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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 10:37

Dans un entretien exclusif accordé à Darius Rochebin ( sur TSR Info ) le 23 novembre, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI),  Dominique Strauss-Kahn, évoque la crise financière qui secoue l'Irlande ou la Grèce après plusieurs pays européens. DSK considère que la planète est dans la "deuxième phase de la crise, moins aiguë mais toujours persistante. Il est erroné de croire que la crise est derrière nous." Selon le directeur du FMI, qui souligne la place grandissante des pays émergents, "L'Europe est dans une situation difficile par rapport au reste du monde".

 

 

 

Le patron du FMI parle aussi de lui et de son intérêt pour les nouvelles technologies. Quant aux attentes qu'il suscite au sein du peuple de gauche en France en vue d'une éventuelle candidature à l'élection présidentielle, Dominique Strauss-Kahn temporise...

 

 

 

Dominique Strauss-Kahn sera le 8 décembre le prochain grand invité des "Rendez-vous de Genève", organisés par l'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR). Son directeur général Carlos Lopes explique les raisons du choix qui s'est "naturellement" porté sur Dominique Strauss-Kahn.

 



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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 11:37

dsk 12102010 Si le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), Dominique Strauss-Kahn reste muet quant à ses intentions pour l'élection présidentielle française de 2012, il a en revanche une vision assez nette de que doit être l'Europe de demain.

 

A l'occasion d'un discours prononcé ce vendredi à Francfort lors de l'European Banking Congress, il a regretté une gouvernance de la zone euro " inadéquate " qui a rendu les choses encore " pires ". " Les institutions (NDLR : de la zone) n'ont tout simplement pas été à la hauteur pour gérer la crise même si l'adoption de solutions temporaires s'est révélée être un processus de longue haleine.

 

Au bout du compte, elles ont fait ce qu'elles devaient faire mais la crise de la dette souveraine n'est pas terminée ", a-t-il indiqué avant d'ajouter que les " rouages de la coopération se meuvent trop lentement ".

 

Pour résumer, l'actuel directeur général du FMI pointe sur le Vieux Continent un manque de dimension vraiment européenne. Cette dernière semble également absente des débats concernant la gouvernance budgétaire, les déséquilibres commerciaux internes de la zone euro ou encore des réformes du marché du travail.


Sur l'emploi, Dominique Strauss-Kahn regrette que les Européens n'atteignent pas la totalité de leur potentiel. Résultat, le niveau de vie des européens a cessé de s'améliorer. " Par extension, ce fait reflète le choix social, de manière consciente, de travailler moins (…) revers de la médaille, le chômage en Europe est de manière chronique élevé ". L'une des clés de ce constat réside dans le fait que les institutions du marché de l'emploi ont tendance à récompenser les " privilégiés (NDLR : les salariés) au détriment des exclus (les chômeurs) ". Dominique Strauss-Kahn, plaide donc pour le lancement de l'initiative " Marché Unique de l'emploi " au niveau européen s'inspirant du Marché Unique où biens et services circulent librement. La zone euro est handicapée par un marché du travail segmenté.

 

" Ces barrières exacerbent les fortunes économiques divergentes qui menacent la zone euro aujourd'hui " a-il jugé. Il est donc temps de créer un champ d'action véritablement européen pour les salariés en particulier dans le domaine de la taxation des revenus du travail, les systèmes de sécurité sociale et la législation sur le chômage. Pour compléter ces efforts, l'Europe doit consacrer plus de ressources à la recherche et à l'éducation, si elle veut combler son retard par rapport aux Etats-Unis.


De même Dominique Strauss-Kahn plaide-t-il pour une croissance plus équilibrée entre les pays membres. " Pour que la croissance soit soutenue, les déficits des comptes courants de certains pays doivent être réduits et parallèlement, dans d'autres pays tels que l'Allemagne, la croissance doit être plus tirée par la demande intérieure ".


A l'heure où les pays de la zone euro font face à une crise de leur dette souveraine, le directeur général du FMI estime que " la solution la plus ambitieuse serait de créer une autorité budgétaire centralisée avec un indépendance politique comparable à celle de la Banque Centrale Européenne. " Cette autorité établirait pour chaque pays sa politique budgétaire et allouerait des ressources à partir d'un budget central (…) ". Cependant, " un tel bond en avant vers l'intégration politique européenne apparaît improbable à court terme ".

 

D'ou deux solutions plus réalistes : la première serait d'enlever au Conseil européen la responsabilité de veiller à la discipline budgétaire des pays membres. Ce qui aurait l'avantage de réduire le risque d'interférence des intérêts nationaux. A la place, la Commission européenne, en tant que gardienne des traités pourrait jouer ce rôle.

 

Deuxièmement, Dominique Strauss-Kahn plaide pour une augmentation des ressources budgétaires centralisée propres à l'Union européenne. Ce qui impliquerait d'aller au delà du budget européen tel qu'il est réalisé aujourd'hui et de créer, par exemple, des ressources communautaires plus larges à l'instar d'une TVA européenne ou d'une taxe carbone.

 

Source Les Echos

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Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 11:30

Ce matin , Dominique Strauss-Kahn était l'invité exceptionnel de France Inter

 

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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 00:15

seoul-2010.jpg Le prochain Sommet du G20 s'ouvrira le 11 novembre à Séoul sur fond d'inquiétudes sur l'économie mondiale : reprise flageolante de la croissance, montée des tensions protectionnistes, détérioration de la situation budgétaire de nombreux pays, fragilités persistantes du secteur financier. Comme l'explique Thomas Chalumeau, coordinateur du pôle "économie et finances" de Terra Nova, la résorption des déséquilibres monétaires et commerciaux devrait toutefois figurer au cœur de l'agenda. Avec une priorité immédiate : mettre un terme momentané à la querelle sur les taux de change qui fait rage depuis septembre. Et une question plus structurelle : Jusqu'où peut aller la baisse du dollar, avec ses conséquences déstabilisantes sur l'ensemble de l'économie mondiale ?

 

A plusieurs reprises ces dernières semaines, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a appelé les chefs d’Etat et de gouvernement des vingt plus grandes économies de la planète à maintenir la dynamique de coordination internationale qui a permis, jusqu’ici, de juguler la crise et de conjurer un scénario déflationniste de type années 30. Le dernier G20, à Toronto, a en effet marqué de réels signes d’essoufflement de cette dynamique. Les appels de DSK seront-ils entendus lors du prochain G20 de Séoul ?

A Séoul, les membres du G20 devraient décréter une trêve à la guerre des changes qui sévit depuis septembre et menace la reprise mondiale, appeler à nouveau à la préservation du libre-échange commercial, et acter un nouveau pas dans la réforme de la gouvernance du Fonds monétaire international.

Le G20 sera aussi l’occasion de mesurer l’avancement de l’agenda de réforme de la supervision du secteur financier, qui mêle aujourd’hui de vraies avancées et de réelles déceptions.

Un an et demi après le lancement du nouveau « cycle G20 » au Sommet de Londres en avril 2009, les déséquilibres de la croissance mondiale restent très importants. Avec trois questions fondamentales pour l’avenir.

Sur le dossier des disparités monétaires et des échanges commerciaux, comment mieux piloter en amont, sous la houlette du FMI, les « déséquilibres globaux » (global imbalances) des pays, qui menacent la croissance mondiale? C’est tout l’enjeu d’un encadrement des excédents commerciaux à un certain pourcentage du PIB souhaité par les Etats-Unis, et sur lequel la Chine réserve sa position avant ce Sommet.

