Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 14:40
precarite.jpg Les transformations de la société sont à l’origine de nouvelles formes de pauvreté, qui doivent à leur tour s’accompagner de nouveaux droits. Socialisme & Démocratie 32 reproduit ici l'entretien  de Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) auprès de l'Observatoire des Inégalités. Les propos ont été recueillis par Camille Dorival.

****

La France compte aujourd’hui plus de sept millions de personnes pauvres, selon les critères européens de pauvreté. Soit 13 % de la population. Quel regard portez-vous sur une société aussi riche que la nôtre qui conserve un tel taux de pauvreté ?

La coexistence de la richesse et de la pauvreté dans une même société est effectivement paradoxale, mais ce n’est pas un mystère. Cela signifie que le régime économique sous lequel nous vivons ne fonctionne pas pour le bien de tous. Il y a des gagnants, mais il y a aussi des perdants au jeu de la concurrence. Cependant, se contenter de constater l’existence des pauvres est un peu court. La notion de pauvreté recouvre des réalités très diverses. Il y a les anciens pauvres du « quart monde » ; vers le milieu des années 1980, on a commencé à parler des « nouveaux pauvres », dont la situation est liée au développement du chômage de masse ; et depuis une dizaine d’années, on redécouvre les « travailleurs pauvres ». Ce qu’il faut analyser en fait, ce sont les dynamiques économiques et sociales qui expliquent la persistance de certaines formes de pauvreté et, surtout, l’apparition de nouvelles formes de pauvreté, telles celles qui sont produites par le chômage et par l’accroissement de la précarité des relations de travail.

Dans "La montée des incertitudes" (Seuil, 2009), vous soutenez l’idée que certains de nos concitoyens ne sont pas reconnus et traités comme des individus à part entière. Qu’entendez-vous par là ?

Depuis la fin du XIXe siècle, il s’était constitué un socle de ressources matérielles et de droits en matière de travail et de protection sociale : le droit à être soigné quand on est malade, le droit à la retraite quand on n’est plus en âge de travailler, le droit à un salaire décent, etc. C’est ce qu’on a appelé la « propriété sociale », qui est la base de l’indépendance sociale de l’individu.

Depuis une trentaine d’années, on observe d’importantes transformations sociales telles que la précarisation du marché du travail et l’affaiblissement des systèmes de protection. Certains y ont beaucoup gagné : ce sont les « individus par excès », ceux qui regorgent de ressources, de narcissisme, de pouvoir. D’autres, au contraire, y ont beaucoup perdu et n’ont plus accès à certaines dimensions de la propriété sociale. Ce sont ce que j’appelle les « individus par défaut », ceux auxquels il manque la possibilité réelle d’être des individus. Ils sont renvoyés à des formes inférieures de protections, délivrées sous condition de ressources, comme les minima sociaux, et n’ont pas accès aux supports nécessaires pour les aider à s’en sortir.

Je pense, par exemple, aux jeunes de banlieues défavorisées, qui galèrent à la recherche d’un premier emploi. Les actions de la politique de la ville sont largement insuffisantes pour les aider réellement à s’en sortir. Je pense aussi aux demandeurs d’emploi de longue durée, qui doivent souvent se contenter du revenu de solidarité active (RSA) de base (ex-revenu minimum d’insertion) pour vivre et qu’on risque de laisser tomber sous prétexte qu’ils seraient « non reclassables » sur le marché du travail. Mais également à tous ces salariés précaires à qui il n’est jamais offert un emploi stable et les droits sociaux qui vont avec. Ou aux travailleurs pauvres, que le travail ne permet plus de sortir de la pauvreté.

Le RSA, que vous évoquiez, se divise en deux dispositifs : le RSA « de base », qui remplace le revenu minimum d’insertion (RMI) et fonctionne exactement de la même manière, et le RSA « chapeau », qui vise à apporter un petit complément de revenus aux ménages de travailleurs pauvres. Quel jugement portez-vous sur ce dispositif ?

Je ne ferai pas une critique absolue du RSA. Etant donné la situation actuelle du marché du travail, il vaut mieux, sans doute, qu’il ait été créé, car il permettra à un certain nombre de gens qui en ont bien besoin de compléter leurs revenus du travail. Mais en même temps, il risque de renforcer le processus de précarisation du marché du travail. Il y aura désormais sur ce marché des individus « soldés », pour lesquels les employeurs se diront que, comme ces salariés touchent le RSA, ils peuvent bien leur proposer des contrats courts ou des emplois à temps très partiels, sans jamais chercher à améliorer la qualité de ces emplois.

Résultat, un certain nombre d’individus risquent de « s’installer », malgré eux, dans le RSA, ce qu’on reprochait à certains allocataires du RMI. Ces gens viendront grandir la masse d’individus situés en dessous du salariat, ce que j’ai appelé le « précariat ».

Le RSA marque aussi un durcissement des politiques « d’activation des dépenses », dans un contexte conjoncturel pourtant peu propice au retour à l’emploi. Selon les discours de Nicolas Sarkozy sur le sujet, les allocataires du RSA de base pourraient se voir retirer leur allocation s’ils refusaient deux fois une offre d’emploi, si médiocre soit-elle. Ainsi, la logique de « contrepartie » est largement renforcée par rapport au RMI. On exige donc de plus en plus de ceux qui ont le moins, ce qui peut sembler paradoxal. Il ne faut pas oublier le fait que les individus sont inégalement armés pour pouvoir entrer dans une telle logique de contrepartie.

Justement, l’un des objectifs du RSA est de combattre la pauvreté laborieuse, mais il vise aussi à inciter les allocataires du RSA de base à reprendre un emploi. Dans un contexte où le chômage explose, où il n’y a pas suffisamment d’emplois à proposer à tout le monde, le RSA n’est-il pas condamné à disparaître ?

Je ne le pense pas, car ce dispositif peut aussi être considéré par certains - dangereusement - comme un moyen de lutter contre le chômage.

Le capitalisme actuel n’est pas capable de créer une société de « plein emploi », avec un véritable statut de l’emploi. A défaut, certains envisagent l’avènement d’une société de « pleine activité », où chacun travaillerait pour ne pas être considéré comme un oisif, un parasite, mais à des conditions minimales de salaires et de droits. Le RSA peut être un moyen de parvenir à cette société de pleine activité et de sous-salariat, en multipliant les activités dégradées.

