SD32


Dominique Strauss-Kahn en compagnie de Philippe Pugnet
responsable de Socialisme & Démocratie 32


SD32@gmail.com
Jeudi 25 juin 2009
Les citoyens européens ont fait leur choix. le parlement européen et la Commission européenne seront dirigées par une coalition de droite.La complexité du processus de décision communautaire ainsi que les traditionnels arrangements créeront sans doute la confusion auprès des citoyens sur qui sera responsable de l'orientation de l'Europe pour les cinq années à venir.

Mais les gouvernements et les partis de la droite européenne, ainsi que leurs députés au Parlement européen, doivent maintenant assumer pleinement les conséquences de leur victoire à la Pyrrhus, basée sur des taux d'abstention record. je crois qu'ils vont décevoir beaucoup de ceux qui leur ont fait confiance le 7 juin. Les dirigeants de la droite européenne, et en particulier du PPE, utilisent aujourd'hui une rhétorique sociale-démocrate pour tromper leurs électeurs. Des engagements ont été pris sur la politique sociale, sur la lutte contre le changement climatique, sur la régulation des marchés financiers et sur bien d'autres sujets encore. Ils ne seront pas tenus.

La tradition de légiférer par consensus va sans doute perdurer à Bruxelles et à Strasbourg. Mais j'ai la conviction que l'heure est venue de mettre davantage en évidence les différences politiques entre la gauche et la droite. Après cette défaite aux élections européennes, la social-démocratie doit-elle faire comme si de rien n'était, et ainsi prendre le risque d'aider la droite à brouiller un peu plus les clivages politiques dans les années à venir ? Je ne crois pas que ce soit la voie à suivre. Pour commencer, nous devons nous battre pour nos engagements de campagne: un nouveau plan de relance européen et une réforme en profondeur du système européen de régulation financière. mais dès à présent, nous devons aller beaucoup plus loin.


La social-démocratie doit se renouveler. les valeurs sur lesquelles nous avons fondé nos combats et nos succés politiques depuis plus d'un siècle doivent rester notre inspiration. mais nous devons repenser notre projet dans le monde d'aujourd'hui, en perpétuelle mutation. Nous devons être audacieux, fiers de ce que nous représentons et plus efficaces dans la manière d'exprimer nos idées et nos projets. Nous devons apprendre à être au plus proche des gens, de ceux qui se sentent exclus de la société et ne croient plus à la politique, en répondant à leurs peurs et à leurs rêves. Nous, partis socialistes et sociaux-démocrates européens, devons plus que jamais travailler ensemble. Nous devons aussi être ouverts aux personnes et aux idées progressistes  au delà de nos propres partis.

Mais nous devons aller encore plus loin.Notre impératif aujourd'hui, est d'intégrer à notre pensée politique les dynamiques d'un monde en pleine évolution.

Prenons l'environnement. Nous nous sommes battus pour la protection des ressources naturelles, de la biodiversité, de la qualité de l'air et de l'eau. Mais comment lier cela à nos combats naturels pour la justice sociale et l'égalité? Nous avons été incapables de développer une vision cohérente à long terme pour le développement écologique de nos économies et de nos sociétés. Si nous n'arrivons pas à trouver une manière de combiner notre combat de toujours contre les inégalités avec l'environnement, nous serons contraints de faire des compromis impossibles. Nous devons parvenir à plus de clarté et de crédibilité politique sur cette question essentielle qu'est le développement durable.

Prenons l'économie mondiale. Nous devons trouver les meilleures réponses aux aspects les plus néfastes de la mondialisation. Nous avons oeuvré pour un système économique global plus durable et plus juste.Mais les inégalités demeurent scandaleuses. Et la création de nouvelles richesses écologiquement durables, qui doivent être plus équitablement réparties, ne répond pas aux besoins des milliards de personnes qui vivent aujourd'hui dans la pauvreté. nous devons trouver de nouvelles réponses à ce défi mondial et nous devons les trouver rapidement.Sinon comment peut-on prétendre continuer d'incarner le principal mouvement politique internationaliste ?

Prenons l'Europe. Nous avons peur de défendre une Europe politique plus forte. Nos discours sont hésitants, et parfois même contradictoires.Une fois encore, si nous n'arrivons pas à élaborer un projet clair et ambitieux pour l'avenir politique de l'Europe, nous ne pourrons pas convaincre les citoyens de nous soutenir pour construire une Europe capable de les protéger dans la mondialisation.

