International

Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 12:10
Alors qu’aux dires de certains, son ombre planait sur la dernière université d’été du Parti Socialiste, Dominique Strauss-Kahn, dont la cote de popularité progresse constamment dans notre pays, n’en continue pas moins d’ assumer pleinement ses responsabilités de directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

Ainsi, ce week-end, à Londres, était-il présent à la réunion des ministres des finances du G-20. Il n’a pas manqué de leur dire combien il préconisait  "le maintien des mesures de relance économique" et dans cette optique combien il fallait également "continuer à soutenir la demande jusqu'à ce que la reprise se soit fermement installée".

Il a , par ailleurs, souhaité attirer leur attention sur "les coûts sociaux et économiques d’un chômage qui est élevé et le restera en dépit de la stabilisation des marchés financiers et de la production" .


Aussi Dominique Strauss-Kahn a-t-il recommandé aux dirigeants des pays membres du FMI à "pécher plutôt par excès de prudence quand ils décideront de mettre fin aux mesures de riposte à la crise".

"La reprise sera timide, mais elle ne sera pas nécessairement génératrice d’emploi, parce qu’étant fragile", a-t-il analysé, avant d’exhorter les pays à définir et coordonner leurs stratégies de sortie de crise, afin qu’ils puissent être "en mesure de mobiliser le soutien de l’opinion et d’agir au moment opportun ".

Mais Dominique Strauss-Kahn a souhaité aller plus loin encore en estimant qu'en matière de bonus des traders, il fallait " changer la culture du système bancaire".

Après avoir soutenu, en son temps, qu’il ne saurait y avoir d’assainissement du système financier international sans la volonté de "  couper les branches pourries des banques ", le Directeur général du FMI a tenu à rappeler, ce week-end combien "le fait de dire, je prends n'importe quel risque à titre individuel, peu importe les conséquences collectives ", était inacceptable.

Pour Dominique Strauss-Kahn  c'est cette "culture du risque" qui "nous a amené à la crise". "On prend n'importe quel risque. Ensuite, si ça crée une catastrophe, peu importe. On prend des risques et si jamais ça marche, alors formidable, on va gagner beaucoup d'argent", a-t-il dénoncé.

Aussi a-t-il demandé au FSB (Conseil de stabilité financière) de travailler sur des mesures qui pourraient être prises rapidement "pour limiter ce phénomène de prise de risque".

Dominique Strauss-Kahn ne s’est pas privé également de juger "assez scandaleux que des établissements financiers, notamment ceux qui ont été aidés par l'Etat, par l'argent des contribuables, versent des bonus aussi immenses". Pour lui,la réforme de la régulation financière ne va pas assez vite. Il émet des craintes sur l'attitude et la situation des banques et sur le marché immobilier.

Aussi, dans le cadre de la préparation du prochain G20 de Pittsburgh, la réunion des principaux pays du monde, Dominique Strauss-Kahn vient-il de demander aux gouvernements, dans un discours prononcé ce vendredi à Berlin et intitulé "Par delà la crise: croissance durable et stabilité du système monétaire international", de "formuler" des stratégies de sortie de crise claires, au moment où "l'économie mondiale semble être en train d'émerger enfin de la pire récession que nous ayons connue".

Dominique Strauss-Kahn reste donc plus que jamais vigilant: plus que des recommandations, il formule désormais des exigences pour une meilleure sortie de crise. A charge pour celles et ceux à qui elles s'adressent de bien vouloir les prendre en compte.

Philippe PUGNET
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 13:03
                                                                   Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, s'est dit mercredi "scandalisé" par le retour des bonus importants versés par les banques américaines. 
Lors d'un entretien accordé à la châine de télévision France 24, il a exhorté les entreprises du secteur financier à mettre en oeuvre des règles pour encadrer les rémunérations et éviter ainsi la prise de risque excessive à l'origine de la crise financière. 
"Il faut empêcher le retour d'un capitalisme non régulé", a déclaré D. Strauss-Kahn, rappelant que le FMI n'a aucun pouvoir de réglementation sur les entreprises.







source : Dow Jones Newswires
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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /Juil /2009 12:37
Octroi de 17 milliards de dollars (12 milliards d'euros) de prêts supplémentaires d'ici à 2014, dont 8 milliards dans les deux prochaines années, suspension du paiement des intérêts des prêts en cours jusqu'en 2011, doublement des plafonds d'emprunt, assouplissement des conditions de prêt, création de nouvelles formules de crédit rapides et peu onéreuses, émission de 18 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS) : les 80 pays les plus pauvres de la planète - dont les deux tiers sont africains - seront les grands bénéficiaires de ce spectaculaire train de mesures adopté par le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) et publié mercredi 29 juillet.