Alors qu’on parlait, il y a une dizaine d’années, de « la fin du travail » (du nom d’un ouvrage de l’économiste Jérémy Rifkin, sorti en 1995), il y a aujourd’hui une survalorisation, une apologie inconditionnelle de la valeur travail. Mais il faut bien souligner qu’il y a travail et travail. Le seul travail qui est défendable est celui qui donne un minimum de droits et un salaire décent.

Vous l’avez dit, le marché du travail s’est largement précarisé depuis les années 1970. Comment la protection sociale et les droits sociaux peuvent-ils s’adapter à cette évolution ?

Certaines des transformations sociales de ces trente dernières années sont à mon sens assez irréversibles. Il faut donc les prendre en compte. Mais si l’on est sensible à certaines valeurs de solidarité, il faut attacher de nouveaux droits à ces transformations. Cela suppose notamment un changement de modus operandi de l’Etat social. Jusque-là, les individus étaient protégés par leur appartenance à de grandes catégories homogènes de la population correspondant à leur statut professionnel, et l’Etat était garant de ces protections. Aujourd’hui, l’Etat devrait davantage prendre en compte la singularité des trajectoires et devenir ainsi un Etat « animateur », un « Etat social actif ».

Cela supposerait notamment une sécurisation des parcours professionnels, dont certains économistes et juristes (Bernard Gazier, Alain Supiot) mais aussi les syndicats (notamment la CGT, avec son idée de « Sécurité sociale professionnelle ») parlent depuis une dizaine années. Cette sécurisation des parcours implique que de nouvelles protections soient attachées à la personne des salariés, pour lutter contre la précarité, pour leur permettre d’être plus mobiles, mais dans la sécurité. Cependant, aujourd’hui, le rapport de force n’est malheureusement pas en faveur des salariés.

Seriez-vous favorable à l’instauration d’un revenu d’existence, revenu minimal qui serait versé à tous sans aucune contrepartie ?

Non, car ce dispositif serait très dangereux. A mes yeux, un revenu convenable pour vivre décemment est de l’ordre du Smic. Si un revenu d’existence était créé, il serait certainement bien moindre, et ne permettrait pas le minimum d’indépendance économique nécessaire aux individus. Le bénéficiaire de ce revenu devrait donc faire autre chose pour compléter ce revenu, et serait amené à accepter n’importe quel petit boulot pour arrondir ses fins d’allocation. Ce qui, là encore, serait un facteur supplémentaire de dégradation du marché du travail. L’alternative à cette dégradation, ce serait d’attacher de nouveaux droits et de nouvelles protections aux nouvelles situations de travail.

En quoi le RMI, devenu RSA de base, est-il différent ?

La philosophie du RMI était très différente de celle du revenu d’existence : il s’agissait de donner un coup de main aux gens pour qu’ils s’en sortent. Dès sa création en 1989, il prévoyait la signature d’un contrat d’insertion avec chaque allocataire, visant à mettre en place toutes les actions nécessaires à son insertion sociale et professionnelle. Cela devait permettre de sortir d’une pure logique d’assistance. Certes, cela n’a pas très bien fonctionné : à peine la moitié des allocataires du RMI signaient effectivement un contrat d’insertion, et lorsqu’il était signé, il ne donnait pas toujours autant de résultats que souhaité. Mais c’est aussi parce qu’on ne s’est pas assez mobilisé autour de cette préoccupation d’insertion. Les entreprises, notamment, étaient très peu présentes dans les contrats d’insertion, alors que ce sont les premières actrices de l’insertion sur le marché du travail.

Le travail social a-t-il été à la hauteur dans cette lutte contre la pauvreté et l’exclusion ?

Les travailleurs sociaux exercent un métier très difficile. Le plus souvent, ils font ce qu’ils peuvent pour améliorer la situation des gens, mais sont pris dans un système de contraintes avec lequel ils doivent composer. On ne peut pas leur faire porter le chapeau de ce qui ne fonctionne pas sur le marché du travail. Aujourd’hui, dans les entreprises d’insertion et autres structures d’insertion par l’activité économique, par exemple, on parvient souvent à qualifier les personnes, à les former, à les remettre à niveau. Mais si à la sortie il n’y a pas de travail à leur proposer, c’est presque comme si on n’avait rien fait.

Vous critiquez la notion d’exclusion. Pour quelles raisons ?


Par paresse, on a tendance à recentrer la question sociale sur cette notion d’exclusion. J’estime que c’est une erreur, car c’est une notion statique, un mot-valise dans lequel on cristallise toute la misère du monde, mais qui n’explique rien sur les processus qui mènent à ces situations. Derrière cette notion, il y a l’idée qu’un sans-domicile fixe, un chômeur ou un jeune de banlieue est « exclu ». Cela nie complètement la différence entre ces situations et occulte la nécessité de chercher et de combattre les causes qui ont amené ces personnes-là où elles sont aujourd’hui.

Il est préférable à mon sens de parler de « désaffiliation » plutôt que d’exclusion. Ce concept est en effet plus dynamique et invite à tenter de comprendre comment se fait le processus de décrochage, qui passe par plusieurs stades successifs. Car on ne décroche pas du jour au lendemain et tous ne décrochent pas de la même chose. La trajectoire du jeune de banlieue discriminé sur une base ethnique n’est pas celle du chômeur de longue durée, ni celle du jeune très diplômé qui recherche un emploi, etc. Et leur avenir sera aussi très variable.


Source : Observatoire des inégalités


Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 15:22
dsk-rtl.jpeg Il suffit qu'il donne une interview sur une radio de grande écoute pour que la machine médiatique s'emballe. Ce matin, Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, de passage à Paris, était l'invité de Jean-Michel Apathie sur RTL. On pouvait s'attendre, comme d'habitude, à des questions bien ciblées de la part du journaliste et ce fut, bien sûr, le cas. Comme à son habitude, Dominique Strauss-Kahn  a répondu, avec courtoisie , empreinte parfois de malice, et un sens aigu des responsabilités qui sont les siennes, actuellement.

Sur la crise, tout d'abord." La croissance est revenue, tant mieux. Le chômage est toujours là ; et non seulement il est toujours là, mais dans beaucoup de pays avancés - les pays industrialisés principalement - il va continuer à augmenter, pas en Asie où les choses vont plus vite mais dans les pays comme les Etats-Unis, l'Europe, le Japon" a tenu à souligner Dominique Strauss-Kahn.

Le chômage, un véritable fléau qui exige des mesures concrètes, loin des discours ambiants laissant croire, ici ou là que la crise serait terminée.

