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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 12:04
obama-10022009.jpg Le nouvel impôt que Barack Obama, le président américain, entend imposer aux banques américaines a le mérite d'être explicite. Il se nomme "Financial Crisis Responsability Fee", littéralement une redevance pour leur responsabilité dans la crise financière que les Etats-Unis ont connue de 2007 à 2009.

Au total, cet impôt devrait rapporter 117 milliards de dollars (81,2 milliards d'euros) au Trésor américain "en dix ans, ou plus si nécessaire", selon le communiqué de la Maison Blanche diffusé jeudi 14 janvier. Ce montant correspond au montant maximal des pertes envisagées par le Trésor sur le plan de renflouement bancaire, à hauteur de 700 milliards de dollars, dit TARP (Troubled Asset Relief Program), mis en place à l'automne 2008 et aménagé en février 2009 par l'administration Obama.

Initialement, le TARP prévoyait, pour résorber son impact sur la dette publique, qu'un plan de recouvrement des pertes qu'il générerait pour l'Etat fédéral serait mis au point par le Trésor avant la fin 2013. Constatant le retour spectaculaire à la rentabilité des grandes sociétés financières, M. Obama a décidé de mettre en place cet impôt avec trois ans d'avance. Jeudi, il s'est dit "déterminé à récupérer chaque centime dû au peuple américain". Il a ajouté que cette ambition était "décuplée" lorsqu'il constatait les "énormes profits""doivent leur survie au peuple américain". réalisés aujourd'hui par ceux qui, sauvés de l'effondrement par l'intervention de l'Etat, A la veille du versement des primes annuelles aux cadres des grands établissements financiers - qu'il a qualifiées de "bonus obscènes" -, le président a déclaré : "Si ces entreprises ont une santé assez bonne pour verser des primes aussi massives, leur santé l'est certainement assez pour leur permettre de rembourser les contribuables jusqu'au dernier sou."

Le paiement de cette redevance annuelle entrera en vigueur le 30 juin. Une cinquantaine de grandes banques y seront soumises. "De fait, indique le communiqué officiel, 60 % de sa recette seront probablement payés par les 10 plus grandes institutions financières" (étrangères incluses). En réalité, la "ponction" sera plus préjudiciable à certaines.

Ainsi la contribution demandée aux ex-banques d'affaires telles Goldman Sachs ou Morgan Stanley sera très supérieure à celle imposée aux grands établissements de dépôts, tels JP Morgan Chase ou Bank of America. Explication : l'impôt sera proportionnel au ratio d'endettement des établissements. Même s'ils ont aussi de vastes activités d'investissement et de spéculation, ceux qui sont adossés à un volume imposant de dépôts seront ainsi avantagés par rapport à ceux qui, comme Goldman Sachs, ne le sont pas.

Le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, a explicitement indiqué qu'en agissant de la sorte, les autorités américaines entendent pénaliser ceux qui favorisent le risque à outrance et, a contrario, avantager ceux qui promeuvent la "sécurité" des opérations financières. Cette philosophie déclenche déjà des réactions outrées. Certains milieux bancaires rappellent ainsi que la crise a débuté par l'effondrement de grandes sociétés de crédit, telles Countrywide et Washington Mutual (WaMu), et non des banques d'affaires.

Et que ces dernières ont proportionnellement payé un tribut déjà très lourd à la crise, trois sur cinq (Bear Stearns, Lehman Brothers et Merrill Lynch) ayant disparu. Cette annonce s'inscrit aussi dans la grande bataille sur la régulation financière dont les prolégomènes sont en place. Au Sénat comme à la Chambre, les premiers travaux augurent de débats aussi engagés que ceux menés sur la loi santé.

Déjà, des lobbies financiers et le Parti républicain consacrent leurs efforts à délégitimer M. Geithner, qu'ils soupçonnent d'avoir indûment favorisé l'assureur AIG lorsqu'il était encore président de la Réserve fédérale de New York, et à ce titre chargé de superviser les marchés financiers.

487038437-2ec702ab22-dsk.jpg Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn s'est "réjoui (de cet) excellent signal envoyé par les Etats-Unis au reste du monde".

De son côté, à Paris, on rase gratis: une taxe sur les bonus qui n’a d’ « exceptionnelle » que le nom a été fièrement annoncée par Christine Lagarde . Pour les bonus des 2.500 traders parisiens, les banques devront verser 360 millions d’euros, en vertu de la taxe de 50% sur les bonus 2009. Mais d’abord la taxe est limitée à l’année 2010, ce qui ne constitue pas un réel danger pour les banques. Et second problème : les banques ont choisi d’augmenter les salaires fixes de leurs traders et de réduire la part immédiate de leur bonus.

D'après source Le Monde & Street Press
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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 10:10
dsk1.jpg Il y a un an la situation économique était des plus sombres: une forte récession mondiale, une destruction d’envergure des richesses, le déclin du commerce et de l’emploi. Mais un désastre de la dimension de la Grande dépression a été évité grâce à une coordination sans précédent de leur politique économique par de nombreux pays à travers la planète.

Espérons qu’à titre d’héritage de la crise, cette coopération sera pérennisée. L’économie mondiale est maintenant sur la voie de la reprise, même si elle est inégale, et la situation financière est nettement meilleure. Néanmoins, des nuages lourds d’incertitude sont toujours là et il reste encore beaucoup à faire.

