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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 16:48
Le Fonds monétaire international a une nouvelle fois abaissé, jeudi 19 mars, ses prévisions pour l'économie mondiale et prévoit désormais que le produit intérieur brut de la planète devrait enregistrer cette année sa première contraction depuis la seconde guerre mondiale.

Moins de deux mois après la publication de ses précédentes prévisions, le FMI a indiqué, dans une note rédigée pour préparer la réunion du G20 le 2 avril à Londres, qu'il tablait désormais sur une contraction du PIB mondial comprise entre 0,5 % et 1 %. Il a estimé que cette dégradation justifiait que les grands pays riches et émergents prennent de nouvelles mesures contre la crise. Les économies avancées devraient connaître une "profonde récession", avec un recul de 3 % à 3,5 % de leur PIB, a-t-il précisé.

Aux Etats-Unis, cette contraction serait de 2,6 %, et au Japon de 5,8 %. Ces deux pays courent "un risque élevé" de déflation, selon le FMI. En zone euro, ce risque est "modéré", mais le PIB perdrait 3,2 %. Dans les pays émergents et en développement, la prévision de croissance a été également abaissée, et cette croissance ne serait plus que de 1,5 % à 2,5 %.

LES ÉTATS N'ONT PAS SUFFISAMMENT AGI


Selon le FMI, "l'allongement de la crise financière a miné l'activité économique mondiale au-delà de ce qui avait été anticipé". En 2010, l'activité devrait redémarrer lentement, avec une croissance mondiale positive de 1,5 % à 2,5 %. Le Fonds a estimé que les Etats n'en ont pas fait assez face à cette récession. Il a calculé qu'au sein du G20, son objectif de consacrer l'équivalent de 2 % du PIB à des plans de relance n'avait pas encore été atteint.

"Des retards dans la mise en œuvre de politiques globales pour stabiliser les conditions financières aboutiraient à une aggravation de la spirale négative entre l'économie réelle et le système financier, conduisant à une récession encore plus profonde et longue", analyse le FMI.


Source Le Monde.fr

Par SD32 - Publié dans : International
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 21:28

"Le FMI prévoit une croissance mondiale en dessous de zéro cette année, la pire performance que la plupart d'entre nous ont jamais vue", a dit , Dominique Strauss-Kahn lors de la récente conférence sur l'impact de la crise économique mondiale sur le continent africain.

Ouvrant cette conférence qui réunissait , en fin de semaine dernière, des responsables financiers africains, des dirigeants d’entreprise et des universitaires à Dar es-Salaam, Dominique Strauss-Kahn, a déclaré que cette réunion se tenait à un tournant historique, alors que le monde fait face à ce qu’il a appelé une " grande récession ".

Avec force de conviction, Dominique Strauss-Kahn n'a pas hésité à souligner que "cette conférence offrait aux pays africains un excellent tremplin pour faire passer des messages de la plus haute importance à l’intention du sommet des dirigeants du G-20 qui se tiendra à Londres le mois prochain. En cette occasion, le FMI peut se faire votre porte-parole ".

La dégradation continue de l'environnement financier mondial "associée à un effondrement de la confiance des ménages et des milieux d'affaires mine la demande intérieure à travers le monde", a-t-il expliqué.

Le directeur du FMI avait déjà jugé en février que la croissance mondiale en 2009 serait voisine de zéro. En janvier, le FMI avait révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2009, avec une croissance mondiale de 0,5%.

"Les éléments dont nous disposons depuis donnent à penser que cette moyenne (0,5%) est déjà dépassée", a précisé Dominique Strauss-Kahn .

"Lorsque nous ferons notre prochain paquet de prévisions à la veille de la session de printemps, c'est-à-dire au mois d'avril, tout donne à penser en effet que ça fera apparaître une croissance mondiale qui pour la première depuis 60 ans sera une croissance mondiale négative", a-t-il pronostiqué.

Concernant l'Afrique, la crise menace de précipiter à brève échéance des millions d'Africains dans la misère et d'attiser les conflits sur le continent, a-t-il averti.

"Même si la crise a été lente à atteindre les rivages de l'Afrique, nous savons tous qu'elle arrive et que son impact sera sévère", a rappelé le directeur du FMI, citant la chute des échanges commerciaux, la diminution des envois d'argent par la diaspora et l'amenuisement des investissements étrangers et de l'aide.

La croissance économique du continent devrait progresser d'environ 3% en 2009, loin des 5,4% de croissance enregistrés en 2008.

"Même cette donnée pourrait s'avérer trop optimiste si la crise empire", a-t-il jugé.

Dominique Strauss-Kahn a insisté sur la nécessité d'une réponse urgente pour l'Afrique, où les variations des performances économiques sont une question de vie ou de mort.

"Et la menace n'est pas seulement économique; il y a un risque certain que des millions (d'Africains) replongent dans la pauvreté", a-t-il dit.

"Il ne s'agit pas seulement de protéger la croissance économique ou le revenu des ménages, mais de contenir également la menace de violences civiles, peut-être même d'une guerre", a-t-il expliqué.