"Non seulement il ne faut pas mettre fin aux plans de soutien de l'activité qui ont été mis en place, les fameux stimulus..." mais il convient de "recentrer tous ces stimulus sur l'emploi, sur les politiques de l'emploi " a tenu à rappeler le Directeur du FMI, qui va plus loin encore : " maintenant, ça doit être le sujet principal. Ma préoccupation principale, à moi, aujourd'hui, dans le pilotage qu'on peut avoir au FMI de l'économie mondiale, c'est l'emploi ".

Et les difficultés sont devant nous, car si , sur le court terme "
la croissance revient, la crise n'est pas terminée, le chômage est encore là, il faut s'occuper du chômage ", sur le moyen et le long terme , Dominique Strauss-Kahn  précise qu'on a pu mettre en place "des moyens d'éviter quelque chose d'aussi grave que la crise de 1929 grâce aux soutiens publics " mais  "ça a  créé des déficits massifs dans beaucoup de pays et le problème de moyen terme, c'est qu'il faut résorber ces déficits " .


" Et donc le deuxième message après l'accent sur l'emploi, le deuxième message qui est le mien, c'est qu'il faut que les gouvernements maintenant, annoncent comment ils vont au cours des années qui viennent réduire leurs dettes. Pas mettre en place tout de suite la réduction, c'est trop tôt. Aujourd'hui encore, il faut soutenir l'activité, mais dès que possible, et la date dépend des pays. Tout le monde est entré dans la crise au même moment, vous avez symboliquement cité la chute de Lehmann-Brothers, pourquoi pas ! Oui. Mais tout le monde n'en sort pas au même moment. Mais au moment où chaque pays commence à en sortir, il faut qu'il puisse mettre en place la réduction de la dette et il faut qu'il l'annonce maintenant. Qu'est-ce qu'il a en tête ? Comment il va le faire montrer qu'il s'en préoccupe ".

Dominique Strauss-Kahn n'est pas du genre à fuir les réalités et les évidentes contraintes qui vont avec : " les taux de croissance, aujourd'hui, sont revenus positifs partout ; mais 10% en Chine,  1% pour la zone Euro. De un à dix. C'est quand même considérable comme écart. Ca risque de durer. Donc, ca va créer des rapports de force différents. C'est-à-dire que là, on assiste à la domination potentielle de la Chine dans les années qui viennent. On n'en est pas encore là parce que malgré tout et  malgré sa croissance forte, l'économie chinoise n'a pas la taille des économies européennes ; mais enfin, vous avez raison, ce n'est qu'une question de temps ".

Puis le moment est venu, pour lui , au cours de cet entretien, de présenter sa vision de l'avenir " il nous faut un modèle de croissance au sortir de la crise : dans un an, dans un an et demi ; mais il faut y travailler maintenant, qui soit un modèle à bas carbone. On ne peut plus reconstruire le modèle qu'on avait avant. Le Fonds monétaire vient de proposer un mécanisme, je crois, très innovant de financement parce que Copenhague a quand même été de ce point de vue-là un échec de financement de ces dépenses.  Moi je suis très déçu de ce qui s'est passé à Copenhague ; et donc, on s'est dit, il faut qu'on apporte une solution. On apporte cette solution.  Dans quelques semaines, les documents seront publics ; mais tout ça  que c'est les problèmes qui vont se créer, demeurer pendant assez longtemps au-delà du problème chômage qui est le problème immédiat ".


Mais Dominique Strauss-Kahn va plus loin encore " ...l'Europe s'était donnée comme objectif, il y a dix ans, rappelez-vous, ça s'appelait "la stratégie de Lisbonne", d'être le cœur de la production de l'innovation dans le monde et que le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas le cas. Pour mille raisons dans lesquelles on ne va pas rentrer, l'Europe a été incapable de mener ce combat-là. Et c'est ça le vrai combat. Assurer les emplois de demain, d'après-demain, de nos enfants, de nos petits-enfants en Europe, en France comme en Allemagne, comme en Italie, comme ailleurs, c'est être capable d'investir suffisamment dans la Recherche, dans l'innovation ; et ça, très honnêtement, la vue qu'on peut avoir de l'extérieur, c'est que les dix ans qui viennent de s'écouler n'ont pas été -loin de là !- suffisamment dans cette direction " .


La conversation s'est poursuivie sur d'autres thèmes économiques comme le grand emprunt, l'âge légal de la retraite - "la réalité, en fait, dans la plupart des pays, ce n'est pas tellement l'âge légal de la retraite " qui est posé mais "  c'est l'âge réel de la retraite. Ce qui pèse sur les systèmes de retraite, c'est l'âge auquel on commence véritablement à prendre sa retraite " - mais Dominique Strauss-Kahn a tenu à bien préciser " il ne faut pas croire qu'on va sortir de la crise sans en payer le coût. On a échappé, je le disais tout à l'heure, à une crise colossale, très bien. Pour autant, on n'y a pas échappé avec zéro coût. Et ce coût-là, il va falloir le payer, c'est ce que le FMI essaie de canaliser dans chaque pays ; et le pire serait que chacun choisisse des solutions différentes et chacun reparte chez soi avec l'idée, je vais m'en sortir tout seul " .

On aurait pu croire que Jean-Michel Apathie s'en tienne uniquement à des questions d'ordre économique et social, en présence du Directeur général du FMI mais n'en pouvant plus, il demande à Dominique Strauss-Kahn : "à quel moment direz-vous, si une candidature à l'élection présidentielle de 2012 vous intéresse-t-elle ? "

La réponse de Dominique Strauss-Kahn fut courtoise mais directe: " à ce jour (je l'ai toujours dit), j'ai l'intention de faire mon mandat. Maintenant, si vous me demandez : si, dans certaines circonstances, je pourrais me reposer cette question ? La réponse est oui. Je pourrais me reposer cette question. J'ai déjà dit ça. Et donc, il n'y a pas de : à quel moment ? Si à un moment donné, je considère que je veux me reposer cette question, évidemment vous serez le premier informé, Jean-Michel Aphatie ".

Et pour bien se faire comprendre, Dominique Strauus-Kahn rajoute immédiatement : " il n'y a aucune raison qu'aujourd'hui dans l'ensemble des gens qui ont eu des responsabilités politiques dans notre pays, que la question ne se pose pas aujourd'hui parce qu'elle ne se pose pour aucun des autres candidats potentiels à l'élection présidentielle. Il n'y aucune raison qu'elle se pose à moi. Donc, je comprends qu'on se pose cette question ; vous comprenez que je n'y apporte pas de réponse aujourd'hui " .