Sur le terrain de la réforme financière, quels outils contraignants mettre en place pour assurer une application homogène des décisions du G20 sur les multiples chantiers lancés depuis 18 mois sur les décombres de la crise financière ?

Sur la question de la croissance, enfin, les gouvernements ont jusqu’ici répondu à la crise financière par des mesures massives de stimulation budgétaire qui se sont montées à plus de 2.600 milliards de dollars pour 2009 et 2010. Ces injections budgétaires demeurent nécessaires : les perspectives de redémarrage de la demande au niveau mondial restent faibles et d’importantes causes de la fragilité du secteur financier n’ont pas encore été traitées. Mais elles deviennent de plus en plus difficiles à maintenir, du fait du niveau critique d’endettement public atteint par de nombreux pays à travers le monde, notamment en Europe. Dans ce contexte, la définition des scénarios optimaux, entre risques pour la croissance d’une consolidation budgétaire prématurée et risques sur la dette souveraine liés à la poursuite des déficits budgétaires, sera encore au centre des débats de Séoul.

 

Lire la suite : http://www.tnova.fr/note/les-5-enjeux-majeurs-du-g20-de-s-oul

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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 14:36

dsk25032009.jpg Dominique Strauss-Kahn, Directeur Général du FMI

Mot d'ouverture à l'Institut du FMI et la Banque centrale du séminaire de haut niveau Algérie

Alger, Algérie - 4 Novembre 2010

 

C'est pour moi un grand plaisir de vous souhaiter la bienvenue à ce séminaire, que le FMI est fier de coparrainer avec la Banque d'Algérie. Je tiens à remercier le Gouverneur Laksaci de ses aimables paroles ainsi que de son soutien et de celui de ses collaborateurs, sans qui cette manifestation n'aurait pu avoir lieu. C’est aussi pour moi un honneur de partager la scène avec le Premier ministre Ouyahia, et j'écouterai avec le plus grand intérêt son analyse des défis auxquels sont confrontés aujourd'hui les pays riches en ressources naturelles.

 

Nous nous retrouvons aujourd'hui alors que l'économie mondiale se redresse tout en restant fragile. La reprise est encore modérée aux États-Unis et elle manque de dynamisme en Europe. Elle est beaucoup plus vigoureuse dans les autres régions du monde, notamment en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Et même en Afrique, de nombreux pays ont retrouvé le chemin de la croissance bien plus vite que lors des récessions précédentes. Le mérite en revient aux bonnes politiques que de nombreux pays africains ont mises en œuvre pendant les années qui ont précédé la crise.

 

Quelles politiques faut-il suivre pour affermir la reprise de l'économie mondiale? La réponse varie suivant le pays. Dans ceux où la reprise reste faible, les politiques macro-économiques doivent continuer autant que possible de soutenir l'activité. Dans les autres, une reprise plus vigoureuse signifie qu'un soutien des pouvoirs publics n'est peut-être plus nécessaire. Mais tous les pays doivent s'entendre pour mener des politiques propres à affermir la reprise globale et à promouvoir une croissance vigoureuse, stable et équilibrée de l'économie mondiale pour le moyen terme.

 

Dans le monde entier, la création d'emplois est l'une des principales tâches qui s'imposent aux autorités. C'est vrai dans les économies qui sont au cœur de la crise — où le chômage atteint des niveaux record — et dans celles où le problème du chômage sévit déjà depuis de nombreuses années. Le chômage n'est pas seulement un grand problème économique, c'est aussi un grand problème social — dont le coût humain est énorme pour tous ceux qui perdent leur emploi et pour leur famille.

 

Ce séminaire de haut niveau offre une bonne occasion d’examiner les défis particuliers auxquels sont confrontés aujourd'hui les pays riches en ressources naturelles. Les pays représentés ici sont très divers et apportent des expériences variées, ce qui devrait enrichir le débat et nous permettre d’en tirer des enseignements pour affronter les défis à venir. Je me bornerai à évoquer quelques-unes des questions qui pourraient être examinées lors de ce séminaire.

 

L'économie mondiale traverse de profondes mutations qui ont des conséquences considérables pour la demande de ressources naturelles. Au cours des années à venir, les pays émergents vont contribuer de plus en plus à la croissance de l’économie mondiale. Beaucoup de pays vont prendre des mesures pour s'adapter aux changements climatiques. Et les industries extractives vont bénéficier de nouveaux progrès technologiques. De tels changements vont naturellement avoir des répercussions sur la demande de ressources naturelles.

 

Depuis toujours, les pays exportateurs de matières premières ont la difficile tâche de gérer l’effet de la volatilité des prix de ces produits sur la stabilité macroéconomique et financière. Bien que les prix des matières premières se soient quelque peu stabilisés depuis la Grande récession, il faut s'attendre à un retour de la volatilité — c'est d'ailleurs déjà le cas sur les marchés des produits agricoles. Il est donc d'autant plus important d'appliquer les bonnes politiques macroéconomiques pour faire face à cette situation. Il va de soi que les outils financiers, notamment les stratégies de couverture, ont aussi un rôle important à jouer à cet égard.

 

Un autre défi est celui du renforcement de la compétitivité. Vous connaissez tous le «syndrome hollandais», phénomène par lequel des exportations massives de matières premières entraînent une appréciation du taux de change réel, ce qui ralentit la croissance de la productivité dans les autres secteurs de l'économie. La compétitivité s'en trouve amoindrie, ce qui freine la diversification de l'économie et rend le pays trop tributaire du secteur des ressources naturelles.

 

Mais peut-être le défi le plus fondamental est-il celui de veiller à ce que la richesse tirée des ressources naturelles soit utilisée à bon escient et partagée de façon équitable entre toutes les couches de la société. Vos pays ont la chance de posséder des richesses naturelles extraordinaires. Et pourtant, dans beaucoup d'entre eux, le chômage est élevé, surtout parmi les jeunes, et des millions de personnes continuent de vivre dans la pauvreté. Il semblerait normal que les richesses naturelles de vos pays servent à remédier aux contraintes qui pèsent sur la croissance et de développement et à créer des emplois convenables pour rehausser les niveaux de vie.

 

Il est clair que des investissements beaucoup plus importants dans le capital matériel, humain et institutionnel s’imposent pour accroître la productivité et améliorer la compétitivité. Cela devrait s’accompagner de réformes structurelles pour faire sauter les contraintes qui entravent l’entrepreneuriat et pour améliorer le climat des affaires.

 

Mais les dépenses doivent s'effectuer à un rythme mesuré. Cela permettra de préserver la stabilité macroéconomique, c'est-à-dire notamment de maintenir le taux de change réel à un juste niveau. Cela permettra aussi aux générations futures de bénéficier des recettes tirées aujourd'hui des ressources naturelles non renouvelables.

 

Des institutions solides seront indispensables pour garantir que les politiques bien conçues aient toute l'efficacité voulue. Des institutions budgétaires solides aideront à éviter des dépenses excessives en période de prospérité, et à laisser suffisamment de ressources pour les périodes moins fastes. Des institutions financières bien établies aident à gérer l’impact des afflux soudains de capitaux sur l'ensemble de l'économie. Une bonne gestion des réserves de change est un complément indispensable à cet égard.

 

Malheureusement, beaucoup de pays riches en ressources naturelles sont dépourvus d'institutions solides. De ce fait, les résultats économiques d'un grand nombre d'entre eux sont très décevants. Pire encore : la manne des ressources naturelles est trop souvent devenue une malédiction en engendrant des conflits.

 

La gestion responsable des richesses naturelles repose avant tout sur un ferme attachement à la bonne gouvernance. La bonne gouvernance aide à ce que les recettes provenant des matières premières profitent à toute la société. C'est la raison pour laquelle il est si important que les institutions soient rigoureusement tenues de rendre des comptes. L’expérience de pays tels que le Botswana, le Chili et l'Indonésie montre le rôle important que des institutions solides, indépendantes et responsables peuvent jouer dans les pays riches en ressources naturelles. J'ai aussi la ferme conviction qu'une société civile dynamique est indispensable pour atteindre — et maintenir — un niveau élevé de responsabilisation.

 

La transparence est une première étape importante de la responsabilisation — et c'est une question à laquelle le FMI aide à donner toute son importance. Pour soutenir les efforts que les pays membres déploient dans ce domaine, nous avons élaboré le Guide sur la transparence des recettes des ressources naturelles ainsi que le Code de bonnes pratiques en matière de transparence des finances publiques. Nous fournissons aussi une formation et une assistance technique aux pays membres en mettant à profit nôtre expérience étendue de ces questions dans le monde entier. Par exemple, nous avons organisé un cours qui se tiendra ce mois-ci en Afrique du Sud sur les questions macrofinancières auxquelles sont confrontés les pays riches en ressources naturelles.

 

Pour terminer, je voudrais affirmer l'engagement du FMI à travailler avec vous, pays membres de notre organisation, pour affronter les défis de la nouvelle économie mondiale. J'espère que, grâce à des manifestations comme celle-ci — et aux relations bilatérales étroites que nous entretenons avec les pays membres — nous pourrons contribuer à une reprise vigoureuse et stable de l'économie mondiale, dans l'intérêt de toutes les nations du monde.

 

Je vous remercie de votre attention.

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Mardi 2 novembre 2010 2 02 /11 /Nov /2010 10:15

dsk 12102010 Allocution de Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international

Forum du développement humain

Agadir,le 1er novembre 2010

 

C'est pour moi un grand plaisir d'être avec vous aujourd'hui pour parler des deux questions primordiales que sont le développement humain et la répartition des richesses. Je crois en effet que des inégalités trop prononcées nuisent au bien-être économique et à la stabilité de l'économie.

 

Cette relation est trop souvent négligée, mais elle n'a rien de nouveau.

 

Adam Smith — l'un des fondateurs de la science économique moderne — avait clairement conscience qu’une mauvaise répartition des richesses pouvait saper le système du marché libre.

 

N’a-t-il pas dit : "Cette disposition à admirer, et presque à vénérer, les riches et les puissants, ainsi qu'à … négliger les personnes pauvres et d'humble condition … est la cause la plus grande et la plus universelle de la corruption de nos sentiments moraux"?

 

Il disait cela il y a 250 ans. Dans le monde d'aujourd'hui, ces problèmes sont amplifiés par le prisme de la mondialisation.

 

Une nouvelle mondialisation

 

La mondialisation a certainement beaucoup apporté. Elle a aidé des centaines de millions de personnes à s'affranchir de la pauvreté. Un esprit d'ouverture a eu raison des clivages dans le monde entier et permis un partage de l'information et de la technologie entre les pays et entre les peuples à une échelle sans précédent dans l'histoire de l'humanité. De nouvelles puissances économiques ont vu le jour et modifié pour toujours l'équilibre du pouvoir économique.

 

Mais la mondialisation n'a pas eu que des avantages. Elle s'est opérée avec, en arrière-plan, un gouffre considérable et croissant entre les riches et les pauvres — surtout à l'intérieur des pays. Une répartition inéquitable des richesses peut laminer le tissu social. Les pays où les inégalités sont les plus marquées sont aussi ceux où les indicateurs sociaux sont les pires, où le développement humain est le moins avancé et où la sécurité économique et l'angoisse sont le plus prononcées. Dans de trop nombreux pays, les inégalités se sont accentuées et les salaires réels ont stagné — en ne profitant pas des gains de productivité — au cours de ces dernières décennies.

 

Fait inquiétant, à la veille de la crise que nous venons de connaître, les inégalités avaient retrouvé aux États-Unis le niveau d'avant la Grande dépression des années 30.

 

Fondamentalement, le modèle de croissance qui a accompagné la mondialisation était déséquilibré et intenable. Dans certains pays, la croissance a été alimentée par un recours excessif à l'emprunt ; dans d'autres, elle s'est appuyée sur une épargne excessive. Pendant un certain temps, on a pu avoir l'impression que ce système fonctionnait. Mais l'illusion de stabilité s'est fracassée à jamais sur les dérèglements considérables causés par la crise financière mondiale. Un secteur financier incontrôlé a pris des risques sans précédents, garantissant ainsi que la chute inéluctable serait particulièrement douloureuse.

 

En fait, les inégalités ont peut-être alimenté ce modèle intenable. Dans des pays comme les États-Unis, l'emprunt semblait permettre aux gens ordinaires de participer à la prospérité croissante. Comme la Grande dépression avant elle, la Grande récession a été précédée par une hausse de la part de revenu détenue par les riches, une expansion du secteur financier et un accroissement sensible de la dette. Les inégalités pourraient aussi être à la base du modèle chinois axé sur les exportations, dans la mesure où une demande intérieure solide nécessite une classe moyenne bien établie tandis qu’un taux de change faible va de pair avec des salaires réels peu élevés. Naturellement, la structure déséquilibrée de la croissance a plusieurs causes, mais nous aurions tort de faire abstraction du rôle joué par la répartition des richesses.

 

L'inégalité se heurte aux idéaux de justice et de solidarité, mais elle menace aussi la stabilité économique et sociale. Cela est particulièrement vrai dans les pays les plus pauvres. L'inégalité fait obstacle à l'initiative économique en empêchant les pauvres d'accéder aux financements dont ils ont besoin pour réaliser des investissements rentables. Elle peut détourner les gens vers des activités improductives. Elle peut rendre les pays plus vulnérables aux chocs : lorsque moins de personnes peuvent puiser dans leur épargne en période de difficulté, le repli de la croissance est plus prononcé.

 

Dans notre monde globalisé, si les bienfaits de la croissance ne sont pas largement partagés, l'esprit d'ouverture et de coopération pourrait s'en ressentir au profit d’un retour au nationalisme économique. Dans les pays pauvres en particulier, cela peut conduire à l’instabilité, à l'effondrement de la démocratie, voire à la guerre.

 

Nous entrons dans une ère nouvelle. Il n'est pas question de renier l'ouverture et la mondialisation, mais nous avons besoin d'une nouvelle mondialisation pour un monde nouveau : une mondialisation à visage humain, d'abord soucieuse des gens, et où croissance et équité sont indissociables. C'est bien le marché qui doit assurer la croissance économique, mais la main invisible ne saurait se muer en poing invisible.

 

Actions à entreprendre

 

Quelles sont les implications pratiques de ce que je viens de décrire ? Il y en a beaucoup, mais je me contenterai d'en évoquer quelques-unes seulement.

