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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 10:17
La rencontre semi-annuelle du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale a lieu à Istanbul. Après des années de controverse, le FMI refait surface avec la crise économique.

L'Islande, dont l'économie a bien failli s'effondrer avec la crise, a été un des premiers pays à bénéficier de ce soutien. Le Mexique a reçu 47 milliards de dollars, un des plus gros crédits de l'histoire de l'institution. La Pologne, la Biélorussie, le Pakistan, mais aussi la Turquie et la Roumanie se sont eux aussi tournés vers le FMI.

Un changement d’attitude salué par son directeur général Dominique Strauss-Kahn:.

« La disqualification qui a pesé sur les négociations avec le FMI n'existe presque plus, et c'est un début. Les pays membres reconnaissent désormais que la coopération avec le FMI est bénéfique. »

Pendant longtemps, le FMI a été considéré comme inutile. Il était là avec ses 250 milliards de dollars, et sa réserve de 3200 tonnes d'or. Mais personne ne venait frapper à sa porte. Pour la bonne et simple raison que l'institution réclamait des pays bénéficiaires de gros efforts, et notamment la suppression des déficits budgétaires, des subventions, et la diminution des prestations sociales. Ce qui lui a valu une très mauvaise réputation dans les pays en développement. Mais avec la crise économique, tout a changé:

« Je crois qu'avant tout, le FMI cherche à éteindre le feu, ce qui est sa mission la plus importante en temps de crise. Sur le front financier, je crois que le FMI a fourni les ressources dont avaient besoin les différents pays. Dans ce sens là, il joue son rôle. C'est pour cette raison que lors du G20, on a décidé de tripler les ressources du Fonds qui proviennent des banques centrales. Si on doit accorder plus de crédits, on a besoin de plus de ressources. »

Or le constat a été fait aujourd'hui à Istanbul: la stabilité financière s'améliore, mais les banques manquent toujours de fonds pour financer les crédits. Les missions du FMI sont donc toujours d'actualité:

« Tout cela est très important pour moi: des avertissements à temps, donner de bons conseils, voir ce que sont les risques pour l'avenir. Aider les gouvernements à contourner ces risques. C'est notre rôle. Je crois que le rôle de cette institution est de dire la vérité telle que nous la voyons. »

Le FMI pourrait aussi coordonner les efforts de régulation et de surveillance des marchés, décidés lors du G20 de Pittsburgh.

Source  DW Deutsche Welle
 
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /Sep /2009 12:06
Saluant les mesures adoptées par les pays membres du G-20 pour accompagner la reprise mondiale, Dominique  Strauss-Kahn a également mis l'accent sur les engagements pris par le Groupe d'agir de façon concertée pour promouvoir une croissance solide, soutenue et équilibrée et moderniser la gouvernance économique mondiale.

Selon lui, ces mesures constituent " des décisions historiques qui permettront d'adapter la coopération économique mondiale aux besoins du 21e siècle". Evoquant les résultats du Sommet du G-20 qui a pris fin vendredi à Pittsburgh, le Directeur général s'est dit encouragé par l'issue du Sommet, notamment par le nouveau rôle conféré au FMI, notant que la coopération internationale a été déterminante dans la riposte à cette crise.

L'implication active des dirigeants, telle qu'elle se manifeste dans leur approche du Cadre pour une croissance solide, soutenue et équilibrée,  est nécessaire pour entretenir la reprise économique mondiale, souligne Dominique Strauss-Kahn, ajoutant que le FMI mettra son savoir-faire au service de ce processus d'évaluation réciproque fondé sur la coopération.

Le Fonds, a fait savoir Dominique Strauss-Kahn, abordera un grand nombre de ces questions lorsque ses 186 pays membres, dont ceux représentés à Pittsburgh, se rassembleront à Istanbul la semaine prochaine. L'Assemblée annuelle de 2009 donnera aux responsables économiques et financiers de la planète une occasion exceptionnelle de promouvoir une riposte fondée sur la coopération, a-t-il estimé.

Rappelant que les gouvernements devaient poursuivre leurs politiques d'accompagnement jusqu'à ce que la reprise soit bien enclenchée, Dominique Strauss-Kahn a averti que " même si les risques semblent s'estomper, la reprise demeure fragile". Il convient, selon lui, d'éviter un abandon prématuré des politiques budgétaires et monétaires accommodantes».

Le directeur général a également salué le soutien que le G-20 ne cesse de manifester au FMI, notamment en donnant suite à l'engagement pris à Londres de mobiliser 500 milliards de dollars afin de contenir la propagation de la crise.

Il a noté la volonté réaffirmée des dirigeants de parvenir à un accord sur les quotes-parts du FMI d'ici janvier 2011, comme ils l'avaient manifesté lors du Sommet de Londres.

"Les réformes des quotes-parts et de la représentation d'avril 2008 constituaient une première étape pour renforcer le poids des pays émergents et en développement", a affirmé le
Directeur général du FMI, jugeant "décisif l'engagement pris par le G-20 de redéployer un pourcentage de quotes-parts d'au moins cinq des pays sur-représentés en faveur des pays émergents et en développement dynamiques, qui sont sous-représentés, et de protéger les pourcentages de voix des pays membres les plus pauvres".

A ses yeux, cette décision, qui marque un «tournant historique», et l'affirmation du G-20 comme instance privilégiée de coopération économique, permettront de jeter les bases d'un partenariat plus soudé entre pays émergents et en développement et pays avancés sur le plan de la politique économique mondiale.

"Il reste bien entendu beaucoup à faire dans la mise en œuvre des réformes relatives aux quotes-parts", a toutefois fait remarquer Dominique Strauss-Kahn, estimant qu'il est notamment essentiel de mener à terme les réformes d'avril 2008.

"J'engage les pays qui ne l'auraient pas encore fait à ratifier les réformes de 2008 sur les quotes-parts et la représentation afin d'ouvrir la voie à des réformes plus profondes", a dit le
Directeur général du FMI.