Une fin de non-recevoir ? Non, une simple mise au point. Cela suffira-t-il à calmer les supputations médiatiques ?

Philippe PUGNET
Par SD32 - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 22:00
mairie-stclar.jpgLe foyer rural d'Inchy-Beaumont (Nord) est plein à craquer, on s'embrasse, on se serre la main, bonne année. Vieux briscard, le député (PS) Christian Bataille glisse: «Plus les communes sont petites, plus les habitants se déplacent pour les vœux.» En 2010, c'est une grande première: Inchy (721 habitants) et Beaumont (463), deux villages collés l'un à l'autre au bord de la nationale entre Cambrai et le Cateau, ont organisé une cérémonie commune. Les deux maires sont là, sur l'estrade, se font des politesses, «à toi Jean-Louis», «merci Fabrice».

Ils parlent des travaux de 2009, l'école et la rénovation du Poilu d'Inchy, repeint de toutes les couleurs. Puis le maire d'Inchy, Jean-Louis Caudrelier, prend une mine sévère: «2010 s'annonce sous des auspices moins favorables. Les différentes réformes législatives et fiscales en cours ou à venir laissent planer un doute sur l'autonomie financière et administrative de nos petites communes.» La suppression de la taxe professionnelle nous incite à la «prudence et à la modération» dans les investissements. Comme si cela ne suffisait pas, une vaste réforme des collectivités locales est en cours. Quelles seront les compétences des communes à l'avenir? Que deviendront les maires? Faudra-t-il se marier pour peser? Et que deviendra notre «ruralité» là-dedans? Beaucoup de questions, si peu de réponses...

Ce week-end de janvier, toutes les cérémonies de vœux se ressemblent. De droite comme de gauche, les élus confient à leurs administrés leurs états d'âme sur la suppression de la "TP", qui représentait parfois jusqu'à 50% de leurs ressources...

Bien sûr, le gouvernement a promis de compenser au même niveau. Le sénateur UMP (Jacques Legendre, ancien maire de Cambrai) a même adressé aux maires un 4 pages pour expliquer la réforme. N'empêche, ça ne passe toujours pas. Ici ou là, les maires fustigent un manque de concertation, disent avoir trop entendu de promesses de l'Etat jamais tenues, alors qu'il ne cesse de se désengager financièrement, que les perceptions et bureaux de postes disparaissent. Pas dupes: l'Etat n'a plus un sou. Il doit 275 millions d'euros au département du Nord au titre du seul RMI pour 2004 et 2008... Alors comment imaginer qu'à l'avenir, il honorera ses ardoises envers les communes?

«Cette réforme nous laisse dans un grand flou. Bercy a beau nous assurer que les pertes seront compensées pour 2010, je reste sceptique pour les années suivantes», dit Serge Siméon, maire UMP du Cateau-Cambrésis. «L'Etat Bisounours, c'est terminé», enchaîne Patrick Teinte, maire (PS) de Bermerain, 643 habitants. Il fustige un Etat «mauvais payeur et menteur», cite Jaurès pour faire avaler la pilule d'une possible hausse des impôts locaux.

Toujours plus sollicitées par des administrés exigeants en investissements, les communes n'avaient déjà pas le droit de faire des déficits. Voilà maintenant la suppression de la taxe professionnelle, et le spectre du grand retour de l'Etat jacobin octroyant les dotations comme avant la décentralisation, quand les sous-préfets géraient les communes.

Et comme si ça ne suffisait pas, le département du Nord vient d'augmenter la contribution des communes du Cambrésis au service d'incendie et de secours. Polémique locale, certes, mais la colère est colossale. Les maires ruraux sont survoltés : il leur faudra cotiser plus pour se payer les services des pompiers. Le Conseil général (PS) a beau invoquer l'égalité entre les territoires («les écarts variaient de 1,20 à 72,40 euros par an et par habitant» entre les grandes villes et certains villages), les maires ruraux s'en moquent: ils devront débourser plusieurs milliers d'euros de plus chaque année. Une sacrée somme pour de petits budgets.

cologne.jpgA l'assèchement tous azimuts des ressources s'ajoute une autre interrogation, plus profonde, presque métaphysique: qu'allons-nous devenir? Avec la réforme des collectivités territoriales, en cours d'examen au Sénat, qui prévoit l'élection de conseillers territoriaux remplaçant les élus du département et de la région, que deviendra le conseil général, interlocuteur privilégié des communes?

Il faudra surtout accélérer la constitution des intercommunalités. Les représentants de l'Etat ont fait passer le message: point de salut au-dessous de 50.000 habitants. Problème: les querelles de clocher restent vivaces. Dans le Nord rural, les communes ont longtemps vécu en autarcie. Pas mal vivent encore leur vie seule, celles qui ont accepté de s'unir se contentent encore trop souvent de gérer ensemble le ramassage des ordures au sein de regroupements croupions. En janvier, les communautés de Cambrai et du Cateau viennent enfin de se marier, après des décennies de querelles intestines. Mais avec 55.000 habitants, la nouvelle communauté de communes semble déjà trop faible... Morcellement funeste : dans le Nord-Pas-de-Calais, le potentiel fiscal des communes rurales n'est que de 250 euros par habitant, contre 600 pour les villes : elles investissent moins, mènent moins de politiques sociales.

«Oui, il faut s'allier pour faire baisser nos charges, admet Michel Dhaneus, maire de Saint-Martin-sur-Ecaillon, 520 âmes. Mais nos communes ont peur de se retrouver noyées.» «La réforme des collectivités territoriales se fait selon des règles peu claires et peu convaincantes, martèle André Fréhaut, maire (PS) de Villereau, 930 habitants. Nous allons devoir négocier avec le préfet d'éventuels rapprochements avec d'autres mais vers qui se tourner? Faut-il transférer encore plus de compétences au risque de perdre en autonomie financière? Faut-il fusionner avec le risque certain de perdre notre identité rurale? Nous voulons la défendre.»

tillac.jpgIdentité rurale? L'argument fait bien sourir Paul Raoult, sénateur et maire de la ville voisine du Quesnoy (5000 habitants). Villereau et Le Quesnoy appartiennent en effet à la même communauté de communes, rurale et aspirée par le dynamisme de Valenciennes, juste au nord.

