulnérabilités pour englober les économies développées, et cela alimentera un nouvel exercice d'alerte précoce", a-t-il précisé, en réponse aux critiques qui trouvent que le Fonds est souvent trop complaisant envers les pays les plus riches.


Dominique Strauss-Kahn n'a pas précisé si cet exercice consisterait à renforcer les rapports que publie déjà le FMI sur l'économie mondiale, sur les économies nationales et sur les systèmes financiers nationaux, ou s'il s'agirait d'une nouvelle forme de publication. Le patron de l'institution de Washington a par ailleurs appelé à éviter une forme de protectionnisme qui consisterait à forcer les banques à prêter en priorité dans leur pays d'origine.


"Nous avons vu ce qu'a coûté le manque de coopération quand des pays ont protégé leur système bancaire national aux dépens de leurs voisins et ont retenu les actifs sur leur territoire. Et, à l'avenir, nous devons éviter les pressions sur les banques pour favoriser les prêts dans un cadre national", a-t-il expliqué.


Dominique Strauss-Kahn a également lancé un appel spécifiquement destiné aux Etats-Unis, dont le Congrès n'a pas ratifié la réforme adoptée en avril 2008 qui doit donner plus de poids aux pays émergents au sein du FMI. Cette ratification est indispensable pour qu'elle entre en oeuvre.


"Je me félicite de l'engagement du G20 d'accélérer la mise en place de la réforme des quotas au début 2011. Je me réjouis par avance que le Congrès des Etats-Unis vote la loi nécessaire pour mettre en place les réformes qui ont été soutenues par nos 185 Etats membres", a-t-il déclaré. "Ces réformes donneront un plus grand sens de la participation aux pays émergents et encourageront la coopération politique mondial", selon lui.

 

Source AFP

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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 15:31
AFP - Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn vient d'affirmer que les besoins de l'économie turque étaient "grands", mais que le FMI pourrait signer avec le gouvernement un accord "assez prochainement" pour aider le pays.

La Turquie, qui connaît une profonde récession, discute depuis des mois avec le Fonds sur les termes d'un prêt, des discussions qui ont été interrompues par les élections municipales fin mars et ont ensuite repris.

"Nous négocions. Les besoins de l'économie turque sont bien connus, ils sont grands", a déclaré M. Strauss-Kahn devant le Club national de la presse à Washington.

"J'ai confiance dans le fait que nous trouverons un accord assez prochainement. A ce stade, je ne pourrai pas donner de montant parce que cela fait partie des négociations", a-t-il expliqué.

La presse turque a évoqué des montants allant jusqu'à 45 milliards de dollars.

"Je pense que, dans les semaines à venir, nous trouverons un accord", a ajouté le dirigeant de l'institution multilatérale.

La Turquie "a déjà signé un programme avec le FMI qui a connu le succès, c'est pourquoi elle pense qu'un nouveau programme pourrait être utile. Bien sûr, les circonstances ne sont pas les mêmes", a souligné M. Strauss-Kahn, évoquant le prêt de 10 milliards de dollars accordé en 2005.
Par SD32 - Publié dans : International
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 10:15
Le directeur général du FMI revient, dans une interview au Figaro, sur le succès politique du G20, les plans de relance, le rôle du FMI, le nouveau poids de la Chine.

Le Figaro. - Le succès politique du G20 suffira-t-il à faire renaître la confiance des investisseurs, des consommateurs et des entreprises ?

Dominique Strauss-Kahn. - Ce serait exagéré de dire que le G20 va à lui seul faire revenir la confiance. Mais il est vrai que la crise est assez largement une crise de confiance. Le succès de ce G20, la détermination des chefs d'État et de gouvernement, les décisions qui ont été prises, constituent un élément du retour à la confiance, ce qui est décisif pour que l'économie reparte.

On peut dire désormais qu'il y a un capitaine dans le bateau ? Un commandement uni ?

C'est difficile à dire, car j'aurai du mal à le nommer. Mais il y a un équipage qui prend l'habitude de travailler ensemble et de tirer des bords comme il convient.

N'êtes vous pas déçu de l'absence d'efforts supplémentaires dans les plans de relance nationaux ?