"Cette ratification est déterminante pour relever les pourcentages de quotes-parts des pays émergents dynamiques et pour préserver la voix des pays à faible revenu, dans la perspective du prochain objectif d'une augmentation générale des quotes-parts d'ici 2011 ", a conclu Dominique Strauss-Kahn.

Source Le Matin.ma
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 20:05

Le G20 est un pas en avant même si ce n’est pas tout notre programme, mais Nicolas Sarkozy nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

Le résultat du G20 ne résulte pas dans le faible encadrement des bonus. Mais dans le début d’une gouvernance économique mondiale dans la longue dépression sociale qui s’annonce. Un début de rééquilibrage pour les pays émergent.

Nicolas Sarkozy nous trompe ou il se leurre en faisant des bonus le juge de paix du G20. Ce n’est pas le sujet central qui est toujours un vrai plan de relance mondiale, un vrai recentrage des banques sur le crédit, un vrai soutien au sud, une vrai lutte contre les paradis fiscaux.

Le G20 est donc un pas en avant même si ce n’est pas notre programme. Et Nicolas Sarkozy fait prendre des vessies pour des lanternes sur les bonus comme rupture avec le système.

Jean Christophe CAMBADELIS

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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 15:05

Selon le projet de résolution finale, les dirigeants réunis depuis jeudi à Pittsburgh vont notamment prendre des engagements sur la poursuite des mesures de relance et sur la réforme du FMI.


Le sommet du G 20 n'est pas encore achevé, mais il est en passe de trouver un accord a minima sur les bonus dans la finance et sur la nécessité de garder en place les plans de relance, selon des extraits du projet de communiqué final. Les dirigeants des principaux pays industrialisés et émergents, réunis à Pittsburgh, aux Etats-Unis, devraient déclarer vendredi soir 25 septembre que, "en attendant qu'on arrive à une reprise durable", ils "éviteront tout retrait prématuré des mesures de relance".
En outre, ils devraient préconiser de "limiter les bonus à un pourcentage du produit net bancaire quand ils menacent un niveau de saine capitalisation".
Ces premiers extraits du projet de communiqué ont été transmis par un responsable d'un pays du G20, à l'issue d'un dîner de travail autour du président américain Barack Obama. Selon ce responsable, le communiqué devrait compter une vingtaine de pages.

Le G20 devient permanent


Il désignera le G20 comme "principal" forum de coordination économique. Il se changera en conseil permanent, qui servira à la mise en place d'une coopération économique internationale, selon un membre de l'administration américaine. La proposition de Nicolas Sarkozy d'un G14 n'a pas été retenue.
Le G8, qui rassemble les pays les plus industrialisés, continuera de se réunir sous sa forme élargie, c'est-à-dire en présence des principales économies en développement et à forte croissance (comme la Chine, l'Inde et le Brésil), a précisé la source. Le G8 continuera d'exister en tant que tel dans certains cas, en particulier pour aborder les questions relatives à la sécurité nationale.
"C'est en 2010 que nous essaierons de discuter de la nouvelle architecture du G20: quels pays doivent en être membres, à quelle fréquence doit-il se réunir ? Et 2011 sera l'année de l'application de son nouveau régime", précise-t-on au sein de la délégation française.
Deux sommets du G20 seront organisés en 2010: "l'un au Canada au printemps", là où avaient déjà prévu de se retrouver les dirigeants du G8, et "l'autre en Corée du Sud".

Limitation des bonus des banquiers


Sur les bonus, le communiqué final devrait endosser les recommandations du Conseil de stabilité financières (FSB) afin de lier la rémunération des banquiers et acteurs de marché aux performances à long terme, et non la prise de risque excessive, et suggérer à cette fin un système de versement différé. Mais de source proche de la délégation française, on considère que ces progrès sont insuffisants.
La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a annoncé vendredi matin depuis Pittsburgh qu'"un accord est presque là". "Une grande partie du travail technique a été fait (...) et rien n'est encore fait parce que les chefs d'Etat et de gouvernement n'ont pas avalisé l'ensemble du document et certains éléments sont encore en suspens", a-t-elle expliqué sur Europe-1.
La locataire de Bercy a précisé que "sur la partie contrôle et réglementation du système financier, nous avons fait déjà sur le plan technique de très bonnes avancées". "On travaille encore pour rapprocher les points de vue" français et américain, mais "dans l'après-midi, on aura les résultats définitifs de l'accord ou pas".

Mesures de relance


Les dirigeants du G20 se sont mis d'accord pour éviter tout arrêt "prématuré" des mesures de relance. "En attendant qu'on arrive à une reprise durable", ils "éviteront tout retrait prématuré des mesures de relance".


Négociations commerciales


Le communiqué final devrait affirmer l'intention de conclure les négociations commerciales du cycle de Doha en 2010.


Réforme du FMI


Le Fonds monétaire international (FMI) va être réformé au profit de pays émergents et ce sont les Européens qui vont "faire des sacrifices", selon une source au sein de la délégation française.
La réforme de la répartition des droits de vote au sein du FMI est l'un des principaux sujets de discussion. Il y avait jeudi soir au sein des vingt principales économies mondiales "l'amorce d'un consensus" pour un transfert de "5%" des quote-parts, de certains pays vers d'autres moins bien lotis, selon la même source.
"Les Etats-Unis ne feront pas de sacrifices parce qu'ils sont sous-représentés" au FMI et "ce sont les Européens, sur-représentés, qui feront des sacrifices", a-t-on affirmé, en citant "la Belgique, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la France, bien que celle-ci ne soit que légèrement sur-représentée par rapport à son poids dans l'économie" mondiale. Les pays qui seront "vraisemblablement les grands gagnants de la réforme du FMI sont "la Chine, la Corée et la Turquie".

Climat


Les Européens se sont inquiétés auprès du G20 du risque que les négociations en vue d'un nouvel accord sur les émissions de gaz à effet de serre n'aboutissent pas lors de la conférence de Copenhague en décembre.

Source Nouvelobs.com
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 09:59
Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a affirmé mercredi à New York que le moteur de la croissance économique mondiale semblait "en train de redémarrer", même si la crise "n'est pas finie".

