Lundi 17 novembre 2008
Bertrand Delanoë appelle, au nom d'une "certaine idée du socialisme", à choisir Martine Aubry lors du vote interne des socialistes pour la désignation du Premier secrétaire jeudi, dans une lettre aux militants rendue publique ce lundi.

"Notre responsabilité est immense", souligne Bertrand DELANOË dans cette lettre ouverte.

"Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s'exprimer, par son vote, sur ce qui est l'enjeu décisif de ce scrutin, comme l'ont démontré les principaux discours prononcés à Reims: l'identité même du Parti socialiste", poursuit-il.

"Au nom de mes convictions politiques, j'ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur", ajoute Bertrand  Delanoë.

Il apporte ainsi un soutien de poids à la maire de Lille dans la compétition qui l'oppose à l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal et l'eurodéputé Benoît Hamon.

"Plus que jamais, nous considérons que les Français ont besoin d'un instrument capable de proposer des réponses opérationnelles à leurs souffrances sociales, à leur perte de confiance et de repères, et à ce qu'ils éprouvent face à une politique gouvernementale brutale et injuste", poursuit Bertrand Delanoë dans sa lettre.

Il évoque à nouveau la question des alliances avec le centre, leitmotiv du Congrès de Reims, appelant de ses voeux "une stratégie d'alliances claire, qui implique de s'ouvrir à toutes les formations de gauche, mais à rejeter l'ambiguïté d'alliances avec un parti qui se refuse à différencier la droite de la gauche". Une allusion claire au MODEM vers lequel Ségolène Royal prône une ouverture.

"Dans les circonstances graves qu'affrontent notre parti et notre pays, il faut choisir. De ce vote dépend manifestement l'avenir et la conception même du Parti socialiste", lance encore Bertrand Delanoë.

"En toute amitié, mais avec l'intensité liée à ce moment, je souhaite te convaincre de voter au nom d'une certaine idée du socialisme", écrit-il à l'adresse des militants.

 

Source AFP


par SD32
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Lundi 17 novembre 2008
Cher-e-s camarades,

Les Français vont mal. Ils sont inquiets pour l’avenir alors que notre pays s’enfonce dans la récession, le chômage et les inégalités. Ils savent que Nicolas Sarkozy les a floués.

C’est en pensant à eux que je me suis engagée dans ce congrès.

Parce que face à une droite dure, il faut une gauche forte. Parce que face à un monde que le capitalisme financier emmène droit dans le mur, nous devons être porteurs d’un nouveau modèle dans lequel la question sociale est au cœur, où l’économie réelle reprend le pas sur la finance et où l’écologie sort des discours pour entrer dans les faits. Il nous faudra défendre les services publics attaqués actuellement par la droite, l’hôpital public et bien sûr la poste, mais il nous faudra en créer de nouveaux comme le service public de la petite enfance ou la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Je n’oublie pas le combat pour la laïcité au moment où le président de la République en appelle aux religions avant de qualifier la laïcité de positive pour mieux la disqualifier.

Parce que le 6 novembre, vous avez choisi d’exprimer une double demande d’un Parti fermement ancré à gauche et décidé à se renouveler. Je regrette avec vous que nous n’ayons pas réussi à nous rassembler à Reims autour d’une orientation. Mais je suis confiante parce que la décision est de nouveau dans vos mains.

J’ai décidé d’être candidate pour être votre première secrétaire, au cœur d’une équipe soudée, engagée, avec de nouveaux visages, une nouvelle génération de militants aux couleurs de nos territoires et de toutes les cultures présentes en France.

Je veux, avec vous, écrire la page d’un socialisme renouvelé, ancré dans la gauche efficace, crédible. La gauche qui assume la réforme et reste fidèle au mouvement ouvrier et aux idéaux des Lumières en retrouvant tout simplement les missions des socialistes : émanciper chaque homme et chaque femme, maîtriser notre présent et préparer l’avenir et faire une vraie civilisation porteuse de fraternité entre les hommes et les femmes quel que soit leur territoire ou leur culture.

Je veux, avec vous, un Parti Socialiste profondément européen.

Je veux, avec vous, rassembler le plus largement autour de cette ligne et de ces objectifs pour notre parti, pour la France et pour l’Europe.