La création d’un système financier mondial solide, stable et sûr commence à peine. Par ailleurs la reprise n’est pas générale, le chômage est encore très souvent à la hausse, on ne s’est pas encore attaqué au déséquilibre de l’épargne au niveau mondial et les pays pauvres restent vulnérables. Ces problèmes sont lourds de conséquence pour la stabilité et la paix. Rappelons-nous que la stabilité économique constitue la base de la paix, elle-même une précondition nécessaire au commerce et à une croissance durable. Où nous situons-nous dans les annales des crises économiques? En termes de réformes, nous nous trouvons à un point critique où l’on peut reformer fondamentalement le système - ceci notamment parce que notre mémoire collective est suffisamment fraîche pour que nous ayons la volonté politique nécessaire. Ne laissons pas passer cette occasion!

Que faut-il faire? Il faut réformer la gouvernance économique mondiale, y compris le FMI, de manière à ce qu’elle reflète les réalités de notre époque, et renforcer la réglementation et la surveillance du secteur financier. Des progrès ont été accomplis dans ces deux directions. Il nous faut conserver l’élan ainsi acquis pour 2010 et au-delà. Plus spécifiquement, quelles sont en 2010 les priorités en matière de gouvernance pour les responsables politiques? A l’automne dernier, les pays membres du FMI ont avalisé les propositions du G20 et demandé à ce qu’en 2010 le Fonds se réforme dans quatre secteurs clefs (les «Décisions d’Istanbul»): son mandat, son rôle financier, sa gouvernance et la surveillance multilatérale.

- Nous devons tout d’abord réévaluer le mandat originel du FMI tel qu’il figure dans ses statuts et la manière dont il a été appliqué ces dernières années – ceci à la lumière de l’ensemble des mesures de nature économique et financière qui affectent actuellement la stabilité mondiale. Si l’objectif général de soutien à la stabilité financière et à une croissance durable au niveau mondial reste pertinent, l’intensification des flux de capitaux, les interdépendances dans le secteur financier, la détention d’avoirs transfrontaliers et la nature de la crise soulignent la nécessité de reconsidérer le mandat du FMI et sa mise en œuvre.

- Après la question du mandat nous devons travailler en collaboration étroite avec les pays membres pour déterminer quel est le rôle optimal du FMI en matière financière. Nombre de pays ont constitué d’importantes réserves en devises étrangères, en partie à titre d’assurance contre des événements extérieurs. Mais cette forme d’auto-assurance complique la gestion des taux de change et la politique monétaire, elle constitue une mauvaise allocation des capitaux sur le plan intérieur et au niveau international et pourrait aboutir à de grandes crises financières.

Au titre du réexamen des prêts accordés par le FMI, nous avons introduit la Ligne de crédit modulable (LCM), un instrument d’assurance préventif pour les pays membres dont les politiques sont solides. Trois pays (le Mexique, la Pologne et la Colombie) y ont eu recours, mais il faudra sans doute innover à une plus grande échelle.

- A Istanbul, le Conseil des gouverneurs du FMI a avalisé le grand pas en avant accompli en matière de gouvernance décidé par le G20: le transfert avant fin janvier 2011 d’au moins 5% des quotes-parts des pays sur-représentés vers les marchés émergents et les pays en développement dynamiques. Cette réforme est une étape importante dans la démocratisation du FMI, car il donne plus de crédibilité au pouvoir de décision de ces pays quant à la gestion, aux opérations stratégiques et aux aspirations du FMI.
Réciproquement, une plus grande légitimité donnera plus d’efficacité au FMI pour promouvoir la croissance et la stabilité économique de tous ses pays membres. Ces derniers doivent pousser à ratifier cette décision de 2008 quant au transfert des quotes-parts et à leur réexamen prévu pour 2010.

- Le Conseil des gouverneurs du FMI a donné son accord à la proposition du G20 demandant à ce que le Fonds l’aide dans l’examen des politiques économiques de ses pays membres les uns par les autres. Le FMI a une expérience considérable en matière d’examen des projets de politique économique par des pairs, mais ses recommandations n’ont pas toujours été suivies d’effet. Avec le transfert des quotes-parts déjà mentionné et l’évaluation mutuelle de leurs politiques par les membres du G20, les recommandations du FMI devraient avoir davantage de poids. Les responsables politiques doivent respecter leur engagement quant au processus d’examen mutuel.

- Enfin, en ce qui concerne la réglementation et la surveillance du secteur financier, les gouvernements doivent poursuivre la réforme de la réglementation microprudentielle (entités individuelles) et macroprudentielle (à un niveau global et national systémique). Le FMI travaille avec le Conseil de stabilité financière et d’autres organisations pour développer de nouveaux principes et de nouvelles directives sur les capitaux, les liquidités, l’effet de levier, l’interconnectabilité, les grandes institutions d’importance systémique, le «périmètre» de la réglementation et la nature pro-cyclique des règles. La difficulté en ce domaine sera de ne pas se laisser aller à l’autosatisfaction, tout en ne surchargeant pas le système par une réglementation excessive.

Les dirigeants politiques ont beaucoup à faire, mais ce qu’ils ont déjà accompli est impressionnant. S’ils continuent à travailler ensemble pour faire face aux défis communs dans un esprit de coopération, ils ont toutes les chances de réussir.

Dominique STRAUSS-KAHN

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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 14:41
papandreou.jpg Le Fonds monétaire international (FMI) a envoyé une équipe de spécialistes au chevet de la Grèce, a confirmé ce mardi l'organisation internationale qui évoque pour l'heure une mission de surveillance classique de l'un de ses pays-membre, qui doit engager des réformes drastiques pour rééquilibrer ses finances mises à mal par la crise et un laisser-aller budgétaire excessif.