"Les conditions financières se sont améliorées et le moteur de la croissance semble être en train de redémarrer", a estimé Dominique Strauss-Kahn dans un discours, lors d'un sommet de chefs d'Etat, de dirigeants d'entreprise et d'institutions internationales, et de prix Nobel.

"Il n'y a pas si longtemps, l'économie mondiale se situait au bord du gouffre", a-t-il souligné, selon le texte de son intervention distribué à la presse.

Evoquant la "panique absolue" qui avait suivi la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers en septembre 2008, il a rappelé qu'à cette époque-là "l'activité entamait une spirale descendante" et que les craintes de retomber dans une dépression comme celles des années 1930 "n'étaient pas sans fondement".

"Mais le monde d'aujourd'hui a l'air différent. La crise n'est pas finie, mais j'espère que le pire est derrière nous. Nous semblons avoir évité le désastre", a-t-il expliqué.

Le dirigeant du FMI a rappelé la prévision du Fonds d'une "reprise mondiale lors de la première partie 2010". "au fur et à mesure de cette crise, je pense que nous avons prouvé notre valeur avec nos prévisions réalistes, à la fois pour la croissance et les pertes de crédit", a-t-il ajouté.

Le FMI doit publier ses nouvelles prévisions économiques mondiales le 1er octobre.

"Si on regarde la crise financière mondiale actuelle, la pire depuis la Grande Dépression, les risques était incroyablement élevés. L'économie mondiale aurait pu être confrontée à un effondrement. Mais nous nous sommes éloignés du gouffre, et le FMI a certainement rempli son rôle", a-t-il poursuivi.

A la veille de l'ouverture d'un sommet des pays riches et émergents du G20 à Pittsburgh (Pennsylvanie, Est des Etats-Unis), M. Strauss-Kahn a également souligné le rôle du Fonds "comme conseiller en matière de politiques économiques, mettant l'accent en particulier sur la nécessité d'une action commune, coordonnée".

"Le FMI a été parmi les premiers à pointer vers des mesures en réaction à la crise qui ont désormais intégré le sens commun, notamment la relance budgétaire et la nécessité de restructurer le système bancaire", a-t-il déclaré.

Le directeur général du Fonds a loué le rôle de son institution dans la stabilité économique et la paix mondiales.

Pour lui, "l'enjeu est surtout élevé dans les pays à faibles revenus, où les populations sont particulièrement vulnérables".

"Dans de nombreuses régions du monde, la question n'est pas seulement une hausse du chômage ou une baisse du pouvoir d'achat, mais la vie et la mort elle-même", a prévenu M. Strauss-Kahn.

"La marginalisation et la régression économiques pourraient aboutir à des troubles sociaux, une instabilité politique, ou un effondrement de la démocratie. On pourrait assister à la guerre. C'est ce que nous devons éviter", a-t-il insisté, appelant à "une aide durable" aux pays pauvres.

 

Source AFP

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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 00:41
Les pays à faible revenu face à la crise financière mondiale
Mesures prises à l’échelon national et international



Allocution prononcée par
Dominique Strauss-Kahn,

Directeur général du Fonds monétaire international

17 septembre 2009



Bonjour, c’est avec grand plaisir que je prends part, avec vous, à cette réflexion que j’estime essentielle, sur la situation des pays à faible revenu dans la crise économique mondiale actuelle. Permettez-moi de remercier Nancy Birdsall et le Center for Global Development d’avoir pris l’initiative de nous réunir.

Il y a presque six mois exactement, j’ai fait une communication comparable à celle-ci à la Brookings Institution. Peu de temps après, j’ai rencontré les dirigeants des pays Africains en Tanzanie, d’où nous avons adressé un message commun à la réunion des dirigeants du G-20 de Londres pour leur demander de ne pas oublier les pays les plus durement affectés. Au Sommet de Londres, le G-20 s’est engagé à doubler la capacité du FMI à accorder des crédits aux pays à faible revenu.

Les nouvelles que je vous apporte ce matin sont contrastées. Côté négatif, comme nous le craignions, les pays à faible revenu ont été durement frappé par la crise mondiale, plus durement que nous ne le pensions en mars dernier. Côté positif, les décideurs ont réagi avec détermination et de manière plus volontariste que par le passé. Et parallèlement au desserrement des politiques macroéconomiques dans les pays, les financements du FMI leur apportent la bouffée d’oxygène dont ils ont âprement besoin. Conjuguée à l’amorce d’une reprise de l’activité mondiale, cette modulation des politiques mises en œuvre est, à mon sens, porteuse d’espoir. Il n’empêche que les pays à faible revenu restent extrêmement vulnérables et que leurs besoins de financement sont colossaux, ce qui ne permet aucun relâchement des efforts engagés.

Je voudrais d’abord décrire brièvement la crise dans les pays à faible revenu et les mesures prises pour y faire face, avant d’aborder le rôle du FMI, à cet égard.

La crise dans les pays à faible revenu

Nul n’ignore que les pays à faible revenu sont les victimes innocentes de cette crise. Ils n’ont pas commis les erreurs des pays avancés. Au contraire, plusieurs d’entre eux ont fait ce qu’il fallait ces dernières années, c’est-à-dire, affermir leur solde budgétaire, réduire leur endettement, maîtriser l’inflation, libéraliser les marchés de produits et porter leurs réserves à des niveaux confortables. Aidés par l’allègement de la dette, ils tiraient enfin profit de la mise en œuvre de pénibles réformes qui ont abouti à la plus longue période de prospérité économique des temps modernes dans les pays à faible revenu, en particulier dans les pays subsahariens.

Puis est arrivé ce revers de fortune, avec d’abord, le choc des prix alimentaires et pétroliers. Commençant à peine à reprendre leur souffle, les pays à faible revenu ont été frappés de plein fouet par la crise financière mondiale. Dans certains cas, le taux de croissance de ces pays pour 2009 tombera à moins de la moitié de son niveau d’avant la crise, ce qui est plus grave que nous ne le pensions en mars dernier.