A Dar es-Salaam, Dominique Strauss-Kahn s’est offert d’être la voix de l’Afrique dans les discussions sur la crise mondiale. Au terme de deux jours d’échanges, le FMI s’est engagé à aider l’Afrique à surmonter la crise mondiale en augmentant ses financements et son assistance technique, et offre d’être la voix de l’Afrique lors du prochain Sommet de principaux pays industrialisés et marchés émergents prévu à Londres pour convenir des ripostes à opposer à la contraction mondiale du commerce et de l’activité économique.

Philippe PUGNET

d'après AFP

 

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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /Mars /2009 18:13
Le président Sarkozy veut que la France réintègre le commandement intégré de l'OTAN, trente-trois ans après que le général de Gaulle s'est résolu à en sortir. Il l'avait annoncé à l'été 2007. Il s'apprêterait à le confirmer début avril. On nous donne comme explication : en 1966, c'était la guerre froide, tout a changé. Mais cela n'a pas de rapport. Ou alors c'est l'existence même de l'OTAN qui devrait être remise en cause.

De Gaulle avait pris cette décision après huit années de demandes infructueuses auprès des Américains pour que les alliés européens puissent se faire entendre au sein de l'Alliance, et pour ne pas cautionner la nouvelle et dangereuse stratégie nucléaire de "riposte graduée". Par la suite, tous ses successeurs, de droite comme de gauche, ont respecté cette décision stratégique devenue la pierre de touche de la politique étrangère et de défense de la France.

Cette position originale au sein de l'Alliance faisait l'objet d'un large consensus dans l'opinion française. Elle était depuis longtemps admise des Américains, d'autant qu'elle n'avait pas fait obstacle à l'adoption d'arrangements pratiques pour la coopération entre la France et l'OTAN et même à l'engagement de la France chaque fois qu'elle le décidait, comme on l'a vu sur divers théâtres.


Alors pourquoi cette rupture ? On nous dit qu'elle va permettre à la fois de débloquer la défense européenne et d'"européaniser l'Alliance", et que nous aurons plus d'influence. Peut-on croire que la concrétisation de la défense européenne se soit ainsi seulement heurtée à la méfiance de nos partenaires européens envers les arrière-pensées de la France, et qu'il suffirait de les rassurer ? A aucun moment les Européens n'ont manifesté d'appétence pour une défense vraiment européenne. Ils ne veulent pas consacrer plus de crédits à la défense. Ils ne veulent pas faire double emploi avec l'OTAN.


Ils ne veulent pas assurer des responsabilités trop risquées. Ils se cantonnent, sous le label de "défense européenne", à des actions périphériques ou secondaires menées comme une sous-traitance. Soit un classique partage du fardeau. Ils ne veulent pas irriter le Pentagone (qui déjà, au moment du Kosovo, avait détesté l'obligation de consultations entre alliés).


Si la méfiance antifrançaise avait été autre chose qu'un prétexte, elle aurait été dissipée après le sommet de Saint-Malo il y a plus de dix ans, et un état major autonome pour concevoir et mettre en oeuvre la PESD aurait déjà vu le jour... Gageons que notre changement n'y changera rien. Ces avancées de la défense européenne nous ont déjà été présentées en dix mois comme une condition préalable, puis comme une démarche parallèle et maintenant comme une conséquence espérée de notre réintégration. Demain comme un regret ? Ou comme un leurre ? La défense européenne avançant sur deux pieds - l'OTAN et l'UE - évoque le mythique dahu !


Mais on met également en avant l'européanisation de l'Alliance qui découlerait de l'obtention de postes importants pour des Français dans la hiérarchie de l'OTAN, comme Jacques Chirac l'avait tenté en 1995-1997 avant de constater son échec et que le gouvernement Jospin ne stoppe cette tentative. On parle pour la France de commandements de moyenne importance à Norfolk et à Lisbonne. Mais de toute façon est-ce que la nationalité des officiers qui reçoivent et transmettent les instructions du Pentagone a de l'importance, sans changement radical des modes de décision au sein de l'Alliance, ce que rien ne permet d'espérer, même aujourd'hui ?


Ce n'est pas parce que cette réintégration, conçue sous Georges Bush, prendrait effet sous le charismatique Obama, que les réalités transatlantiques disparaîtraient. L'administration américaine actuelle est plus aimable, mais a-t-elle une autre conception de l'Alliance ? Rien ne l'indique. Quant à l'influence accrue, on n'aurait aucun mal à citer un exemple d'influence qu'aurait exercée de l'intérieur un allié dans l'Alliance du fait de sa complète intégration. Notons enfin que même les plus ardents défenseurs de ce revirement n'osent mettre en avant les éventuels avantages industriels pour notre pays compte tenu des rapports de force évidents. Les militaires eux-mêmes seraient partagés en ce qui concerne les avantages et les inconvénients de l'opération.


L'européanisation, la création d'un pilier européen de l'Alliance, ce serait tout autre chose : la création d'un vrai "caucus européen" au sein de l'Alliance. C'est en son sein, avant de discuter avec les Américains, que nous devrions examiner s'il est raisonnable de continuer d'élargir l'Alliance (c'est un sujet très sérieux : l'engagement de l'article 5 est contraignant), comme de ne plus fixer aucune limite géographique à ses interventions. Est-il acceptable d'assister impuissants au développement d'une stratégie de bouclier peu cohérente ?