Je veux garder un parti de militants, je veux défendre les alliances avec les seuls partis de gauche.

Je veux en tout état de cause garantir l’unité de notre Parti.

J’y mettrai toute mon énergie et ma passion.

Pour notre réussite.

Pour retrouver un avenir à notre Parti.

Pour redonner l’espoir aux Français.


MARTINE AUBRY

par SD32
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Jeudi 13 novembre 2008
Au fur et à mesure que notre congrès de Reims arrive, la tension monte, certains esprits s’échauffent, des anathèmes, des mises en garde et autres gentillesses d’usage sont distillés…Bref le décor est planté.

Qui pouvait penser ( hormis un certain temps Bertrand Delanoë ) que des quatre principales motions présentées au vote des militants l’une d’entre elles assurerait seule au soir du 6 novembre, une majorité en dépassant les 50 % ?

Et d’ailleurs quel militant a parfaitement intégré la nature même de ce vote sur des textes ( et non des personnes) servant à renouveler, pour 3 ans et à la proportionnelle, les instances du Parti : conseil national d’une part, conseil fédéral, d’autre part, dans chaque département.

Aujourd’hui les résultats sont connus : 29,1 % pour la motion E conduite par Gérard Collomb et Ségolène Royal – 24,9 % pour la motion A conduite par Bertrand Delanoë – 24,4 % pour la motion D conduite par Martine Aubry – 18,6 % pour la motion C conduite par Benoît Hamon – puis 1,5 % pour chacune des 2 dernières motions Pôle écologique et Utopia .

Ce résultat là est acquis et définitif, une fois qu’il aura été validé par le congrès. Il l’est aussi au sein du Conseil national tout comme d’ailleurs dans chaque fédération où des majorités se font et se défont au gré des humeurs, des contingences locales ou d’autres considérations.

Mais nos statuts sont ainsi faits que l’on élit d’une part le Conseil national à la proportionnelle et d’autre part le 1er secrétaire au scrutin majoritaire direct. "C’est un peu des législatives à la proportionnelle avant les présidentielles " comme le soulignait, il y a peu, Jean Christophe Cambadélis.

Et c’est là que les difficultés commencent surtout lorsqu’une motion, en l’occurrence la motion E arrivée en tête, se prévaut d’être celle du rassemblement... sur sa ligne. Qu’elle souhaite rassembler, nul ne peut l’en blâmer mais que 29 % des militants qui la soutiennent tentent d’en imposer aux 71 % qui se sont exprimés différemment, il y a là une volonté manifeste de diviser un peu plus un parti aujourd’hui totalement à la dérive, pour le plus grand plaisir de la droite.

Ségolène Royal pourrait se porter candidate au poste de 1er secrétaire : qui peut le lui interdire…personne. Mais qu’on nous demande d’avaliser cette candidature au nom du respect du vote des militants, c’est aller un peu vite en besogne.

Près de 43 % de militants se sont prononcés pour une ligne politique clairement à gauche en votant motion C et motion D : il y a là les bases d’un rassemblement fondateur d’un nouveau parti socialiste garant d’une alternative crédible à gauche en rejetant toute alliance avec le Modem ainsi que toute présidentialisation du parti.

Notre Parti Socialiste doit rester un parti de militants et non pas devenir un parti de supporters.

Notre Parti Socialiste a besoin désormais de stabilité  afin d’élaborer une opposition de projet, pas de rejet. Et cette stabilité doit se construire sur le plus grand dénominateur commun, au delà des 43 % évoqués plus haut. Il appartient désormais aux camarades des motions C et D de se rassembler , puis à ceux de la motion A de prendre leurs responsabilités et de les rejoindre.

Ce n’est pas de la "tambouille politique" mais une clarification nécessaire pour jeter les bases d’un nouvel Epinay fondateur. C’est à cela que doit servir notre congrès de Reims, afin que la ville "aux mille sourires" ne devienne pas celle des "milles tourments " pour notre parti.

Philippe PUGNET
par SD32
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Mardi 11 novembre 2008
Quatre-vingt-dix ans après, que dire de neuf sur la Grande Guerre ? Jean-Yves Le Naour revient sur les conflits d’interprétation qui divisent les historiens. Consentement ou contrainte, culture ou pratiques, histoire ou mémoire : la guerre de 14-18 est loin d’être terminée !