Non. Le problème principal aujourd'hui ce n'est pas d'augmenter les plans de relance. Pour 2009, le résultat est presque à la hauteur de ce que le FMI avait demandé en février : une relance équivalente à environ 2 % du PIB. Nous n'en sommes pas loin. Pour 2010, on verra, mais l'important est que les Etats aient déclarés être prêts à en faire davantage si cela s'avérait nécessaire. La polémique sur ce sujet a été exagérée. Les Américains ont, il est vrai, voulu pousser les Européens à faire plus. Honnêtement, si on regarde les programmes de relance, le plan américain est plus massif que le plan européen. Mais quand on tient compte de la protection sociale, des «stabilisateurs automatiques », bien plus forts en Europe, l'écart n'est pas si grand.

Estimez-vous avoir été entendu au G20 sur la nécessité de nettoyer le bilan des banques ?

Oui. La plupart des chefs d'État et de gouvernement ont compris que le nettoyage du système financier était un préalable indispensable à une relance et une régulation efficace. Ils l'ont affirmé haut et fort au G20. C'est un progrès considérable dans la compréhension du problème et la détermination à y apporter des solutions. Il faut donc le faire maintenant et il faut le faire vite. Le FMI qui a traité 122 crises bancaires dans son histoire, depuis l'après guerre, a noté une constante : le retour à la croissance ne se fait pas tant que l'assainissement du système bancaire n'a pas été opéré. L'exemple le plus frappant est celui du Japon des années 1990 : les Japonais ont déversé des tonnes d'argent public pour favoriser la relance, mais cela n'a rien donné jusqu'au moment où ils ont fini pas nettoyer leur système bancaire. J'ai le sentiment d'avoir été entendu, nous allons voir maintenant si les décisions suivent.

Que faut-il attendre des 1100 milliards de dollars annoncés ?

Même si elle additionne un peu des choux et des carottes, la somme est considérable : 500 milliards pour le FMI, plus 250 milliards de DTS, 100 milliards pour les banques de développement dont la Banque mondiale. A quoi s'ajoutent 250 milliards pour le financement du commerce mondial qui seront mobilisés par la Banque Mondiale et toute une série d'agences pour le commerce extérieur, comme la Coface en France. Le soutien au commerce mondial est capital, car son financement a été l'une des victimes directe du «credit crunch» et du rapatriement des capitaux par les banques occidentales

Cette enveloppe sera-t-elle rapidement mobilisable ? Sur quels montants le FMI peut-il compter dès 2009 ?

C'est une question de semaines, voire de mois, mais pas plus. Pour sa part le FMI aura son compte ; les 500 milliards de dollars de ressources supplémentaires seront disponibles avant la fin de l'année. On a déjà 100 milliards du gouvernement japonais, 100 milliards des Européens et environ autant attendu des États-Unis. Les Chinois et les Russes m'ont fait part de leur intérêt. D'autres pays ont déjà annoncé leur participation et vont nous aider. On sera donc proche des 500 milliards à la fin de l'année.

Le G20 a décidé d'augmenter de 250 milliards, les Droits de Tirage Spéciaux du FMI. Pouvez-vous nous donner une définition simple des DTS et nous dire à quoi cela sert ?

Il s'agit d'une capacité d'emprunt offerte à chacun des membres du FMI, en fonction de ses quotas au capital du Fonds. Cet instrument de financement est négociable : les pays qui n'en ont pas besoin peuvent les prêter à d'autres. En ce sens, cela devient une monnaie, mais uniquement échangée entre les banques centrales des pays. L'augmentation des DTS, à quoi ça sert ? D'abord à augmenter les réserves des banques centrales et aider les pays à stabiliser leurs monnaies. Les pays africains qui ont entre 7 ou et 8 % de quotas du FMI, vont ainsi recevoir 19 milliards de dollars. Ils peuvent obtenir davantage ensuite grâce à des accords d'échanges avec les pays développés. Résultat : cela crée une liquidité internationale supplémentaire. Le seul inconvénient est le risque inflationniste, mais il est aujourd'hui limité ! Cela revient aussi à faire fonctionner le FMI presque comme une banque centrale. Par ailleurs cela donne un coup de pouce à l'idée de monnaie internationale, ce qui est très important sur le plan symbolique.

Pourquoi ?

Cela démontre que les États-Unis, qui ont approuvé une telle décision et qui en sont même à l'origine, acceptent de renforcer le FMI dans son rôle de prêteur en dernier ressort et de fournisseur de liquidités internationales. Cela confirme la conversion de la nouvelle administration américaine à une approche plus multilatérale dans les relations internationales.

Cette remise au centre du jeu des DTS aurait aussi fait plaisir au Général de Gaulle … Est-ce également une réponse aux Chinois qui souhaitent la création d'une monnaie de réserve de substituant au dollar ?