Tout cela est dangereux et, jusqu'ici, nous n'avons eu aucun poids dans les décisions. Si les Européens obtenaient, du fait du retour de la France, de pouvoir parler dans l'Alliance, et décider en partenariat avec Washington de l'Afghanistan, de la Géorgie, de l'Ukraine, du bouclier, du désarmement stratégique, de la Russie etc., alors oui, cela serait une alliance nouvelle, à deux piliers. Les autorités françaises ont-elles une aussi grande ambition ? Croient-elles vraiment qu'elles auront plus de poids pour une telle révolution après s'être réintégrées ? Les avantages sont donc incertains et problématiques. Les inconvénients politiques sont évidents : envoyer au monde un signal de réalignement de la France, qui sera politiquement interprété comme tel, avec le déclassement et les risques qui en résulteront. On nous dit : c'est symbolique puisque nous sommes déjà presque entièrement intégrés !


Eh bien oui, c'est symbolique, symbolique d'une volonté de normalisation qui, une fois la décision mise en oeuvre, développerait par un effet d'engrenage tous ses effets. Il semble bien que la décision soit fondée sur des considérations idéologiques, atlantistes ou occidentalistes, comme on voudra : mettre fin à une "anomalie" au sein de la famille occidentale. On peut souhaiter autre chose pour la France. Il est encore temps d'en débattre.

Tribune libre de Hubert VEDRINE

Source Le Monde

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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 11:10
La crise financière mondiale  frappe durement les pays pauvres, y compris ceux de l'Afrique  subsaharienne, estime Dominique Strauss-Kahn, le Directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

Il a appelé la communauté internationale à agir d'urgence et avec générosité pour éviter que la crise n'ait des effets qui risqueraient d'être dévastateurs pour les pays les plus  vulnérables, selon un communiqué du FMI publié hier mardi.

"Après avoir frappé d'abord les pays avancés puis les pays  émergents, la crise financière mondiale touche aujourd'hui, dans  une troisième vague, les pays les plus pauvres et les plus vulnérables du monde", a déclaré Dominique Strauss-Kahn lors de la  présentation d'une nouvelle étude du FMI intitulée "L'impact de la crise financière sur les pays à faible revenu".

"Cela remet en question les progrès considérables accomplis par de nombreux pays à faible revenu au cours de la décennie écoulée", a-t-il dit.

Selon l'étude du FMI, plus de 20 pays sont particulièrement  vulnérables aux effets de la crise qui sévit actuellement. Au  moins 25 milliards de dollars de financements concessionnels  urgents seront nécessaires cette année pour répondre aux besoins  de la plupart des pays touchés, mais cette somme pourrait être  bien plus élevée compte tenu des risques considérables de voir les perspectives de l'économie mondiale se dégrader encore plus que  prévu et de la possibilité que de nouveaux pays soient touch és  tandis que la crise s'aggrave, avertit le FMI.

"Les bailleurs de fonds bilatéraux doivent veiller à ce que  les flux d'aide soient revus à la hausse et non à la baisse", a  déclaré Dominique Strauss-Kahn.

"Au moment où les pays avancés dépensent des centaines de  milliards de dollars pour les mesures de relance budgétaire et la  restructuration du secteur financier, nous devons trouver les  moyens de venir en aide aux pays à faible revenu", a-t-il souligné.

Dominique Strauss-Kahn a averti qu'une baisse de la croissance  pourrait avoir des conséquences graves pour la pauvreté et, peut- être, pour la stabilité politique.Il a affirmé qu'il entendait doubler les capacités de prêts concessionnels du FMI, ajoutant que le FMI réfléchissait aux  moyens d'introduire une plus grande souplesse dans l'octroi de  prêts aux pays à faible revenu.

Les perspectives économiques des pays à faible revenu se sont  détériorées sensiblement.Selon les dernières prévisions du FMI, la croissance dans ces  pays s'établira juste au-dessus de 4% en 2009, soit plus de 2  points de pourcentage au-dessous du taux prévu il y a un an, et ce chiffre risque fortement d'être revu à la baisse.Cela signifie que, dans bien des pays les plus pauvres du monde, le revenu par habitant stagnera cette année, dans le meilleur des  cas, et diminuera même peut-être, estime le FMI.

Selon l'étude du FMI, la crise mondiale pèse lourdement sur les exportations des pays à faible revenu, ainsi que sur les entrées  d'investissement direct étranger et les envois de fonds des  travailleurs à l'étranger, qui étaient devenus des sources de  financement importantes ces dernières années.

En conséquence, beaucoup de pays vont enregistrer une forte  baisse de leurs recettes budgétaires.Si la croissance mondiale et les conditions de financement continuent de se détériorer, le nombre de pays vulnérables  pourrait presque doubler, alors que les besoins de financement  supplémentaires pourraient s'élever à près de 140 milliards de  dollars, indique le FMI.

Source FMI
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 14:11

"Le président de la République française ne peut décidément pas réprimer l'irrésistible envie de se faire valoir, ce qui gâche les meilleures intentions. Dire que la France propose une collaboration sans limites avec l'Irak n'a, dans dans l'état actuel de sa présence, aucun sens", a déclaré à l'AFP le Jean Christophe Cambadélis, Secrétaire national du PS aux affaires internationales.