Les effets de la crise se font ressentir par différents canaux, ce qui n’en souligne que davantage la portée planétaire et le caractère multiforme.

Les échanges commerciaux sont au point mort, sous l’effet de la récession mondiale. Les exportations de biens et de services des pays à faible revenu risquent de chuter de 16 % cette année.

Les envois de fonds — une manne essentielle pour de nombreuses familles dans les pays à faible revenu — ont aussi fortement diminué. Ils pourraient chuter de près de 10 %, ce qui serait un dur revers après des années de forte croissance.

Eu égard au marasme économique dans les pays avancés, nous pensons que les flux d’IDE à destination des pays à faible revenu pourraient chuter de 25 % cette année.

Et les flux d’aide n’ont pas été à la mesure des promesses de Gleneagles.

Quid, des circuits financiers? Et bien les banques des pays à faible revenu se sont généralement tenues à l’écart des prêts hypothécaires à risque et des produits financiers complexes. Il n’empêche que certains établissements bancaires ont des problèmes de liquidité et se heurtent à des coûts de refinancement prohibitifs — ce qui n’est guère surprenant dans un environnement mondial incertain. La quantité de prêts improductifs s’accroît avec la dégradation des conditions économiques. Tout ceci freine l’expansion du crédit, ce qui accroît le ralentissement général de l’activité.

Je m’attends à une reprise de l’activité en 2010, et à ce que les pays à faible revenu tirent parti alors de la poussée de la demande mondiale. Mais rien est acquis. Le rythme de la reprise mondiale est loin d’être garanti et les pays pauvres pourraient subir le contrecoup de la crise durant plusieurs années encore. Il y a aussi le risque permanent de nouveaux chocs. La sécheresse qui continue de sévir en Afrique de l’Est en est un cruel exemple, entraînant la hausse des prix des denrées alimentaires de base et pesant lourdement sur les budgets des États. Une grave pénurie alimentaire menace près de 17 millions de personnes qui pourraient donc avoir besoin d’une aide alimentaire d’urgence.

Ne perdons pas de vue les enjeux. De l’avis de nos collègues de la Banque mondiale, quelque 90 millions d’êtres humains risquent de tomber dans la pauvreté extrême. Dans les pays à faible revenu, cette crise peut être une question de vie ou de mort. Elle peut déclencher des troubles sociaux, l’instabilité politique, voire la guerre. Voilà l’impératif : aider les pays subsahariens non seulement parce que les ressources que nous mettons à leur disposition sont indispensables à leur croissance, mais aussi parce qu’il faut préserver la paix.

Les mesures prises par les pays à faible revenu en riposte à la crise

Je voudrais maintenant passer à quelque chose de positif. C’est toujours le cas quand les solutions viennent de l’intérieur. En menant des politiques de qualité, nombre de pays subsahariens se sont donnés les moyens d’affronter la tourmente. C’est nouveau, parce qu’il n’y a pas si longtemps, plusieurs pays à faible revenu confrontés à des difficultés financières de cette ampleur, auraient été contraints de couper les dépenses publiques, d’imposer des restrictions aux importations ou simplement de cesser d’honorer leurs dettes, aggravant ainsi la crise.

Mais les temps ont changé. Les pays ont considérablement amélioré la situation de leur endettement, en se donnant la marge de manœuvre nécessaire pour mener à bien des politiques contracycliques. Selon nos estimations, près du tiers des pays à faible revenu présente un risque faible à modéré de surendettement, fruit de la mise en œuvre de politiques de qualité, ajoutées à un surcroît d’aide et d’allègement de dette.

À l’évidence, les politiques budgétaires doivent permettre d’endiguer la crise et non de l’aggraver. C’est ce que nous observons. Plus des trois-quarts des pays à faible revenu ont pu laisser leur déficit se creuser malgré la contraction de leurs recettes. Dans un tiers de ces pays, des politiques volontaristes de relance budgétaire ont été mises en place. Comme vous le savez, le FMI prône, et ceci depuis un certain temps, une relance budgétaire globale dans les pays qui peuvent se le permettre. D’aucuns ont dit qu’il s’agit là d’un luxe réservé aux pays riches. Il n’en est rien.

Une marge de manœuvre budgétaire présente aussi l’avantage de protéger les pauvres et les plus vulnérables des ravages de la crise. Pour bien des personnes dans ces pays, lorsque les prix des denrées alimentaires triplent, que le chômage augmente, que les flux d’envois de fonds tarissent, les transferts sociaux sont la seule issue de secours. Je me réjouis de voir que les gouvernements ont fait de leur mieux pour préserver les dispositifs de protection sociale. Des 27 pays à faible revenu pour lesquels on dispose de données, 26 ont pu maintenir ou accroître les dépenses sociales, ce qui n’est pas un mince exploit dans l’environnement actuel.

Mais nous ne devons pas non plus minimiser les risques. Trop souvent, les pays financent leur déficit en empruntant sur le marché intérieur, face à la baisse des financements extérieurs concessionnels. Il va sans dire qu’au fur et à mesure que la reprise s’affermira, les mesures de relance devront être éliminés et les déficits réduits, afin d’assurer la viabilité de la dette. Les pays ne devraient pas non plus être forcés à se serrer la ceinture trop tôt, au risque de compromettre la reprise, pour la simple raison qu’ils ne peuvent accéder à des financements à des conditions raisonnables. D’où l’importance cruciale de l’augmentation des concours financiers concessionnels.

L’augmentation des ressources du FMI

Ceci m’amène au volet suivant de mon propos. La communauté internationale doit épauler les pays à faible revenu par des financements concessionnels, sans quoi, le coût de la crise ne sera que plus élevé, poussant plus de gens encore dans la misère.

Je suis fier de constater que le FMI joue pleinement son rôle, allant au-delà de ce que les dirigeants du G-20 ont préconisé au sommet de Londres en avril dernier. Nous procédons à une augmentation de nos prêts concessionnels à hauteur de 17 milliards de dollars EU jusqu’en 2014 en privilégiant les décaissements en début de période, afin de mettre 8 milliards de dollars EU à la disposition des pays les deux premières années, c’est-à-dire, quand cette assistance est la plus nécessaire. Mettons tout ceci en perspective. L’assistance fournie sur la période 2009-10 sera plus du triple des montants disponibles avant la crise. C’est certes sans précédent, mais les circonstances l’imposaient. Pour que les pays puissent en tirer parti, nous avons doublé le plafond des montants que les pays peuvent nous emprunter.