Cette petite révolution a germé en mars, à Dar es-Salaam (Tanzanie), où le FMI avait convié ministres des finances et banquiers centraux de toute l'Afrique pour faire le point sur les effets de la crise mondiale.

Il y fut constaté que non seulement les pays pauvres n'avaient pas les moyens de relancer leur économie comme le faisaient les pays industrialisés, mais aussi que le tsunami financier et la récession provoqués par les folies financières de ceux-ci tarissaient inexorablement les investissements, les recettes d'exportation de matières premières et les envois d'argent des travailleurs émigrés dans les pays en développement.

Une étude du FMI avait chiffré à 25 milliards de dollars les besoins de 22 pays pauvres pour éviter que leurs réserves financières basculent sous la limite fatidique des trois mois d'importations. Un scénario encore plus noir portait le niveau du risque à 138 milliards de dollars pour 48 pays.

A Londres, le 2 avril, le G20 faisait sienne cette alarme et prescrivait au FMI de se porter au secours des économies les plus fragiles par des prêts plus nombreux, plus faciles et moins chers. C'est ce programme que le Fonds est parvenu à élaborer en quatre mois, mais non sans palabres.

Il a fallu surmonter deux sortes de réticences chez les 24 membres du conseil d'administration. La première venait du camp libéral, qui estime que le FMI doit s'occuper exclusivement de la stabilité monétaire et des taux de change et laisser à la Banque mondiale le soin de secourir les pays pauvres. La seconde se fondait sur la crainte de mettre à mal les finances du FMI.
Si les mesures arrêtées sont sans rapport avec les centaines de milliards de dollars injectés par les pays riches dans leur système financier ou dans leurs économies, elles viennent à point nommé. En effet, le rythme des demandes de prêts des pays pauvres s'accélère, signe que leur situation se dégrade. "Au cours des trois dernières années, explique Dominique Strauss-Kahn, nous leur avions attribué environ 3 milliards de dollars. C'est la somme que nous avons débloquée depuis le début de cette année."

Trouver 17 milliards de dollars de prêts supplémentaires d'ici à 2014, dont 8 milliards dans les deux ans, ne posait pas de problème puisqu'ils seront remboursés et que, par exemple, le Japon, le Canada ou la Norvège ont ouvert au FMI des lignes de crédit suffisantes pour cela.

En revanche, il était onéreux de dispenser les pays pauvres de payer les intérêts de leurs prêts (0,5 % en général) jusqu'en 2011. La plus-value de la vente (6 milliards de dollars estimés) de 403,3 tonnes du stock d'or du FMI, qui s'étalera sur trois ou quatre ans à partir de l'automne, autorisera cet effort.

Celui-ci n'est pas seulement quantitatif. En effet, le Fonds a réformé en profondeur ce que son directeur général appelle "notre boîte à outils", c'est-à-dire la panoplie de ses moyens d'intervention.

On lui reprochait à juste titre d'imposer un même traitement aux pays émergents et aux pays les moins avancés, que leur crise de change soit d'origine exogène ou domestique. Désormais, au prêt classique dit "facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance", s'ajouteront un prêt de précaution stand-by, payable uniquement en cas d'utilisation, et un prêt d'urgence dit "rapide" en cas de choc exogène, attribué presque sans conditions.

Non content de doubler le plafond de ses prêts, le FMI a décidé de ne plus imposer des objectifs de réformes, de politique monétaire et d'inflation aussi rigoureux que par le passé.

Ajoutées aux 18 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux qui profiteront aux pays les moins avancés, dans le cadre d'une émission totale de 250 milliards par le Fonds, ces mesures seront-elles suffisantes pour épargner le pire aux pays pauvres ? "Notre dispositif est à la hauteur de l'enjeu et même un peu surdimensionné, répond Dominique Strauss-Kahn, mais c'est préférable : le deuxième semestre 2009 va être mauvais dans le monde entier et la crise peut encore s'aggraver."