Derrière cette défense identitaire, le sénateur voit surtout des germes de «guerre féroce entre les territoires». Sa ville, dit-il, assume des «charges de centralité» (crèche, écoles, cantines, activités sportives...) dont profitent les néo-ruraux de Villereau, classes moyennes aisées venues de Valenciennes Résultat, les impôts locaux culminent à 27% au Quesnoy, et sont trois fois moindres à Villereau ou dans d'autres villages alentour. Le sénateur prend des accents ouvriéristes, proclame le «refus de la ségrégation territoriale par l'argent: je fais payer trois fois plus d'impôts locaux à l'ouvrier de Vallourec ou de Toyota qui habite dans mes logements sociaux que le bobo qui s'est installé dans une belle baraque dans une commune voisine et utilise mes services!».

À rebours des cris indignés de ses collègues, le maire du Quesnoy défend un point de vue pas consensuel, «pas socialiste» non plus : «On est en train de passer à côté de la vraie réforme, plaide-t-il, exalté. A-t-on vraiment encore la capacité de se payer une démocratie de luxe en gardant 36.000 communes, dont 30.000 ont une moyenne de 413 habitants? Faut-il vraiment entretenir 500.000 élus? On nous parle de soi-disant démocratie locale? Mais vous avez vu comment elle fonctionne, la démocratie locale dans une commune de 150 habitants? Il s'agit d'abord de problèmes de personne. Parfois, c'est carrément du fascisme rampant!»

Au sein de sa communauté de communes, Paul Raoult prône un rapprochement avec Valenciennes pour des raisons économiques. Tout en s'inquiétant des risques possibles d'un tel flirt, dont le plus évident est que l'espace rural ne se transforme définitivement en «espace vert ou les urbains viennent respirer la chlorophylle». Il a beau tourner le problème dans tous les sens, M. le sénateur ne voit pas comment démêler ce sac de nœuds administratif.

Source Médiapart
Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 11:34
dskaubry.jpg A celles et ceux qui seraient tentés de voir poindre, du fait de récents sondages, une rivalité entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, qu'ils sachent que cette hypothèse n'est pas à l'ordre du jour.

D'ailleurs, Claude Bartolone n'a-t-il pas assuré , récemment, qu'" il n'y aura pas de match" entre Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry lors de la primaire présidentielle destinée à désigner le candidat socialiste pour 2012."

Et pour bien préciser à celles et ceux qui refuseraient de comprendre, ce dernier a rajouté " il n'y aura jamais un affrontement Dominique Strauss-Kahn - Martine Aubry. J'en suis persuadé", d'autant plus que "
ce n'est pas l'alpha et l'oméga de leur existence, la présidentielle".

"Ils sont bien persuadés l'un et l'autre que s'il y en a un des deux qui est en bonne position, il faudra le soutenir",

A Socialisme & Démocratie 32, nous en sommes aussi convaincus.

Philippe PUGNET



Par SD32 - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 11:21

FMI-logo.jpg Le Fonds monétaire international souhaite aider les pays à faire face aux changements climatiques. L'aide financière des pays industrialisées aux pays moins développés pour rendre leurs économies plus vertes a été un des points de friction de Copenhague.

"Le FMI travaille (...) à un fonds vert de plusieurs milliards de dollars - qui pourra atteindre 100 milliards de dollars par an d'ici quelques années - capable de fournir les montants énormes nécessaires aux pays pour faire face aux changements climatiques", annonce le Fonds monétaire international dans un communiqué.

Estimant important de se montrer créatif sur ces questions devenues cruciales, le directeur de l'institution, Dominique Strauss-Kahn, a détaillé le projet samedi dernier lors d'une session du Forum économique mondial (WEF) organisé à Davos . L'idée, a-t-il expliqué, est partie du constat que ce ne sont pas seulement les pays en développement qui n'ont pas les moyens de lutter contre le réchauffement climatique. La capacité des pays développés est également limitée par les problèmes budgétaires nés de la crise économique, a relevé M. Strauss-Kahn.

"Je ne peux pas croire qu'il n'y ait pas de solution à ce gigantesque problème", a-t-il martelé, rappelant que "le nouveau modèle de croissance économique devait être faible en émissions" de gaz à effet de serre. Le FMI va en conséquence lancer des discussions avec les banques centrales et les ministres des Finances sur la faisabilité de ce projet, a encore indiqué l'institution dans son communiqué.

Le financement pourrait provenir des instruments détenus par le FMI, soit une diffusion supplémentaire de droits de tirages spéciaux (DTS), a-t-il précisé. Les DTS (SDR en anglais, Special Drawing Rights) ont été créés en 1969 par le FMI pour compléter les réserves officielles existantes des pays membres. Quant à l'ampleur du montant évoqué, M. Strauss-Kahn l'a justifié en expliquant que 100 milliards de dollars était la somme de référence pour rendre les économies moins consommatrices en énergies polluantes.

Le directeur du FMI avait récemment annoncé son intention de faire cette proposition lors du WEF. "Je ne doute pas qu'elle aura beaucoup de critiques (...). Mais on ne peut pas vouloir traiter une question aussi majeure que cette question du changement climatique avec des instruments traditionnels", avait-il expliqué au cours d'un entretien avec la chaîne France 24.

L'aide financière des pays industrialisées aux pays moins développés pour rendre leurs économies plus vertes a été un des points de friction de la réunion sur le climat qui s'est tenue à Copenhague (Danemark) en décembre. La conférence des Nations unies sur le climat a abouti à un accord de l'ensemble des grands pays pollueurs, industrialisés et émergents, mais sans cadre contraignant et sans aucun objectif chiffré de réduction globale des émissions de gaz à effet de serre, à court ou à moyen terme.

 
Source AFP/L'Expansion
Par SD32 - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 15:23
2012 approche. Depuis sa visite éclair mais ô combien médiatique en France fin novembre, Dominique Strauss-Kahn est devenu le chouchou des Français. En décembre, il a été tour à tour désigné par les sondages comme leur candidat favori à gauche, comme triomphant des primaires face à Ségolène Royal, puis comme vainqueur d'un hypothétique duel avec Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle.


popularite-dsk-122009.jpg

De plus, selon un sondage Ifop publié par le Journal du Dimanche daté du 31 janvier, Dominique Strauss-Kahn reste le candidat préféré des Français pour les élections de 2012. Il demeure, en effet, celui capable de sortir la France de la crise économique (56% des Français) et celui qui a le plus l’étoffe d’un président de la République (62%).