"C'est une rodomontade qui sera sans lendemain et qui abîme la voix de la France", ajoute-t-il, pour qui "Nicolas Sarkozy sait que la France ne sera pas le partenaire principal de ce pays".

Arrivé mardi matin dans la capitale irakienne pour une visite surprise, le président français a proposé au gouvernement irakien une "collaboration sans limites" pour la reconstruction du pays, notamment dans les domaines économique et de la sécurité.


Source AFP

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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 09:08

Le plan de relance américain soutenu par Barack Obama a franchi lundi une étape décisive au Sénat, où il devrait finalement être adopté mardi. Restera à réconcilier cette version avec celle, différente, déjà votée par la Chambre des représentants. Barack Obama a rappelé lundi l’urgence de voir ce plan adopté, brandissant le spectre d’un marasme économique durable.

Le gigantesque plan de relance économique américain, soutenu par le président Barack Obama, a franchi lundi une étape décisive au Sénat qui a voté la clôture des débats par 61 voix contre 36, avant une éventuelle adoption mardi.

Les démocrates du Sénat, qui contrôlent 58 sièges sur 100, avaient besoin des voix d’au moins deux républicains pour atteindre les 60 voix nécessaires afin de boucler les débats. Cette victoire de procédure des démocrates ouvre la voie à son adoption mardi par la chambre haute.

Réconcilier deux projets

Le plan de relance devrait obtenir les voix de la majorité démocrate et celles de trois sénateurs républicains. Son coût est de 780 milliards de dollars auxquels s’ajouteront deux amendements supplémentaires faisant monter le coût total à quelque 838 milliards, selon les derniers chiffres du bureau du budget du Congrès.

Si le texte est adopté par le Sénat, il devra être réconcilié avec celui déjà adopté par la Chambre des représentants fin janvier, et qui se monte à 819 milliards de dollars. Les deux versions diffèrent sensiblement et les querelles auxquelles elles ont donné lieu dans chaque chambre entre les amis démocrates de Barack Obama et ses adversaires républicains promettent une tâche ardue. Or Barack Obama veut avoir le texte sur son bureau avant le 16 février.

Le président américain a prédit lundi une «catastrophe» si le Congrès ne lui transmettait pas, dès «cette semaine», un plan de relance pour promulgation. Barack Obama a brandi le spectre d’une décennie sans croissance («lost decade»)comme l’a connue le Japon dans les années 90.


Campagne à l’ancienne

Trois semaines après avoir prêté serment, Barack Obama a renoué avec les pratiques de la campagne et pris à témoins de l’urgence de la situation les habitants d’une petite localité manufacturière de l’Indiana durement touchée par la récession. Dans la soirée, il a largement consacré sa première conférence de président au plan.

«Les atermoiements sans fin ou la paralysie à Washington devant cette crise ne feront que causer une catastrophe plus grande», a-t-il dit plus tôt lors d’une réunion publique à Elkhart, une localité d’environ 50’000 personnes où le chômage est passé de 4,7% l’an dernier à plus de 15% aujourd’hui selon la Maison Blanche.

A Washington comme à Elkhart, Barack Obama a rappelé la perte de 3,6 millions d’emplois aux Etats-Unis depuis le début de la crise et s’est livré à une nouvelle défense vigoureuse du plan censé sauver ou créer trois à quatre millions d’emplois en deux ans. «Ne rien faire n’est pas un option, de mon point de vue», a-t-il lancé.

Plan détaillé mardi

Barack Obama a souligné que ce plan n’était que l’une des initiatives face à la crise. Son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, doit dévoiler mardi des mesures pour faire à nouveau circuler le crédit vers les entreprises et les particuliers et relancer l’investissement et la consommation.

Barack Obama a promis de travailler avec les banques en difficultés pour «nettoyer les comptes» et débloquer le flux du crédit et a aussi laissé entendre l’annonce prochaine de mesures pour l’immobilier, d’où la crise est partie.

 

Source Le Temps


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Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /Jan /2009 13:46
Quelle journée incroyable!

Il y a des moments dans la vie qu'on n'oubliera jamais. Celui-ci, ce 20 janvier 2009 en était.

Nous sommes partis pour le Mall vers 9h et sommes arrivés au pied du Washington Monument vers 10h1/2 tant la foule était déjà dense dans un Washington piéton comme je ne l'avais jamais vu.

Serrés les uns contre les autres, le vent semblait moins froid (un wind chill de -15 aujourd'hui). Mais quand le soleil est passé derrière l'obélisque, l'ombre était glaciale.
Deux millions de personnes, parait-il, étaient là, entre le Capitole et le Lincoln Memorial: 3kms, 3kms1/2 de foule compacte, emmitouflée, joyeuse, mélangée. Beaucoup avaient des sacs de couchage et avaient dormi sur place. Pour passer le temps, on discutait avec les voisins, on saluait par des BOOO... ou des applaudissements les personnages qui défilaient sur l'écran qui était à 200 mètres de nous.