"C'est un grand pas, même s'il a fallu du temps pour en arriver là", commente Mark Weisbrot, du Center for Economic and Policy Research. Il considère toutefois le montant comme "véritablement minuscule comparé aux centaines de milliards de dollars obtenues pour sauver les banques d'Europe de l'Est".

L'Afrique concentre la moitié des pays bénéficiant de l'aide du FMI, mais seulement une part minoritaire de l'encours de ses prêts (11 % au 30 avril). Les 17 milliards de dollars mis à disposition des pays pauvres, contre 1 milliard prêté en moyenne par an entre 2006 et 2008, et 3 milliards depuis le début de l'année, représentent une faible part des ressources disponibles pour le prêt du FMI. A elle seule, l'Ukraine a presque obtenu la même somme (16,4 milliards) en novembre 2008, dans le cadre d'un prêt sur deux ans.

"Tout compte", juge pour sa part Edwin Truman, économiste spécialiste du FMI, qui a conseillé le Trésor américain avant le sommet des pays riches et émergents du G20 à Londres en avril. "Le FMI n'est pas là que pour la stabilité économique et financière mondiale, il est aussi là pour la stabilité de tous ses Etats membres", avance-t-il.
"Prêter aux pays pauvres n'est pas le métier du FMI", lui rétorque Adam Lerrick, professeur d'économie et expert à l'American Enterprise Institute, un cercle de réflexion conservateur de Washington, mais "celui de la Banque mondiale et des banques régionales de développement. Il veut gagner en popularité. Et il veut, comme toute organisation, étendre ses activités. C'est politiquement efficace et financièrement peu coûteux."

Source AFP
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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 19:08

WASHINGTON, 19 juin (Reuters) - Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn a salué jeudi un "important pas en avant" après le vote au Congrès américain d'un financement de 100 milliards de dollars pour aider le Fonds monétaire international à répondre à la crise financière.

"La décision démontre l'engagement fort des Etats-Unis envers un FMI bien gouverné et bien financé et, plus largement, pour une approche multilatérale de la résolution des problèmes économiques et financiers internationaux", a dit Dominique Strauss-Kahn dans un communiqué.

Le président américain Barack Obama s'était engagé lors du sommet du G20 de Londres, en avril, à contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars à l'augmentation des ressources du FMI.

Il s'est heurté à une intense opposition des républicains et de certains démocrates qui ont peu goûté de voir cette ligne de crédit exceptionnelle être liée au texte sur le budget des guerres en Irak et en Afghanistan.

Le Sénat américain a finalement approuvé le texte jeudi par 91 voix contre 5. La Chambre des représentants l'avait déjà voté et il doit être transmis à la Maison blanche pour promulgation.
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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 23:20

DOUCHANBÉ (AFP) — L'économie mondiale devrait observer des signes de reprise d'ici l'année prochaine, et bénéficier au passage au Tadjikistan, a déclaré mercredi le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn lors d'une tournée en Asie centrale.

"Nous (...) nous attendons à ce que le taux de croissance de l'économie mondiale commence à se reprendre en 2010, et avec la reprise de la croissance économique mondiale, (ce taux) augmentera aussi dans votre pays", a dit M. Strauss-Kahn à Douchanbé, capitale du Tadjikistan.

Il s'exprimait devant les journalistes à l'issue d'une réunion avec le président de cette ex-république soviétique, Emomali Rakhmon, dans le cadre d'une tournée dans les pays d'Asie centrale, dont la plupart ont été durement touchés par le ralentissement économique mondial.

En dépit de chiffres indiquant que le plongeon des transferts d'argent par les travailleurs tadjiks en Russie et en Chine tiraient l'économie du pays vers le bas, M. Strauss-Kahn a estimé que Douchanbé avait mis en place des mesures anti-crise importantes.

"Je pense que ce qui a été fait par le gouvernement était correct compte tenu de la situation de l'économie, notamment la partie monétaire, en laissant la devise se dévaluer", a-t-il jugé.

Le Tadjikistan, une république montagneuse qui jouxte la Chine et l'Afghanistan, lutte ces dernières années pour fournir à ses citoyens des services de base.

Le pays produit trop peu d'énergie électrique et fait face tous les ans, en hiver, à une grave crise énergétique en raison du manque de centrales électriques et de l'absence de moyens gouvernementaux pour acheter à l'étranger l'énergie qui lui fait défaut.