Les pays membres du FMI ont également souscrit à une nouvelle allocation de 250 milliards de dollars EU de droits de tirage spéciaux, avoirs de réserve auxquels les pays peuvent recourir à vue. Tous les États membres en obtiennent une part qui est proportionnelle à leur quote-part. Pour les pays à faible revenu, cela représente 18 milliards de dollars EU de ressources qui peuvent être utilisées pour consolider les réserves ou si leur niveau est adéquat, pour alléger les contraintes financières.

La réaménagement des prêts concessionnels

Au-delà de savoir combien nous pouvons prêter, il importe aussi d’en connaître les modalités. Nous entendons accorder des prêts à décaissement accéléré, moins coûteux et mieux ciblés. Nos récentes réformes ont transformé notre façon de répondre aux besoins des pays à faible revenu.

Nous avons d’abord abaissé le coût des financements. Un taux d’intérêt nul sera appliqué à nos prêts concessionnels jusqu’à fin 2011. Par la suite, une fois la crise derrière nous, ces taux seront plus concessionnels qu’auparavant. Notre engagement vis-à-vis des pays à faible revenu est à long terme.

La crise a aussi montré qu’il ne suffit pas de jeter tous les pays à faible revenu dans un même panier. Les besoins varient d’un pays à l’autre et nous devons leur apporter une réponse personnalisée. C’est pourquoi le FMI a mis en place différents guichets afin d’assouplir ses financements et de mieux les adapter aux besoins des pays.

Jusqu’a présent, la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) constituait le pivot de l’appui du FMI aux pays à faible revenu. Il a été conçu pour remédier aux profondes difficultés de balance des paiements qui exigent des solutions structurelles à long terme. Aujourd’hui, certains pays restent confrontés aux mêmes difficultés. Nous pouvons désormais leur donner accès au mécanisme qui fait suite à la FRPC — la Facilité élargie de crédit (FEC) — dont les financements sont destinés aux pays qui requièrent une assistance pluriannuelle.

Pour d’autres, tel n’est pas le cas. Certains pays à faible revenu ont accès à des sources de financement classiques en temps normal. Ils ne font appel au FMI que face à un problème spécifique entraînant un besoin de financement ponctuel, ce qui s’apparente à la situation de plusieurs pays émergents et montre aussi que les pays à faible revenu s’affranchissent de certaines contraintes financières. Nous avons créé, pour ces pays, la Facilité de crédit de confirmation, reprenant le dispositif du guichet de financement des pays émergents, à savoir, des prêts à court terme mais assortis de conditions concessionnelles. Il peut être fait appel à ce mécanisme à titre de précaution. Le pays peut ne pas avoir immédiatement besoin du financement mais ce guichet lui garantit un recours en cas de besoin de financement d’urgence du FMI.

Il existe une troisième option. Certains pays ont besoin de financement alors que — pour différentes raisons — un programme d’ajustement n’est pas forcément adapté à leur situation. Ils peuvent être victimes d’une catastrophe naturelle ou d’un choc externe ou encore avoir une capacité institutionnelle qui ne permet pas la mise en œuvre d’un politique d’ajustement. Dans ces cas, la Facilité de crédit rapide (FCR) peut être mise action assez vite, pour de faibles montants et à des conditions allégées.

J’ai bon espoir que cette approche plus souple des modalités de financement, offrant “une facilité pour toutes les circonstances”, permettra de répondre aux besoins spécifiques de chaque pays.

Une nouvelle approche de la conditionnalité

Ce n’est un secret pour personne que nos programmes de financement sont critiqués ça et là depuis des années. D’aucuns ont estimé que nos conditions étaient trop lourdes, inquisitrices, voire inappropriées. J’accepte certaines de ces critiques. Nous avons pu commettre des erreurs mais nous en avons toujours tiré les leçons. Mais je pense que la FRPC a été un succès. Les pays qui ont exécuté des programmes de longue haleine durant les vingt dernières années ont connu une plus forte accélération de leur croissance que ceux dont la coopération avec le FMI a été plus distante.

Il n’en demeure pas moins que nous devons veiller à ce que la médication ne soit pas préjudiciable au malade. Depuis quelques années, nous allégeons la conditionnalité de nos prêts en la centrant sur les mesures indispensables à la stabilité macroéconomique à la réduction de la pauvreté et à la croissance. Une multitude de conditions embrassant des domaines très éloignés les uns des autres, peut nuire à l’efficacité et induire une perte de légitimité. Les conditions figurant dans les programmes appuyés par les ressources du FMI ont été réduites d’un tiers par rapport à il y a une dizaine d’années. Elles sont désormais centrées, à près de 40 %, sur l’amélioration et la responsabilisation de la gestion des deniers publics, à travers le contrôle des dépenses publiques et de l’administration fiscale. Presque tout le monde s’accorde à reconnaître que ce sont là des volets essentiels qui appellent des améliorations. Comme nous l’espérions, cette nouvelle approche suscite une meilleure appropriation des programmes, donnant lieu à plus de réformes dans les pays aujourd’hui que par le passé.

Nos récentes réformes vont encore plus loin. Désormais, nos prêts ne comportent plus de conditions contraignantes reliées à des mesures spécifiques. Les programmes sont plutôt axés sur la réalisation d’objectifs généraux de réforme, offrant aux gouvernements une plus grande marge pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés.

Nous devons aussi faire en sorte que les programmes n’aillent pas à l’encontre des mesures contracycliques des pays. Durant la crise des prix des produits alimentaires et pétroliers, nous avons revu les objectifs d’inflation en hausse pour tenir compte de leur poussée vertigineuse. Face au ralentissement de l’activité que nous observons, les programmes permettent des déficits budgétaires accrus, sans négliger la protection des plus vulnérables. Les budgets de la plupart des pays à faible revenu qui appliquent un programme prévoient une augmentation des dépenses sociales, tout en veillant à mieux les cibler, afin qu’elles profitent directement aux populations démunies.