Le gotha des organisations internationales s'est donné rendez-vous à Athènes en ce début 2010. Après la Commission et la Banque centrale européenne, c'est au tour du Fonds monétaire international de poser ses valises dans la capitale grecque, dans le cadre d'une mission d'assistance au gouvernement. Le pays est confronté à une situation budgétaire catastrophique suscitant la méfiance des partenaires du pays et multipliant les rumeurs de possible faillite de l'Etat.

Dominique Strauss-Kahn, le directeur du FMI a mandaté une équipe pour soutenir le gouvernement Papandreou dans ses efforts "de réforme des retraites, de politique et de gestion fiscales et de gestion budgétaire", a confirmé hier soir l'organisation.

L'exécutif grec doit présenter d'ici la fin du mois son plan pour sortir le pays de l'ornière et convaincre la Commission Européenne de sa bonne volonté, afin d'éviter les sanctions liées au non-respect du pacte de stabilité. George Papandreou avait affirmé récemment viser un retour dans les limites imposées par le pacte, un déficit inférieur à 3% du PIB, à l'horizon 2012, alors que le pays affichait -7,7% en 2008 après -3,7% en 2007 et -2,9% en 2006, la seule année durant laquelle la Grèce avait respecté les quotas européens. Le déficit public devrait atteindre 12,7% du PIB cette année.

L'intervention du FMI s'apparente à un soutien davantage logistique que financier. Il apparaît en effet difficile, du moins inédit, que le Fonds apporte des fonds à un Etat qui fait partie de la Zone Euro. Les autorités européennes ont cependant émis des opinions divergentes sur l'éventualité d'une aide communautaire, alors que le FMI avait dès décembre évoqué la possibilité d'un soutien financier, jugeant que le pays aurait des difficultés à sortir seul de sa situation actuelle. Le gouvernement Papandreou avait pour sa part martelé la semaine dernière que la Grèce ne ferait pas défaut et que ses efforts d'austérité seraient payants. Les trois grandes agences de notation, Standard & Poor's, Moody's et Fitch, ont dégradé la notation souveraine du pays en décembre pour prendre acte de ses difficultés budgétaires.

 

Source JDD

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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 15:46

oba.jpg Toujours plus pénétré, toujours plus prof, infiniment précis dans son expression et à mille lieux de toute démagogie, Barack Obama était, hier, soir, l’exact contraire de ce qu’est, aujourd’hui, un dirigeant politique.

A fortiori aux Etats-Unis, le président d’un grand pays est aujourd’hui supposé réagir dans l’heure à tout événement susceptible de marquer l’opinion mais ce n’est que plus de deux semaines après la tentative d’attentat contre le vol Amsterdam Detroit qu’il en tirait les conclusions dans une déclaration diffusée en direct par les télévisions. Dans un pays démocratique au moins, lorsque le temps médiatique définit le temps politique et que toute question appelle réponse immédiate, un chef d’Etat contemporain est supposé apporter une réponse miracle et définitive à tout nouveau problème, sortir une solution de son chapeau, mais qu’a dit, hier, Barack Obama ?

Au lieu de limoger quelques responsables des services secrets, de nommer un M. Sécurité aérienne ou d’annoncer un projet de loi, au lieu de prendre des mesures qui auraient pu faire illusion mais n’auraient rien résolu, au lieu de faire de la « com », comme on dit, il s’est adressé, fidèle à sa règle, à l’intelligence de ses compatriotes. Il a détaillé les erreurs et négligences – manque de coordination, d’attention et de rapidité – qui avaient permis de laisser monter dans cet avion un homme pourtant archi suspect et dont le nom était signalé. Il a déclaré être « moins intéressé par les reproches que d’apprendre de ces erreurs et de les corriger », rappelé qu’il était « responsable quand le système échouait », dit qu’il n’existait pas de « solution miracle » à la menace terroriste et réaffirmé que, dans cette « guerre » avec al Qaëda, ce n’était pas cette « petite bande d’hommes qui veulent tuer des innocents mais nous (les Américains) qui définissons le comportement de notre pays ».

Barack Obama a dit, en un mot, que les Etats-Unis ne devaient pas réagir mais agir, ne pas se laisser dicter leur agenda par Oussama ben Laden, faire de la politique, dans la durée, sur le fond, et non pas du coup par coup, dicté par la peur et l’émotion, mais a-t-il convaincu, demandera-t-on ?

La certitude est, qu’à faire le contraire, il aurait menti. La certitude est que la démocratie se porterait mieux si les électeurs étaient traités en citoyens et non pas en consommateurs mais, au-delà de ces évidences fondamentales, tentons un premier bilan de Barack Obama.

Il devrait avoir bientôt doté tous les Américains d’une couverture médicale, réussi là où tous ses prédécesseurs avaient échoué. Depuis son adresse du Caire au monde musulman, il est devenu nettement plus difficile aux illuminés de l’islamisme de faire des Etats-Unis des ennemis naturels de l’Islam. Sans cette adresse, les Iraniens seraient sans doute aujourd’hui moins nombreux à dénoncer leur régime. Sans l’exigence de ce président, les militaires américains auraient probablement été moins enclins à dire des choses intelligentes et courageuses sur la manière de mener la guerre en Afghanistan et, sans lui, les choses bougeraient moins sur le front israélo-palestinien, puisqu’elles y bougent et que cela pourrait se confirmer sous deux semaines.

 

Source France Inter la chronique de Bernard GUETTA

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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 14:23

obama-nobel-2.jpg Ce n'est qu'un discours, direz-vous. Sans doute, mais les grands orateurs font faire de grandes choses à leur peuple. Et les discours sont grands quand ils portent au-delà des mots.