Le FMI a commencé sa tournée lundi au Kazakhstan, une république riche en hydrocarbures elle aussi touchée par la crise et la chute des prix des matières premières.

M. Strauss-Kahn est attendu mercredi soir à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, où il doit rencontrer le président Kourmanbek Bakiev, puis doit se rendre jeudi en Ouzbékistan.

Source © 2009 AFP
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 23:21
Le pire de la crise économique mondiale est peut-être encore à venir, a déclaré Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

Evoquant les déclarations récentes des pays du G8, il a expliqué: "Leur position, c'est que nous commençons à observer certaines lueurs d'espoir, mais nous devons néanmoins être prudents."
"Le plus gros du pire n'est pas encore derrière nous", a-t-il ajouté, lors d'une visite au Kazakhstan.

Source Reuters
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 22:32
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn vient d'appeler à rester "très prudent" malgré des signes positifs pour l'économie mondiale et prévenu que l'impact social de la crise atteindrait son apogée en 2011.

"Nous devons rester très prudents, la reprise est faible, de nombreuses actions doivent encore être réalisées, l'impact social va encore durer", a averti Dominique Strauss-Kahn, au cours d'une conférence de presse tenue à l'issue de la récente réunion des ministres des Finances du G8.


"Quoi qu'il arrive, que les +jeunes pousses+ (de reprise) soient réellement des +jeunes pousses+, la croissance reviendra au début de l'année 2010, ce qui signifie un pic du chômage au début de 2011", à cause du décalage d'un an entre la reprise économique et son impact sur le marché du travail, a-t-il prévenu.


"Nous devons penser aux stratégies de sortie (de crise) mais avant les stratégies de sortie, nous devons sortir de la crise", a-t-il insisté, alors que les ministres des Finances du G8 ont demandé au FMI de les aider à préparer ces stratégies.


"La situation dans les marchés émergents est très préoccupante", a-t-il souligné. Dominique Strauss-Kahn a par ailleurs de nouveau insisté sur la nécessité d'assainir les banques pour assurer la reprise.


Le directeur général du FMI a en revanche salué comme une "bonne nouvelle" la révision à la hausse de la prévision de croissance de l'institution internationale pour 2010 à 2,4% contre 1,9% auparavant. Cette révision a été permise grâce à "l'amélioration aux Etats-Unis, en Asie et particulièrement au Japon", a-t-il dit.

 

Source Reuters

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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 18:45
Aux moins deux grandes leçons auront été tirées de cette crise financière et économique exceptionnelle, a constaté Dominique Strauss-Kahn, lors de l'ouverture de la 15e Conférence de Montréal.

La première est que «la mondialisation n'est pas qu'un concept abstrait, mais un phénomène bien réel qui peut avoir un impact sur la vie d'une multitude de populations». L'autre leçon est l'incroyable complexité des liens qui unissent tous ces pays.

La crise a aussi permis de ramener à l'avant-scène l'État, dont on avait cru pouvoir se passer pour assurer le bon fonctionnement de l'économie. On verra, une fois sortis de la tourmente, quel rôle on voudra lui conserver.

Les mécanismes de régulation de l'économie mondiale seront aussi transformés. On réclame notamment qu'une institution internationale soit chargée de détecter et de dénoncer les pratiques économiques pouvant constituer une menace pour la stabilité mondiale.

La crise aura quand même donné lieu à un degré «formidable de coopération» entre les gouvernements et les banques centrales des différents pays, s'est également  réjoui Dominique Strauss-Kahn. «C'est du jamais vu.» «Cela montre bien que nous avons appris des erreurs du passé», a-t-il dit en se référant aux années sombres de la Grande Dépression.


Source Le Devoir.com
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 18:27
Les institutions financières de la planète doivent presser le pas dans le nettoyage de leurs bilans, a insisté hier le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn.

"Le processus est beaucoup trop lent et c'est probablement là le plus important risque à une reprise en 2010", a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un discours prononcé à la Conférence de Montréal, qui s'est ouverte le 8 juin.
"Il y a encore beaucoup de pertes qui n'ont pas été divulguées, a-t-il souligné. Il reste encore beaucoup de choses à faire au cours des prochains mois."