Effectivement. Les Autorités françaises ont toujours été opposées à la une domination exagérée du dollar et favorables aux émissions de DTS. Ce n'est pas un hasard, non plus, si les Chinois ont parlé des DTS avant le G20. Mais la suprématie du dollar dans le système international est encore là pour longtemps. Ce ne sont pas ces 250 milliards qui vont complètement changer les choses. En termes absolus c'est peu, comparé aux milliers de milliards de dollars en circulation. En revanche, c'est une décision porteuse de symbole.  

Le FMI va-t-il être en mesure d'assurer mieux son rôle de surveillance des monnaies et de mettre en garde sur les déséquilibre commerciaux qui sont à l'origine de la crise actuelle ?

Je nuancerai les choses. Ces déséquilibres sont certes un problème en soi et il faut y remédier. Mais on peut sans peine imaginer une situation dans laquelle il n'y aurait pas de déséquilibres internationaux, et où les pratiques bancaires nationales auraient quand même déclenché des problèmes de surendettement, de subprime et de titrisation, du fait de la défaillance des contrôles bancaires !

Le nouveau poids qu'entend jouer la Chine au FMI ne va-t-il pas vous empêcher de critiquer la sous évaluation du yuan ?

Au contraire. On est plus à même de donner des conseils lorsque les pays sont autour de la table que lorsqu'ils en sont absents. Le FMI doit être franc et je dis depuis des mois que le remimbi (l'autre nom du yuan, ndlr) est sous-évalué et que la voie pour le réévaluer est que la croissance chinoise ne se nourrisse plus exclusivement des exportations, mais se recentre sur la demande intérieure, ce qui en train de se passer.

En matière de surveillance et de régulation pourquoi l'idée d'une Organisation mondiale de la finance, sur le modèle de l'OMC pour le commerce, est-elle considérée comme impossible ?

On a souvent voulu attribuer au FMI un tel rôle. Je ne suis pas sûr que l'on ait besoin d'un grand régulateur au niveau mondial. Mais de toutes façons, ce n'est pas notre mission. C'est plutôt le rôle du Forum de stabilité financière, et maintenant du Conseil de stabilité financière, que de créer des règles prudentielles. C'est ce Conseil qui doit coordonner les organismes spécialisés dans la régulation comme le Comité de Bâle pour les activités bancaires ou l'IOSCO pour les valeurs mobilières, et ces institutions elles-mêmes rassemblent les autorités nationales, telle la commission bancaire en France. L'essentiel est que ces règles existent dans chaque pays et qu'elles soient respectées. C'est alors qu'intervient le FMI pour examiner si les secteurs financiers nationaux fonctionnent correctement. C'est un travail de surveillance et non pas de régulateur. On appelle cela les FSAP, Financial Sector Assessment Program. Cette procédure, nous allons d'ailleurs l'améliorer de façon à effectuer des «stress test», des tests de résistance, en cas de crise. Il s'agit de procédures volontaires, et parmi les grands pays, seuls les États-Unis et la Chine avaient jusqu'à maintenant toujours refusé d'y participer. Mais depuis la crise ils ont accepté de s'y soumettre.

Quels seront les signes avant-coureur de la reprise mondiale ?

La crise est partie des États-Unis, dans le secteur immobilier. Le redémarrage se constatera d'abord aux États-Unis. Il faut donc surveiller les prix de l'immobilier américain. La fin de la baisse constituera un signe important. On peut penser qu'on n'est pas trop loin du plancher, d'où notre schéma de reprise au premier semestre 2010. Un autre indicateur à suivre, est l'état des stocks des entreprises. Le déstockage va arriver à son terme, et la production pourra alors reprendre. Le redémarrage des marchés de crédits, qui restent encore gelés, est également essentiel. La reprise du commerce international constituera également un test de fin de crise.

Dans un monde financier dévasté, le FMI apparaît comme un îlot de prospérité avec des perspectives de bénéfices importants. Allez-vous embaucher ?

Notre mission n'est pas de faire des bénéfices mais de contribuer à la stabilité financière et d'aider les pays à résoudre leurs problèmes de déficits extérieurs. Nous allons effectivement renforcer nos effectifs. Nous nous apprêtons à recruter une petite centaine de spécialistes.


Par SD32 - Publié dans : International
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 14:25

Affirmant d’emblée faire face à une crise exceptionnelle, les dirigeants politiques du G20 ont accouché d’un texte qui pose les principes d’un bouleversement de l’ordre financier mondial. Après cinquante ans de libéralisation financière, l’objectif est désormais de redonner la main aux régulateurs et de construire une gouvernance mondiale de la finance. Dossier ultramédiatisé, la lutte contre les paradis fiscaux fait l’objet d’avancées certaines mais insuffisantes.