Nous avons perdu une élection, mais pas la guerre des idées politiques. nous n'en sommes qu'au début.Pour les cinq années à venir, les institutions européennes seront dominées par la droite.Nous devons utiliser cette période pour engager un changement audacieux. Si nous y parvenons, les citoyens retrouveront confiance en nous, peut-être pour longtemps.Si nous échouons, et surtout si nous refusons de changer en continuant comme avant, nous mourrons.


Poul Nyrup Rasmussen
Président du Parti Socialiste Européen

Par SD32 - Publié dans : Politique européenne
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Jeudi 25 juin 2009

Le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen et le chef de file du Groupe socialiste au Parlement européen Martin Schulz viennent de rendre public une déclaration commune sur la décision du Conseil concernant le président de la Commission. La déclaration stipule:

“Nous avons appris que le Conseil demande au Parlement européen de passer au vote le 15 juillet. Comme nous l'avons déjà dit, nous refusons ce vote. Nous ne céderons pas à la pression de certains membres du Conseil qui voudraient qu'on passe à un vote le plus rapidement possible. Nous avons convenu avec nos premiers ministres et nos leaders de partis hier que le Parlement européen avait besoin de temps pour mener à bien une pleine consultation. Nous prévoyons des auditions intenses une fois que le Parlement aura été adéquatement constitué”.

“Nous avons besoin d'un débat de fond sur le programme et les politiques de la prochaine Commission, sur les propositions concrètes, et non d'une campagne de relations publiques. Nous connaissons M. Barroso et nos expériences avec lui ne sont pas positives. Ses actions pour gérer la crise, pour la protection sociale, sa capacité de leadership se sont révélées insuffisantes mais il essaie d'impressionner en les présentant comme positives. Nous, les socialistes, savons ce que nous voulons pour l'Europe et nous évaluerons M. Barroso et son programme sur cette base”.

“Nos priorités sont claires et nous voulons entendre ce que M. Barroso aura à dire là-dessus. Nous demandons à la Commission européenne d'adopter un nouveau plan de relance pour l'emploi et pour une croissance verte, un Pacte européen pour l'emploi afin de préserver les postes de travail et de renforcer les droits des travailleurs, comprenant une clause sociale, une nouvelle charte des droits des femmes, une régulation effective et une véritable régulation des marchés financiers, une nouvelle solidarité entre les Etats membres et un engagement européen en faveur d'un nouveau 'deal' mondial”.

“Il s'agit de garantir l'avenir de l'Europe, non pas d'une offensive de charme ou d'une opération de relations publiques”.


Par SD32 - Publié dans : Politique européenne
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Jeudi 25 juin 2009
Sarkozy l’a dit, mais l’a-t-il fait ? Quelques jours après son discours devant le Congrès à Versailles, revenons sur les déclarations du candidat et du président de la République en matière d’environnement, et mettons-les à l’épreuve des faits.

La fiscalité verte c’est enfantin ou presque. Sa vocation ? Inciter particuliers et entreprises à opter pour des produits moins polluants, à consommer moins d’énergie ou à rejeter moins de gaz à effet de serre vers l’atmosphère. Le moyen ? Alléger la balance financière pour les bons élèves tandis qu’on fait peser plus de taxes sur le dos des pollueurs. Mais voilà, pour être ambitieux, le programme de Nicolas Sarkozy semble difficile à tenir. Et les ONG crient déjà à l’urgence, en préférant des outils imparfaits (une contribution climat-énergie calculée sur les seules consommations d’énergie par exemple) mais applicables vite et facilement... En matière de fiscalité verte, le mieux est parfois l’ennemi du bien.

1. Une TVA abaissée sur les produits verts :

Les discours :

7 mars 2007 : "Première proposition : faire bénéficier tous les produits propres, à commencer par les voitures, d’une TVA minorée à 5,5%. Même traitement de faveur pour les constructions économes en énergie" (Sud-Ouest – 7 mars 2007)

Mai 2007 : "Je créerai une fiscalité écologique pour inciter les Français à adopter des comportements vertueux, notamment une TVA à taux réduit sur les produits propres." ("Ensemble tout devient possible". Programme pour la présidentielle )

14 Mars 2008 : "Dans le débat, nous avons expressément parlé de la TVA écologique (…) certains pays, je ne vous le cache pas, étaient opposés à ce qu’on ouvre ce débat et d’autres, la Grande-Bretagne et la France, y étaient très favorables. L’idée que je défends, c’est que les produits propres devraient bénéficier d’une TVA à taux réduit (…) quand un consommateur achète une voiture qui sera plus chère parce qu’elle est propre, il me paraît normal qu’il puisse bénéficier d’une TVA à taux réduit. Ce n’est pas encore là où l’on est, mais le Conseil a demandé à la commission d’y travailler, c’est important." (Sommet européen de printemps)

Où en est-on ?