Lors d'une brève conférence de presse, l'ancien ministre socialiste français a assuré qu'il ne visait pas spécifiquement l'Europe, qui a pourtant fait l'objet de critiques à cet égard.


Le FMI continue de prévoir le début de la reprise économique mondiale à la fin de l'année et les premiers trimestres de croissance positive dans la première moitié de 2010."La reprise n'arrive jamais avant que le nettoyage du bilan du secteur financier ne soit terminé", a prévenu Dominique Strauss-Kahn, en s'appuyant sur les 122 crises bancaires, petites et grandes, que le FMI a connues depuis sa création, en 1944.

Pour Dominique. Strauss-Kahn, il n'y a pas de doute: la crise économique aurait été bien pire sans la concertation, fût-elle imparfaite, des banques centrales et des gouvernements nationaux. "Jamais dans l'histoire économique de nos pays, il y a eu autant de nations menant au même moment la même politique pour les mêmes objectifs et atteignant le même but", s'est-il félicité, espérant que l'on retiendra de l'expérience des derniers mois que les acteurs politiques disposent du pouvoir d'influencer positivement les marchés.


Dans les pays développés, le défi sera désormais de juguler les déficits budgétaires massifs qui découleront des plans de relance. Evidemment, la situation est bien pire pour les pays en développement, qui continuent de souffrir d'un manque de disponibilité du crédit en dépit du fait que les gouvernements, comme c'est notamment le cas au Mexique et en Pologne, ont mis en place les bonnes politiques économiques. Le problème est dû, entre autres, au repli des grandes banques occidentales vers leurs marchés nationaux.


"C'est une nouvelle forme de protectionnisme plus compliquée à combattre, mais qui a aussi des conséquences dramatiques", a déploré le chef du FMI.


Si la crise devait persister, elle deviendrait une "question de vie ou de mort" qui pourrait conduire à des troubles sociaux, voire à des guerres civiles, a prédit l'économiste. Selon des chiffres de la Banque mondiale, 50 millions de personnes sombreront dans la pauvreté cette année à cause de la crise.


Le Fonds monétaire doit vendre sous peu plus de 400 tonnes métriques de ses réserves d'or afin de financer jusqu'à 6 milliards $ US en prêts à taux zéro aux pays les moins développés.


L'organisation compte toujours aller de l'avant avec un système d'alerte précoce afin de réagir plus rapidement lors des prochaines crises. Dominique Strauss-Kahn a reconnu que plusieurs pays étaient réticents à un tel concept, puisqu'il pourrait attirer l'attention sur des lacunes à des moments inopportuns, par exemple à la veille d'élections, alors que les partis au pouvoir ne veulent pas faire de vagues. "Tout le monde veut collectivement le système d'alerte précoce, mais personne ne veut véritablement qu'on mette le doigt sur son pays ou sur un groupe de pays en disant 'ici, il peut y avoir un problème demain'", a-t-il expliqué.


Dominique Strauss-Kahn a néanmoins promis d'aller de l'avant avec cette idée d'ici l'automne. N'ayant pas peur des pronostics audacieux, il a avancé que la crise allait bouleverser "l'équilibre du pouvoir entre les nations", sans élaborer davantage. Il s'est par ailleurs inquiété que la fin de la crise mette un frein à l'étroite collaboration internationale à laquelle on assiste depuis quelques mois en matière économique.

 

Source The Canadian Press

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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /Juin /2009 22:46
On le disait moribond, injuste, voire inutile. Il y a quelques mois, avant la crise financière, il était honni par les militants antimondialisation, pourfendeurs de ce symbole du libéralisme triomphant. Détesté par les ultralibéraux, qui y voyaient le reliquat d'un dirigisme hors d'âge. Mais la crise est passée par là, et le Fonds monétaire international (FMI) est aujourd'hui reconnu, sollicité comme jamais.

Dernière preuve de ce retour en grâce, le Congrès des Etats-Unis s'apprête à voter, début juin, une enveloppe de 108 milliards de dollars à son intention : c'est l'envers exact de 2008, quand le Fonds était sommé par le Trésor américain de licencier 500 personnes sur 2 800 pour réduire le déficit dans lequel il sombrait. Auparavant, le 3 avril à Londres, les dirigeants du G20 avaient décidé de doter le FMI de 750 milliards de dollars de réserves supplémentaires pour lui permettre de se porter au secours des pays mis en danger par la crise.