La route est encore longue jusqu'en 2012 et tous ces sondages ne sont que supputations même si les résultats sont encourageants, car ne perdons pas de vue que seul Dominique Strauss-Kahn reste maître de sa décision pour 2012.
Par SD32 - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 10:39

DSK-AUBRY.jpg 29% des sympathisants socialistes se prononcent pour Dominique Strauss-Kahn, l'actuel patron du FMI, qui est suivi par Martine Aubry,première Secrétaire du Parti Socialiste et maire de Lille (19%). Ségolène Royal et Bertrand Delanoë sont distancés.

L'écart se creuse peu à peu entre les possibles prétendants à l'investiture du Parti socialiste pour la présidentielle de 2012. Selon une enquête BVA pour France Inter et L'Express, rendue publique mercredi 27 janvier, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry ont "fait le trou" avec leurs concurrents éventuels, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.
A la question "laquelle de ces personnalités préféreriez-vous voir comme candidat du PS à la présidentielle de 2012", 35% des Français répondent Dominique Strauss-Kahn, 14% Martine Aubry, 12% Ségolène Royal et 9% Bertrand Delanoë. L'écart est plus net au sein des sympathisants socialistes : 29% pour le patron du FMI, 19% pour la maire de Lille, 14% pour la présidente de Poitou-Charentes et 13% pour le maire de Paris.
François Hollande se place en cinquième position sur cinq, avec 7% des réponses dans les deux cas.

"DSK fait plus que jamais figure de super-recours façon Delors en 1995", commente BVA. "Présidentiable préféré des Français et des sympathisants de gauche (et de ceux du PS), il met son dauphin à 20 points auprès des premiers, et à 10 auprès des seconds."
Quant à Martine Aubry, elle "s’affirme de plus en plus et poursuit sa lente mais inéluctable progression dans l'Opinion, passant désormais devant Delanoë et Royal qui la devançaient encore il y a six mois."


Parmi les personnalités suivantes, laquelle préféreriez-vous voir comme candidat du Parti socialiste
à l'élection présidentielle en 2012 ?
Ensemble S/T Symp. Socialistes
Dominique Strauss-Kahn 35 36
Rappels juin 2009 36 32
Martine Aubry 14 17
Rappels juin 2009 14 18
Ségolène Royal 12 18
Rappels juin 2009 14 20
Bertrand Delanoë 9 12
Rappels juin 2009 16 20
François Hollande 7 6
Rappels juin 2009 4 5
(Une autre personnalité) 9 4
Rappels juin 2009 7 2
(NSP) 14 7
Rappels juin 2009 9 3
Total 100 100

Sondage BVA réalisé par téléphone les 22 et 23 janvier auprès d'un échantillon national représentatif de 964 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.


Source BVA-Nouvel Obs-L'Express
Par SD32 - Publié dans : Parti Socialiste
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 21:35

logo-PS.gif Socialisme & Démocratie 32 vous propose de prendre connaissance du communiqué du Bureau national du Parti Socialiste relatif à la question des retraites et aux priorités du parti en la matière.


La retraite par répartition, c'est-à-dire la solidarité entre les générations, est au cœur du modèle social de notre pays et constitue le socle fondamental de notre système de retraites. Nous devons le défendre et le sauvegarder. Or, les réformes du système de retraite de 1993 et 2003 n’ont réglé ni le problème du financement, ni celui du niveau des pensions qui ne cesse de se dégrader, ni permis de prendre en compte pleinement la situation des carrières longues, la pénibilité et les différences d’espérance de vie.

 
Au total, notre système de retraite n’est aujourd’hui pas financé durablement et n’assure pas un niveau de vie décent au plus grand nombre des retraités. Cette situation est aggravée par le très faible taux d’emploi des plus de 50 ans, une personne sur deux étant au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits à la retraite. C’est pourquoi la réforme du système de retraite qui sera discutée à partir de cette année est décisive. Le Parti socialiste prendra toute sa part dans le débat sur l’avenir des retraites. 
 
Le Parti socialiste rappelle que les organisations syndicales doivent, être au premier rang, les interlocuteurs privilégiés du gouvernement en ce qui concerne les retraites. Cela étant posé, le Parti socialiste est prêt à débattre sur cette question majeure pour notre pays. Nous pensons que si la question des retraites doit être traitée, elle ne doit pas faire oublier les actions prioritaires nécessaires sur les salaires, l’emploi et les réponses à apporter pour sortir de la crise.  
 
Pour que le débat ait lieu dans de bonnes conditions, trois temps devraient être respectés.
 
Le premier est celui, à partir des travaux du COR, d’un diagnostic, qui doit être autant partagé que possible notamment avec les organisations syndicales, sur la situation des retraites en France. 
 
Sur la base de ce diagnostic, devra s’engager un dialogue national au cours duquel chacun, partenaires sociaux, formations politiques, doit pouvoir exprimer ses propositions qui devront être discutées et négociées, en particulier avec les organisations syndicales. 
 
Enfin, un vrai débat devra avoir lieu au Parlement, qui ne saurait être ni précipité, ni tronqué, ni mené dans l’objectif de passer en force pendant l’été comme ce fut le cas en 1993 et 2003. 
 
L’avenir du système de retraites et les réformes nécessaires dépendront fortement de l’évolution de la démographie, de la croissance, de l’emploi et de la masse salariale. Le Parti socialiste rappelle d’ores et déjà les grandes orientations qu’il défendra et ses priorités pour la période 2012-2020 :
-la sauvegarde du système par répartition, fondé sur la solidarité entre les générations, qui nécessite de répondre à des besoins de financement de 25 milliards d’euros à horizon 2020 (compte tenu de l’augmentation du nombre de retraités, de l’allongement de la durée de la vie et de la diminution du nombre de cotisants) ;
-un niveau de pension permettant aux retraités de vivre correctement, alors que celles-ci ont baissé de 20% depuis la réforme Balladur et devrait baisser de 25% à nouveau dans les années à venir ; 1 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 50% ont une retraite inférieure à 1000 euros ;
- l’introduction de nouvelles ressources dans le système, alors que la droite n’a jamais pris d’initiative sur ce plan. Il s’agit notamment de : l’élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, le prélèvement de cotisations sur les stocks-options et autres rémunérations non assujetties (5 milliards d’euros de recettes possibles selon le rapport de la Cour des comptes) et l’alimentation du fonds de réserve des retraites.
- le maintien de l’age légal du départ à la retraite à 60 ans, c’est à dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite. C’est le seul droit encore attaché à l’âge légal de départ à la retraite et nous le défendrons.
- nous voulons faire en sorte que les salariés qui ont occupé des emplois pénibles puissent bénéficier d’une retraite anticipée, par exemple en majorant d’un coefficient les trimestres travaillées dans ces conditions. Le traitement des emplois pénibles était un engagement de l’Etat dans l’accord signé avec certaines organisations syndicales, il doit être un préalable des nouvelles discussions.
- Nous savons aussi que l’accroissement de l’espérance de vie, associée à une arrivée plus tardive sur le marché du travail, entraîne un départ réel à la retraite à 61, 62 ans…L’âge moyen de départ à la retraite est aujourd’hui en moyenne de 61,6 ans, mais nous voulons que les salariés puissent faire valoir leurs droits à la retraite dès lors qu’ils ont cotisé le nombre de trimestres requis, ce qui signifie que pourraient partir à 58 ou 59 ans par exemple des salariés qui ont commencé à travailler tôt.
- des mesures vigoureuses et effectives pour le maintien dans l’emploi des plus de 50 ans : le taux d’emploi des plus de 55 ans est de 35% ; une personne sur deux est au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits. Cela pèse sur les recettes des caisses de retraite, en raison des cotisations non perçues, autant que sur les droits des salariés concernés.
 