Au cours d’un colloque tenu à Lyon en 2001, le professeur Antoine Prost confessait avec ironie avoir cru, à la fin des années 1970, que l’on savait tout ce qu’il fallait savoir sur la Grande Guerre et que le champ des découvertes historiques en ce domaine touchait à sa fin. Une dizaine d’années plus tard seulement, l’approche de la Première Guerre mondiale est profondément bouleversée et même carrément révolutionnée par l’irruption de l’histoire culturelle après le long primat de l’histoire militaire et diplomatique puis de l’histoire sociale. Toutefois, même âprement disputées, les thèses autour desquelles s’organise le profond renouvellement historiographique doivent composer avec les logiques propres d’une mémoire « victimisante » qui se moque pas mal des conclusions scientifiques.

Culture de guerre et « ensauvagement » des sociétés

Les circonstances du récent bouleversement de l’appréhension du premier conflit mondial sont connues : dans les années 1980, l’histoire de la guerre est un champ de ruines. Les vieilles théories justifiant et expliquant la guerre, la thèse nationaliste qui identifie l’Allemagne comme l’unique coupable, ou son antithèse marxiste qui pointe la responsabilité du capitalisme, ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles ont été. La première a été ruinée par la réconciliation franco-allemande et la construction européenne ; la seconde, qui n’est pas parvenue à profiter de la déprise du nationalisme sur les sociétés européennes, a été emportée par le déclin du communisme. En un mot, il n’y a plus de façon de penser la Première Guerre mondiale. Surtout, la destruction de l’URSS en 1991 a donné le sentiment que le XXe siècle, né en 1917 plus qu’en 1914, était achevé. Le recul permettait alors aux historiens de se livrer à une relecture du conflit à l’aune d’un siècle de violence et de totalitarisme dont il était légitime de se demander si la Première Guerre mondiale n’avait pas été la matrice, tout comme les générations précédentes, après 1945, avaient identifié les années séparant l’attentat de Sarajevo de la prise de Berlin par l’armée rouge comme une guerre de trente ans.

C’est dans ce contexte qu’est créé, en 1992, l’Historial de la Grande Guerre, à Péronne, sur les lieux-mêmes de la bataille de la Somme. Le centre de recherche qui lui est annexé ne cache pas ses intentions de porter un nouveau regard sur le conflit, à l’image de Jay Winter qui inaugure les problématiques du deuil dans Sites of Memory, Sites of Mourning (1995). En 1994, le colloque Guerre et cultures inaugure officiellement la nouvelle approche culturelle de la Grande Guerre qui, face aux assurances et aux certitudes d’hier, pose quant à elle plus de questions qu’elle n’apporte de réponse. Désormais, ce sont les aspirations, les craintes, les angoisses, les espoirs et les rêves des contemporains qui sont analysés et qui constituent la trame d’une histoire des représentations débouchant sur l’identification d’une culture de guerre, c’est-à-dire d’un ensemble de représentations typique du temps court de la Première Guerre mondiale. Cette analyse, qui s’inscrit dans « l’œil de la guerre » en continuant ce que l’histoire sociale avait inauguré, c’est-à-dire la substitution d’un regard « d’en bas » à celui « d’en haut », insiste sur le consentement patriotique à la source des processus de mobilisation, la dimension eschatologique d’un conflit vécu comme une croisade de la civilisation contre la barbarie, du droit contre la force, et, plus simplement, du bien contre le mal.

Enfin, reliant le temps court au temps long, les historiens Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, qui synthétisent ces thèses dans leur ouvrage Retrouver la guerre (2000), insistent sur la « brutalisation » des hommes et des sociétés en guerre jusqu’à en faire une clé d’interprétation du XXe siècle : le totalitarisme serait né de la guerre totale. Ce concept de « brutalisation », parfois traduit par le terme d’« ensauvagement », est emprunté par les tenants de ce que nous nommerons « l’école de Péronne » à l’historien américain George L. Mosse qui le formule pour la première fois en 1991 dans son ouvrage Fallen Soldiers. Reshaping the Memory of the World Wars. Durant une décennie, ces thèses dominent sans partage l’historiographie endormie de la Grande Guerre qu’elles contribuent à réveiller et à re-dynamiser, mais elles suscitent également le débat.