Celui qu'Obama prononça ce mardi à Oslo en recevant son Prix Nobel de la Paix, fait partie de ses grands moments, comme Sénateur, comme candidat, comme Président. Il est de la veine de son discours de la Convention de 2004 qui fit de lui une révélation. Il est du même registre que celui prononcé à Philadelphie sur le problème racial après la controverse née des propos du Pasteur Wright, qui fit de lui un homme courageux. Il est de la trempe de celui du Caire où il sut reconnaître la grandeur de l'Islam là où les Bush/Cheney n'avaient vu que des ennemis, et qui fit de lui un Président éclairé.

Celui d'Oslo était celui d'un homme sage et modeste, qui a su intelligemment d'emblée reconnaître que son prix Nobel de la Paix pouvait lui être justement contesté: "Compared to some of the giants of history who have received this prize -- Schweitzer and King; Marshall and Mandela -- my accomplishments are slight" "A côté des géants de l'histoire qui ont reçu ce prix, Schweitzer et King, Marshall et Mandela, mes réussites sont minces". 

La deuxième qualité de ce discours fut son honnêteté. Il admet qu'un Président peut être inspiré par Gandhi ou Luther King, mais affirme qu'il ne peut pas être entravé dans son action uniquement par des paroles de non-violence. "[As] a head of state sworn to protect and defend my nation, I cannot be guided by their examples alone. I face the world as it is". "En tant que Président qui a juré de protéger et défendre son pays, je ne peux pas", dit-il, " être guidé par ces seuls exemples. Je dois faire face au monde tel qu'il est". Et de fait, pour un Président qui conduit deux guerres de front (comme il l'a dit) et vient même de renforcer son effort sur la deuxième (comme il n'a pas dit), il ne pouvait guère mieux reconnaître le paradoxe.

obama nobel L'accueil fut enthousiaste à Oslo et aux Etats-Unis où beaucoup de monde a considéré qu'il avait été à la hauteur de l'honneur qui lui était fait.

Cet homme a muri - il n'est que de voir ses tempes devenues beaucoup plus grises en un an. Cet homme a un poids énorme sur les épaules. Et pourtant cet homme, alors que face à la caméra il tenait son Prix Nobel à bout de bras pour les photographes, avait l'air ému et le sourire heureux d'un étudiant aux anges qui vient de recevoir son beau diplôme devant sa famille rassemblée ...

 

Anne SINCLAIR

Source annesinclair.typepad.fr

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 10:44

Le Fonds monétaire international (FMI) entend continuer d'apporter sa contribution au renforcement de la reprise de l'économie mondiale qui s'amorce et à l'émergence d'une économie mondiale plus robuste par le biais de ses conseils de politique économique et en faisant valoir les objectifs de réforme inscrits dans les quatre décisions d'Istanbul : le mandat du FMI; son rôle financier; la surveillance multilatérale et la gouvernance. Le programme de travail soumis à l'examen du Conseil d'administration et dont les principaux volets sont exposés ci-après, vise précisément à atteindre ces objectifs.


«Si le FMI a pu faire face à la crise par une série de dispositions novatrices, son mandat formel ne donne pas nécessairement toute la mesure de ce qui est désormais attendu d'un organe chargé de promouvoir efficacement la stabilité macro-financière» a déclaré Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, devant le Conseil d'administration, lors de l'examen du programme de travail. «Ce programme de travail est ambitieux mais réalisable et, en tout état de cause, nécessaire. La capacité du FMI à s'acquitter de la mission exigeante qui lui a été confiée est essentielle pour continuer d'aider les pays à surmonter la crise et cet élan doit être maintenu».


L'ÉCONOMIE MONDIALE APRÈS LA CRISE


Stratégies de sortie

Les États membres du FMI se sont engagés à maintenir la volonté politique d'appui à leurs économies jusqu'à ce que la reprise se soit bien ancrée, et à agir de façon concertée sur la communication et la mise en oeuvre des stratégies de sortie de crise. Pour aider les États membres à atteindre cet objectif, le FMI procède à un examen approfondi de ces stratégies, y compris le dénouement des politiques budgétaires, monétaires et financières d'accompagnement mises en oeuvre jusqu'à présent. Ce travail fera intervenir des considérations pratiques qui présenteront des difficultés et exigeront des arbitrages au moment où les pays devront procéder au démantèlement de leurs programmes de crise, redéfinir leurs modèles de croissance classiques et redessiner leurs panoplies d'instruments afin de promouvoir une plus grande stabilité macro-financière.


ARCHITECTURE MONDIALE


Renforcer le système monétaire international

À l'issue du réexamen de son mandat, le FMI présentera un schéma général des exigences que lui impose le monde d'aujourd'hui, en matière de surveillance, de prêts et de fonctionnement du système monétaire international. Ce travail portera notamment sur une analyse du volume adéquat de ressources dont le FMI doit disposer et leur répartition entre quotes-parts et ressources empruntées. Il aboutira aussi à l'examen du rôle du FMI en tant qu'institution de financement et à une réflexion sur le réglage fin de ses mécanismes pour en faire des instruments de substitution crédibles à l'auto-assurance et à l'accumulation excessive de réserves. Cette réflexion permettra de déterminer comment mettre en valeur des mécanismes tels que les lignes de crédit modulables et les accords de précaution à accès élevé, pour mieux aider les pays à faire face à la volatilité financière tout en maintenant un dispositif de sauvegarde adéquat. Le Conseil se penchera aussi sur les facteurs d'instabilité dans le système monétaire international et sur les possibilités de diversification de l'offre d'avoirs de réserve. Les travaux du Conseil porteront également sur une nouvelle approche des modalités de surveillance économique.