Je dois ajouter un autre élément. Nous savons tous que les pays à faible revenu n’ont pas les infrastructures suffisantes pour assurer leur développement. Dans le passé, les programmes mis en œuvre n’autorisaient que des prêts hautement concessionnels, excluant en règle générale, le type de crédit du secteur privé qui est nécessaire pour accroître les investissements. Désormais, le FMI entend assouplir son approche des niveaux d’endettement en intégrant aux divers programmes un abaissement des seuils de vulnérabilité de la dette, pour permettre aux pays de recourir à des prêts concessionnels et non concessionnels. Avec le temps, nous nous attendons à ce qu’un nombre accru de pays tirent parti de cette souplesse et nous les y aiderons.

Conclusion

Pour conclure, nous devons veiller à ce que toute reprise de l’activité mondiale profite également aux pays à faible revenu. Ces pays en ont désespérément besoin pour se maintenir à flot et disposer des marges de manœuvre nécessaires pour sortir de la crise. Nous devons aussi nous tenir prêts à les aider à surmonter leurs difficultés, et la sécheresse en Afrique de l’Est montre bien que les épreuves peuvent surgir plus tôt que nous ne le pensons.

Le FMI est prêt à relever ce défi, mais il ne peut le faire seul. Nous estimons qu’il faut aux pays à faible revenu, 55 milliards de dollars EU environ de financements extérieurs supplémentaires cette année et l’année suivante. Le FMI peut fournir à peu près le tiers de ce montant, avec l’allocation de DTS et l’augmentation de sa capacité de prêts concessionnels. D’autres institutions internationales apportent leur contribution mais les bailleurs de fonds doivent aussi jouer leur rôle. La poursuite de l’accroissement de l’aide, atteignant au minimum le niveau des engagements de Gleneagles est impérative.

Dans des moments comme ceux que nous vivons, la tentation du repli sur soi est grande, parce que tous les pays veulent d’abord résoudre leurs propres problèmes, en répondant avant tout à des impératifs et à des revendications politiques internes. Je le comprend parfaitement. Mais la communauté internationale ne peut ignorer les besoins des pays à faible revenu, d’autant que les pays pauvres sont en train de payer le prix des erreurs des pays riches. Tous les pays doivent résister à la tentation de réduire leur aide ou de prendre des mesures commerciale ou financières protectionnistes. Si tel n’était le cas, les pays les plus pauvres en souffriraient, remettant en cause des années de progrès. Si tel est le cas, la démocratie serait mise en péril. Voilà l’éventualité que j’invite chacun de nous à faire tout ce que ce qui est en son pouvoir pour éviter qu’elle se matérialise.

Je vous remercie.
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 18:06
La plus haute instance de décision du Fonds monétaire international, son conseil d'administration, a définitivement approuvé vendredi la vente par l'institution de plus de 403 tonnes d'or, destinée à financer principalement des prêts aux pays pauvres.

"Je suis ravi que le conseil d'administration ait donné un accord écrasant pour permettre une vente strictement encadrée d'or du Fonds pour donner une base saine à long terme au financement du FMI, et nous permettre d'accélérer les indispensables prêts concessionnels aux pays les plus pauvres", a déclaré le directeur général du Fonds, Dominique Strauss-Kahn.

"Ces ventes seront effectuées d'une manière responsable et transparente qui évitera toute perturbation sur le marché de l'or", a-t-il ajouté.

Le FMI a en effet décidé de vendre dans un premier temps uniquement "aux banques centrales et aux autres détenteurs du secteur public s'il y avait un intérêt de la part de ces détenteurs". Selon le FMI, cela aurait peu d'effet sur les cours, puisque cet or passerait d'un détenteur public à un autre.

Dans un second temps, si les acheteurs publics ne suffisent pas, "les ventes d'or pourraient être effectuées sur les marchés d'une manière programmée dans le temps", en suivant les principes déjà suivis par les banques centrales.

Le FMI compte également "informer les marchés avant de commencer toute vente sur les marchés" et "rendre régulièrement public l'avancement des ventes".

En juillet, le FMI avait annoncé qu'il porterait ses prêts aux pays pauvres à 17 milliards de dollars d'ici à 2014, dont 8 milliards dans les deux années à venir, contre un milliard de dollars par an en moyenne entre 2006 et 2008, et trois milliards de dollars au premier semestre 2009.

Il avait également décidé d'annuler jusqu'à fin 2011 le paiement des intérêts dus par ces pays, et réformé les modalités de ces prêts pour les rendre plus immédiatement disponibles, augmenter leur plafond et mieux les adapter à la diversité des besoins.

Source AFP

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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 19:11
Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, vient de lancer un appel en faveur d'une augmentation rapide de l'aide aux pays pauvres, victimes innocentes de la crise financière.

Intervenant au Centre pour le développement mondial une semaine avant le sommet du G20, le patron du FMI a estimé que les pays à faibles revenus avaient besoin de 55 milliards de dollars d'aides supplémentaires (37 milliards d'euros) pour cette année et l'an prochain.

Dominique Strauss-Kahn a précisé que le FMI pourrait couvrir environ un tiers de ces besoins grâce aux fonds promis par ses membres mais d'autres contributions seront nécessaires.

"Une nouvelle augmentation de l'aide (...) est nécessaire en urgence", a-t-il déclaré.

Mercredi, le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a appelé les pays du G20 à ne pas oublier les pays pauvres au moment où la croissance commence à revenir dans les pays développés.

"Nous entrons dans une nouvelle zone de danger, pas de chute libre, mais de complaisance", a prévenu Robert Zoellick dont la mise en garde a été reprise par Dominique Strauss-Kahn.

"Dans une période comme celle-là, il y a toujours une tentation pour les pays de se replier sur eux-mêmes, de regarder d'abord leurs propres problèmes, de répondre en priorité aux besoins et aux nécessités politiques intérieures", a dit le patron du FMI.