 Le retour des institutions internationales


La première avancée du G20 repose sur le retour en force des institutions financières multilatérales. Contrairement aux accords de Bretton Woods qui avaient donné naissance au  Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale, aucune nouvelle institution n’est crée mais le poids des institutions existantes est nettement renforcé.

 Le FMI voit ses ressources triplées (de 250 à 750 milliards de dollars) et il va distribuer pour 250 milliards de dollars de DTS, une création de liquidité mondiale ex nihilo. Le poids politique des pays émergents et pauvres y sera accru d’ici 2011. Si l’on ajoute l’accroissement des ressources de la Banque mondiale et des autres institutions de développement, c’est plus de 1000 milliards de capitaux qui sont rendus disponibles pour soutenir la croissance mondiale, soit environ 1,5 % du PIB mondial. Si l’on y ajoute les 3,2 % du PIB des plans de relance nationaux – hors soutien aux secteurs bancaires – estimé par l’OIT, on obtient une relance de près de 5 % du PIB mondial. Un montant élevé. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit pour autant suffisant : il est clair que, de ce point de vue, l’Europe reste trop largement en retrait, alors que les Etats-Unis et la Chine ont agi.

 Au-delà du FMI, l’ancien Forum de Stabilité Financière est transformé en Conseil de Stabilité Financière (Financial Stability Board). Elargi à l’ensemble des membres du G20 plus l’Espagne et la Commission européenne, il est doté de prérogatives importantes. Son rôle de grand coordonnateur des réponses techniques à la crise, rôle qu’il a joué depuis la fin 2007, est validé et l’institution s’impose comme le grand régulateur de la finance internationale. Il est chargé de surveiller la montée des risques dans la finance et d’élaborer avec le FMI un système d’alerte, de coordonner les réponses nationales aux crises et la surveillance des grands établissements financiers  mondiaux, de mettre en œuvre des nouveaux principes contraignants de régulation (cf. infra), etc.

 Même l’Organisation mondiale du travail est mise en avant pour faire la promotion d’un marché du travail « juste et conciliant vie de famille-vie professionnelle ».

 Bref, à activités économiques mondialisées, régulation mondialisée : le G20 en pose le principe politique.

 

Encadrer sérieusement la finance


Le G20 a mis sur la table de nouveaux principes de régulation de la finance qui rompent avec le laissez-faire et la promotion de l’autorégulation par les acteurs privés des dernières décennies.

 Une fois la crise terminée – pour ne pas trop contraindre les banques à un moment où elles sont en difficulté – les régulateurs demanderont aux grandes banques :

 -          d’améliorer la qualité de leurs fonds propres, avec des règles harmonisées au niveau mondial sur la définition de cette qualité ;

-          de mettre plus de capital de côté quand tout va bien (« provisionnement dynamique ») ;

-          d’ajouter aux analyses de risques portées dans les bilans des contraintes en capital liées au contenu du hors bilan ;

-          d’améliorer l’analyse des risques des crédits lorsque ceux-ci sont titrisés ;

-          d’analyser de près les stratégies de prise des risques des fonds spéculatifs  lorsqu’elles leur prêtent de l’argent.

 Le G20 appelle à la définition d’une nouvelle politique « macroprudentielle » où en sus de la surveillance de chaque établissement, le comportement du système bancaire dans son ensemble sera surveillé. Une évolution clé pour lutter contre les bulles spéculatives qui ne peuvent gonfler et durer que grâce au crédit.

 Au-delà des banques, le champ d’application de la régulation financière est étendue à tous les acteurs / marchés / instruments susceptibles de porter des risques importants, notamment les fonds spéculatifs. Ceux-ci, ou leurs managers, devront s’enregistrer dans les pays où ils veulent agir et fournir des informations quant à leurs stratégies de risques.

 Les marchés de produits dérivés devront évoluer vers des transactions standardisées – et non plus de gré à gré, entre acteurs –, passer par des chambres de compensation – pour savoir qui prend quels risques – et devront faire l’objet d’un contrôle public.

 Les rémunérations des financiers font également l’objet d’un paragraphe : les politiques trouvent donc désormais légitimes d’avoir leur mot à dire sur les politiques salariales des grandes entreprises financières privées. D’un côté, il est demandé aux banquiers de faire le ménage chez eux en renforçant le contrôle des conseils d’administration sur le sujet et de faire attention à ce que les prises de risques inconsidérées ne soient pas favorisées. D’un autre côté, les politiques de rémunérations seront intégrées dans les principes de contrôle des risques du Comité de Bâle sur la supervision bancaire.