Améliorer davantage les conseils de politique fournis par le FMI

La demande visant à ce que le FMI participe à la mise en oeuvre du Cadre de croissance forte, durable et équilibrée du G-20 permet un renforcement significatif de la surveillance du FMI sur les économies d'importance systémique. Le Conseil d'administration examinera ce cadre et les procédures qui sous-tendront le rôle du FMI dans les évaluations mutuelles du G-20. Le FMI continuera par ailleurs l'analyse des enjeux thématiques de portée mondiale, notamment les politiques mises en oeuvre par les pays où le secteur financier a un poids très important par rapport à l'ensemble de l'économie, et la façon dont les marchés émergents font face à la crise.


Quotes-parts et réformes de la gouvernance

Le Comité monétaire et financier international a demandé au Conseil d'administration de respecter la date d'achèvement de la révision des quotes-parts prévue pour janvier 2011, avec pour objectif d'opérer un transfert d'au moins 5 % des quotes-parts des pays surreprésentés vers les pays sous-représentés, au profit des économies émergentes dynamiques et des pays à faible revenu, en prenant la formule actuelle de calcul des quotes-parts comme base de travail tout en protégeant les droits de vote des pays les plus pauvres.

Le FMI poursuivra en outre la réflexion sur la réforme de sa gouvernance, notamment en établissant une procédure ouverte et transparente de sélection des membres de la direction du FMI. Le Doyen du Conseil d'administration a formé à cet effet un groupe de travail d'administrateurs qu'il préside.


Aide aux pays à faible revenu

Le FMI progresse vers l'application intégrale du nouveaux schéma de recettes, incluant la vente d'une partie de ses réserves d'or et la recherche de contributions aux ressources destinées à l'octroi de prêts et de bonifications en vue du doublement convenu de la capacité de prêts concessionnels du FMI.

Afin de mieux répondre aux besoins de ses États membres les plus vulnérables, face aux séquelles de la crise, le FMI étudiera les dispositions d'après-crise à adapter le cas échéant dans certains pays à faible revenu, afin de préserver la viabilité de la dette tout en soutenant la croissance et en entretenant la stabilité macro-financière.

«Ce programme de travail n'est ni moins ambitieux, ni moins exigeant que celui que nous venons de mener à bien mais je reste persuadé que nous pouvons en relever le défi», a ajouté Dominique Strauss-Kahn.

 

Source News Press

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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 22:11
Le Fonds monétaire international (FMI) a affirmé, par la voix de son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, passer en revue les différentes "stratégies de sortie de crise" pour soutenir les pays pendant leur reprise.

Le Fonds monétaire international (FMI) vient d'annoncer qu'il se préparait aux défis de l'après-crise afin de "soutenir la reprise planétaire naissante" et de construire une économie mondiale "plus forte".
   
Le Fonds a fait cette annonce en publiant le programme de travail de son Conseil d'administration pour les mois à venir, qui est articulé autour des quatre grandes questions définies lors de son assemblée générale à Istanbul début octobre: "le mandat du Fonds, son rôle de financement, la surveillance multilatérale et la bonne gouvernance de l'économie".
   
"Ce programme de travail est ambitieux et réalisable, dans tous les cas nécessaire", selon le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, cité par le communiqué.
   
Rappelant que ses Etats membres se sont engagés à maintenir leur mesures de relance jusqu'à ce qu'une reprise durable se soit installée, le FMI indique avoir commencé à passer en revue les différentes "stratégies de sortie de crise" possibles afin de les aider à atteindre cet objectif.
   
En ce qui concerne le nouveau visage de l'économie mondiale que le Fonds appelle de ses voeux, l'organisation multilatérale indique que son travail tend vers quatre objectifs : le renforcement du système monétaire international, celui de la surveillance du Fonds sur ses membres les plus importants pour l'équilibre du système, la réforme du FMI (réforme des droits de vote et de son fonctionnement) et le renforcement du soutien aux pays les plus pauvres.

Source AFP
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 13:52
Si Abu Dhabi vole au secours du petit émirat bling-bling au bord de la faillite, est-ce que l'Europe, en l'occurence Paris et Berlin, voleraient au secours d'Athènes?

Qui n'est pas allé à Dubai n'a rien vu. Son aéroport, sa piste de ski en plein désert, ses tours géantes.... Ceux qui ont déambulé dans les allées XXL des gitantesques shoppings centers de Dubai il y a quelques mois sont les mêmes qui apprennent aujourd'hui que le petit émirat bling bling, incapable d'honorer une échéance de 3,5 milliards de dollars arrivant à échéance mi-décembre, est peut-être en train de provoquer une onde de choc sur toute la planète financière.  

Alors, clignotant orange sanguine ou un signal d'alerte rouge?

Les optimistes penchent déjà pour la première explication faisant valoir que Dubai ne récolte aujourd'hui que la tempête qu'il s'était appliquée à provoquer. L'émirat est un cas à part dans la région. Sans ressources pétrolières ni gazières, il s'est lancé dans une frénésie immobilière et de grands projets à tout va en les finançant par des effets d'endettement inimaginables. La dette globale de Dubai se chiffre à 80 milliards de dollars dont 70 milliards supportés par les entreprises publiques, dont encore 59 milliards portés par le seul promoteur public Dubai World par qui le scandale arrive. La crise du crédit a fini par faire s'effondrer l'édifice.

Les mêmes pensent encore que Dubai va avoir très chaud mais ne devrait pas faire faillite. Le chef de famille, Abu Dhabi, son cousin richissime, assis sur la rente pétrolière, ne laissera pas l'enfant terrible s'écrouler. Quitte à le laisser un temps supporter la leçon de ses excès. Abu Dhabi a déjà prété en urgence 10 milliards de dollars au printemps dernier à Dubai. Il volera à son secours en cas de besoin mais en marchandant cette fois ce sauvetage contre quelques uns des  joyaux de Dubai, sa compagnie aérienne Emirates ou encore son gestionnaire de ports DP World.

Voilà pour les optimistes. Face à eux, les esprits plus chagrins diront qu'on se trompe de sujet. Que Dubai soit sauvé n'empêchera pas qu'une nouvelle onde de défiance se soit d'ores et déja propagée à toute la planète. Laquelle ouvre les yeux sur mille questions qu'elles cherchait pour l'instant à ignorer. Quid de l'exposition des grandes banques internationales sur Dubaï mais aussi sur les autres champions de la croissance «dopée» à coup de dette qui pourraient connaître le même sort. Quid de la stabilité des grands fonds souverains des monarchies du Proche Orient et d'Asie qui ont massivement investi dans les grandes entreprises occidentales?

Mais surtout,  le cas Dubai en dit très long sur l'état d'extrême fragilité de toute la construction financière mondiale aujourd'hui à la merci d'un simple battement d'ailes de papillon dans un coin de la planète qui peut déclencher la tornade à l'autre bout du monde.

Pour face à la crise, sauver leurs banques, soutenir leur industrie et financer la relance, les Etats ont gonflé depuis douze mois d'une façon exponentielle leur dette publique qui dans bien des cas n'est pas loin de représenter 100% voire plus de la richesse qu'ils produisent par an. A l'heure où le débat se recentre sur l'équation sortie de récession, croissance anémique, envolée des déficits, du chômage et de la dette publique, l'affaire de Dubai tombe mal. Parce qu'elle ne peut que pousser encore un peu plus les marchés financiers, qui sont aujourd'hui le principal carburant des plans de relance, à tester la résistance des maillons faibles, ces pays considérés comme les moins capables de rembourser leur dette.

Consciemment ou inconsciemment, tout le monde a déjà tourné son regard sur la Grèce que certains n'hésitent pas, depuis quelques jours à ranger, dans le clan des pays qui ne pourront pas éviter la banqueroute.  Les finances publiques du pays affichent la situation la plus détériorée de la zone euro avec un déficit budgétaire représentant 12% d'un PIB qui va reculer de plus de 1% cette année.  
Dans le cas de figure de Dubai, son grand voisin aux poches pleines, Abu Dhabi, a les ressources pour voler à la rescousse. Moyennant contreparties. Dans le cas de la Grèce, si jamais elle venait à faire défaut la question serait cette fois posée à l'Union Européenne, dont la Grèce fait partie. Une situation totalement inédite pour les Européens et leur monnaie d'un de ses pays membres faisant faillite.  
Au même titre que le grand frère Abu Dhabi finira par faire son devoir,  Berlin et Paris, le couple parent de la construction européenne, voleront-ils au secours d'Athènes?

Il y a un an, c'était la petite Islande qui faisait banqueroute après avoir jonglé avec les milliards du monde entier. Aujourd'hui, c'est Dubai et ses îles en forme de palmier qui a le genou à terre. Demain l'isthme de Corinthe?


Source Slate.fr
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 14:17
Socialisme & Démocratie 32 vous propose l'interview accordée au Figaro par Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI de passage à Paris.

La crise financière est « à peu près maîtrisée », même si les banques sont encore très loin d'avoir complètement nettoyé leurs bilans. L'économie mondiale commence à voir le bout du tunnel, mais ce n'est qu'à l'été 2010 que le chômage commencera à refluer aux États-Unis et en Europe. Dominique Strauss-Kahn a répondu aux questions du Figaro.

LE FIGARO. - La reprise mondiale est-elle solide ?

Dominique STRAUSS-KAHN. En Asie, elle est là. Ailleurs, elle se profile seulement - selon le FMI, elle viendra au premier semestre 2010. Mais la reprise est fragile. Quel est le risque aujourd'hui ? Que l'on ne continue pas à mettre en œuvre les politiques qu'il faut pour assurer la pérennité de la reprise. Nous ne croyons pas à une rechute, ce que l'on appelle un scénario de « W », mais nous ne pouvons pas complètement l'exclure. Il faut donc maintenir les soutiens publics, car la demande privée reste faible et le chômage va continuer à augmenter encore assez longtemps. On peut aujourd'hui considérer que la crise financière est à peu près maîtrisée. Elle a dégénéré en crise économique, dont on commence à voir le bout du tunnel. Mais la crise sociale reste très forte, principalement dans les pays avancés. C'est ma préoccupation majeure. Au delà, c'est notre modèle de croissance lui-même qu'il faut repenser.

Faudrait-il remuscler les plans de relance ?

Non, mais la question se pose aux États-Unis. Le risque est que dans certains pays on n'estime plus nécessaire de réaliser les programmes de relance prévus pour 2010, ce qui augmenterait la probabilité d'une rechute. En même temps, il faut préparer les plans de sortie de crise, annoncer comment on va revenir à des situations budgétaires plus soutenables, tout le monde a besoin de le savoir, et en même temps il ne faut pas les mettre en œuvre trop tôt. C'est une contradiction apparente qu'il faut gérer habilement.

Les dettes publiques atteignent des niveaux inquiétants. Peut-on les laisser dériver ?

Nous étions face à un incendie. Le FMI a été le premier à sonner le tocsin. On a sorti les grosses lances à incendie la coopération monétaire, bancaire et budgétaire. On a ainsi évité une crise comme celle de 1929 et on a éteint le feu. Mais, maintenant, il y a de l'eau partout. Il faudra du temps pour l'éponger et revenir à des niveaux raisonnables. Mais il faudra le faire.

Comment se sortir des déficits et de la dette ? Par l'impôt ?

Quand la reprise sera assurée, la stratégie budgétaire devra alors devenir la priorité. Le problème de la dette n'est pas le même pour tout le monde. Il dépend du niveau d'endettement avant la crise, de la démographie et, évidemment, du potentiel de croissance.

Le rendement de ces plans de relance n'est-il pas décevant ?

Au contraire ! Selon nos calculs, une dépense publique de 100 milliards aura entraîné une croissance de 100 milliards on dit que « l'effet multiplicateur » est, grosso modo, de un. C'est un bon rendement. Rendez-vous compte : certains pays auront été confrontés à des reculs de 10 à 15 % du PIB cette année. On a évité un effondrement généralisé.

N'a-t-on pas une déperdition quand les gens épargnent l'argent public au lieu de le dépenser ?

Effectivement. Le taux d'épargne américain est remonté à 6 % ; selon certains experts, l'objectif est de le faire remonter à 8 %. C'est salutaire à moyen terme, car cela contribue à réduire les déséquilibres mondiaux. Mais c'est un problème à court terme, car ce qui n'est pas consommé ralentit d'autant la reprise.

Ce qui a redémarré sur les chapeaux de roues, c'est la spéculation, notamment sur les matières premières…

Voilà pourquoi il faut revoir notre modèle de croissance, sinon chaque fois que la croissance repartira les tensions sur les matières premières et le pétrole referont surface. Le problème le plus important pour les pays émergents est l'abondance de liquidités mises en place pour lutter contre la crise. Ces flux de capitaux se déversent en masse dans certains pays émergents, comme le Brésil ou l'Indonésie. Je comprends que ces pays pensent à mettre en place des mesures pour empêcher que leur taux de change ne s'apprécie trop - y compris parfois des contrôles de capitaux.

On a l'impression que la coopération internationale s'est arrêtée sur les taux de change…

La coopération a porté sur les politiques monétaires des banques centrales, les soutiens aux banques et les instruments budgétaires. C'est la première fois que tous les grands pays du monde décident de la même politique, et c'est très positif. Pour les taux de change, c'est plus compliqué. L'élément le plus discuté concerne la valeur certaines monnaies asiatiques, y compris la monnaie chinoise. Une appréciation du yuan serait cohérente avec la stratégie de relance de leur demande intérieure que les autorités chinoises ont choisie.

S'acheminent-ils vers une simple réévaluation du yuan ou Pékin acceptera-t-il de le laisser flotter ?

Un jour ou l'autre viendra où l'importance de l'économie chinoise conduira le yuan à flotter. Mais aujourd'hui les Chinois veulent maîtriser la façon dont il s'appréciera. Cela prendra du temps, même s'il n'est pas inconcevable qu'il y ait un premier mouvement plus rapidement.

N'y a-t-il pas une complicité entre la Chine et les États-Unis qui forment de facto une zone monétaire commune ?

Oui et non. Cela n'arrange pas les exportateurs américains que le yuan soit sous-évalué, ce qui est le cas. Par ailleurs, un effondrement du dollar n'arrangerait pas les Chinois détenteurs d'énormes quantités de billets verts. Ce n'est donc pas une question de complicité : avec la mondialisation, tout le monde se tient par la barbichette ! Faisons en sorte que ce soit pour le meilleur.

Vue d'Europe, la situation des changes n'est-elle pas pire ? l'Europe a la reprise la plus faible et la monnaie la plus chère…

Ce sont en tout cas les Européens qui se plaignent le plus de la valeur de leur monnaie. Le FMI considère également que l'euro est sans doute un peu fort, mais il est très difficile de déterminer de façon incontestable la valeur d'équilibre des devises. Les Européens doivent cependant mieux affirmer leur stratégie économique s'ils ne veulent pas laisser le couple sino-américain dominer le débat mondial des vingt prochaines années.

Que peut faire l'Europe pour exister face au couple sino-américain ?

Pour être une puissance économique, aujourd'hui, il faut deux atouts : un effet de nombre c'est ce qui fait la force de la Chine - et une avance technologique - qui donne un avantage comparatif aux États-Unis. L'Europe élargie a une population importante, avec 500 millions d'habitants, mais sur le plan technologique les choses n'ont pas suffisamment avancé depuis qu'on a lancé la stratégie de Lisbonne en 2002. Et je constate que le débat technologique, aujourd'hui focalisé notamment sur l'énergie, est beaucoup plus vif aux États-Unis qu'en Europe.

En promettant des taux zéro pendant longtemps, la Fed n'encourage-t-elle pas une forme de spéculation à partir du dollar ?

L'objectif de Ben Bernanke est de faciliter la reprise américaine. Il a raison. Sa stratégie monétaire est la bonne. Mais toute solution a ses inconvénients. Le carry trade, c'est-à-dire la spéculation sur les différences de taux d'intérêt, est une source d'instabilité pour les pays émergents, car leurs monnaies se trouvent appréciées. Mais la priorité numéro un aujourd'hui, c'est le retour à la croissance.

Quel est aujourd'hui le niveau des pertes non reconnues des banques ?

Il reste d'importantes pertes non dévoilées : 50 % sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu'aux États-Unis. Je le redis : l'histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu'il n'y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques.

Faut-il imposer une taille limite aux banques ?

Je ne crois pas qu'il faille imposer des tailles limites. En revanche, si une banque prend des risques tels qu'elle présente un danger pour le système financier tout entier, il n'est pas illégitime de lui demander une contribution financière. Cette prime d'assurance aurait un double avantage : inciter la banque en question à prendre moins de risques, et collecter des ressources pour répondre à une éventuelle crise bancaire future. Le FMI étudie toutes les propositions de taxation du système financier, comme le lui a demandé le G20, et rendra son rapport en avril.

Ne faudrait-il pas alors couper les banques en deux ?

J'adhère à l'objectif de limiter les risques mais, si la partie banque d'investissement est bien surveillée et si elle paye une prime d'assurance, l'intérêt de couper les banques en deux s'estompe.

Faut-il taper plus sur les bonus ?

Sur le plan éthique, après les soutiens publics dont ont bénéficié les banques, je comprends que ce qui se passe paraisse scandaleux. Sur le plan économique, les bonus posent aussi un problème systémique, car il y a un lien entre des rémunérations démesurées et des prises de risques excessives même s'il y a aussi d'autres problèmes à régler, à commencer par le niveau de capital des banques. Sur le plan politique, enfin, la question des bonus est essentielle, car une nouvelle crise financière peut toujours survenir et la réaction risque de ne plus être la même : on ne verra pas deux fois des centaines de milliards de dollars d'argent public ainsi déversés sur le secteur financier !

Par manque de moyens ?

Non ! Parce que les opinions publiques et les Parlements n'accepteront pas de payer deux fois une telle facture. D'où l'importance d'une nouvelle réglementation du secteur financier comme de cette prime d'assurance. Limiter les bonus, moraliser la finance, c'est aussi préparer l'avenir.

Les gouvernements ont déployé des moyens colossaux pour lutter contre la crise. Comment en sortir de façon concertée ?

Ce sera plus compliqué que ne l'a été la coordination des mesures de soutien. Mais c'est indispensable pour éviter les distorsions de concurrence. Politiquement, la sortie de crise ne sera pas facile à gérer non plus. Je n'ai pas d'inquiétude pour les banques centrales. La sortie des plans de relance par les gouvernements est techniquement et politiquement plus délicate…

Vous êtes l'opposant de Nicolas Sarkozy le plus populaire de France. Qu'est-ce que cela vous fait ?

Cela fait toujours plaisir que vos concitoyens vous aiment bien, mais ce n'est pas mon sujet aujourd'hui.

Par SD32 - Publié dans : International
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 16:27
L'économie mondiale va mieux mais reste à la merci du moindre bouleversement, a déclaré lundi 23 novembre le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), ajoutant que la consolidation de la reprise dépendait des mesures qu'allaient prendre les différents pays dans les mois à venir. Lors d'un discours à Londres devant le congrès annuel de la Confederation of British Industry, l'organisation patronale britannique, Dominique Strauss-Kahn a dit craindre qu'alors que la conjoncture s'améliore, la collaboration observée entre les Etats contre la crise ne se "dissolve".

L'économie planétaire reste "hautement vulnérable", et "je pense que nous pouvons limiter le risque de nouvelles tempêtes en choisissant les bonnes politiques, et en maintenant la collaboration réussie entre les Etats", a-t-il plaidé. "Nous devons garder allumée la flamme de la coopération", plaide M. Strauss-Kahn.

Dominique Strauss-Kahn a souligné que la priorité pour les pays les plus riches était de définir un plan pour sortir des déficits budgétaires creusés par plus d'un an de lutte contre les effets de la récession, tout en précisant qu'il était trop tôt pour retirer les mesures de soutien à l'activité : "Nous recommandons la plus grande prudence, parce qu'il est plus douloureux de retirer ces mesures trop tôt que trop tard."

Depuis l'accélération de la crise financière qui a suivi la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, les gouvernements et banques centrales du monde entier ont injecté ou garanti des milliers de milliards de dollars pour maintenir à flot le système financier et, plus largement, l'activité économique. Parallèlement, les taux d'intérêt ont été ramenés à des niveaux historiquement bas dans la plupart des pays développés. Dominique Strauss-Kahn a estimé que ces mesures ont contribué à juguler les effets de la crise.

Le directeur du FMI souhaite maintenant que les gouvernements mettent au point les stratégies visant à remettre de l'ordre dans des finances publiques, malmenées par la crise. Dominique Strauss-Kahn a ainsi déclaré qu'une fois retirées les mesures de soutien à l'économie, il ne faudra pas hésiter à comprimer les dépenses publiques, voire, le cas échéant, à augmenter les impôts. Il a réaffirmé son appel au maintien de la coopération entre différents pays, même si les stratégies de sortie de crise peuvent différer d'une capitale à l'autre.


Dominique Strauss-Kahn s'est dit moins préoccupé par le maintien sur une période prolongée d'une politique monétaire accommodante. "En particulier dans les pays développés, la politique monétaire peut rester accommodante pendant un certain temps au vu de l'absence de signes inflationnistes à l'horizon, a-t-il dit. Mais certains pays émergents sont confrontés à d'autres défis qui les obligeront peut-être à relever leurs taux d'intérêt plus vite que prévu."

Source LeMonde.fr

Par SD32 - Publié dans : International
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