"Si un tel scénario se vérifiait dans la réalité, des années de progrès pourraient être remises en cause et la démocratie serait en danger dans certains pays parmi les plus pauvres ", a-t-il dit.


Source Reuters
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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /Sep /2009 15:16
Alors que sa popularité ne cesse de croître et qu'il acquiert de plus en plus une stature internationale, alors que son "entourage" qualifie, une fois de plus, de "n'importe quoi" l'info ( véhiculée par l'Express...tiens donc !) selon laquelle le Président de la République et le Directeur général du FMI tiendraient une conférence de presse commune sur TF1 le 24 septembre prochain, pour le sommet du G20, Dominique STRAUSS-KAHN vient d'accorder une interview au journal Le Monde.

On est à la veille d'un nouveau sommet du G20, à Pittsburgh, aux Etats-Unis, les indicateurs passent au vert. L'économie serait-elle tirée d'affaire ?

Avec les centaines de milliards de dollars injectés dans le secteur financier, les plans de relance représentant 2 % des produits intérieurs bruts et les baisses des taux d'intérêt par les banques centrales, nous avons évité la réédition de la Grande Dépression de 1929. L'économie est en train de repartir. Fort bien ! Mais il faut rester prudent. Nous attendions une récession mondiale de - 1,4 % en 2009 ; nos prévisions n'ont pas changé significativement. Le second semestre risque de ne pas être aussi porteur, car le restockage généralisé et les primes à la casse ne dureront pas toujours. Ne donnons pas à croire que la crise est derrière nous. Nous sommes sortis de la crise financière, et il est peu vraisemblable que la faillite d'un établissement de la taille de Lehman Brothers se reproduise. Nous sommes encore dans la crise économique, même si l'on aperçoit le bout du tunnel. Surtout, nous sommes toujours dans la crise sociale...

Et la poussée du chômage ne cessera pas avant la deuxième moitié de 2010 car, entre une reprise et l'arrêt de la dégradation du marché de l'emploi, il faut compter près d'un an. Autrement dit, le salarié qui perdra malheureusement son emploi en novembre n'a pas la crise derrière lui, il a la crise devant lui !

Pourtant on entend parler de plans de sortie de crise...

C'est effectivement complexe en matière de communication. D'un côté, il ne faut pas arrêter les politiques publiques de soutien de la croissance. La demande privée étant toujours extrêmement faible, on risquerait une rechute. D'un autre côté, il faut préparer maintenant des stratégies de sortie de crise adaptées à chaque pays et les faire connaître pour que les acteurs comprennent où nous allons.

La reprise sera-t-elle forte ?

Pas obligatoirement et la question des nouvelles sources de la croissance est posée. C'est ainsi que la crise peut contribuer à résorber significativement les grands déséquilibres, notamment les déficits américains et les excédents chinois. Aux Etats-Unis, l'amélioration est en cours : le taux d'épargne des ménages, qui était pratiquement nul, s'élève maintenant à 5 % et on entend certains officiels qui souhaitent le voir grimper à 10 %. Excellent pour les déficits ! Mais qui remplacera le consommateur américain pour tirer la croissance mondiale ? On pense bien sûr à l'augmentation de la consommation des grands pays émergents, mais cela suffira-t-il, quand le PIB des Etats-Unis représente environ 25 % du PIB mondial ? Par ailleurs, la demande interne des pays émergents n'aura pas la même structure ; ainsi les produits de haute technologie ne vont-ils pas voir leur marché se restreindre ? C'est un risque et c'est pour cela qu'il est essentiel que les pays développés mènent de grandes politiques de l'innovation.

Que se passera-t-il au sommet du G20, à Pittsburgh ?

A Pittsburgh, le FMI montrera que tout ce qui lui a été demandé au G20 de Londres a été mis en place, et même plus ! Il a triplé ses ressources à 750 milliards de dollars. Il a émis pour 250 milliards de droits de tirage spéciaux (DTS) qui permettront en particulier de doter l'Afrique subsaharienne de 11 milliards de réserves supplémentaires. Il a amélioré les modalités de prêts aux pays émergents et aux pays à bas revenus, notamment en créant pour ces derniers des prêts à taux zéro : nous leur prêterons sans doute cette année quatre fois plus qu'en 2008 ! Ce bilan, nous l'apporterons à Pittsburgh, mais deux grands sujets sont encore devant nous : la régulation et la gouvernance.

Beaucoup a déjà été fait pour réformer la régulation financière, mais le rythme est trop lent. Ainsi, on ne va pas assez vite pour régler le fameux problème des bonus, et cela explique la colère légitime des opinions publiques. La question est éthique : est-il admissible que des établissements ayant eu besoin de recourir à l'argent des contribuables puissent verser des rémunérations de cet ordre ? Elle est aussi systémique : ces modes de rémunération incitent à prendre des risques qui mettent la collectivité en danger. Le G20 devra donc apporter une réponse à cette question.

Enfin, pour que ces réformes soient légitimes, les institutions multilatérales doivent devenir plus représentatives, c'est-à-dire donner plus de place aux pays aujourd'hui sous-représentés dont beaucoup - mais pas tous - sont des pays émergents.

Les pays émergents demandent que 7 % des droits de vote leur soient cédés par les pays industrialisés...

C'est un peu plus compliqué que cela parce que certains pays industrialisés, comme l'Espagne, par exemple, sont aussi sous-représentés. Malgré cela, il est vrai que ce sont principalement les Européens qui sont sous pression. Il faudra aussi améliorer la représentation des plus pauvres - dont les pays africains. D'autres questions de gouvernance, enfin, vont au-delà des quotas comme, par exemple, la fin de l'accord tacite américano-européen sur la direction du FMI et de la Banque mondiale, ou la cohabitation des conseils d'administration de ces deux institutions avec des structures nouvelles comme le G20. Sur tous ces sujets, je souhaite que l'on avance !

Pourquoi demandez-vous une nouvelle augmentation de vos réserves, alors que vous venez d'engranger plus de 500 milliards de dollars ?