Certains - et pas seulement au Parti socialiste français - croient discerner dans ce spectaculaire retournement la patte du fin spécialiste des "courants" qu'est Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI depuis dix-huit mois. D'autres pensent que ce changement de cap est dû aux vents politiques mondiaux qui ont tournés à 180° avec la récession mondiale.


En 1944 à Bretton Woods, dans le New Hampshire (Etats-Unis), le FMI est créé par 45 pays en réaction à la crise des années 1930, quand le chacun pour soi des Etats a fait des ravages. Il reçoit pour mission de promouvoir la coopération monétaire internationale, la stabilité des changes et la croissance harmonieuse du commerce mondial. Installé à Washington, il veille aux tempêtes et établit chaque année un audit sur la situation de chaque pays. Quand la crise est là, il prête de l'argent aux Etats en difficulté pour qu'ils puissent défendre leur monnaie et redresser leur balance commerciale.


Au fil des années, le Fonds a vu son image de pompier sauveteur tourner en une caricature de Père Fouettard. Imprégnés du "consensus de Washington" d'inspiration anglo-saxonne, ses cadres ont pris l'habitude d'imposer des contraintes aux pays qui demandaient de l'aide : les déficits sont supprimés à la hussarde, les services publics privatisés, les programmes de protection sociale révisés. "Ces pays avaient péché et devaient être punis, explique un vétéran du FMI. Telle était la mentalité."


Le film Bamako (2006), d'Abderrahmane Sissako, a porté à l'écran l'exaspération des Africains à l'égard de cette politique menée dans les années 1990. L'Argentine, saignée par la crise de 2001 comme par les médications du FMI, considère celui-ci comme malfaisant par nature. Et le bouillant président vénézuélien Hugo Chavez s'est longtemps démené pour créer un FMI sud-américain fonctionnant selon les principes de sa révolution "bolivarienne".


Cette réputation calamiteuse a poussé les pays émergents à constituer des réserves, lorsque la croissance leur a permis de dégager des excédents, pour n'avoir plus jamais à "passer sous les fourches caudines du FMI" - l'expression rituelle pour désigner les contraintes macroéconomiques qui leur étaient imposées. Par dizaines de milliards de dollars l'Argentine, le Brésil ou l'Indonésie ont ainsi remboursé leurs dettes avant l'heure, en 2006 et 2007.


Lorsque Dominique Strauss-Kahn en prend la direction, le 1er décembre 2007, l'institution n'a pas le moral. Elle est en panne d'argent, de missions, de légitimité. Début 2008, le Fonds n'a plus personne à sauver, donc plus de prêts à distribuer - 14 milliards de dollars d'encours en 2006, contre 86 milliards en 1998 - et plus de recettes. Le budget de fonctionnement vogue en 2007 vers les 110 millions de dollars de pertes. Pis, les grands pays en développement comme la Chine, le Brésil, l'Inde ou le Mexique ne supportent plus la mainmise des pays développés sur le Fonds, toujours dirigé par un Européen, étroitement surveillé par le Trésor américain et peuplé d'économistes issus des mêmes universités américaines et européennes. Les droits de vote des pays riches (Etats-Unis, Canada, Australie, Japon, Europe des 27) sont largement majoritaires.


Tout a donc basculé avec la crise financière. La nouvelle donne va obliger le gouvernement américain à réinventer un interventionnisme inouï. Des milliers de milliards de dollars sont mobilisés pour éteindre le brasier. Le FMI s'enhardit et exhorte les Etats qui en ont les moyens à consacrer au moins 2 % de leur produit intérieur brut à ranimer la demande. Adieu les budgets en équilibre, bonjour les déficits astronomiques et "provisoires " ! Oubliée la primauté du privé : vive les nationalisations de l'automobile ou des banques et le rachat avec l'argent public des actifs pourris qu'elles ont accumulés ! L'ultralibéralisme est au plus mal.


DSK va profiter de cette conjoncture chaotique pour modifier la perception que les nations ont du Fonds. S'affichant franchement pessimiste depuis le printemps 2008, il exaspère Washington, Berlin et Paris, mais les faits lui donnent raison : la récession se fait mondiale. Sa crédibilité monte d'un cran. Il en finit avec les "saignées" prescrites à tort et à travers par les "Diafoirus". Si les pays doivent se serrer la ceinture, inutile d'aggraver le sort des plus défavorisés. Le Fonds accepte que le déficit du Pakistan soit plus élevé que souhaitable pour préserver un filet de sécurité sociale. En Hongrie, il conseille de ne pas associer les retraités les plus pauvres aux sacrifices.


Mieux : fin 2008, à l'initiative de l'Indonésie et des Pays-Bas, le FMI met en place une nouvelle ligne de crédit "modulable", sans condition et destinée aux pays en difficulté qui n'ont pas démérité. En avril, le Mexique obtient 47 milliards de dollars qu'il n'utilisera pas, mais qui rassurent les marchés et font remonter le peso. Désormais, il n'est plus infamant d'emprunter au Fonds. L'affaire des droits de tirage spéciaux (DTS) confirme cette révolution. Inutilisés depuis 1981, les DTS sont des droits accordés aux pays membres d'emprunter en dollars, euros, yens ou livres au prorata de leur contribution. A Londres, le G20 a décidé que 250 milliards de dollars de DTS seraient émis à bref délai.


Les pays africains profiteront, grâce à ce mécanisme de 19 milliards de dollars d'argent pas cher et sans condition... Ce qui déplaît autant au conseil d'administration qu'à l'encadrement du Fonds, qui jugent, par exemple, la République démocratique du Congo incapable de bien gérer cette manne. "Nombreux sont ceux qui, parmi nous, pensent que certains pays vont faire n'importe quoi de cet argent et échapper à notre surveillance, explique un membre de la direction. Mais le directeur général a décidé d'une ligne politique qui exclut une mise sous tutelle permanente et, comme la maison est un peu de type militaire, tout le monde va obéir." Et le Fonds se met à réembaucher pour être efficace en temps de crise.


DSK a profité de l'envie des Chinois de remettre en cause l'hégémonie du dollar pour devenir leur allié objectif. La quarantaine de milliards de dollars que Pékin apportera au FMI pour renforcer ses capacités d'intervention devraient prendre la forme d'une souscription d'obligations émises par le Fonds... et concurrentes des obligations du Trésor américain.


Culotté, DSK ! Le 2 avril, raconte un "sherpa" du G20, "il a mobilisé les Africains pour dissuader Gordon Brown de donner aux pays pauvres la plus-value de 6 milliards de dollars de la prochaine vente des 403 tonnes d'or. Il les a convaincus que la mesure était démagogique, puisque l'or sera vendu très lentement et que la même somme pourrait être versée plus vite sous forme de prêts avantageux".


"Le FMI aurait-il enfin une âme ?", se demandait le 21 avril le quotidien communiste L'Humanité. Le Fonds se serait-il refait une virginité? Pas encore, répond Guido Mantega, le ministre brésilien de l'économie : "Il s'est repenti de nombre de ses péchés originels, mais il doit toujours répondre du premier d'entre eux, qui est son déficit démocratique." Les ONG pensent de même. "DSK a remis le FMI en marche, commente Sébastien Fourmy, porte-parole d'Oxfam France-Agir ici. Mais cela ne suffit pas. Il faut mettre fin aux droits de vote inéquitables et au veto américain. Il faut profiter de la crise pour revoir l'architecture des institutions mondiales, afin que le FMI ne fasse plus la pluie et le beau temps en matière de développement. Finissons-en avec les rafistolages et attelons-nous à de vraies réformes."


Il reste beaucoup à faire, confirme Jean Pisani-Ferry, directeur de Bruegel, centre de recherche et de débat sur les politiques économiques en Europe. "Le FMI n'a pas réussi dans sa mission de surveillance multilatérale, souligne-t-il. S'il veut voir son rôle reconnu en la matière, il faut qu'il élabore une vraie doctrine, car il ne sera pas facile pour lui de surveiller les grands pays, et notamment les Etats-Unis. Il doit profiter de leur affaiblissement et de la bonne volonté du président Obama pour asseoir sa légitimité."


Aux yeux de cet économiste, le Fonds doit aussi résoudre son problème de légitimité : "La réforme des quotas et des votes qui a été décidée en 2008 n'est pas sérieuse : la Chine continue à peser moins que la France, l'Inde moins que l'Italie et le Brésil moins que la Belgique !"

Source Le Monde

 

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