Applaudis, Carter, les Clinton, Ted Kennedy qui avait l'air vaillant, bien que quelques heures plus tard, il ait été évacué du déjeuner à cause d'une nouvelle attaque cérébrale. Cet homme, frère des deux disparus, jeune fêtard déshonoré il y a 35 ans par la terrible affaire de Chappaquiddick  - où son assistante avait trouvé la mort dans la voiture qu'il conduisait et qui était tombée dans l'eau sans qu'il la secoure, tellement il avait bu ou tellement il avait peur -, est devenu l'un des hommes les plus respectés des Etats-Unis. Un formidable législateur qui a passé sa vie au Congrès à faire oublier ses erreurs de jeunesse.

L'ambiance était telle que même la bénédiction du Révérend Warren qui m'était fondamentalement antipathique pour ses prises de position homophobes et contre l'avortement, m'a parue de qualité.

Evidemment, l'apparition de Bush a été sifflée. Que dire de celle de Dick Cheney, qui est arrivé - ô symbole, là aussi - en chaise roulante. Fin sans grâce d'une présidence désastreuse.

Et Obama vint. Ainsi que la belle Michelle dans une tenue un peu dorée à mon goût mais qui lui allait bien tant elle a de l'allure. Les deux petites étaient à croquer et Obama à son arrivée, avait le port de tête altierde celu  qui sentait la gravité de l'instant et déjà , me semble-t-il, la solitude du pouvoir.

Aretha Franklin (Madame Aretha Franklin devrais-je dire), Itszak Perlman, un des meilleurs violonistes du monde et YoYo Ma, le meilleur violoncelliste depuis Rostropovitch, ça nous avait une autre allure que Enrico, Mireille et Barbelivien - qu'ils me pardonnent! Dommage qu'ils aient joué du John Williams, sorte de soupe musicale, qui n'était à la hauteur ni de l'événement, ni des interprètes... Ils auraient pu jouer du Bernstein ou du Gershwin, cela aurait été autre chose... Enfin... Le soleil était revenu derrière la colonne et on avait un peu moins froid.

La prestation de serment et le discours, vous l'avez tous vu dans le monde, tous lu, j'imagine... J'ai bien aimé le message au monde, d'une Amérique amie du monde musulman, mais forte pour se défendre.
Oserai-je dire - sans casser l'Obamania - que j'ai quand même trouvé son discours un peu moins beau que celui du 4 novembre dans la nuit de Chicago où tout le monde pleurait? Il restera une phrase forte: peu importe qu'un gouvernement (au sens de l'administration) soit nombreux ou resserré, l'important c'est qu'il soit efficace. Faire, agir, pour le plus grand nombre dans l'intérêt du plus grand nombre, c'est à cela qu'il sera jugé. Yes, we will! Yes, he's gotta do it!

Notre fin d'équipée fut moins grandiose et un peu fatigante: nous nous sommes retrouvés coincés, au coin de Constitution et de la 16ème -  - facilement à 50.000 personnes - entre les sanisettes et les grillages que d'audacieux ont fini par renverser et piétiner pour qu'on ne finisse pas étouffés.
La remontée par la 18ème rue fut épique tant la foule était dense  et le retour home fut long et gelé (ah les pieds!).

Rentrés, fourbus, assaillis par des amis affamés et glacés eux aussi. L'après midi s'est terminée devant la télé qui nous montrait la remontée de Pennsylvania du couple présidentiel, radieux, tantôt en voiture, tantôt à pied, malgré le vent glacial.

Et les gens, si sages et silencieux pendant la cérémonie sur le Mall, laissaient éclater leur joie, comme un jour de Libération, dans une sorte de grondement ininterrompu tout au long du parcours.


Evidemment on a acheté des mugs, des sacs, des affiches, des pin's, des tapis de souris à l'effigie du Grand Leader. Le culte de la personnalité, ça va pour une journée. Demain, Mr President, au boulot. Dans "West wing", on n'aurait pas fini la parade sans une crise internationale à régler: heureusement, on attendra peut-être quelques jours.

Once in a life time...

Anne SINCLAIR
Source annesinclair.typepad.fr
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Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /Jan /2009 10:56
Socialisme & Démocratie 32 reproduit l'intégralité du discours d'investiture de Barack OBAMA, 44ème Président des Etats-Unis.

«Chers compatriotes

Je suis ici devant vous aujourd’hui empli d’un sentiment d’humilité face à la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m’avez témoignée et conscient des sacrifices consentis par nos ancêtres.

Je remercie le président Bush pour ses services rendus à la nation ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette passation de pouvoirs.

Quarante-quatre Américains ont maintenant prêté le serment présidentiel. Ils l’ont fait alors que gonflait la houle de la prospérité sur les eaux calmes de la paix. Mais il arrive de temps à autre que ce serment soit prononcé alors que s’accumulent les nuages et que gronde la tempête.

Dans ces moments, l’Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de l’habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution.

Ainsi en a-t-il toujours été. Ainsi doit-il en être pour la présente génération d’Américains.

«Notre nation est en guerre»

Nul n’ignore que nous sommes au beau milieu d’une crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l’irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. Des gens ont perdu leur maison ou leur emploi, des entreprises ont dû fermer leurs portes. Notre système de santé coûte trop cher. Nos écoles laissent tomber trop d’enfants et chaque jour apporte de nouvelles preuves que la façon dont nous utilisons l’énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.