Le Parti Socialiste souhaite travailler la question des retraites dans une approche plus large : l’organisation des temps tout au long de la vie. Comment donner à chacun la possibilité de mieux organiser les temps de la vie dans le cadre de garanties collectives ? Comment faire de l’allongement de l’espérance de vie un progrès et non pas une contrainte pour la société ? Comment donner aux seniors une place active dans la société ? Comment prendre en charge la dépendance ? Autant de questions sur lesquelles nous voulons travailler tout au long de cette année, et dont nous souhaitons débattre également avec les organisations syndicales. 
 
Le Parti Socialiste rencontrera les organisations syndicales dans les semaines qui viennent pour entendre leur analyse et leurs propositions.  
 
A partir du diagnostic partagé dont il demande qu’il soit établit, de ses priorités, et du dialogue qu’il aura lui même engagé avec les organisations syndicales, le Parti socialiste fera connaître ses propositions. Il évaluera les propositions du Gouvernement également à l’aune de la méthode qu’il aura mis en oeuvre pour préparer la réforme et du résultat de ses négociations avec les organisations syndicales. 
 
Fort de ces orientations et de ces objectifs, le Parti socialiste présentera ses propres propositions, après les avoir fait valider par les militants selon les modalités prévues par ses règles internes.
Par SD32 - Publié dans : Faits de société
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 15:01
barak-obama.jpg Au début 2009, les grandes banques américaines ont été reçues à la Maison Blanche pour un entretien avec le Président : celui-ci leur a indiqué que la seule manière dont il pouvait justifier les mesures prises en leur faveur était à travers leur participation à l’effort commun pour la reprise économique. En clair : je vous soutiendrai si vous utilisez les moyens que je vous donne pour m’aider à relancer l’économie. De mon côté je compte sur votre modération en matière de rémunérations. Pour un Président démocrate, il n’était en effet possible de soutenir des institutions financières que si celles-ci contribuaient à l’effort national de relance. Il fallait donc qu’elles utilisent les ressources obtenues en prêtant à des conditions moins onéreuses puisque leur cout de financement était moins élevé. Et il fallait qu’elles continuent à prêter à l’économie réelle.


Les banques sont sorties de cette réunion en indiquant leur accord sur les demandes du Président. Au lieu de cela, elles se sont empressées de se lancer dans une activité débordante sur les marchés obligataires : 3000 émissions pour $ 1.400 milliards, soit le double de 2007 et le triple de 2006. Ce faisant, les grandes entreprises, ayant retenu les leçons de la crise, ont diminué leur dépendance par rapport aux banques et massivement remboursé des crédits, et ce à travers le monde. Décidément, les banquiers continuent à retirer le parapluie quand il pleut.


De plus, les mesures de soutien aux banques ont réduit les taux d’intérêt grâce à la politique monétaire de la Federal Reserve qui leur prêtait $ 2.000 milliards à un taux d’intérêt proche de zéro. Cette activité était donc loin de devoir son développement au génie des traders mais a permis de récolter, sans risque, une manne céleste de $ 300 milliards de  commissions, que les banquiers ont choisi de ne pas utiliser à renforcer leurs fonds propres, mais à se distribuer sous forme de bonus exorbitants. Même Goldman Sachs a du annoncer la baisse de ses bonus de $ 21.6 a $ 16 milliards…excusez du peu !


Les encours de crédits à la consommation et aux PME ont de leur coté , diminué de prés d’un quart et les banques ont systématiquement coupé les lignes de cartes de crédits aux consommateurs et augmenté les taux d’une manière massive et éhontée : une moyenne de 20% quand on emprunte a zero %, cela ressemble a une marge usuraire. Il est vrai que le South Dakota où elles se sont déplacées ne prohibe pas les taux usuraires. Et depuis quelques semaines des informations font état d’un retour en force de l’activité de « prime broker » et de l’encours des banques auprès … des hedge funds.


Obama a raison : devant un manque de respect de la parole donnée, le refus de participer à l’effort national de reprise, le financement de la spéculation et l’appropriation de ces profits sous forme de bonus, il fallait frapper un  grand coup.


L’ensemble des mesures proposées auront pour effet de couper les banques de dépôt de toute utilisation spéculative de leurs fonds propres, et d’activités non-bancaires comme le private equity et les hedge funds. Bref la fin des activités spéculatives à l’intérieur de banques de dépôt. « Plus jamais les banques ne pourront être en mesure de forcer les contribuables à intervenir » a dit le Président. Nous sommes donc devant une partie de bras de fer inévitable que seul l’esprit obtus des banquiers n’a pas vu venir. Ils comptent sans doute sur l’aide de la Cour Suprême qui a jugé illégale la limitation des « contributions politiques des entreprises ».


L’enjeu n’est ni plus ni moins celui de la démocratie américaine : sera-t-elle à vendre ou la Maison Blanche parviendra-t-elle à maintenir un équilibre menacé de toute part. C’est pour cela que, plus que jamais, le succès de la Présidence de Barack Obama est crucial pour la démocratie américaine, et indirectement à travers le monde.


Quant aux banques elles ne peuvent espérer retrouver la confiance du consommateur (c’est-à-dire du grand public) si elles ne redéfinissent pas une politique qui privilégie leur responsabilité économique et sociale avant la redistribution abusive à quelques uns de montants « obscènes » comme les a qualifiés le Président Américain.