 

Les plus et les moins de la lutte contre les paradis fiscaux


Dossier ultra médiatisé du G20, la lutte contre les paradis fiscaux fait l’objet de décisions essentielles mais insuffisantes.

 Du côté positif :

-          l’affirmation d’un double objectif  de s’attaquer à ces territoires pour éviter les fuites de recettes fiscales et pour protéger le système financier, ce qui reconnaît leur rôle de facilitateur de l’instabilité financière ;

-          l’identification publique des territoires par l’intermédiaire de listes. Une liste blanche –voulue par les Etats-Unis – des pays au comportement adéquat. Deux listes grises de pays pas encore au point (dont l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg, Singapour, la Suisse) et une liste noire de mauvais élèves ;

-          une liste de sanctions possibles à l’encontre des territoires récalcitrants, pouvant aller jusqu’à la suspension des relations financières ;

-          l’obligation pour les fonds spéculatifs de s’enregistrer dans les pays où ils opèrent, ce qui va rendre moins intéressant les immatriculations aux îles Caïmans ;

-          le FMI et le Conseil de stabilité financière devront établir un suivi du respect des règles prudentielles internationales dans ces territoires et pointer les dérives des paradis réglementaires ;

-          l’affirmation d’une volonté politique forte du G20 : « l’ère du secret bancaire est révolue ».

 

 Du côté négatif :

-          le critère retenu pour établir les listes des paradis fiscaux est largement insuffisant : il réclame, d’une part, que les traités bilatéraux d’échanges d’informations fiscales signés par les pays soient au moins au nombre de 12 et, d’autre part, qu’ils se conforment aux demandes de l’Ocde qui se contente de réclamer un échange d’information en cas de preuves de fraudes et d’évasion fiscale. Les paradis fiscaux acceptaient depuis longtemps de coopérer en matière de fraude et, sous la pression de ces derniers mois, en matière d’évasion aussi. Un beau résultat, encore inimaginable il y a quelques mois. Mais on reste loin d’un échange automatique d’information qui permettrait à un juge ou une administration fiscale qui aurait de simples doutes de demander des informations aux paradis fiscaux simplement pour vérifier s’il n’y a pas anguille sous roche. L’ère du secret bancaire n’est donc pas encore révolu ;

-          suite à la pression de la Chine, Hong Kong n’est pas dans la liste des pays douteux, ce à quoi les britanniques ont répondu en faisant enlever Jersey, Guernesey et l’île de Man, l’Irlande étant également considérée comme un pays vertueux. Des choix qui entament la légitimité de la liste ;

-          rapports de force politique oblige, la City de Londres ou bien le Delaware ou le Nevada aux Etats-Unis ne sont pas non plus pointés du doigt.

 

Les paradis fiscaux qui s’attendaient à sortir de l’écran radar du G20 en lâchant quelques concessions minimes en sont pour leurs frais : le sujet est désormais bien ancré sur l’agenda politique mondial. De ce point de vue, les premiers échos du sommet auprès de l’administration américaine sont plutôt encourageants : les Etats-Unis pensent avoir posé une première pierre à laquelle d’autre pourront s’adjoindre en cas de besoin. La bataille doit effectivement être poursuivie : il faut établir une agence multilatérale d’échange automatique d’information ; il faut forcer les entreprises à un reporting détaillé pays par pays de leurs activités (chiffre d’affaire, masse salariale, profits, taxes payées…) ; il faudra rendre public les évaluations des paradis réglementaires et faire pression sur les territoires qui favorisent l’instabilité financière.

 Les Etats-Unis semblent de plus disposés à faire un peu de ménages chez eux. Il faudra que Gordon Brown montre qu’il est prêt à le faire également à Londres. N’oublions pas, à ce titre, que la directive épargne européenne est en cours de renégociations – le projet de la Commission réclame l’échange automatique. Le Premier ministre britannique aura du mal à réclamer la fin du secret bancaire au G20 et à refuser de le remettre en cause dans l’Union.

 Enfin, tous les domaines traités – il y a aussi le commerce, les normes comptables, la nécessité de « verdir » le fonctionnement des économies – vont faire l’objet d’un suivi international. Pour toutes les politiques de régulation citées, le G20 a fixé des calendriers de mise en œuvre, généralement la fin 2009 ou 2010. Ce sera la période clé du passage des principes aux modalités pratiques puis, à la mise en œuvre des nouvelles politiques. On n’a pas fini de parler des résultats de ce G20.


Source Alternatives Economiques

Par SD32 - Publié dans : International
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 14:43
Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), et son équipe ont gagné. En panne de moyens financiers, de missions et de légitimité il y a seulement deux ans, le Fonds se trouve propulsé par le G20 au poste de superviseur de l'économie et de la finance mondiales.

C'est à bon droit que son directeur général a pu, le 2 avril, se féliciter du renforcement du rôle de surveillance du FMI et de la nouvelle "puissance de feu" financière consentis à son institution.

Car les 20 pays les plus puissants du monde ont reconnu la prééminence du Fonds dans la lutte contre la crise en le dotant de nouveaux moyens d'intervention. Le triplement de ses réserves, qui passeront de 250 milliards de dollars à 750 milliards (560 milliards d'euros), lui permettra de faire face même aux effondrements monétaires et financiers de pays de taille moyenne. A ce jour, ses débiteurs se recrutent essentiellement parmi des économies peu développées comme le Malawi ou de petite taille comme l'Islande.

La formule choisie devrait être souple et les pays qui apporteront les 500 milliards de dollars supplémentaires le feront sous la forme de lignes de crédit géantes sur lesquelles le Fonds tirera les sommes nécessaires, comme cela a déjà été décidé, en janvier, pour les 100 milliards de dollars apportés par le Japon.Autre forme de soutien aux pays étranglés par la crise, le FMI pourra allouer 250 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS) à ces 185 membres qui auront la faculté de se les prêter entre eux s'ils n'en ont pas l'usage.

L'annonce par Gordon Brown de l'autorisation donnée au FMI de vendre 403,3 tonnes d'or n'est pas une nouveauté, puisque cette vente était décidée depuis un an pour en finir avec le déficit récurrent du FMI. Seule la mauvaise volonté américaine bloquait l'opération. La meilleure santé financière du Fonds semble avoir permis d'affecter environ la moitié du produit de cette future vente, soit 6 milliards de dollars, à de nouveaux prêts à des taux très préférentiels réservés aux pays les plus pauvres et dont la balance des paiements et la monnaie seraient en danger.

Après l'argent, les missions. Le FMI a été investi d'un rôle de vigie pour détecter à temps les périls et de supervision renforcée des nouvelles régulations financières. Il conduira cette surveillance de façon "loyale et franche", ce qui signifie qu'il est prié de sermonner même les Etats-Unis si ceux-ci mettaient en péril la planète. Et plus seulement les petits pays. Il partagera cette mission avec le Conseil de stabilité financière (ex-Forum de stabilité financière). Une première simulation de crise sera conduite par le FMI de concert avec ce CSF nouveau d'ici à la fin avril.

Restait le déficit de légitimité du Fonds que critiquaient les pays émergents qui se jugeaient mal représentés dans ses instances. Les réformes des droits de vote décidées en 2008 prévoyaient d'en transférer d'ici à 2014 environ 10 % vers les pays émergents et de tripler les droits de base des pays les plus pauvres. Le principe d'un achèvement de ces améliorations dès 2011 a été arrêté.

Surtout, le G20 a franchi un pas politique significatif que réclamaient à cor et à cri les pays dits "du Sud" mais aussi les organisations non gouvernementales, en mettant fin au traditionnel partage du pouvoir entre les Etats-Unis et l'Europe au sein des institutions de Bretton-Woods. Le directeur général du FMI ne sera plus obligatoirement un Européen ni le président de la Banque mondiale, un Américain. Tous deux seront choisis selon un processus de sélection "ouvert, transparent et basé sur le mérite" et donc dans n'importe quel pays du monde.

Ces deux derniers bastions occidentaux bientôt tombés, rien ne s'oppose plus à ce que les pays en développement reconnaissent la pertinence des conseils, voire des mises en garde d'un FMI plus démocratique et plus soucieux des particularités. Qu'ils acceptent de les appliquer est une autre histoire, puisque le Fonds ne dispose d'aucun pouvoir coercitif autre que l'attribution de ses prêts.

Source Le Monde.fr
Par SD32 - Publié dans : International
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 10:12
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a considéré jeudi à Londres que les annonces faites par le sommet du G20 représentaient "le plus grand plan de relance coordonné jamais décidé".

"C'est le plan de relance mondial que nous avions demandé et nous avons été suivi. C'est le plus grand plan de relance coordonné jamais vu", s'est-il félicité lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet.


Dominique Strauss-Kahn a souligné que l'économie mondiale "avait aussi besoin de régulation (...) parce que cela restaure la confiance", observant à cet égard que le rôle de surveillance du FMI avait été renforcé.


Le directeur général du FMI s'est dit satisfait du triplement des ressources du FMI : "la puissance de feu de 750 milliards de dollars est de la taille dont le monde a besoin", a-t-il souligné.


Il a salué comme "historique" la décision d'autoriser le FMI à émettre 250 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS).
"C'est le début du renforcement du rôle du FMI (...) en tant que fournisseur de liquidités au monde", et même si le montant est encore modeste, "la symbolique est très importante", a relevé Dominique Strauss-Kahn.

Source AFP
Par SD32 - Publié dans : International
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 21:17
Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis lors du G20, jeudi 2 avril à Londres, sont parvenus à plusieurs compromis pour réformer la finance mondiale et relancer l'économie, confrontée à sa pire récession depuis la seconde guerre mondiale. "Aujourd'hui, le monde s'est uni pour lutter contre la récession mondiale. Pas avec des mots, mais avec un plan de reprise mondiale et de réformes assorti d'un calendrier clair", a déclaré le premier ministre britannique, Gordon Brown.

Dans une déclaration commune au terme de la réunion plénière, le premier ministre britannique, Gordon Brown, a énuméré les engagements pris.
  • Les ressources du FMI seront multipliées par trois et portées à 750 milliards de dollars, soit 500 milliards supplémentaires financé par de "l"argent nouveau" apporté par les Etats membres. S'y ajouteront 250 milliards provenant d'une émission supplémentaire de droits de tirage spéciaux (DTS), l'unité de compte du FMI, qui lui permettra d'augmenter ses ressources propres. Le Fonds pourra également vendre une certaine quantité d'or pour aider les pays les plus pauvres touchés par la crise. Par ailleurs, les dirigeants du FMI et de la Banque mondiale seront désormais nommés au mérite, mettant fin à l'accord implicite qui réservait le FMI aux Européens et la Banque mondiale aux Américains.
  • 250 milliards de dollars supplémentaires seront consacrés à aider le financement du commerce pour relancer les échanges mondiaux. Le G20 accorde aussi 100 milliards de dollars d'aide aux banques de développement, comme la Banque asiatique de développement et son homologue africaine. On arrive donc à un total de 1 100 milliards de dollars pour la relance et l'aide aux institutions financières.
  • Les dirigeants du G20 ont également annoncé la publication, jeudi même, par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), de la liste des paradis fiscaux non coopératifs, satisfaisant ainsi la demande de la France et de l'Allemagne. Le communiqué final du sommet affirme que "l'ère du secret bancaire est terminée" et que "des sanctions" seront prises contre les centres fiscaux non coopératifs.
  • Les membres du G20 se sont mis d'accord pour mettre en œuvre des contrôles accrus des agences de notation et des fonds spéculatifs. En matière de rémunérations dans le secteur de la finance, de "nouvelles règles" sur les salaires et les bonus au niveau mondial seront également prises afin d'éviter les prises de risques excessives. Aucune précision n'a cependant été apportée sur ces deux points.
Les dirigeants du G20 ont enfin décidé de se réunir à nouveau d'ici la fin de l'année, a précisé M. Brown.

Source LEMONDE.FR avec AFP et Reuters
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 10:00

Le président des Etats-Unis Barack Obama a donné mardi sa deuxième grande conférence de presse après un petit peu plus de deux mois de gestion du pays. Une heure d‘échange avec les journalistes pour convaincre de la justesse de sa politique économique anti-crise… en commençant par prévenir ses interlocuteurs que “cela prendra du temps”.


“Nous avons mis en place une vaste stratégie destinée à attaquer la crise sur tous les fronts, a-t-il expliqué. Cette stratégie vise à créer des emplois, à aider les propriétaires de logements, à relancer le crédit, à restaurer notre économie sur le long terme. Et nous commençons à percevoir des signes de progrès.”


Interrogé sur ses grands débuts sur la scène internationale au sommet du G20 du 2 avril à Londres, Barack Obama a appelé ses partenaires à “éviter le protectionnisme, car de telles mesures auraient pour effet de contracter encore plus le commerce mondial”. Et il a souhaité que “se poursuive le processus de régulation du système économique et financier mondial”.