Ce sont les signes de la crise en termes statistiques. Mais, si elle n’est pas aussi tangible, la perte de confiance dans tout le pays n’en est pas moins profonde, nourrie de la crainte tenace que le déclin de l’Amérique soit inévitable et que la prochaine génération doive diminuer ses ambitions.

Je vous dis aujourd’hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous les relèverons.

En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l’espoir à la peur, la volonté d’agir en commun au conflit et à la discorde.

En ce jour nous proclamons la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés qui ont pendant trop longtemps étouffé notre vie politique.

«Tous égaux, tous libres»

Nous demeurons une jeune nation. Mais pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur.

Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur n’est jamais donnée mais se mérite. Dans notre périple nous n’avons jamais emprunté de raccourcis et ne nous sommes jamais contentés de peu. Cela n’a jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité.

Au contraire, ce sont plutôt ceux qui ont pris des risques, qui ont agi et réalisé des choses - certains connus, mais le plus souvent des hommes et des femmes anonymes - qui nous ont permis de gravir le long et rude chemin vers la prospérité et la liberté.

Pour nous, ils ont rassemblé leurs maigres possessions et traversé des océans en quête d’une vie nouvelle.

Pour nous, ils ont trimé dans des ateliers de misère et colonisé l’Ouest. Ils ont connu la morsure du fouet et la dureté du labeur de la terre.

Pour nous, ils se sont battus et sont morts dans des lieux comme Concord et Gettysburg, en Normandie ou à Khe-Sanh (Vietnam, ndlr).

A maintes reprises ces hommes et ces femmes se sont battus, se sont sacrifiés, ont travaillé à s’en user les mains afin que nous puissions mener une vie meilleure. Ils voyaient en l’Amérique quelque chose de plus grand que la somme de leurs ambitions personnelles, que toutes les différences dues à la naissance, la richesse ou l’appartenance à une faction.

C’est la voie que nous poursuivons aujourd’hui. Nous demeurons la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu’au début de la crise. Nos esprits ne sont pas moins inventifs, nos biens et services pas moins demandés que la semaine dernière, le mois dernier ou l’an dernier. Nos capacités demeurent intactes. Mais il est bien fini le temps de l’immobilisme, de la protection d’intérêts étroits et du report des décisions désagréables.

«Reprendre la tâche de la refondation de l'Amérique»

A partir d’aujourd’hui, nous devons nous relever, nous épousseter et reprendre la tâche de la refondation de l’Amérique.

Où que nous regardions, il y a du travail. L’état de l’économie réclame des gestes audacieux et rapides. Et nous agirons - non seulement pour créer de nouveaux emplois mais pour jeter les fondations d’une nouvelle croissance. Nous allons construire les routes et les ponts, les réseaux électriques et numériques qui alimentent notre commerce et nous unissent.

Nous redonnerons à la science la place qu’elle mérite et utiliserons les merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et diminuer leur coût.

Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos automobiles et tourner nos usines. Nous transformerons nos écoles et nos universités pour répondre aux exigences d’une ère nouvelle. Nous pouvons faire tout cela et nous le ferons.

Cela dit, il y a des gens pour s’interroger sur l’ampleur de nos ambitions, et suggérer que notre système n’est pas capable de faire face à trop de grands projets à la fois. Ils ont la mémoire courte. Ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli, ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser quand l’imagination sert un objectif commun et que le courage s’allie à la nécessité.

Ce que les cyniques ne peuvent pas comprendre, c’est que le sol s’est dérobé sous leurs pieds et que les arguments politiques rancis auxquels nous avons eu droit depuis si longtemps, ne valent plus rien. La question aujourd’hui n’est pas de savoir si notre gouvernement est trop gros ou trop petit, mais s’il fonctionne - s’il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire décent, à accéder à des soins qu’ils peuvent se permettre et à une retraite digne. Là où la réponse à cette question est oui, nous continuerons. Là où la réponse est non, nous mettrons un terme à des programmes.

Et ceux d’entre nous qui gèrent les deniers publics seront tenus de dépenser avec sagesse, de changer les mauvaises habitudes, de gérer en pleine lumière - c’est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l’indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement.

«Le marché peut devenir incontrôlable»

La question n’est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu’une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n’est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l’étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c’est la meilleure voie vers le bien commun.

En ce qui concerne notre défense à tous, nous rejettons l’idée qu’il faille faire un choix entre notre sécurité et nos idéaux. Nos Pères fondateurs, face à des périls que nous ne pouvons que difficilement imaginer, ont mis au point une charte pour assurer la prééminence de la loi et les droits de l’Homme, une charte prolongée par le sang de générations. Ces idéaux éclairent toujours le monde, et nous ne les abandonnerons pas par commodité.

A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd’hui, depuis les plus grandes capitales jusqu’au petit village où mon père est né (au Kenya, ndlr): sachez que l’Amérique est l’amie de chaque pays et de chaque homme, femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant.

Rappelez-vous que les précédentes générations ont fait face au fascisme et au communisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des alliances solides et des convictions durables. Elles ont compris que notre puissance ne suffit pas à elle seule à nous protéger et qu’elle ne nous permet pas d’agir à notre guise. Au lieu de cela, elles ont compris que notre puissance croît lorsqu’on en use prudemment; que notre sécurité découle de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et des qualités modératrices de l’humilité et de la retenue.

Nous sommes les gardiens de cet héritage. Une fois de plus guidés par ces principes, nous pouvons répondre à ces nouvelles menaces qui demandent un effort encore plus grand, une coopération et une compréhension plus grande entre les pays.

«Réduire la menace nucléaire»

Nous allons commencer à laisser l’Irak à son peuple de façon responsable et forger une paix durement gagnée en Afghanistan. Avec de vieux amis et d’anciens ennemis, nous allons travailler inlassablement pour réduire la menace nucléaire et faire reculer le spectre du réchauffement de la planète.

Nous n’allons pas nous excuser pour notre façon de vivre, ni hésiter à la défendre, et pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que notre résolution est plus forte et ne peut pas être brisée; vous ne pouvez pas nous survivre et nous vous vaincrons.

Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d’hindous, et d’athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l’amertume d’une guerre de Sécession et de la ségrégation (raciale), et émergé de ce chapitre plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité commune doit se révéler, et que les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l’élan d’une nouvelle ère de paix.

Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l’intérêt et le respect mutuels. A ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l’Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire.

«Nourrir les corps affamés et les esprits voraces»

A ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l’histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer votre étau.

Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l’eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces.

Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d’une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d’être indifférents aux souffrances à l’extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.

Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec une humble gratitude ces braves Américains qui, à cette heure précise, patrouillent dans des déserts reculés et des montagnes éloignées. Ils ont quelque chose à nous dire aujourd’hui, tout comme les héros qui reposent (au cimetière national) à Arlington nous murmurent à travers les âges.

Nous les honorons non seulement parce qu’ils sont les gardiens de notre liberté, mais parce qu’ils incarnent l’esprit de service, une disponibilité à trouver une signification dans quelque chose qui est plus grand qu’eux. Et à ce moment, ce moment qui définira une génération, c’est précisément leur esprit qui doit tous nous habiter.

Quoi qu’un gouvernement puisse et doive faire, c’est en définitive de la foi et la détermination des Américains que ce pays dépend. C’est la bonté d’accueillir un inconnu lorsque cèdent les digues, le désintéressement d’ouvriers qui préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi, qui nous permet de traverser nos heures les plus sombres.

C’est le courage d’un pompier prêt à remonter une cage d’escalier enfumée, mais aussi la disponibilité d’un parent à nourrir un enfant, qui décide en définitive de notre destin.

Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l’honnêteté, le courage et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme, sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont été la force tranquille du progrès qui a sous-tendu notre histoire. Ce qui est requis, c’est un retour à ces vérités. Ce qui nous est demandé maintenant, c’est une nouvelle ère de responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Américain, que nous avons des devoirs envers notre pays et le monde, des devoirs que nous n’acceptons pas à contrecoeur mais saisissons avec joie, avec la certitude qu’il n’y a rien de plus satisfaisant pour l’esprit et qui définisse notre caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile.

C’est le prix, et la promesse, de la citoyenneté.

C’est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain.

«O Etats-Unis...»

C’est la signification de notre liberté et de notre credo, c’est la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes les races et de toutes les croyances peuvent se réjouir ensemble sur cette magnifique esplanade, et pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n’aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré.

Donc marquons ce jour du souvenir, de ce que nous sommes et de la distance que nous avons parcourue. Aux temps de la naissance des Etats-Unis, dans les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes s’est blotti autour de feux de camp mourants, au bord d’une rivière glacée. La capitale fut abandonnée. L’ennemi progressait. La neige était tachée de sang. Au moment où l’issue de notre révolution était la plus incertaine, le père de notre nation (George Washington, nldr) a donné l’ordre que ces mots soits lus: «Qu’il soit dit au monde du futur, qu’au milieu de l’hiver, quand seul l’espoir et la vertu pouvaient survivre, que la ville et le pays, face à un danger commun, (y) ont répondu».

O Etats-Unis. Face à nos dangers communs, dans cet hiver de difficultés, rappelons-nous ces mots éternels. Avec espoir et courage, bravons une fois de plus les courants glacés, et supportons les tempêtes qui peuvent arriver. Qu’il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à l’épreuve, nous avons refusé de voir ce parcours s’arrêter, nous n’avons pas tourné le dos ni faibli. Et avec les yeux fixés sur l’horizon et la grâce de Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et l’avons donné aux générations futures.»


Source et traduction AFP

Par SD32 - Publié dans : International
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 19:19

Après avoir prêté serment sur la Bible d'Abraham Lincoln devant une foule immense massée sur le national Mall à Washington, le nouveau président des Etats-Unis a prononcé un discours dans lequel il a dessiné les contours de sa prochaine politique.

L'Amérique est "prête à diriger" à nouveau, a assuré, mardi 20 janvier, le nouveau président américain Barack Obama lors de son discours d'investiture sur les marches du Capitole à Washington.

"A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né [au Kenya, ndlr]: sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme, femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger à nouveau", a déclaré Barack Obama devant la foule rassemblée devant le Capitole et qui comptait plus de deux millions de personnes.

Barack Obama faisait allusion aux huit années de gouvernement Bush ayant mis à mal l'image des Etats-Unis dans le monde.

"Une nouvelle approche"

Après avoir prêté serment, le 44e président des Etats-Unis a évoqué les Pères Fondateurs de la nation américaine dont les "idéaux éclairent toujours le monde". Barack Obama a promis de ne pas abandonner ces idéaux "par opportunisme" politique, et a refusé de faire "le choix entre la sécurité et nos idéaux".

Il a proposé au monde musulman "une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels", dans son discours d'investiture mardi à Washington. "Vis-à-vis du monde musulman, nous cherchons une nouvelle approche fondée sur l'intérêt et le respect mutuels", a déclaré Barack Obama.

Mais le premier président noir des Etats-unis s'est adressé aux "dirigeants du monde qui cherchent à semer le conflit ou à accuser l'Occident des problèmes de leur société" : "Sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous serez capable de bâtir, pas de détruire", a-t-il dit. "A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la tromperie, sachez que vous n'allez pas dans le sens de l'Histoire, mais sachez aussi que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à relâcher votre emprise", a-t-il ajouté.

"Nous vous vaincrons"

Barack Obama a ensuite prévenu les extrémistes du monde entier qu'ils ne réussiraient pas à affaiblir les Etats-Unis qui "les vaincront", dans son discours d'investiture mardi à Washington. "Nous n'allons pas nous excuser de notre façon de vivre, nous n'hésiterons pas non plus à la défendre", a déclaré Barack Obama dans son premier discours de président devant des centaines de milliers de personnes rassemblées pour l'acclamer.

"Et à ceux qui tentent de défendre leurs objectifs par le terrorisme et le massacre d'innocents, nous disons que notre courage est plus grand et ne faiblira pas", a-t-il ajouté. "Vous ne nous survivrez pas, nous vous vaincrons", a-t-il martelé.

L'économie "gravement affaiblie"

L'économie américaine est "gravement affaiblie", a encore estimé Barack Obama, dénonçant dans son discours d'investiture "la cupidité et l'irresponsabilité de certains".

"Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de la responsabilité de certains, mais aussi de notre incapacité collective à faire les choix nécessaires pour préparer notre pays à une nouvelle ère", a déclaré Barack Obama dans son premier discours de président sur les marches du Capitole à Washington.
"Un pays ne peut prospérer longtemps en ne favorisant que les plus prospères", a-t-il averti.

"L'état de notre économie exige une action audacieuse et rapide et nous allons agir, non seulement pour créer des emplois mais pour jeter des bases nouvelles pour la croissance", a promis le 44e président, qui prépare un plan de relance colossal évalué à 825 milliards de dollars.

Source AFP
Par SD32 - Publié dans : International
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 19:12

Tout au long de son parcours vers la Maison Blanche, Barack Obama a multiplié les clins d’oeil à Abraham Lincoln, qui a lui aussi débuté sa carrière politique dans l’Illinois, à Springfield précisément. C’est donc là que Barack Obama a annoncé sa candidature en février 2007 : “Et c’est pour cela que, dans l’ombre du Old State Capital, où Lincoln a appelé une chambre divisée à s’unifier, où nos espoirs et nos rêves communs sont toujours vivants, je me présente devant vous pour vous annoncer ma candidature à la présidence des Etats-Unis.”

Obama ne cache pas son admiration pour le 16eme président des Etats-Unis, qui a aboli l’esclavage. Les similitudes entre les deux hommes sont assez nombreuses pour être notées. Tous deux écrivent leurs discours, comme celui prononcé par Barack Obama sur la question raciale à Philadephie. Et comme Lincoln, Obama a prôné le rassemblement en dépassant l’esprit partisan.

“Ce sont tous les deux des petits gars issus de l’Illinois, avec peu d’expérience au parlement, qui sont venus de nulle part pour remporter les primaires et la présidence, rappelle cet historien. Tous deux sont avocats, tous deux ont passé peu de temps au parlement, et tous deux sont montés en flèche grâce à leurs qualités oratoires”.

Autre point commun, leur stratégie politique. Obama a choisi parmi ses anciens rivaux pour former son équipe. En nommant Hilary Clinton, Obama marche sur les pas de Lincoln qui avait lui aussi nommé secrétaire d’Etat un sénateur de New York précédemment battu.

Et pour pousser encore plus loin le parallèle avec Lincoln, Barack Obama a choisi de refaire le même parcours en train entre Philadelphie, capitale de la Déclaration d’indépendance, Baltimore, la ville des esclaves libérés, et Washington. Enfin c’est sur la Bible de Lincoln que Barack Obama sera investi en prêtant serment…

Mais attention aux anachronismes, les historiens mettent en garde le 44e président des Etats-Unis :
“Obama doit faire attention à ne pas se laisser piéger par ces parallèles historiques, parce qu’aucune période contemporaine n’est la réplique exacte d’une période passée”.

Mais il est vrai qu’une dernière similitude existe : Lincoln avait pris le pouvoir à la veille de la Guerre de Sécession. Obama doit, lui, faire face à la crise financière et à la crise de confiance dont sont victimes les Etats-Unis dans le monde.

Par SD32 - Publié dans : International
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