 

Georges UGEUX

Source finance.blog.lemonde.fr

Par SD32 - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 22:40

Marianne.jpg Socialisme & Démocratie 32 a choisi de publier dans ses colonnes ce post d'Anne SINCLAIR relatif à la triste expérience qu'elle vient de vivre. En plein débat sur l'identité nationale, nous avons atteint là, l'absurde, l'humiliation et l'irrespect.


**********


Après beaucoup de Français dont j'ai lu les témoignages sur  différents sites internet, j'ai fait l'expérience dite de la Carte d'Identité (nationale?...). J'avais souhaité la faire refaire pour qu'elle témoigne de mon changement d'adresse dans Paris. Stupide démarche, car elle était valable jusqu'en 2017, mais très instructive expérience. J'aimerais vous en faire le récit complet, même si j'ai déjà évoqué ici cette aventure désormais bouclée.

 

Il y a un mois, de passage à Paris pour 48h, je suis allée dans une des annexes de la Préfecture de Police faire les démarches nécessaires. Munie de mon actuelle CI, des photos, de mon extrait de naissance et d'une quittance de téléphone pour prouver mon domicile. Bref, des documents dont le site de référence demande de se munir.

 

Procédure habituelle donc à travers les dédales administratifs où l'accueil n'est pas toujours chaleureux dans ces temps où notre identité est questionnée.

" Alors, vous êtes de la Guadeloupe ou vous n'êtes pas de la Guadeloupe?" demandait un guichetier à une vieille dame un peu paumée du ton dont il me semble qu'on n'aurait pas demandé "êtes vous de Loire Atlantique, oui ou non?".

 

J'observe, j'écoute, j'attends, comme tous ceux qui avant moi ont pris leur ticket. Une heure et demie. Temps raisonnable car il paraît que la moyenne est de deux heures. Lorsque mon tour vient, le monsieur derrière le guichet remarque que je suis née à l'étranger et me demande non pas si mes parents sont Français, mais si mes quatre grands-parents le sont: je lui fais reposer la question tant elle me semble maladroite, sinon ahurissante. A l'évidence, il cherchait seulement à savoir de quel côté familial il me fallait apporter la preuve de ma nationalité. Mais peut-être les responsables de ces nouvelles directives devraient-ils prendre le temps d'expliquer à leurs agents au contact du public, qu'il est des formules malheureuses, rappel de temps troubles.

 

 Il me précise en effet que depuis 2009, il me faut un document supplémentaire, un extrait de naissance de mon père ou de ma mère, qui puisse prouver ma francité. Je lui rétorque que, sur mon extrait de naissance, il est bien écrit que je suis née de Monsieur Robert S. né à Paris et de Madame Micheline R. née elle aussi à Paris. Et si donc, je ne suis pas française par le sol (car j'ai commis l'erreur de naître hors de France), je le suis par filiation et que cet extrait de naissance le prouve.

J'ajoute que je demande un renouvellement de ma carte d'identité, toujours valable, et qu'il a donc sous les yeux les  preuves de ma nationalité  qui, depuis quelques décennies, n'a d'ailleurs jamais été contestée. Intraitable, il veut me renvoyer chercher le papier qui me manque. Exaspérée et ne disposant que de quelques heures à Paris, je reprends mon dossier, mes photos, ma naissance suspecte et je repars.

 

Revenant cette semaine à Paris je me retrouve hier matin Boulevard du Palais munie cette fois de l'extrait de naissance de ma mère, née à Paris de parents français. La délicieuse dame souriante qui me reçoit, me le demande dès qu’elle constate que je suis née à l’étranger. Je répète que mon extrait de naissance a toujours suffi jusqu’à ce jour, qu'il indique la nationalité de mes parents, que je ne vois pas pourquoi on me demande de faire la preuve de ma nationalité sur trois générations, que c'est discriminatoire par rapport aux Français nés sur le territoire (il y aurait donc deux sortes de Français – les uns « plus français » que les autres ?), que ma carte d'identité toujours valable n'est pas frauduleuse, que si la France la conteste, qu’elle fasse donc la preuve de ma mauvaise foi; bref, je lui ressors mon discours.

 

La pauvre, elle a dû déjà l'entendre des dizaines de fois cette histoire ! Venant de gens moins bien lotis que moi, ayant moins de temps, une vie plus mouvementée ou plus de difficultés à obtenir un extrait de naissance de leurs parents ! Mais sa courtoisie ne le laisse pas deviner, et c'est toujours souriante, qu'elle m’explique que c'est le règlement, la loi, une nouvelle disposition, pour avoir une "double preuve". Mais pourquoi pas une troisième, dis-je, une quatrième? Jusqu'à combien de générations de Français faut-il remonter pour désormais apporter la preuve d'une nationalité qui n'a jusqu'ici jamais été mise en doute?

 

Au nom de tous ceux qui se heurtent chaque jour à ces demandes vexatoires, humiliantes, je demande s'il est possible de voir un responsable, pour comprendre... Pas de chance, ils sont en réunion. Tous. Mais peut-être la semaine prochaine quand je viendrai retirer ma carte... ???

 

Longue histoire pour témoigner de ce que vous savez déjà, de ce que vous avez déjà lu, de ce que vous devinez: la nationalité française n'est plus une évidence pour qui l'a toujours eue. Il faut sans cesse être capable de la prouver.

Je connais une vieille dame, née en Suisse de parents français qui pendant un an n’a pas pu obtenir ses papiers d'identité, tant ses démarches étaient infinies et finalement rejetées. J’ai vu son courrier disant sa blessure, sa douleur de se voir exclue d’un pays auquel elle n’avait jamais pensé qu’on puisse contester son appartenance.

Je connais une femme, née en Algérie, dont les parents étaient français du fait de la colonisation, mais dont les extraits de naissance semblent difficiles à établir à cause de la disparition de certains fichiers de mairies.

 

Le climat de suspicion, lié à ce débat sur l'identité nationale, ajoute au malaise.  Il fut un temps où l'on me fit l'honneur de me demander d'incarner Marianne. Aujourd'hui, la République française a besoin de s'assurer doublement que je n'usurpe pas ma nationalité. Ce ne sont pas que des tracasseries bureaucratiques. C'est un état d'esprit qui fait du mal à l'identité de la France.

Anne SINCLAIR
source annesinclair.typepad.fr
Par SD32 - Publié dans : Faits de société
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>

Recherche

Vidéo






Le tour de France du projet



Etape auscitaine, le 30 septembre

Laboratoire des idées


 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés