Problèmes économiques et sociaux

Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 15:20
Le Fonds monétaire international a annoncé lundi avoir signé un accord avec le Sri Lanka pour prêter environ 2,5 milliards de dollars au pays asiatique, prêt qui doit être encore entériné par le conseil d'administration de l'institution internationale.

"Une mission du personnel du FMI a trouvé un accord avec les autorités du Sri Lanka en vue d'un programme économique qui pourrait être soutenu par un accord de confirmation (procédure de prêt, ndlr) de 20 mois à hauteur d'environ 2,5 milliards de dollars", a indiqué le Fonds dans un communiqué.

Cet accord vient au terme de plusieurs mois de négociations, le FMI ayant annoncé l'envoi d'une première mission en mars.

Le Fonds a de nombreuses fois répété la nécessité de ce prêt, alors que s'achevait une guerre civile longue de 37 ans qui a fait entre 80.000 et 100.000 morts. Colombo a proclamé à la mi-mai sa victoire militaire sur la rébellion séparatiste des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).

Mais sa position avait provoqué une certaine incompréhension du côté de plusieurs pays membres, dont les Etats-Unis, alors que les combats atteignaient leur paroxysme, provoquant de nombreuses victimes civiles.

Le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, cité dans le communiqué, a évoqué un "déficit budgétaire qui reste élevé", "l'arrêt brutal" du financement sur les marchés de capitaux, "les sorties de capitaux" du pays et "les pertes considérables de réserves internationales" par le Sri Lanka.

Il a indiqué que le conseil d'administration, la plus haute instance de décision du FMI, composée des représentants de 25 pays ou groupes de pays, devrait se prononcer sur ce prêt dès vendredi.

Le conseil d'administration, qui doit voter à la majorité qualifiée (85% des droits de vote), approuve généralement les accords signés entre la direction du FMI et un Etat membre.

En effet, la direction du FMI s'assure du soutien des grands Etats membres avant de présenter un prêt au conseil d'administration, pour éviter un désaveu qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour l'économie en question.

Le premier de ces Etats membres est les Etats-Unis, seuls à disposer de droits de vote suffisants pour bloquer toute décision au conseil d'administration.

Deux jours avant que le gouvernement sri-lankais ne proclame sa victoire, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'était prononcée contre l'octroi d'un tel prêt au Sri Lanka, estimant qu'il fallait attendre la résolution du conflit. Mais depuis la fin des combats, Washington ne s'est plus prononcé sur le sujet.

Le FMI a par ailleurs constamment rejeté les critiques selon lesquelles un prêt viendrait alimenter un budget de la Défense prépondérant (l'équivalent d'environ 4% du produit intérieur brut cette année) ou le financement de projets de reconstruction écartant les populations qui ont soutenu la rébellion.

M. Strauss-Kahn a souligné que le but était de "reconstruire les réserves, réduire le déficit budgétaire à un niveau tenable, et renforcer le secteur financier", ainsi que de "protéger les plus vulnérables des conséquences de l'ajustement nécessaire".

"La fin du conflit constitue pour le Sri Lanka une occasion unique d'entreprendre une réforme économique et une reconstruction, qui seraient cruciaux pour poser les fondations d'une croissance plus élevée dans les années à venir", a-t-il affirmé.

Dépêche AFP
Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 14:53
Réajustant à la hausse ses prévisions, Eric Woerth, ministre du budget, a dit s'attendre, dimanche 21 juin sur RTL, à un déficit public compris "entre 7 % et 7,5 % du PIB" cette année et probablement en 2010. M. Woerth continue toutefois d'exclure une augmentation des impôts. Sur Europe 1, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a invité les pays européens à faire un effort sur leurs comptes publics dès 2010 et le retour de la croissance. "A un moment, vous ne pouvez (...) plus accumuler de dette. Je crois qu'on en est à ce point-là", a-t-il prévenu. Didier Migaud, président (PS) de la commission des finances de l'Assemblée, pense que Nicolas Sarkozy "va jouer la montre pour reporter les décisions douloureuses au lendemain de l'élection présidentielle de 2012".

Les prévisions de M. Woerth vous surprennent-elles ?

Pas du tout. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, je crains qu'elles soient optimistes et que l'on soit un peu au-dessus de 7,5 % du PIB. A lui seul, le déficit budgétaire représentera cette année les deux tiers de nos recettes fiscales nettes. Cette situation extrêmement préoccupante n'est pas seulement liée à la crise. Elle est due, pour une partie non négligeable, à des décisions budgétaires et fiscales qui ne sont pas responsables. Je pense au paquet fiscal, à la baisse de la TVA dans la restauration et à l'absence de financement de la réforme de la taxe professionnelle. Ces diminutions d'impôts privent l'action publique de recettes, sans que leur efficacité face à la crise soit démontrée.