Barack Obama a encore été questionné sur le budget record qu’il va tenter de faire passer au Congrès : 3 500 milliards de dollars, soit 2 600 milliards d’euros. Avec un déficit lui aussi record : 1 300 milliards d’euros. Il a alors résumé ainsi sa philosophie économique : “Nous allons passer d’une ère d’emprunt et de dépenses à une ère d‘épargne et d’investissement”...

Source Euronews

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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 09:32
Face à une activité économique qui est en train de s'effondrer partout dans le monde, comme il le souligne dans une note remise, le 14 mars, aux ministres des finances et aux gouverneurs de banques centrales qui étaient réunis pour préparer le G20 du 2 avril, le Fonds monétaire international (FMI) juge impératif que les Etats consacrent au moins 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) à des plans de relance et que cet effort soit maintenu en 2010. Si cet objectif était atteint, le FMI affirme que 19 millions d'emplois seraient créés ou sauvés.

Un retournement spectaculaire

La note du FMI souligne que le monde est en train de passer, en peu de mois, d'une croissance de + 3,2 % en 2008 à une récession comprise entre - 0,5 % et - 1 % en 2009, la première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Comme prévu, ce sont les pays avancés qui souffrent le plus avec un recul évalué entre -3 % et -3,5 % pour l'année en cours : -2,6 % pour les Etats-Unis, -3,2 % pour la zone euro et -5,8 % pour le Japon.

Le coup de frein a été impressionnant à partir du quatrième trimestre de l'année 2008 : en rythme annualisé, -7 % pour l'ensemble des pays avancés, -6 % pour les Etats-Unis et la zone euro et -13 % pour le Japon !

Seuls les pays émergents et en développement garderont la tête hors de l'eau avec une poursuite de la croissance comprise entre +1,5 % et +2,5 %. Au sein de ce groupe, c'est l'Afrique et le Moyen Orient qui connaîtront le ralentissement le moins prononcé.

La bonne nouvelle, c'est que l'inflation continuera à reculer sous l'effet des baisses des prix des matières premières et grâce à l'effet déflationniste de la conjoncture médiocre.

La mauvaise, c'est que la reprise sera très lente en 2010. Le taux de croissance espéré l'année prochaine serait de 1,5 % à 2,5 % pour le monde entier, c'est-à-dire de 0 % à 0,5 % pour les économies avancées (+0,2 % pour les Etats-Unis, +0,1 % pour la zone euro et -0,2 % pour le Japon) et de 3,5 % à 4,5 % pour les pays émergents et en développement.

Les experts du FMI prennent soin de dire que, compte tenu de la rapidité de la dégradation, il pourraient être amenés à noircir encore le tableau, lors de la publication de leurs prévisions détaillées de printemps, le 22 avril.

Le Fonds explique que "c'est l'allongement de la crise financière qui a miné l'activité économique mondiale plus qu'il n'était attendu" et que, de ce fait, la confiance n'a pu se rétablir.


Une restabilisation du secteur financier trop lente


Le FMI se montre critique à l'égard des gouvernements sans en nommer un en particulier. Ses griefs portent d'abord sur la lenteur à régler les problèmes du secteur financier qui n'a toujours pas été débarrassé de ses actifs toxiques et qui n'a pas été suffisamment recapitalisé.

"Des retards dans la mise en œuvre de politiques globales pour stabiliser les conditions financières aboutiraient à une aggravation de la spirale négative entre l'économie réelle et le système financier, conduisant à une récession encore plus profonde et plus longue", prévient le rapport.


Des stimulations de la demande trop faibles

Le FMI se fait plus impérieux pour rappeler aux pays du G20 qu'il juge impératif qu'ils consacrent à leur plan de relance au moins 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) et que cet effort soit maintenu en 2010. Si cet objectif était atteint, le FMI affirme que 19 millions d'emplois seraient créés ou sauvés.

Or, l'organisme dirigé par Dominique Strass-Kahn a calculé que les "mesures discrétionnaires" pour stimuler la demande ne dépasseront pas 1,8 % en 2009 et 1,3 % en 2010 pour l'ensemble du PIB du G20 : 2 % et 1,8 % pour les Etats-Unis, 1 % et 0,8 % pour la zone euro, 1,4 % et 0,4 % pour le Japon. Le seul bon élève est la Chine qui injectera 3,2 % en 2009 et 2,7 % en 2010.

Il y a gros à parier que l'essentiel du débat qu'auront à Londres, le 2 avril, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 tournera autour de ce cri d'alarme auquel adhère l'administration Obama : pour éviter une dépression, il vaut mieux faire trop que pas assez.


Source Le Monde.fr

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