La querelle du consentement

Si l’on évacue les questions personnelles, querelles d’egos et de territoire propres au milieu universitaire qui polluent le débat scientifique, les oppositions se structurent autour de la notion de consentement, à laquelle Frédéric Rousseau oppose la contrainte dans sa Guerre censurée (1999), niant même la vigueur du patriotisme chez les contemporains de 14-18 et soutenant que la ténacité des soldats doit plus au pistolet des sergents serre-file qu’à tout autre facteur. En décrivant un soldat « opprimé, brimé, déshumanisé, terrorisé et menacé de mort par sa propre armée », l’auteur contribue en effet à inscrire le débat sur le terrain de la confrontation entre contrainte et consentement, même si celui-ci sera ensuite jugé réducteur par les deux camps et renié avec énergie. Le titre de l’ouvrage, enfin, montre la volonté de rétablir une vérité historique qui aurait été dissimulée, y compris et surtout par les historiens, à commencer par les « péronnistes ». Toutes les thèses de ces derniers sont effectivement remises en cause : à la culture de guerre, Rémy Cazals oppose la prégnance d’une « culture de paix », tandis que Nicolas Offenstadt et André Loez soulignent qu’une culture, un ensemble de représentations complexes et élaborées, est caractéristique du temps long et ne peut apparaître en quelques semaines. La « brutalisation » fait également l’objet d’un assaut en règle, l’exemple français d’une société se tournant massivement vers le pacifisme dans l’après-guerre contredisant l’hypothèse du germe de la violence inoculée au siècle par la guerre. C’est que le concept de George L. Mosse a d’abord été conçu pour l’Allemagne, mais il a été généralisé par Stéphane Audoin-Rouzeau dans la traduction de Fallen Soldiers sous le titre plus mécanique De la Grande Guerre au totalitarisme, la brutalisation des sociétés européennes (1999).

Les oppositions à l’Historial de Péronne, d’abord éparses, se rassemblent et se structurent en 2006 avec la création d’un collectif de recherche international et de débat sur la Grande Guerre (CRID), véritable machine de guerre destinée à valoriser les œuvres des membres tout en déstabilisant l’école adverse. Il s’agit bien en effet d’un « collectif » de lutte scientifique, autant sinon plus que d’une société d’études, les conditions d’adhésion lui donnant un air de forteresse : toute demande d’adhésion doit être motivée par lettre et validée par un vote à l’unanimité et à bulletin secret du bureau. Avec un tel règlement, la ligne du collectif n’a rien à craindre d’une éventuelle remise en cause interne. Venus essentiellement de l’histoire sociale, les auteurs du CRID ambitionnent de « dépasser l’histoire culturelle » pour renouer avec une histoire totale appliquée à la Première Guerre mondiale, comme y invite Frédéric Rousseau dans La Grande Guerre en tant qu’expériences sociales. Le débat se cristallise alors autour de la focale d’analyse de la Grande Guerre et du choix des sources et de leur sollicitation : contre la centralité du discours et l’affirmation par les « péronnistes » que la culture commande les pratiques, le CRID privilégie les pratiques et se méfie du discours jugé « dominant », forcément produit par les classes dominantes, et qui serait perverti par le « bourrage de crâne » et encadré par la censure.

Au témoignage des intellectuels, souvent mis en avant par Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, on oppose les « bons témoins » populaires, et tout particulièrement celui du caporal Louis Barthas qui a fait la guerre en antimilitariste. Et voilà le débat embourbé sur le terrain du témoignage, avec une guerre de témoins sollicités par les uns et les autres pour affermir leurs thèses. Heureusement, on trouve largement de quoi faire son choix : en quatre ans de guerre, l’opinion d’un même soldat fluctue avec le temps et l’on pourra aussi bien le citer pour montrer sa détermination que son découragement, son consentement et son refus de la guerre. Rappelons une évidence : il n’est pas de bons et de mauvais témoins, et l’on ne peut trier sans malhonnêteté entre les souvenirs de guerre pour ne retenir que ceux qui hurleraient à la haine de l’ennemi ou ceux qui affirmeraient que la patrie n’existe pas et que le « Boche » est un frère. Plus que le témoignage, c’est la façon dont l’historien questionne celui-ci qui doit interroger.

Vers une paix de compromis ?

Finalement, ces deux écoles sont-elles si opposées qu’il y paraît ? L’angle du regard est différent et peut opposer l’approche sociale à l’approche culturelle, les pratiques au discours, l’analyse privilégiée des résistances à celle de l’acceptation de la guerre, mais les historiens ne parviennent-ils pas aux mêmes résultats et ne disent-ils pas la même chose sur la guerre, sans toutefois en dégager les mêmes conclusions ? Que l’on parte des processus de mobilisation ou des stratégies d’esquive et des manifestations de résistance pour comprendre la complexité des sociétés en guerre, n’arrive-t-on pas au même point ? L’histoire étant débat, la multiplicité des approches sur la Grande Guerre est plutôt saine, reste cependant à ne pas nier ou mépriser la démarche scientifique qui n’est pas la sienne, comme c’est souvent malheureusement le cas. La convergence, du reste, n’est pas interdite ni impossible, comme nous l’avons démontré en dirigeant un Dictionnaire de la Grande Guerre (Larousse, 2008) auquel ont participé des auteurs des deux écoles. L’opposition est, il est vrai, parfois artificielle, comme sur la notion de consentement dont l’interprétation comme adhésion est trop réductrice puisque consentir c’est aussi se résigner. Un prochain colloque de l’Historial de Péronne autour de l’idée d’endurance (novembre 2008) devrait permettre de remplacer le terme problématique de consentement par un concept plus consensuel. Le fait que Nicolas Offenstadt, membre éminent du CRID, ait été invité dans un premier temps prouve également que la fraternisation est possible et que la guerre de tranchées peut être surmontée. À quand la paix de compromis ?

Ces querelles historiographiques et l’agitation du bocal de la Grande Guerre n’ont de toute façon pas ou peu de prise sur la mémoire de l’événement. Les historiens, divisés, comme on l’a vu plus haut, doivent en effet composer avec une « patrimonialisation » de la guerre suscitée par la demande sociale. Pour saisir cette dernière, il n’est besoin que de visiter les sites de passionnés – forum 1914-1918 et autres – où la recherche généalogique fait bon ménage avec le « devoir de mémoire ». Méfiants à l’endroit des historiens professionnels, ces passionnés sont souvent des spécialistes pointus capables de répondre à des questions précises mais à qui échappe souvent la dimension globale de la Grande Guerre et toute problématique. Au-delà de cette mise en histoire par les citoyens eux-mêmes, la société contemporaine jette sur la Première Guerre mondiale un regard qui fait écran à sa compréhension : hier considérés comme des héros, les poilus sont désormais présentés comme des victimes, de la chair à canon.

Tout l’effort des historiens de Péronne pour redonner place aux soldats comme acteurs de leur temps est vain face au rouleau compresseur d’une mémoire victimisante qui ne veut retenir que le sacrifice. On assiste même à un complet renversement de la figure du héros, les « sur-victimes » que sont les fusillés et les mutins prenant le pas sur tous les autres soldats qui ont suivi le troupeau jusqu’à l’abattoir quand d’autres ont eu le courage de dire non. Quant à la guerre, elle est devenue un chaos sans queue ni tête ou, au mieux, une guerre civile européenne. Si l’on peut considérer, en citoyen, que cette mémoire humaniste est utile et nécessaire au consensus politique fondant la réconciliation franco-allemande et la construction européenne, l’historien est plus réservé pour valider la pertinence de sa dimension pathologique qu’illustre, par exemple, le film Joyeux Noël de Christian Carion (2005). L’historien peut-il répondre à la demande sociale sans se renier ?

Dès lors, entre une historiographie minée et une mémoire émotionnelle, quelles sont les perspectives concernant la Grande Guerre ? À côté des grandes synthèses qui manquent – il n’existe pas d’ouvrage fondamental sur le pacifisme, par exemple – et de la nécessité de relire les grands travaux des générations précédentes à l’aune de problématiques ou de sources nouvelles – les rumeurs, pourtant actrices de l’histoire, sont notamment très sous-exploitées – on peut espérer que la mise en chantier d’une histoire comparée de la guerre à l’échelle européenne, depuis quelques années, rendra plus intelligible ce conflit. La déprise de la guerre, qu’elle soit matérielle ou spirituelle, est encore à défricher : le champ de la démobilisation culturelle (John Horne) ouvre en effet un vaste espace, celui des blessures et des cicatrices des sociétés belligérantes et de leurs efforts pour oublier ou pour se souvenir. En s’engageant dans cette dernière voie, les chercheurs contribueront à la mise en histoire de la mémoire de la Grande Guerre, une façon de s’en affranchir tout en en éclairant les ressorts. Non, la guerre de 14-18 n’est pas finie.

Source La vie des idées

par SD32
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Samedi 8 novembre 2008


Dominique Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), qui est cité par 27% des personnes interrogées, est considéré comme la personnalité de gauche la plus à même d'affronter l'actuel président de la République par 18% des sympathisants de gauche et 21% des sympathisants du Parti socialiste. Il devance le maire de Paris Bertrand Delanoë (21% des personnes interrogées) et la présidente de la région Poitou-Charente Ségolène Royal (17%), dont la motion est arrivée en tête lors du vote des militants socialistes avant le congrès de Reims.

sondage Ifop réalisé  les 7 et 8 novembre auprès d'un échantillon de 959 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas




Source AFP
par SD32
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Samedi 8 novembre 2008
Martine Aubry, a estimé samedi que les militants du PS avaient demandé une "majorité à gauche et renouvelée" lors du vote des motions en vue du congrès de Reims qui a vu Ségolène Royal arriver en tête devant Bertrand Delanoë et Mme Aubry.

"Je suis pour suivre le message des militants: à gauche et renouvelée, c'est cette majorité qu'il nous faut", a déclaré Mme Aubry à France 3 Nord-Pas-de-Calais en marge du congrès de la fédération socialiste du Nord qui se tenait samedi à Loos.

"Nous sommes un parti démocratique, laissons Ségolène faire ses propositions (...). Nous verrons si elle rassemble, si elle peut rassembler une majorité. Si elle la rassemble, nous devrons l'accepter. On est dehors, mais on doit l'accepter. Si elle ne la rassemble pas, il nous faut la construire", a-t-elle ajouté.

Source AFP

par SD32
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Samedi 8 novembre 2008
Le prochain sommet des dirigeants des pays industrialisés et des économies émergentes (G20) à Washington, ne va pas déboucher sur un nouvel accord international semblable à celui de Bretton Woods, a affirmé le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn.

"Les choses ne vont pas changer du jour au lendemain. On a mis deux ans à préparer Bretton Woods. Beaucoup de gens parlent d'un Bretton Woods II. Ca sonne bien mais nous n'allons pas créer un nouveau traité international", a indiqué M. Strauss-Kahn dans une interview publiée samedi par le quotidien britannique Financial Times.

Le sommet du G20, le 15 novembre prochain, devrait discuter d'une réforme du FMI, créé dans le cadre des accords de Bretton Woods qui tracèrent les grandes lignes du système financier international en 1944.

L'Union Européenne est favorable à une révision complète du fonctionnement du FMI. "Nous voulons changer les règles du jeu", a affirmé le président français, Nicolas Sarkozy, dont le pays assume la présidence temporaire de l'UE.

Les Etats-Unis cependant ne sont pas chauds pour un changement radical.

Dominique Strauss-Kahn a également mis en garde contre l'idée qu'on pourrait mettre en place un système pour prévenir le futures crises économiques mondiales préconisée par le Premier ministre britannique, Gordon Brown, notamment.

"J'ai entendu des choses contradictoires à ce sujet", a-t-il déclaré.

"Je ne pense pas qu'on puisse avoir un système mécanique avec des lumières rouges et des lumières vertes et que parfois, pays par pays, les lumières passeraient du vert au rouge", a ajouté Dominique Strauss-Kahn.

Le patron du FMI a par ailleurs souhaité que le président élu des Etats-Unis, Barack Obama, soit partie prenante dans les discussions.

"Si le sommet met en place des groupes de travail, ils devront fonctionner comme un pont avec la nouvelle administration. Cela n'aurait donc pas de sens de travailler sans liaison avec la nouvelle administration", a-t-il indiqué.

Un porte-parole de M. Obama a indiqué vendredi que celui-ci ne participerait pas au sommet du G20.

 

Source AFP

par SD32
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Votons Martine !










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