Comment arrive-t-on à un déficit public de 7,5 % ?

Cela correspond à 150 milliards d'euros. On y arrive très vite. Le déficit budgétaire tournera autour de 130 milliards. Les déficits sociaux dépasseront les 20,1 milliards prévus par la commission des comptes de la Sécurité sociale pour le régime général. 150 milliards, c'est même optimiste.

Peut-on séparer, dans le déficit et la dette publics, le conjoncturel du structurel ?

La crise aggrave un déficit qui se creusait déjà avant. Mais la séparation, défendue par le gouvernement, entre le déficit structurel et le déficit conjoncturel me paraît factice. Où faut-il mettre les 3 milliards de coût brut de TVA à taux réduit dans la restauration et les 8 milliards pour financer la réforme de la taxe professionnelle ? Ces décisions engagent l'avenir, comme les 10 milliards du paquet fiscal en 2009, qui se répéteront année après année. Et laisser penser, comme le fait le gouvernement, qu'une fois la crise terminée les choses se rétabliront comme avant, ce n'est pas sérieux. Après un tsunami, le paysage n'est plus le même. La sortie de crise sera lente. En 2010, les comptes publics pourraient empirer.

Faut-il mettre au point un plan de stabilisation comme l'a suggéré Christine Lagarde ?

La ministre de l'économie prépare sans doute les esprits à des hausses d'impôts. Mais il faut d'abord éviter une trop grande dégradation. Nous n'en prenons pas le chemin. Entre le deuxième trimestre 2007 et la fin 2009, selon la Commission européenne, notre dette publique aura augmenté de 380 milliards, ce qui représente quelque 15 milliards de charge de la dette supplémentaire ! Ces dernières années, la droite n'a eu de cesse de baisser les impôts d'une partie très minoritaire de nos concitoyens, les plus aisés. De ce fait, des dizaines de milliards nous font défaut...

Mais la dépense publique ralentit...

Elle n'est maîtrisée qu'en apparence. Entre 2007 et 2008, les dépenses fiscales (allégements d'impôt, réductions, etc.) ont évolué trois fois plus vite que les dépenses budgétaires. Le gouvernement s'assied sur la loi de programmation des finances publiques, votée en janvier, qui a fixé des règles de pilotage des dépenses fiscales et posé le principe de leur compensation et de leur évaluation. On l'a vu avec la TVA dans la restauration. Les parlementaires de la majorité font peu de cas de la règle d'or (un budget équilibré en fonctionnement et en investissement) qu'ils prétendaient vouloir respecter. Et même si la dépense publique était maîtrisée, cela ne serait pas suffisant.

Voyez-vous le président revenir sur son refus d'augmenter les impôts ?

Non, et nous risquons de nous retrouver en 2012 dans une situation pire qu'en 1997 sur le plan des finances et du chômage. Nicolas Sarkozy va jouer la montre pour reporter les décisions douloureuses au lendemain de l'élection présidentielle de 2012. Une purge terrible menacera les Français si la droite gagne les élections. Il sera alors difficile d'échapper à l'augmentation des impôts. En fait, il faudrait commencer par revenir sur les baisses d'impôts et réformer notre système fiscal, de plus en plus opaque, illisible et injuste. La fiscalité est de moins en moins progressive, la redistribution diminue, les inégalités de revenus explosent. Du coup, le consentement à l'impôt recule. C'est à cela aussi qu'il faut s'attaquer.

Source : Propos recueillis pour Le Monde.fr par Claire Guélaud
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 14:32
Députée PS d’Indre-et-Loire, membre de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales à l’Assemblée, Marisol Touraine est secrétaire nationale du PS à la santé et à la Sécurité sociale. Elle vient d'accorder une interview au Parisien concernant la problématique des retraites.

Le recul de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans serait-il une bonne mesure ?
Marisol Touraine. Le résultat des élections européennes a renforcé, au sein du gouvernement, le sens de la provocation ! Dans cette période d’envolée du chômage et de plans sociaux qui touchent d’abord les plus de 55 ans, quelle cohérence y a-t-il à annoncer qu’il faudra travailler plus longtemps ? La France a l’un des plus mauvais taux d’emploi des seniors en Europe.

Donc, reculer l’âge légal de départ à la retraite est aujourd’hui incongru. En plus, cela pénaliserait ceux qui ont commencé à travailler jeunes. Prenons plutôt en compte la pénibilité.

Peut-on rester l’un des pays d’Europe où l’âge de la retraite est le plus bas ?
Dans les autres pays européens, le taux d’emploi des jeunes et des seniors est nettement supérieur au nôtre. Donc il y a une cohérence à augmenter l’âge de la retraite. La priorité, si on veut consolider notre système, c’est de faire en sorte que les plus de 55 ans travaillent effectivement et que les jeunes entrent plus facilement dans un emploi durable. Commençons par donner des emplois à tous ceux qui peuvent y prétendre. Aucune réforme ne sera envisageable s’il n’y a pas un taux d’emploi plus important chez les jeunes et les seniors. Si la moitié de la population active ne travaille pas, il est impossible de financer les régimes de retraite. J’ajouterai que la consolidation du financement de nos régimes de retraite passe par la modulation des règles applicables selon la pénibilité des métiers et par une contribution de tous les revenus. De ce point de vue-là, on est loin du compte, avec le bouclier fiscal qui exonère de cotisations sociales les revenus des plus riches.
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Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /Avr /2009 00:00
Les ministres des Finances se sont dit satisfaits des divers plans de relance et ont jugé d'un commun accord samedi, au cours de la réunion du Conseil monétaire et financier du FMI, que la reprise dépendait de "la nécessité absolue d'assainir le système financier", selon le patron du FMI, le Français Dominique Strauss-Kahn.

Le Conseil, instance politique dirigeante du Fonds monétaire international, réuni pour le week-end, a décidé d'accroître de 250 milliards de dollars les ressources disponibles, en augmentant et rendant "plus flexible" la ligne de crédit connue sous le nom de "NAE" (Nouveaux accords d'emprunt).


Victoire pour les puissances émergents comme la Chine et le Brésil, qui souhaitaient cette mesure, comme alternative aux prêts à long terme, Dominique Strauss-Kahn a annoncé que le FMI émettrait des obligations afin de lever des fonds destinés à aider les pays en difficulté. Le FMI n'avait jamais émis d'obligations auparavant. AP

 

Source  : Le Nouvel Observateur

 

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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 22:07
Depuis plusieurs semaines, les conflits se radicalisent dans les entreprises qui suppriment des emplois ou ferment des sites en France. Des cadres dirigeants ont été séquestrés chez l'équipementier automobile Molex ou chez Caterpillar, le fabricant d'engins de chantier, tandis que des salariés de l'usine Continental de Clairoix ont saccagé une partie des locaux de la sous-préfecture de Compiègne (Oise).

Claude-Emmanuel Triomphe codirige l'association Astrees, qui fait des recherches sur les transformations de l'emploi et du travail en Europe. Il donne des pistes d'explication à cette radicalisation.

 

Ces formes de contestation sont-elles nouvelles ?

 

Non. A l'époque où j'étais inspecteur du travail (dans les années 1980 et 1990), il arrivait que des patrons soient retenus par leurs salariés dans les locaux de l'entreprise. Mais ces opérations ne faisaient pas la "une" des journaux. Aujourd'hui, elles sont nettement plus médiatisées et atteignent une dimension rarement vue.

 

Le phénomène semble avoir épargné les autres pays européens. Y a-t-il une exception française en la matière ?

 

Les conflits sont incontestablement plus fréquents et sans doute plus violents en France. Dans le même temps, l'implantation syndicale dans le secteur privé est l'une des plus faibles des pays industrialisés, ce qui joue aussi dans les explosions de colère auxquelles nous venons d'assister : la violence est, d'une certaine manière, "l'arme des faibles". Cette radicalisation des positions témoigne d'une certaine incapacité à gérer les restructurations d'entreprises. Les compromis ne sont souvent trouvés qu'après une épreuve de force.

Le pluralisme syndical contribue aussi à ce phénomène, car les organisations de salariés n'ont, bien souvent, pas de stratégie unitaire. Elles ne parviennent pas à énoncer ensemble des propositions fortes susceptibles d'emporter la conviction des personnels. Se trouvant en situation de concurrence, elles peuvent être tentées de faire de la surenchère pour accroître leur audience.

 

Pourquoi existe-t-il en France cette difficulté à négocier ?

 

Jusqu'au début des années 1970, les partenaires sociaux arrivaient à s'entendre au niveau interprofessionnel pour trouver des solutions qui amortissent le choc des restructurations. Mais depuis "l'accord sur la sécurité de l'emploi", signé en 1971, et malgré des accords plus récents, aucun dispositif de cette ampleur n'a été mis au point. Or les problématiques ont considérablement évolué avec la mondialisation.

 

Pourquoi n'a-t-on pas su les accompagner ?

 

En France, la défiance vis-à-vis des dirigeants d'entreprise est bien plus forte que dans les autres Etats européens. Plusieurs enquêtes d'opinion mettent en exergue ce problème de légitimité managériale dans notre pays. Il tient en partie au fait que nos élites n'ont pas su développer une pédagogie du changement. Les Scandinaves, eux, l'ont fait en garantissant aux salariés une sécurité des revenus et des transitions professionnelles, qui compense l'insécurité de l'emploi. En France, les gens sont prêts à des sacrifices, mais les termes d'un "deal" éventuel n'ont jamais été posés sur la table.

 

Par quel mécanisme le défaut de pédagogie et de négociation aboutit-il à la violence ?

 

Les salariés touchés par des restructurations éprouvent un fort sentiment d'injustice, car le processus de sélection des personnes qui perdent leur poste est jugé inéquitable. Ceux qui partent en premier sont les intérimaires et les titulaires d'un CDD, c'est-à-dire des catégories où les jeunes et les ouvriers sont surreprésentés.

En outre, les salariés ont souvent l'impression de ne pas être pris pour des adultes quand la direction leur annonce un plan social. Ils pensent qu'elle leur cache quelque chose. C'est dû en grande partie au fait que les comités d'entreprise ont peu de pouvoirs. Ils sont là pour être informés et consultés, mais leur avis n'a aucune influence, contrairement à ce qui passe dans certains pays européens.

 

Il n'y a pas de violence dans ces pays ?

 

En Allemagne, aux Pays-Bas, en Scandinavie, les restructurations sont gérées plus pacifiquement que chez nous. Mais ces Etats sont en butte à des problèmes importants, notamment en matière d'emploi des jeunes et des minorités ethniques. Il faut rester prudent, car les situations nationales peuvent évoluer dans des directions qui n'étaient pas attendues au départ. La colère sociale monte dans de très nombreux pays européens.

 

Source Le Monde

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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 10:17

La dernière Note de conjoncture de l'Insee n'incite guère à l'optimisme. L'Institut a de nouveau révisé à la baisse ses prévisions économiques. Et pas qu'un peu: l'Insee prévoit désormais une baisse du PIB de 1,5% au 1er trimestre 2009, et encore de 0,6% au second. Officiellement, le gouvernement mise de son côté sur une baisse de "seulement" 1,5% sur l'ensemble de l'année. Visiblement, l'Insee n'y croit guère, même si ses prévisions s'arrêtent au milieu de l'année...


En cause, tout d'abord, la très violente contraction de la production manufacturière (- 7,6%) observée au dernier trimestre 2008, un niveau sans précédent depuis trente ans. Ce coup d'arrêt est dû à des efforts massifs de déstockage de la part des entreprises: ils ont coûté 0,9 point de PIB fin 2008. Et l'Insee anticipe la poursuite de ce mouvement au premier trimestre. Parallèlement, les exportations continueraient de reculer fortement du fait de l'effondrement du commerce mondial, avec - 5,8% au premier trimestre. Du coup, le commerce extérieur aurait lui aussi un impact très négatif sur l'activité: - 0,5 point de PIB sur les trois premiers mois de 2009. Entre capacités inutilisées, avenir sombre et financement difficile, l'investissement des entreprises baisserait lui aussi de 5,1% au premier trimestre. D'où une croissance fortement négative, malgré une consommation des ménages qui continuerait, elle, à augmenter faiblement.


Les effets sur l'emploi sont désastreux. Après avoir déjà perdu 135 000 emplois en 2008, le secteur concurrentiel devrait en perdre de nouveau 364 000 au seul premier semestre 2009. Et le chômage, après avoir augmenté de 187 000 personnes au quatrième trimestre 2008, devrait encore bondir, avec 280 000 chômeurs de plus d'ici à juin. Sensiblement moins cependant que le nombre d'emplois détruits. Une différence due en particulier au fait que la population âgée de 15 à 59 ans va de nouveau diminuer au cours de ce même semestre. Des chiffres impressionnants qui expliquent l'angoisse qui s'est notamment exprimée lors des manifestations du 19 mars dernier.


Ces prévisions intègrent les mesures de relance déjà annoncées. Elles justifient donc pleinement l'opinion de ceux - nombreux et pas seulement à gauche - qui les considèrent comme largement insuffisantes. C'est probablement ce qui explique la violence avec laquelle le président de la République s'en est pris à l'Insee le 20 mars dernier, lors d'une conférence de presse ... Ce qui pose une fois de plus la question de la protection de l'indépendance de cet Institut et souligne l'urgence de le soustraire à la tutelle du gouvernement.

Source Alternatives Economiques

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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 10:37
Qui aurait dit, il y a seulement quelques mois, que la lutte contre les paradis fiscaux serait l'un des dossiers politiques phares de la régulation financière de l'après-crise? Que les principaux dirigeants des pays riches, jusque-là plutôt discrets sur le sujet, allaient les désigner comme l'ennemi à abattre?

La réponse est simple: nos dirigeants ont besoin de sous. Les aides massives accordées aux banques, les plans de relance destinés à limiter les effets de la crise sur la croissance et l'emploi font exploser les déficits budgétaires. D'où l'idée de tenter de récupérer les recettes fiscales qui s'évaporent grâce à ces territoires, un manque à gagner évalué à au moins 50 milliards d'euros pour la France seule, soit 10% des rentrées d'impôts!

Mais une autre raison plaide en faveur d'une mise au pas des centres financiers offshore. Ils permettent en effet aux acteurs de la finance de développer en toute liberté des activités à haut risque et autres paris financiers insensés. Certes, ils n'ont pas inventé les subprime, mais ils en ont été les facilitateurs, un rôle jusque-là complètement sous-estimé.


Un rapport du Government Accountability Office, l'équivalent de la Cour des comptes aux Etats-Unis, a montré qu'une partie du système bancaire fantôme, construit par les banques américaines pour jouer avec les titres financiers complexes à l'origine des dimensions prises par la crise, était établie aux îles Caïman. Qu'il s'agisse des déboires de la banque britannique Northern Rock, de l'américaine Bear Stearns, de l'allemande Hypo Real Estate, des banques islandaises, des fraudes de Bernard Madoff et de "Sir" Allen Stanford, et on en oublie, les principaux événements de cette crise passent par les paradis fiscaux.


Réguler la finance demande donc de s'attaquer à ces territoires. Mais cela ne suffira pas à mettre fin aux dérives de la mondialisation financière. Tout aussi importantes sont les mesures que les banquiers centraux semblent désormais prêts à mettre en oeuvre pour mieux contrôler la façon dont les banques prennent des risques et mieux encadrer les marchés de produits financiers sophistiqués.


La mise au pas des centres offshore est une condition de l'efficacité de ces mesures, en empêchant qu'elles ne soient rapidement contournées via l'utilisation des facilités qu'ils proposent. Mais, inversement, il ne suffira pas de faire de l'esbroufe médiatique anti-paradis fiscaux pour régler toutes les causes possibles de dérapage de la finance. C'est tout l'enjeu de ce qui, au-delà du G20 du 2 avril, va se jouer dans les mois qui viennent.

 

Source Alternatives Economiques

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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 09:34
Le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) a lancé un appel en faveur de mesures d’urgence pour l’emploi et en faveur d’un «Pacte mondial pour l’emploi», pour contrecarrer une crise de l’emploi «sévère et prolongée» et une augmentation massive du nombre de chômeurs et de travailleurs pauvres.

Cet appel fait suite à une discussion tripartite de haut niveau qui s’est tenue au Conseil d’administration du BIT, discussion au cours de laquelle le Directeur général du Fonds monétaire International Dominique Strauss-Kahn a souligné qu’une plus grande coopération entre le FMI et l’OIT était cruciale face à la crise financière et économique mondiale actuelle.


MM. Guy Ryder, secrétaire général de la Confédération Syndicale Internationale (CSI), Alexander Shokhin, Président de l'Union russe des industriels et entrepreneurs, ainsi que Jonathan Shaw, ministre des Personnes handicapées et ministre pour le Sud-Est, du ministère britannique du Travail et des Pensions ont également participé à la réunion de haut niveau.


Le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a qualifié la coordination internationale en la matière de faible et a indiqué que «la finance, le commerce, l’économie, l’emploi et les origines sociales de la crise mondiale sont liés, tout comme doivent l’être les réponses politiques». Message d’importance avant le Sommet du G20 qui doit se tenir à Londres la semaine prochaine.


La discussion s’est appuyée sur une étude de l’Institut International d’Etudes Sociales du BIT intitulée Lutter contre la crise financière et économique par le travail décent, indique que, d’après les projections démographiques, près de 90 millions de nouveaux emplois devront être crées en 2009 et 2010, rien que pour intégrer les nouveaux arrivants sur le marché du travail et éviter d’aggraver le déficit d’emplois. Selon le rapport, lors des précédentes crises financières la reprise du marché du travail n’est intervenue que dans un délai de quatre à cinq ans, après la reprise économique.


«Le monde a besoin dès que possible d’une stratégie de reprise cohérente et orientée vers l’emploi et fondée sur des entreprises durables», a déclaré le Directeur général du BIT Juan Somavia. «Si des mesures coordonnées de réponse à la crise sont mises en œuvre dans les trois mois, nous pourrions stabiliser le chômage et la croissance de l’emploi pourrait reprendre dès 2010. Cependant, si les mesures sont reportées de six mois, la reprise pourrait ne démarrer qu’au début de 2011».


L’étude réalisée par l’Institut International d’Etudes Sociales du BIT a examiné les plans de relance menés dans 32 pays dont les membres du G20 et note qu’alors que le FMI prône des efforts de relance à hauteur de 2 pour cent de PIB pour faire face à la crise, la plupart des plans se situent à 1,7 pour cent de PIB. Le rapport indique également que, dans les économies développées, ce pourcentage atteint 1,3 pour cent, ce qui, en termes de pourcentage de PIB, est moins de la moitié de ce qu’allouent les pays émergents et pays en développement.


Dans le même temps, il note que les plans de relance actuels penchent largement en faveur du sauvetage des banques et des réductions d’impôts, plutôt que la création d’emplois et la protection sociale. Le rapport précise qu’en moyenne les plans de relance budgétaire pour l’économie réelle sont cinq fois plus faibles que les plans de sauvetage financier.


«Seuls la moitié des pays ont annoncé des mesures d’aide à l’emploi et, parmi ceux-ci, les ressources qui y sont allouées sont relativement limitées», a déclaré Raymond Torres, Directeur de l’Institut International d’Etudes Sociales du BIT, ajoutant que les mesures de politique sociale ne représentent en moyenne que 9,2 pour cent des dépenses des plans de relance. Les mesures d’aide à l’emploi ne représentant que 1,8 pour cent.


Le rapport observe également que les programmes d’infrastructures ne tiennent pas assez compte de la nécessité de renforcer les capacités existantes des entreprises et la formation professionnelle – si bien qu’une partie des dépenses d’infrastructure risquent d’entraîner une hausse des prix et non pas une augmentation de la production ni la création d’emplois; et, enfin, les réductions d’impôts auront pour effet en partie d’alimenter l’épargne au lieu d’accroître la demande, la production et le niveau de l’emploi; et bien peu est fait pour venir en aide aux jeunes et aux autres groupes vulnérables.


En outre, ces mesures ne prévoient qu’un dialogue social limité avec les employeurs et les syndicats et ne sont pas suffisamment coordonnées entre les différents pays. Impliquer les partenaires sociaux permettrait de concevoir de meilleures mesures et de restaurer la confiance.


La crise mondiale requiert des solutions mondiales a souligné M. Somavia. L’absence de coordination diminue l’effet global des mesures de relance, dissuadant chaque pays de réagir plus vite que ses partenaires commerciaux, aggravant ainsi la récession. Le rapport souligne également que des mesures comme le protectionnisme commercial, une déflation généralisée des salaires ou des droits des travailleurs fragilisés feraient non seulement empirer la situation mais seraient en outre perçues comme injuste.


«Les mesures prises ne se sont souvent pas attaquées aux déséquilibres structurels qui sous-tendent la crise» a indiqué M. Somavia. «Face à la crise, on ne peut se contenter d’initiatives fragmentaires et ponctuelles dont l’objectif serait seulement de rétablir au plus tôt la situation antérieure.» Il est capital de poursuivre la mise en œuvre de l’Agenda du travail décent pour soutenir la reprise économique, prévenir les soubresauts du marché du travail et les crises sociales, et promouvoir la cohésion sociale.


En se rassemblant autour d’un pacte mondial pour l’emploi, les constituants de l’OIT seraient en mesure de contribuer à plus de cohérence face à la crise. Un tel pacte permettrait que les mesures de relance s’attaquent avec plus d’efficacité aux mécanismes de transmission de la crise, à savoir le resserrement du crédit, la détérioration rapide des conditions de la demande sur le marché intérieur et la récession sur les marchés extérieurs, tout en traitant des principaux facteurs ayant contribué à la crise ainsi qu’en jetant les bases d’une économie plus durable.


La prochaine Conférence internationale du Travail qui se déroulera en juin cette année s’attachera à traiter du Pacte mondial pour l’emploi.

 

Source OIT

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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /Mars /2009 23:36
"L'Histoire de l'humanité est parfois traversée d'événements perçus comme de véritables cataclysmes, lorsqu'une orthodoxie est renversée, puis remplacée par une autre. Aujourd'hui, l'ampleur de la crise financière mondiale exige que nous évaluions à nouveau la philosophie et la politique économique qui nous ont conduits jusqu'ici.

George Soros a déclaré que « l'aspect fondamental de la crise financière actuelle était qu'elle ne provenait pas d'un choc extérieur... mais qu'elle avait bel et bien été générée par le système lui-même ». George Soros a raison. La crise actuelle est le point culminant de trente années de politique économique dominée par l'idéologie du marché libre, tour à tour appelée néolibéralisme, libéralisme économique ou fondamentalisme économique.


L'idée maîtresse de cette idéologie est que l'activité du gouvernement devrait être limitée, pour être enfin remplacée par les forces du marché. Au cours de l'année passée, nous avons pu constater que les forces du marché non maîtrisées avaient conduit le capitalisme au bord du précipice.


Au lieu de distribuer les risques à travers le monde, le système financier mondial les a intensifiés. L'orthodoxie néolibérale soutenait que les marchés financiers mondiaux finiraient par s'autocorriger, que la main invisible guidant les forces du marché livrées à elles-mêmes allait éventuellement les aider à trouver leur propre équilibre. Cependant, comme l'a observé l'économiste Joseph Stiglitz sur un ton plutôt caustique : « La raison pour laquelle nous avons l'impression que cette main invisible est si souvent invisible, c'est qu'elle n'existe pas. »


Franklin Delano Roosevelt a dû reconstruire le capitalisme américain après la Grande Dépression. Les démocrates américains, eux, fortement influencés par John Maynard Keynes, ont dû rétablir la demande intérieure après la guerre, et concevoir le plan Marshall, afin de reconstruire l'Europe et de mettre en place le système Bretton Woods pour gérer les engagements économiques internationaux. Il incombe désormais à une nouvelle génération de réfléchir et d'être à l'initiative de la reconstruction des systèmes économiques nationaux et internationaux.


Si les gouvernements centristes veulent sauver le capitalisme, ils doivent faire face à trois enjeux. Le premier est de passer par l'intermédiaire de l'Etat afin de reconstituer des marchés bien régulés et de rétablir la demande intérieure et mondiale. Avec la fin du néolibéralisme, il a été une fois de plus reconnu que l'Etat tenait un rôle fondamental.


L'Etat s'est imposé comme étant le principal acteur lorsqu'il s'est agi de répondre à trois éléments bien définis concernant la crise actuelle : il a en effet évité au système financier privé de s'écrouler, a donné une impulsion directe à l'économie réelle en raison de l'effondrement de la demande privée, et a défini un régime réglementaire à la fois national et mondial dans lequel le gouvernement a la responsabilité suprême de fixer et d'imposer les règles du système.


Le deuxième enjeu auquel sont confrontés les sociaux-démocrates est de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Alors que la crise financière mondiale persiste, et que les familles de par le monde subissent son lourd impact sur le marché du travail, il sera difficile de résister aux pressions demandant un retour à un modèle d'Etat-providence et de ne pas abandonner entièrement la cause des marchés ouverts et compétitifs à l'intérieur du pays, comme à l'étranger. Nous avons déjà ressenti les premiers signes de protectionnisme, bien que sous une forme plus modérée et moins radicale que la loi Smooth-Hawley de 1930 sur les tarifs douaniers.


Qu'il soit modéré ou profond, le protectionnisme est le moyen infaillible de transformer la récession en dépression, étant donné qu'il aggrave l'écroulement de la demande mondiale. La social-démocratie soutient encore la philosophie qui consiste à croire que la légitimité du pouvoir politique passe par sa capacité à contrebalancer le privé et le public, les profits et les salaires et les marchés et l'Etat. Cette philosophie montre bien, et avec force, quels sont les enjeux de notre époque.


L'autre enjeu auquel les gouvernements sont confrontés dans le cadre de la gestion de la crise actuelle est sa dimension sans précédent à l'échelle mondiale. Les gouvernements doivent définir des réglementations financières cohérentes sur le plan mondial, afin d'éviter d'arriver à une situation où les capitaux fuiraient vers les régions de l'économie mondiale ayant les plus faibles réglementations. Nous devons mettre en oeuvre des normes mondiales plus solides en matière de transparence pour les institutions financières d'importance systémique.


Nous devons également construire des cadres de surveillance plus forts, afin d'encourager les entreprises à adopter une attitude plus responsable, y compris au niveau de la rémunération des dirigeants.


Le monde s'est tourné vers une action gouvernementale coordonnée à travers le G20 : pour assurer la mise à disposition immédiate des liquidités pour le système financier mondial, pour coordonner une relance fiscale suffisante permettant de répondre à l'interruption de la croissance due à la récession mondiale, pour redéfinir les règles mondiales de réglementation pour l'avenir, pour réformer les institutions publiques existantes à travers le monde, notamment le FMI, et pour leur donner l'autorité et les ressources nécessaires afin de répondre aux exigences du XXIe siècle.


Les dispositifs de gouvernance du Fond monétaire international (FMI) doivent être réformés. Il est raisonnable d'admettre que si nous attendons des économies en développement rapide comme la Chine qu'elles contribuent plus largement à des institutions multilatérales comme le FMI, il faut également qu'elles acquièrent plus de poids dans les décisions prises au sein de ces forums.


L'enjeu à plus long terme pour les gouvernements sera d'étudier la question des déséquilibres qui ont contribué à déstabiliser l'économie mondiale au cours de la dernière décennie, notamment au niveau des déséquilibres entre les économies à fort excédent commercial comme la Chine, le Japon et les pays exportateurs de pétrole, et les nations fortement endettées comme les Etats-Unis.


L'ampleur de cette crise et son impact à travers le monde signifient qu'il ne suffira pas de changer légèrement les orthodoxies établies depuis longtemps. Deux vérités irréfutables ont d'ores et déjà été démontrées : que les marchés financiers ne se corrigent ou ne se régulent pas toujours d'eux-mêmes et qu'un gouvernement (sur le plan national ou international) ne peut jamais renoncer à la responsabilité de maintenir la stabilité économique.


Pour les gouvernements, il est crucial de ne pas se tromper, pas uniquement pour empêcher que le système de marché ouvert ne s'autodétruise, mais aussi pour rétablir la confiance envers des marchés bien réglementés, afin d'éviter que de vives réactions ne surgissent de la part de l'extrême gauche ou de l'extrême droite.


Les gouvernements n'ont pas le droit à l'erreur, car les enjeux sont trop grands : il y a d'abord les coûts économiques et sociaux liés au chômage à long terme, la pauvreté jetant à nouveau une ombre sur le monde en développement, et l'impact à long terme sur l'ordre stratégique et politique international actuel. Nous n'avons pas d'autre choix que celui de réussir. Trop d'éléments reposent sur notre capacité à l'emporter.


Kevin Rudd

Premier Ministre d'Australie

Source Le Monde

Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 10:37
Malgré la crise, le recours aux heures supplémentaires défiscalisées a encore progressé au dernier trimestre 2008. D'évidence, il ne s'agit pas de faire face à un surplus d'activité, mais de remplacer les salariés qui ne sont plus là.

Les chiffres viennent de tomber : au 4trimestre 2008, le nombre d'heures supplémentaires bénéficiant du dispositif d'exonération de tout prélèvement a encore augmenté. Il y a un an, alors que la crise n'était pas là, ou pas encore, et que la croissance trimestrielle du produit intérieur brut (PIB) était de 0,4 % (+ 1,7 % en rythme annuel), le nombre d'heures supplémentaires déclarées au titre de ce dispositif avait atteint 144 millions. Un an plus tard, nous en sommes à 184.8, soit une progression de... 28 %, alors même que l'activité économique au cours de ce trimestre a diminué de 1,2 %, correspondant à un rythme annuel de 5,9 %.

A l'évidence, les entreprises n'ont pas eu besoin de ces heures supplémentaires pour faire face à un surplus d'activité, mais bien pour remplacer des salariés qui ne sont plus là. Soit - hypothèse favorable - parce qu'ils sont partis en retraite ou ont démissionné et que l'entreprise ne les a pas remplacés. Soit - hypothèse défavorable - parce que leurs contrats temporaires sont arrivés à terme et n'ont pas été remplacés.

Il y a bien une troisième hypothèse, encore plus opportuniste : l'entreprise a licencié et remplace les travailleurs manquants en accentuant la charge de travail des travailleurs restants. Mais, dans les trois cas, cela signifie qu'un arbitrage a été effectué au détriment de l'emploi.

Or, ces 40 millions d'heures supplémentaires en plus correspondent à - environ - 90 000 postes de travail à temps plein sur le trimestre. Rappelons que, entre fin 2007 et fin 2008, 115 000 salariés du secteur concurrentiel ont perdu leur emploi. On peut les considérer comme les victimes d'un dispositif qui, non content de coûter cher aux contribuables, commence à peser sur l'emploi de façon considérable.

Certes, les salariés effectuant des heures supplémentaires gagnent davantage d'argent, et donc sont source de stimulation de l'activité par leurs dépenses. Mais ils le sont au détriment de ceux qui, à cause des mêmes heures supplémentaires, ont perdu leur job, lesquels consomment moins et donc contribuent à réduire l'activité économique. Si l'on prend en compte les effets d'aubaine des employeurs qui, de toute façon, auraient utilisé des heures supplémentaires et profitent donc de leur détaxation non pour augmenter leur production mais pour en réduire le coût, il est clair que le dispositif est devenu très sensiblement contreproductif.

Les 4 milliards d'euros qu'il coûte à la collectivité ne sont certes pas perdus pour tout le monde, mais ils pourraient être tellement mieux utilisés presque n'importe où ailleurs pour lutter contre la crise, qu'il devient quasi criminel de le maintenir. Le contribuable a mieux à faire que de payer pour supprimer des emplois, l'économie a mieux à recevoir que des subventions qui créent du chômage, l'Etat a mieux à dépenser que de creuser des déficits qui accentuent la détresse de beaucoup.

Source Alternatives économiques

Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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