Il est souhaitable que le FMI puisse jouer pleinement son rôle de préteur en dernier ressort. Or, aujourd'hui, de nombreux pays ont constitué chez eux des réserves très importantes pour parer à une crise éventuelle : le Brésil a ainsi accumulé plus de 200 milliards de dollars. On peut penser qu'il serait plus utile, pour les pays concernés comme pour la croissance mondiale, que ces sommes soient utilisées pour le développement. Mais cela suppose qu'un organisme "mutualiste" comme le FMI serve de réserve collective, d'assureur mondial susceptible de limiter le recours à des solutions individuelles et coûteuses. Dans ce cas, il faudra au FMI plus de ressources qu'il n'en a aujourd'hui. Il faudra aussi que tous les Etats membres aient une totale confiance dans l'institution pour lui confier ce rôle de défenseur contre la spéculation et c'est à cela que je m'attelle aujourd'hui. Voilà un pan de la nouvelle architecture de l'économie mondiale que j'appelle de mes voeux.

Comme membre du Parti socialiste, que pensez-vous du projet de primaires envisagé par ce parti ?

Le FMI n'a aucune position à ce sujet.

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 08:59

Le président américain tient un discours majeur sur la santé mercredi devant le Congrès. Après une tentative avortée, il devrait compter sur sa forte majorité démocrate à Capitol Hill et abandonner l’idée d’obtenir l’appui des républicains.

Barack Obama s’est-il trompé? Avant d’accéder à la Maison-Blanche, il avait manifesté sa ferme volonté de rassembler le pays fortement divisé après huit ans d’administration Bush. En tant que démocrate, il avait promis de collaborer avec les républicains. Le président doit pourtant déchanter au moment même où il entame l’une des semaines les plus importantes de sa présidence.

Mercredi, jour de la rentrée politique, il tient un discours très attendu sur la réforme du système de santé devant les deux chambres du Congrès. Premier objectif: reprendre la main dans un débat qui lui a échappé. Attaqué par une coalition de conservateurs et d’Américains déstabilisés par la perspective d’un changement, le projet de réforme de la santé est menacé. La tentative d’Obama de mandater six sénateurs, trois démocrates et trois républicains, pour élaborer un projet conjoint a vécu. Deuxième objectif: montrer aux républicains que la phase «bipartisane» (les deux formations politiques sont disposées à coopérer pour adopter des lois) est terminée.

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Ce probable tournant s’explique. Ce mardi, Barack Obama se rend dans un lycée de Virginie pour y tenir une allocution sur sa vision de l’éducation aux Etats-Unis. Celle-ci sera diffusée dans des écoles de tout le pays. Bien que d’autres présidents avant lui se soient adonnés au même exercice, Barack Obama s’est attiré les foudres des républicains et des conservateurs. Sa volonté de renforcer les compétences fédérales en matière d’éducation a provoqué des diatribes au vitriol: Obama serait un Staline ou un Kim Jong-il.

Le centre perd du terrain

Professeur à l’Université de Princeton, Sean Wilentz estime que le président s’est trompé: «Il pense que le problème se trouve à Washington. Sa principale cause réside pourtant dans l’évolution du Parti républicain.» Obama aurait cru à tort que son élection allait engendrer un bouleversement idéologique. Conseiller de l’ex-président Bill Clinton, William Galston confie au Temps que la politique «bipartisane» qu’un Ted Kennedy – l’exception – incarnait à merveille, est devenue un vœu pieu des récents présidents. «Les politiciens centristes des deux partis ont beaucoup perdu de terrain au profit des extrêmes. Il n’y a plus de convergence idéologique entre démocrates et républicains.» Professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement, David Sylvan l’admet: «Avec Barry Goldwater et Ronald Reagan, le Parti républicain a énormément changé et est devenu beaucoup plus homogène.» Auparavant, les deux partis avaient des membres issus de l’immigration ou de milieux plus modestes qui pouvaient s’identifier au centre. La grande période du consensus, ajoute William Galston, débuta au début des années 1950 et se termina à la moitié des années 1960. «Durant la Guerre froide, les deux partis approuvaient le combat contre le communisme. Le président républicain Dwight Eisenhower intégra dans sa politique des éléments du New Deal de Franklin Roosevelt. C’est ce qu’on appela le républicanisme moderne.»

Le problème démocrate

L’impossibilité actuelle de la Maison-Blanche d’établir des ponts avec l’opposition a été favorisée par les circonstances. L’administration de Barack Obama a dû répondre à l’urgence pour sauver le système financier, des constructeurs automobiles et pour relancer l’économie. Les républicains ont eu beau jeu d’accuser le président de vouloir faire enfler le gouvernement de façon démesurée et de rejeter toute collaboration. L’approche coopérative d’Obama fut peut-être une tactique: «Le président a montré une ouverture et laissé apparaître les républicains comme des saboteurs», analyse David Sylvan.

Mercredi, Barack Obama pourrait annoncer son désir de faire aboutir la réforme de la santé même sans l’appui de républicains. Ce ne serait pas la première réforme majeure passée au forceps. Le Social Security Act (sécurité sociale) fut adopté dans les années 1930 sans la moindre voix républicaine. Quant au récent plan de relance américain, seuls trois républicains y souscrivent. Le vrai défi du président, c’est cependant son propre parti, pourtant au pouvoir et majoritaire au Congrès. Uni dans l’opposition à Bush, le Parti démocrate laisse désormais apparaître ses divisions. La gauche du parti vient d’écrire au président qu’elle ne voterait pas un projet de réforme sans l’option d’assurance maladie publique. Un acte inédit. «Cela rappelle, souligne David Sylvan, Lyndon Johnson en 1967-68, quand il fut fortement contesté par la gauche du parti en raison de la guerre du Vietnam.» Mais, conclut William Galston, il y a trop de gens à la Maison-Blanche et au Congrès qui savent quelles seraient les conséquences d’un échec de la réforme de la santé: «Il aurait un coût absolument prohibitif.»

 

Source LeTemps.ch

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