 

En tout premier lieu, nous devons rééquilibrer la croissance mondiale. Maintenant que l'épargne aux États-Unis et ailleurs aux niveaux connu avant la crise n’est pas envisagé, l'ancien modèle a vécu [est mort]. Les pays excédentaires doivent faire en sorte que leur croissance économique soit tirée par des moteurs

 

internes plutôt qu'externes, en faisant une plus large place à la demande intérieure et en laissant s'épanouir les classes moyennes. Ce rééquilibrage sera facilité par la mise en place de dispositifs de protection sociale plus solides et des investissements dans les infrastructures. Nous parviendrons ainsi à un nouveau type de croissance, une croissance plus stable et plus juste, marquée par une réduction des inégalités.

 

De plus, le moment est tout à fait indiqué pour investir dans les technologies vertes. Les décideurs doivent encourager l'innovation pour mettre à profit les réservoirs de productivité encore intacts dans ce domaine.

 

Avant de parler de nouveaux modèles de croissance, il faudrait d'abord remédier aux anciens problèmes, en particulier dans le secteur financier. Le secteur financier a été l'épicentre de la crise. Il faut renoncer à la culture du risque et de l'irresponsabilité pour remettre les banques au service de l'économie réelle. Des progrès considérables ont déjà été réalisés dans ce sens, mais il y a encore beaucoup à faire.

 

Dans l'immédiat, il est impératif de terrasser le fléau du chômage. La crise a fait perdre leur emploi à plus de 30 millions de personnes et, au cours de la décennie à venir, plus de 400 millions de jeunes arriveront sur le marché du travail. Une chose est donc claire : la croissance ne suffit pas; il faut une croissance qui crée des emplois. Et la simple création d'emplois ne suffit pas; il faut que ce soient des emplois convenables, afin que tout le monde puisse bénéficier de la marée montante.

 

Il ne faut pas oublier non plus le coût humain du chômage. Il entraîne une perte de revenu qui est à la fois considérable et prolongée, surtout pour les jeunes.

 

Quand vous perdez votre emploi, vous risquez davantage d'avoir des problèmes de santé et même de vivre moins longtemps.

 

Quand vous perdez votre emploi, les résultats scolaires de vos enfants ont plus tendance à se dégrader.

 

Quand vous perdez votre emploi, vous êtes moins enclin à avoir confiance dans les institutions publiques et la démocratie.

 

Dans ces conditions, nous risquons bel et bien de nous retrouver avec une génération perdue, coupée du monde du travail et socialement marginalisée.

 

Ici, en Afrique du Nord, ces défis apparaissent de façon particulièrement aiguë. Compte tenu de la bombe à retardement démographique, il est urgent que les jeunes trouvent des débouchés économiques. Une intégration et une ouverture régionales plus poussées y contribueraient certainement.

 

Il faut que la création d’emplois soit la préoccupation première des politiques concernant le marché du travail. Il faut offrir àtous des possibilités de prospérer, grâce à une éducation et une formation de meilleure qualité, et aider les petites entreprises.

 

Les politiques fiscales et de dépenses peuvent promouvoir l'équité et la stabilité économique. Il est indispensable de mettre en place des dispositifs adéquats de protection sociale, notamment une indemnisation convenable du chômage. Dans ce domaine, le FMI travaille en étroite collaboration avec l’OIT sur le concept d'une protection sociale minimale pour les personnes qui vivent dans la pauvreté ou la précarité. Dans nos programmes de prêt, nous insistons toujours sur la protection des plus pauvres et des plus vulnérables au moyen de dispositifs solides de protection sociale. L’imposition progressive peut aussi promouvoir l'équité par le biais de la redistribution; c’est là une chose à encourager.

 

Nous devrions aussi veiller à ce que les travailleurs aient un pouvoir de négociation adéquat, surtout si cet élément est à la base de l’aggravation des inégalités de salaire. Les négociations collectives sont importantes. Mais il faut éviter le dédoublement du marché du travail, qui crée un mur entre ceux qui sont protégés et ceux qui ne le sont pas.

 

En ce qui concerne les pays à faible revenu, nous avons une responsabilité particulière. Il n'y a guère d'objectif plus important aujourd'hui que les objectifs du Millénaire pour le développement. La crise a anéanti des années de progrès : on estime que 70 millions de personnes de moins échapperont à la pauvreté d'ici à 2020. Il nous faut doubler nos efforts fasse à cette immense souffrance humaine. Pour cela, nous avons besoin d'une croissance économique équilibrée, durable et globale, sans quoi nous ferons du surplace au risque d’être submergés par une déferlante qui se rapproche à vive allure.

 

Les pays les plus riches doivent faire preuve de solidarité à l'égard de leurs voisins plus pauvres. Ils doivent tenir les promesses faites à Gleneagles en matière d'aide et trouver des moyens de faire parvenir leur soutien financier aux pays à faible revenu pour les aider à surmonter les défis redoutables du changement climatique. Ils doivent démanteler les obstacles au commerce qui bloquent les exportations de ces pays et les empêchent de rehausser leur niveau de vie. Ils doivent aussi doubler leurs efforts pour aider les États fragiles, qui risquent d'être laissés pour compte.

 

Les pays à faible revenu doivent aussi s'aider eux-mêmes, notamment en reconstituant leurs marges de manœuvre et en mobilisant des recettes intérieures de manière à être prêts à affronter la prochaine crise. Cela dégagera en outre des ressources pour investir dans les infrastructures et renforcer les dispositifs de protection sociale — indispensables pour que la croissance profite aux pauvres.

 

Conclusion

 

Je voudrais maintenant conclure en quelques mots. Avant de nous quitter cet été, l'historien britannique Tony Judt a lancé un appel passionné aux décideurs pour qu'ils s'intéressent beaucoup plus aux effets de l'inégalité. «L'inégalité a un effet corrosif, disait-il. Elle pourrit les sociétés de l'intérieur... Elle illustre et amplifie la perte de cohésion sociale… c’est la pathologie de notre époque et la plus grande menace pour la santé de toute démocratie.»

 

Le FMI a pour mission de veiller à la stabilité économique et financière, qui est le fondement avéré du développement humain. Nous nous soucions de l'égalité non seulement par simple respect de la personne humaine, mais aussi parce que l'inégalité menace cette stabilité.

 

Le FMI a été fondé à la suite de la Grande dépression et de la Seconde Guerre mondiale pour promouvoir de meilleures relations entre les pays, empêcher les dérives nationalistes et éviter les conflits d’origine économique. Pour y parvenir, nous avons besoin de l'ouverture que nous a apportée la mondialisation, mais nous avons aussi besoin d'une croissance mondiale qui soit équitable et stable. Nous avons besoin d'une nouvelle mondialisation.

 

La dernière grande période de mondialisation — dans les décennies qui ont précédé la Première Guerre mondiale — était riche de promesses, mais elle s'est terminée en désastre par trente ans de guerre épouvantable et de dévastation économique. Cela s'est déjà produit une fois et pourrait se produire à nouveau. La crise récente nous a rappelés à la réalité. Nous avons évité une deuxième Grande dépression et nous avons appris beaucoup de choses. Mais il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

 

Je vous remercie.

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Lundi 1 novembre 2010 1 01 /11 /Nov /2010 21:18

dsk-the-top-guy-copie-1.jpg L'Hebdomadaire Newsweek consacre cette semaine plusieurs pages à Dominique Strauss-Kahn et son action à la tête du FMI.

 

Dominique Strauss-Kahn est actuellement sur le toit du monde mais ce n'est peut-être pas réellement là où il voudrait être. 

 

Presque par défaut, le Directeur général du Fonds monétaire international a réussi à gravir une grande puissance pour résorber la crise mondiale.

 

Il y a deux ans, lorsque l'économie mondiale était sur le point de s'écrouler, le groupe formé des 20 pays les plus riches se tourna vers Dominique Strauss-Kahn et le FMI pour l'aider à consolider ses fondements.

 

Dernièrement, les ministres du G20 se retournèrent une nouvelle fois vers Le Directeur général pour lui demander toute son aide afin d'éviter une guerre des devises et proposer de doubler les ressources financières du FMI.

 

M. Strauss-Kahn, 61 ans, n'a jamais réellement connu une aussi grande adulation, ni, d'ailleurs, l'affirmation de son idéologie économique et ses opinions politiques au sein de son propre parti. Lorsqu'il était Ministre des Finances du gouvernement socialiste de Lionel Jospin pendant les années 1990 en France, The Economist lui offrit un article, saluant ses performances, intitulé  "sad adieu" lorsqu'il du démissionner.

 

Maintenant, DSK, comme on l'appelle, se retrouve non seulement dans la très haute sphère du système financier international mais également au sommet des sondages d'opinion en France.

 

Un grand problème se pose désormais à lui : doit-il rester au FMI au premier plan de la scène mondiale ou doit-il démissionner et rentrer en France l'année prochaine pour pouvoir concourir à l'élection présidentielle de 2012 ? Le compte à rebours est déclenché.

 

Les sondages le montrent clairement. Si les Français devaient voter aujourd'hui, Strauss-Kahn aurait une grande avance sur le très impopulaire président de droite, Nicolas Sarkozy. 

 

L'hebdomadaire français L'Express explique le choix enviable du socialiste : "Soit DSK revient pour servir son pays, la France, en déclarant sa candidature à la présidence, soit il sert, aussi bien, en sauvant l'économie mondiale à la tête du FMI. C'est un dilemme grandiose auquel n'importe quel politicien ne pourrait espérer rêver."

 

Une des ironies de la vie politique française est que, en 2007, DSK a été débarqué à la tête du FMI avec l'appui solide du nouvel élu Sarkozy. Le président français a été crédité, en effet, d'un coup de maître machiavélique en affirmant vouloir travailler avec les socialistes de premier plan, tout en éliminant en même temps, ou du moins compromettant, ses rivaux potentiels. 

 

À l'époque, vu de Paris, le FMI semblait comme une sorte d'institution bureaucratique austère située bien loin de la France, de l'autre côté de l'Atlantique. 

 

Mais, dès les premiers mois à son nouvel emploi, DSK eu une vision extrêmement claire et inquiétante lui permettant de prédire efficacement l'horizon économique. 

 

A Davos, début 2008, il appela à des mesures fiscales et budgétaires à l'échelle mondiale afin de répondre à la crise à venir et certains observateurs ont été très surpris d'entendre le directeur général du FMI préconiser aux Etats d'agir avec des politiques de relance. 

 

L'économiste Larry Summers a, lui-aussi, été extrêmement surpris par l'idéologie du Français : "C'est la première fois en 25 ans que le Directeur général du FMI a appelé à une augmentation des déficits budgétaires. Honnêtement, je considère cela comme une reconnaissance de la gravité de la situation dans laquelle nous sommes confrontés".

 

Le conseil d'administration du FMI avait pourtant tenu à rappeler ostensiblement Dominique Strauss-Kahn à conserver des méthodes orthodoxes mais DSK a tenu bon : "Avec ce qui nous attend, vous allez nous voir recourir à des dépenses budgétaires plus souvent que vous ne le pensez" aurait-il même dit. Et bien sûr, la tempête a frappé en Septembre 2008.

 

Au printemps de 2009, quand le G20 s'est réuni à Londres, les dirigeants du monde ont été abasourdis par l'ampleur de la crise économique et ils décidèrent tous de se tourner vers DSK. Les ressources du FMI ont été augmentées à 750 milliards de dollars pour tenter de rétablir un équilibre. "Ce fut un grand triomphe pour l'homme de la France" selon les écrivains Alexandre Kara et Philippe Martinat du livre "DSK-Sarkozy : Le Duel".

 

Depuis lors, Le Directeur général a pris le soin de parler avec de plus en plus d'autorité, en convaincu, cherchant à façonner l'avenir économique du monde.

 

Récemment, en septembre dernier, il déclara au conseil du FMI : "Nous nous réunissons à un moment charnière de l'histoire, face à un avenir incertain. La croissance est de retour, mais la reprise est fragile et inégale, fragile parce qu'elle est inégale".

 

DSK a parlé de quatre risques critiques qui doivent être évités :

 

- Sur la question de la dette publique, "la plus grande menace est la faible croissance", dit-il, et défend les politiques de relance en cas de besoin, sauf pour "les pays qui sont au bord de la falaise". Personne ne s'attendrait en effet à ce que les conseils du FMI pour l'Allemagne soient les mêmes que les conseils du FMI pour la Grèce.

 

- Le second problème majeur est celui d'une "reprise sans emploi", a déclaré DSK, et par extension "le risque d'une génération perdue" si la croissance ne se convertit pas en croissance créatrice d'emploi. 

 

- Troisièmement, "la réglementation financière est importante", a t-il dit, "mais la supervision financière est encore plus vitale. Si les règles ne sont pas mises en œuvre, c'est comme si vous n'avez rien fait".

 

- Enfin, il y a le problème de l'absence de "coopération entre les nations". Les dirigeants ont "travaillé ensemble pour arrêter une seconde Grande Dépression" mais maintenant, "ils ont tendance à se replier sur eux-mêmes".

 

Finalement, il ne serait peut-être pas si injuste de se demander si la France est un terrain assez grand pour Dominique Strauss-Kahn.

 

Source : Par Christopher Dickey et Tracy McNicoll

Newsweek (Résumé) - Le 31 octobre 2010

 

Christopher Dickey est également l'auteur de Securing the City: Inside America's Best Counterterror Force—The NYPD, choisi par le New York Times comme un livre remarquable de l'année 2009.

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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 00:09

DSK-21102010.jpg L’atmosphère s’annonçait tendue à Washington où les grands argentiers de 187 pays se sont réunis pour l’Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale. Les ministres des finances et gouverneurs de banque centrale du monde entier s’inquiétaient de voir une reprise si fragile et si inégale. Fragile précisément car inégale.

 

Les pays émergents d’Asie, d’Amérique Latine et du Moyen-Orient s’en sortent plutôt bien, et même en Afrique, de nombreux pays ont renoué avec la croissance beaucoup plus vite qu’ils ne l’avaient fait au sortir de précédentes récessions. En Europe, en revanche, la reprise manque de tonus, et aux États-Unis, elle reste modérée. Les toutes dernières perspectives économiques du FMI, publiées lors de cette assemblée annuelle, ne prévoient pas de rechute, mais des risques existent.

 

Le premier risque est celui de la dette publique des pays avancés qui a atteint des niveaux jamais vus depuis la seconde guerre mondiale. Les mesures nécessaires pour rétablir l’équilibre budgétaire dépendent, bien entendu, de la situation propre à chaque pays. À moyen terme, tous ont besoin de rétablir la viabilité budgétaire, mais à court terme, en revanche, et tant que la reprise reste fragile, il s’agit plus pour eux de rééquilibrer autant que possible ce qui doit l’être, et de stimuler ce qui peut l’être. Le plus grand risque pesant sur la viabilité budgétaire à ce stade est de voir la croissance caler.

 

Un autre risque, qui lui est lié, concerne l’emploi. Le monde a perdu 30 millions d’emplois au cours de la crise; et il y aura 450 millions de nouveaux arrivants sur le marché du travail dans les dix années qui viennent. Nous avons donc besoin de croissance, mais d’une croissance génératrice d’emplois. Cette crise ne pourra pas se résoudre tant que les niveaux de chômage n’auront pas commencé à régresser.

 

Le troisième risque est lié au secteur financier. Nous savons tous comment la crise a commencé. Nous savons tous que beaucoup de promesses ont été faites pour remettre en état le secteur financier et s’assurer qu’une telle crise ne se reproduise pas. Bien que des progrès aient été réalisés dans un certain nombre de pays et que le processus Bâle III ait produit de nouvelles normes, ce n’est pas suffisant. Nous devons veiller à ce que ces règles soient mises en application. Nous avons aussi besoin d’outils mieux adaptés pour résoudre les crises financières quand elles surviennent. Le système financier n’est pas encore suffisamment sécurisé.

 

En outre, il est à craindre que le grand élan de coopération internationale qui s’est manifesté durant la crise ne s’essouffle. Après l’effondrement de Lehman, nous avons évité une deuxième Grande Dépression car les dirigeants et les pays du monde entier ont décidé de s’unir et de coordonner leur riposte. Nous l’avons vu lors des réunions des dirigeants du groupe des vingt pays industrialisés et émergents (G-20) à Londres et à Pittsburgh, par exemple. L’initiative la plus concrète fut la coordination des politiques de relance budgétaire, et cela a marché.

 

Aujourd’hui, alors que nous passons en mode d’après-crise, cet élan de coopération semble perdre de sa vigueur, comme en témoignent le plus clairement sans doute, les grands titres de cette dernière semaine où il est question de « guerres monétaires », de pays qui cherchent à dévaluer pour dégager un avantage concurrentiel. Or, nous savons tous que les politiques du « chacun pour soi » ne marchent pas. Il n’y a pas de solution purement nationale à des problèmes mondiaux.

 

Alors, à l’issue de ce week-end — et à l’issue de ces réunions — l’atmosphère était-elle moins tendue? Oui...et non.

 

Oui, car les responsables économiques représentés au sein de l’organe directeur du FMI – le Comité monétaire et financier international (CMFI) – ont trouvé un terrain d’entente sur plusieurs grands dossiers.

 

- Ils ont vigoureusement manifesté leur « rejet du protectionnisme sous toutes ses formes » et ont reconnu tout aussi fermement qu’il est important «  de travailler de façon collective » — pour garantir la croissance et la création d’emplois.

 

- Ils ont reconnu le besoin d’approfondir la réforme du secteur financier et ont lancé un appel — dont je me réjouis — pour que le FMI contribue à cette démarche en collaboration avec d’autres instances internationales déjà actives sur cette question primordiale.

 

- Du côté du FMI, nos membres nous ont demandé d’approfondir nos analyses économiques sur la question des « effets de débordement » — à savoir les retombées que peuvent avoir les politiques d’un pays sur les autres. Je suis convaincu qu’en apportant ainsi l’éclairage exceptionnel de notre expérience transnationale, nous pourrons contribuer à alléger les tensions constatées entre les pays et à parvenir au rééquilibrage mondial, si crucial pour une reprise durable.

 

- Les pays membres ont réitéré au cours de ce week-end leur désir de renforcer la voix et la représentation des pays émergents et en développement au sein du FMI pour mieux refléter leur position sur la scène économique internationale. Même si nous ne sommes pas parvenus à un accord final sur ces réformes de « quotes-parts et gouvernance », nous n’en sommes pas loin.

 

En définitive le monde a fait quelques pas en avant ce week-end, mais gardons nous de tout excès d’autosatisfaction, car nous ne sommes pas encore sortis d’affaire.

 

Comme je l’ai déjà dit, nous avons encore beaucoup à faire pour parvenir à une croissance durable et équilibrée, pour ramener des emplois, et pour modifier les règles du secteur financier afin de le rendre moins vulnérable. Notre priorité à tous doit être d’abord et avant tout d’insister sur la coopération, de nous battre. Et ce pour une simple raison.

 

D’après les analyses du FMI, une meilleure coordination des politiques économiques au cours des cinq prochaines années, pourrait permettre d’accélérer la croissance mondiale de 2,5 %, de créer ou sauver 30 millions d’emplois et de faire sortir 33 millions de personnes de la pauvreté. Face à un tel potentiel de réussite, pouvons-nous vraiment nous permettre de faire cavalier seul ?

 

Cette question sera l’une des priorités de la prochaine rencontre des dirigeants du G-20 qui se tiendra en novembre en Corée. Les regards portés sur Washington ce week-end dernier se tourneront vers Séoul le mois prochain….

 

Par Dominique STRAUSS-KAHN

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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 12:30

dsk-12102010.jpg Socialisme & Démocratie 32 vous propose de prendre connaissance du discours d'ouverture prononcé par Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, lors de l'Assemblée annuelle des conseils des gouverneurs du groupe de la Banque mondiale et du FMI, le 8 octobre dernier .

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les gouverneurs, chers invités, c'est un grand honneur de vous accueillir, au nom du FMI, aux Assemblées annuelles de 2010.

 

Je tiens à remercier mon ami Bob Zoellick pour le dynamisme de sa direction à la Banque mondiale, le Président, M. Aganga, et vous tous, de votre appui indéfectible. Je remercie aussi les services et le Conseil d'administration du FMI, qui ont organisé ces Assemblées.

Nous sommes rassemblés à un moment crucial de l'histoire, alors que nous faisons face à un avenir très incertain. Certes, il y a une reprise, et lorsque nous examinons les données, nous notons que, au niveau mondial, la croissance revient. Mais nous savons tous que la reprise est fragile et inégale, et qu'elle est fragile parce qu'elle est inégale.

 

En Asie et en Amérique latine, la situation est plutôt bonne. Même en Afrique, où la plupart des pays d'Afrique subsaharienne ont retrouvé la croissance bien plus vite que par le passé. Auparavant, lorsqu'il y avait une telle crise mondiale, il fallait attendre environ un an avant que les pays africains rattrapent leur retard. Cette fois-ci, ce ne fut pas le cas et la croissance y est vraiment rapide. En Europe, comme nous le savons tous, la reprise est anémique, et aux États-Unis, elle reste modérée.

 

Néanmoins, au FMI, nous sommes plutôt optimistes et nous ne prévoyons pas de rechute. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de risque de dégradation : les risques sont nombreux et je voudrais en évoquer quatre brièvement.

 

Le premier est la dette publique. Pendant cette crise, les ratios d'endettement ont nettement augmenté, en particulier dans les pays avancés. Nous prévoyons que la dette de ces pays atteindra environ 110 % du PIB en moyenne d'ici 2014, contre 75 % avant la crise. C'est une augmentation de 35 points de pourcentage. C'est beaucoup, et nous devons régler ce problème. Mais ne nous méprenons pas : cette augmentation de 35 points de pourcentage est due principalement à la faiblesse de la croissance, aux dépenses liées au sauvetage du secteur financier et au manque de recettes résultant du ralentissement économique. Seulement un dixième environ de cette hausse est imputable directement aux mesures de relance. C'est donc clair : la menace principale pour la viabilité des finances publiques, c’est la faiblesse de la croissance. Que devons-nous faire? À moyen terme, notre message est clair : tous les pays, en particulier les pays avancés fortement endettés, doivent retrouver des finances publiques viables. Ils doivent donc présenter des plans, crédibles aux yeux du marché, où ils annoncent leur détermination à retrouver un ratio d'endettement plus durable. Qu'est-ce que cela signifie à court terme? À court terme, c'est un peu plus difficile, parce que beaucoup dépend de la situation du pays concerné. Certains pays sont au bord du précipice et n’ont pas le choix : ils doivent régler leurs problèmes budgétaires. D'autres disposent d'une plus grande marge de manœuvre. Nous attendons une diminution des déficits d'environ 1 % du PIB, en moyenne, à compter de 2011. Mais il s'agit d'une moyenne. En fonction du pays, et donc de sa situation particulière, cela peut fortement varier. Personne ne s'attend à ce que les conseils que le FMI donne à l'Allemagne soient les mêmes que ceux qu'il donne à la Grèce, par exemple. Je lis parfois dans les journaux que le message du FMI n'est pas très clair, que le FMI ne sait pas exactement s'il préconise la croissance ou l'austérité budgétaire. En fait, notre message est clair et cohérent. À moyen terme, il faut assurer la viabilité des finances publiques. Tout doit être fait pour aller dans ce sens à court terme. Mais, tandis que la reprise reste fragile, toute la marge de manœuvre budgétaire qui demeure disponible doit être utilisée pour soutenir la croissance. Nous devons donc miser sur une croissance durable d'un point de vue budgétaire.

 

Le deuxième risque, c'est une reprise qui ne crée pas d'emplois. La croissance, c'est bien, mais elle ne suffit peut-être pas si elle ne crée pas d'emplois. Dans beaucoup de pays, soit la croissance ne sera pas suffisamment élevée pour faire reculer le chômage, soit elle sera très élevée, mais avec une productivité si élevée que les effets sur le chômage seront très faibles. Nous devons donc miser sur la croissance, mais aussi sur l'emploi. Pendant cette crise, l'économie mondiale a perdu environ 30 millions d'emplois. De plus, dans les dix années à venir, 450 millions de personnes vont arriver sur le marché du travail. Le risque existe de voir une «génération perdue». Quand vous perdez votre emploi, le risque s’accroît que votre santé se détériore. Quand vous perdez votre emploi, l'éducation de vos enfants risque d’en souffrir. Quand vous perdez votre emploi, la stabilité sociale risque de s’en ressentir. C'est une menace pour la démocratie, et même pour la paix. Ne nous faisons pas d'illusions. Nous ne sommes pas encore sortis d'affaire. Et pour l'homme de la rue, une reprise sans emplois n'a guère de sens. Il faut miser sur une croissance durable mais aussi sur l'emploi.

 

Le troisième risque a trait au secteur financier. Nous savons tous comment cette crise a commencé : elle trouve son origine dans le marché immobilier des États-Unis. Nous avons tous que de nombreuses promesses ont été faites par les dirigeants à Pittsburgh —; en fait, à Londres d'abord puis à Pittsburgh, et aussi à Toronto. Nous ne connaîtrons plus de problèmes à l'avenir, nous ont-ils dit. Nous allons réparer le système financier. Nous allons instituer de nouvelles règles, mettre en place un secteur financier plus sûr. Et il faut reconnaître que beaucoup de chemin a été parcouru. Récemment, comme vous le savez tous, les règles dites de Bâle III ont été adoptées. Si l'on peut débattre de toutes les conséquences de cette très importante avancée, je pense que les nouvelles règles sont très bien conçues et très importantes. Mais ce n'est là qu'une partie du problème. Comme le FMI ne cesse de le répéter depuis le début, il ne s'agit pas seulement de réglementation, même si la réglementation est indéniablement importante; nous avons aussi besoin d'un meilleur contrôle. Vous pouvez avoir les meilleures règles du monde, mais si leur application n’est pas contrôlée, si elles ne sont pas appliquées, c'est comme si vous n'aviez rien fait. Cela dit, le contrôle ne suffit pas pour éviter de futures crises. Il nous faut aussi un mécanisme de résolution des crises, parce que personne n'a la naïveté de croire que nous éviterons les crises à l'avenir. Or, dans le domaine de la résolution des crises, il y encore beaucoup à faire. Aujourd'hui, nous ne sommes pas en mesure de dire que, si une nouvelle crise éclatait — ce que je ne prévois pas — dans les prochains jours, dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans, nous avons de quoi y faire face, nous avons un nouveau système financier assez sûr pour empêcher qu'une nouvelle crise prenne l'ampleur et la gravité de celle que nous venons de connaître. Nous avons donc fait beaucoup de promesses, mais nous n'en avons pas tenu assez. Il nous faut miser sur la croissance, sur l'emploi, mais aussi sur le changement dans le secteur financier.

 

J'en viens maintenant au quatrième risque, qui est celui de la disparition de la volonté de coopération. Durant la crise, la coopération était reine et nous avons évité une crise aussi grave que la Grande Dépression parce que tous les pays ont agi de façon collective. Peut-être que beaucoup d'entre vous, il y a deux ans, juste après la faillite de Lehman-Brothers, prédisaient une crise aussi grave que la Grande Dépression. Mais nous avons réussi à éviter cela et si nous l'avons évité, c’est parce que les dirigeants et les nations ont su travailler ensemble, dans un esprit de coopération, pour riposter comme il se devait à la crise.

 

Aujourd'hui, cette volonté de coopération internationale n'a pas disparu, l'élan qui lui a donné naissance subsiste, mais elle n'est pas aussi forte qu'auparavant. Il est compréhensible que, s’appuyant sur l’idée que la crise est terminée — une idée certainement fausse mais que beaucoup de gens partagent —, les pays retournent à leurs problèmes intérieurs et se soucient moins de coopération internationale. Mais c'est pourtant là que résident véritablement les problèmes de demain.

 

J'entends parler de guerre monétaire. Même si l'expression de «guerre monétaire» est sans doute un peu forte, il est vrai que l'idée circule que les monnaies pourraient être utilisées une fois encore comme des armes. L'histoire nous a appris que cela n'est pas la solution et que cela peut même conduire à une situation très regrettable. Il n'y a pas de solution nationale à un problème mondial.

 

Il est compréhensible que certains pays qui connaissent des entrées massives de capitaux veuillent résister à ce type de volatilité, à cette source d'instabilité et aux bulles qu’elles peuvent engendrer. Je ne lance donc pas la pierre aux pays qui essayent d'un coup de limiter l'influence des entrées de capitaux. Mais cela ne saurait être une solution de long terme. Ce dont nous avons besoin, c'est de davantage de coopération dans le domaine monétaire et dans le système monétaire international.

 

Au cours de ces deux dernières années, au FMI, nous avons essayé de changer le système monétaire international, et pas seulement à la marge — je crois que ce que nous avons fait est plus important que cela —, en créant la «ligne de crédit modulable » et, plus récemment, la «ligne de crédit de précaution», pour essayer d'aider les pays à éviter d'accumuler des réserves et d’aggraver ainsi les déséquilibres.

 

Nous proposons maintenant un nouveau type de rapports — ce qu’il est convenu d’appeler les rapports sur les effets de débordement —, dans lesquels nous analyserons les conséquences qu’ont sur le reste du monde les politiques adoptées dans un pays donné. De la sorte nous pourrons mettre en lumière les relations d’interdépendance entre pays, aujourd’hui plus fortes que par le passé.

 

Dans la perspective du G-20 nous nous sommes également attelé au Programme d’évaluation réciproque, afin de montrer que le travail de collaboration va dans l’intérêt de tous. Nous mettons en évidence qu’avec les politiques appropriées tout le monde trouve son compte.

 

Sur cinq ans nous pouvons gagner 2,5 % de croissance. Trente millions d’emplois peuvent être sauvés ou créés. Plus de 30 millions de personnes peuvent échapper à la pauvreté.

 

Voilà autant d’exemples qui montrent que le travail de collaboration profite à tous. J’insiste là-dessus car je crains qu’avec une amélioration de la croissance au niveau mondial, l’idée qu’il est impérieux, dans un monde intégré, de travailler ensemble risque de s’estomper. C’est pourquoi nous devons engager plus d’initiatives sur la stabilité systémique.

 

Nous devons donc miser sur la croissance durable, miser sur l’emploi et miser sur la réforme du secteur financier, mais aussi miser sur la coopération.

 

Mais est-ce que cela suffit ? C’est vraisemblablement là une bonne partie du travail à réaliser pour sortir de la crise. Mais lorsque nous l’aurons surmontée, est-ce que cela suffira ? Probablement pas. Nous avons affaire à des changements beaucoup plus importants ; le modèle de croissance après la crise ne sera plus le même. Tout le monde en est conscient.

 

Quels sont les changements ? Nous en voyons les prémices. La Révolution industrielle, qui a commencé il y a deux siècles, touche à sa fin. Elle a créé quelque chose d’inédit dans l’histoire de l’humanité. Certains pays, pas très grands, dotés de leur propre technologie qu’ils sont parvenus à garder, ont eu le pouvoir de dominer le monde, même si, effectivement, il ne s’agissait pas de vastes pays. Les pays d’Europe, puis les États-Unis se sont trouvés — et se trouvent encore — dans cette situation.

 

Cela ne s’était jamais produit dans l’histoire. Auparavant, les nations tiraient leur force de leur population, principalement du fait que la technologie était presque la même pour tous. Cela n’a pas été le cas ces deux derniers siècles. Mais nous revenons maintenant à une situation où la technologie est à la disposition de presque tout le monde.

Le changement ne va pas se produire du jour au lendemain. Cela prendra une ou deux décennies. Mais une fois ce temps écoulé nous reviendrons — après cette période très particulière de l’histoire — à la règle qui prévalait auparavant : à savoir qu’un grand pays sera fort probablement plus fort qu’un petit pays.

 

Cela est riche en conséquences pour notre modèle de croissance. Cela signifie que nous devons penser à de nouvelles sources de croissance, y compris la croissance verte. Cela signifie que nous devons réfléchir davantage à rééquilibrer la structure de la croissance, entre son volet privé et son volet public. Cela signifie que nous devons également nous atteler au rééquilibrage entre les pays excédentaires et les pays déficitaires. Enfin, cela signifie que nous devons renforcer la gouvernance et la coopération. J’en viens ainsi au dernier thème, sur lequel je souhaiterais donner quelques précisions.

 

Comme vous le savez, au FMI nous avons entrepris de revoir notre gouvernance. C’est là une nécessité. Pour que les institutions multilatérales puissent aider — et elles doivent le faire — elles doivent être légitimes. Or, pour être légitimes elles doivent refléter les changements que je viens d’évoquer. Autrement dit, à l’avenir les rapports de force seront légèrement différents de ceux que l’on observe aujourd’hui.

 

Nous modifions notre rapport de forces, comme le montrent les changements opérés sur les quotes-parts et les sièges au FMI. Cela s’accompagne d’une évolution des responsabilités. Si vous avez une plus grande participation, une plus grande représentation et une plus grande responsabilité, alors vous devez par ailleurs faire des choix qui tiennent compte, non seulement de votre propre économie, mais aussi de l’ensemble de l’économie. Plus vous êtes au centre et plus vous êtes responsable de l’ensemble. Les pays qui étaient jusqu’à présent à la périphérie du système international veulent désormais gagner le centre et veulent que cela se reflète dans leurs quotes-parts, dans les instances décisionnelles d’une institution comme le FMI — ils doivent, eux aussi, assumer une plus grande responsabilité dans la stabilité de l’économie mondiale.

 

Nous nous sommes attelés à cette tâche. Nous ne l’avons pas encore achevée. Ce n’est un secret pour personne : les discussions entre pays membres sont âpres. Mais je suis persuadé que nous avons de bonnes chances de faire aboutir la révision des quotes-parts et de résoudre les questions liées aux sièges durant les semaines à venir. Et si cela est fait — cela doit être fait — alors nous nous trouverons au début de l’année prochaine dans une situation entièrement légitime. La plupart d’entre vous ont aimablement reconnu que durant cette crise le FMI avait donné la preuve de sa pertinence. Il doit maintenant affirmer sa légitimité. Lorsque cela sera fait, vous aurez une institution qui pourra contribuer à une nouvelle mondialisation pour un monde nouveau.

 

Voilà ce que nous devons faire. Et pour nous y parvenir il faut agir ensemble.

 

Si vous voulez rétablir la confiance dans un monde incertain — vous devez agir ensemble.

 

Si vous voulez créer des emplois — vous devez agir ensemble.

 

Si vous voulez construire un monde meilleur et plus sûr pour vos enfants et petits-enfants — vous devez agir ensemble.

 

Il ne fait aucun doute que l’Assemblée annuelle est l’occasion de le faire.

 

Merci

 

Dominique STRAUSS-KAHN

Par SD32 - Publié dans : International
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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 23:42

dsk-09062009.jpg De WASHINGTON — AFP - Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a affirmé mardi lors d'un entretien avec des agences de presse qu'il craignait l'éventualité d'une "reprise sans emploi" de l'économie mondiale, trop faible pour faire baisser le chômage.

"La croissance ne suffit pas, le but de tout cela c'est l'emploi, et le risque d'une reprise sans emploi est toujours là", a déclaré Dominique Strauss-Kahn, lors de cet entretien au siège du FMI à Washington.

"La reprise est une chose, elle a besoin d'être bien assise. Et, deuxième étape, même si la reprise est assurée, la question est de savoir combien d'emplois elle apportera au niveau mondial", a-t-il poursuivi.

"Notre opinion ici est qu'on ne pourra pas dire que la crise est finie avant que le chômage ne diminue vraiment. Et quand on regarde l'Europe par exemple, il n'est pas évident que le taux de croissance que nous envisageons actuellement permette ce type de prévision", a souligné le patron du FMI.

Interrogé sur l'éventualité d'une "guerre des devises", lors de laquelle de nombreux pays entreraient dans une course à la dévaluation de leur monnaie, Dominique Strauss-Kahn a estimé la probabilité "assez faible".

"Je n'ai pas l'impression aujourd'hui qu'il y ait un grand risque de guerre des devises. Mais cela fait partie des risques qui pèsent", a-t-il indiqué.

"Je pense que la probabilité est assez faible, car tout le monde peut comprendre que de trop grands conflits sur ce sujet auraient des répercussions négatives. Néanmoins cela peut se produire", a-t-il considéré.

Dominique Strauss-Kahn a enfin annoncé qu'il ne voyait pas la faiblesse de certaines banques européennes comme "un problème mondial".

"Nous avons fait notre propre travail (...) pour regarder les défenses de ces institutions et si elles pourraient résister à une situation de crise. Et il nous apparaît que tout était gérable. Donc je ne vois pas de problème mondial au niveau du secteur financier mondial", a-t-il argumenté.

Par SD32 - Publié dans : International
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