En mars 2009, la Commission européenne a reconnu qu’il serait pratiquement impossible d’obtenir des taux réduits de TVA pour les produits "verts" dans l’UE comme le préconisait la France et la Grande Bretagne. "Un grand nombre d’États-membres considèrent que nous sommes arrivés au bout de la route et ne veulent pas de discussions supplémentaires sur l’extension de taux réduits de TVA", avait noté Laszlo Kovacs, le commissaire européen à la fiscalité, au lendemain de l’adoption d’une TVA réduite pour certains services dont la restauration. Cet accord avait déjà obtenu à l’arraché. Et six pays dont l’Allemagne, le Danemark et la République Tchèque ont demandé à ce qu’il n’y ait plus d’autres dérogations. De là à dire que la TVA verte a été sacrifiée sur l’autel des restaurateurs... En tout cas, on n’entend plus l’Élysée ni le gouvernement sur ce sujet.

2. Une contribution climat-énergie :

Les discours :

25 octobre 2007 : "Je suis contre toute fiscalité supplémentaire qui pèserait sur les ménages et les entreprises. Il n’est pas question d’augmenter le taux de prélèvements obligatoires. 
Je suis contre tout prélèvement sur le pouvoir d’achat des ménages. Tout impôt nouveau doit être strictement compensé. (…) La fiscalité écologique ne doit pas se résumer à une compilation de petites taxes, rarement incitatives et souvent injustes. Il faut une profonde révision de tous nos impôts et taxes. L’objectif est de taxer plus les pollutions, notamment les énergies fossiles, et de taxer moins le travail.
Je m’engage à ce que la révision générale des prélèvements obligatoires se penche sur la création d’une taxe "climat-énergie" en contrepartie d’un allégement de la taxation du travail pour préserver le pouvoir d’achat et la compétitivité." (Discours de clôture du Grenelle de l’environnement)

23 juin 2009 : "C’est avec la même détermination que je souhaite que l’on aille le plus loin possible sur la taxe carbone. Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail. C’est un enjeu immense. C’est un enjeu écologique." (discours au Congrès à Versailles)

Où en est-on ?

Baptisée tour à tour taxe climat-énergie puis contribution climat-énergie (CCE), la taxe destinée à limiter les émissions de gaz à effet de serre en introduisant "un signal prix carbone " patine encore. Doit-on taxer les consommations énergétiques, les produits en fonction de leur bilan carbone ? Comment la calculer et qui doit la payer ? L’État n’a pas encore tranché. Alors qu’on pensait que le sujet n’était plus d’actualité, un livre blanc sur le sujet a été ouvert, au lendemain de la percée électorale d’Europe Ecologie aux européennes. Celui-ci devrait aider des experts à rédiger une trame de propositions lors d’une conférence "du consensus" les 2 et 3 juillet prochains. "Le processus est lancé mais il prendra du temps", ont souligné début juin Jean-Louis Borloo et Michel Rocard, président de la conférence du consensus sur la contribution Climat-Énergie. Si tout va bien, la CCE devrait faire partie de la loi sur les Finances de 2011.

3. Une taxe carbone (sur les produits à l’importation) :

Les discours :

10 avril 2007 : "Si nous ne parvenions pas à amener les Etats-Unis et les grandes puissances émergentes à participer à la lutte contre l’effet de serre, je souhaite la mise en place d’une taxe sur le carbone importé applicable aux produits issus de pays ne respectant pas le protocole de Kyoto." (Réponses à la Confédération générale des petites et moyennes entreprises)

24 mars 2009 : "Je ne verrai que des avantages à une taxe carbone qui permettra de faire participer les importations au financement de notre protection sociale. (...) Il y a des pays qui ne respectent aucune des règles environnementales que nous imposons à nos entreprises. Eh bien ces pays paieront à ce moment-là, dans le cadre de la taxe carbone que nous aurons, une taxe qui est parfaitement normale (...). Il n’y a aucune raison que nous acceptions, en plus du dumping social, du dumping monétaire, du dumping fiscal, un dumping environnemental qui finira par conduire le monde à la ruine" (Discours lors d’une réunion publique à Saint-Quentin- Aisne)

15 juin 2009 : "Que l’on sache en tout cas que je ne laisserai pas faire subir à la taxe carbone le sort que l’on a fait subir par le passé au débat sur la taxation de la spéculation. Parce que la taxe carbone c’est la condition d’une concurrence loyale et d’un effort partagé pour sauver la planète. "(Conférence internationale du travail, Genève)

Où en est-on ?

Contrairement à la Contribution climat énergie, nationale, cette taxe aux frontières relève cette fois-ci de la compétence de l’UE. Le Danemark et la Suède se sont dits opposés, le 18 juin dernier, à envisager dès à présent l’instauration d’une "taxe carbone" aux frontières de l’UE pour le cas où les négociations mondiales sur le climat viendraient à échouer. Nombre de pays européens sont réticents, par crainte notamment d’enfreindre les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Il faudra donc attendre les conclusions du sommet de Copenhague, en décembre prochain, pour savoir si Nicolas Sarkozy jugera utile de repasser à l’offensive sur ce sujet.

Source TerraEco

Par SD32 - Publié dans : Faits de société
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Lundi 22 juin 2009
socialisme & Démocratie 32 publie quelques réactions au discours de Nicolas Sarkozy cet après midi, à Versailles.


Alors qu'on attendait du président qu'il soit à la hauteur du moment et du lieu,  son discours nous plonge dans la consternation: le chef de l'Etat paraît dépassé par les enjeux.Au-delà de formules attrape-tout et d'incantations que plus personne ne croit tant elles ne sont jamais suivies d'effets, ce discours démontre malheureusement une absence de cap économique et confirme qu'il y aura bien un sévère tour de vis social.

Concernant l'emprunt, chacun a bien compris qu'il ne s'agit pas d'une relance, mais d'un habillage pour masquer la responsabilité du pouvoir actuel dans l'aggravation des déficits, paquet et bouclier fiscal en tête, et l'absence de mesures pour combattre le chômage et augmenter le pouvoir d'achat des Français. Le chef de l'Etat devait dire aux Français comment sortir de la crise; il n'a fait que leur confirmer que ce sont eux qui payeront la politique d'austérité...d'autant plus que pour la troisième année consécutive, le gouvernement refuse un coup de pouce pour le SMIC et accroît la rigueur salariale.

Martine Aubry



Le discours du Président de la République fut mou et flou. De façon un peu incompréhensible, le Président de la République n’a ni fait un discours d’orientation de la Nation, ni un discours de politique générale. Il a mis le passé sous le tapis, ne regrettant rien, et a produit un discours mou, flou et touche à tout.

Jean Christophe Cambadélis

Député de Paris



Le discours de Versailles, tant attendu, devait être le discours du nouveau départ de la France pour l’après crise.Au final, que retenir de ce discours si ce n’est une impression de « déjà-entendu » ?

Depuis deux ans, à plusieurs reprises, le président de la République a eu l’occasion d’aborder les thèmes de l’égalité républicaine et du partage des richesses, sans qu’à aucun moment ces discours ne soient suivis d’effets dans les politiques gouvernementales, ni n’impactent la vie des Français.

Les habitants des quartiers populaires, en particulier, savent bien que derrière les discours sur l’égalité, pour eux, la politique de ce gouvernement, c’est moins d’enseignants, moins de policiers et moins de services publics.


 Claude Bartolone
Député de Seine St Denis


Les hommes ne sont pas toujours conscients de l’histoire qu’ils écrivent, mais sincèrement je ne suis pas convaincu du caractère historique du discours de Sarkozy au Congrès cet après midi.Bien sûr, il était le premier Président à s’adresser à des parlementaires depuis Thiers en 1873. Naturellement, à ce titre, il trouvera sa place dans les manuels de droit constitutionnel. Mais pour le reste, que de facilités, que d’évidences, que de platitudes…

A l’évidence, il se voulait modeste et peut-être même rassembleur. Reconnaissons lui que sur ces deux points, il y est parvenu. Mais au prix d’un court discours au contenu décevant rempli d’évidences. Quelques heures après, il n’en reste que l’annonce d’un emprunt, une fermeté sur l’usage de la burqa, un entêtement sur HADOPI et le refus d’augmenter la fiscalité. Par contre, rien sur la protection des salariés menacés dans leur emploi, rien sur une rectification d’une politique fiscale aujourd’hui profondément injuste, aucune clarification sur la réforme de l’organisation territoriale.

Rien de neuf finalement. A Versailles, il n’y avait qu‘un seul homme heureux : Nicolas Sarkozy. Il avait voulu modifier la constitution pour connaître un tel plaisir. C’est fait. Tout cela pour ça.

Jean Jacques Urvoas
Député du Finistère

En annonçant le lancement d'un grand emprunt national, M. Sarkozy a fait comme M. Jourdain. En effet, chaque jour, la France, dont la dette publique explose, est contrainte d'emprunter en émettant des titres destinés aux investisseurs nationaux et internationaux. M. Sarkozy réalise donc chaque jour ou presque un grand emprunt national, un peu comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir.

Didier Migaud
Président PS de la commission des finances de l'Assemblée

Par SD32 - Publié dans : Politique
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Lundi 22 juin 2009
Réajustant à la hausse ses prévisions, Eric Woerth, ministre du budget, a dit s'attendre, dimanche 21 juin sur RTL, à un déficit public compris "entre 7 % et 7,5 % du PIB" cette année et probablement en 2010. M. Woerth continue toutefois d'exclure une augmentation des impôts. Sur Europe 1, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a invité les pays européens à faire un effort sur leurs comptes publics dès 2010 et le retour de la croissance. "A un moment, vous ne pouvez (...) plus accumuler de dette. Je crois qu'on en est à ce point-là", a-t-il prévenu. Didier Migaud, président (PS) de la commission des finances de l'Assemblée, pense que Nicolas Sarkozy "va jouer la montre pour reporter les décisions douloureuses au lendemain de l'élection présidentielle de 2012".

Les prévisions de M. Woerth vous surprennent-elles ?

Pas du tout. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, je crains qu'elles soient optimistes et que l'on soit un peu au-dessus de 7,5 % du PIB. A lui seul, le déficit budgétaire représentera cette année les deux tiers de nos recettes fiscales nettes. Cette situation extrêmement préoccupante n'est pas seulement liée à la crise. Elle est due, pour une partie non négligeable, à des décisions budgétaires et fiscales qui ne sont pas responsables. Je pense au paquet fiscal, à la baisse de la TVA dans la restauration et à l'absence de financement de la réforme de la taxe professionnelle. Ces diminutions d'impôts privent l'action publique de recettes, sans que leur efficacité face à la crise soit démontrée.

Comment arrive-t-on à un déficit public de 7,5 % ?

Cela correspond à 150 milliards d'euros. On y arrive très vite. Le déficit budgétaire tournera autour de 130 milliards. Les déficits sociaux dépasseront les 20,1 milliards prévus par la commission des comptes de la Sécurité sociale pour le régime général. 150 milliards, c'est même optimiste.

Peut-on séparer, dans le déficit et la dette publics, le conjoncturel du structurel ?

La crise aggrave un déficit qui se creusait déjà avant. Mais la séparation, défendue par le gouvernement, entre le déficit structurel et le déficit conjoncturel me paraît factice. Où faut-il mettre les 3 milliards de coût brut de TVA à taux réduit dans la restauration et les 8 milliards pour financer la réforme de la taxe professionnelle ? Ces décisions engagent l'avenir, comme les 10 milliards du paquet fiscal en 2009, qui se répéteront année après année. Et laisser penser, comme le fait le gouvernement, qu'une fois la crise terminée les choses se rétabliront comme avant, ce n'est pas sérieux. Après un tsunami, le paysage n'est plus le même. La sortie de crise sera lente. En 2010, les comptes publics pourraient empirer.

Faut-il mettre au point un plan de stabilisation comme l'a suggéré Christine Lagarde ?

La ministre de l'économie prépare sans doute les esprits à des hausses d'impôts. Mais il faut d'abord éviter une trop grande dégradation. Nous n'en prenons pas le chemin. Entre le deuxième trimestre 2007 et la fin 2009, selon la Commission européenne, notre dette publique aura augmenté de 380 milliards, ce qui représente quelque 15 milliards de charge de la dette supplémentaire ! Ces dernières années, la droite n'a eu de cesse de baisser les impôts d'une partie très minoritaire de nos concitoyens, les plus aisés. De ce fait, des dizaines de milliards nous font défaut...

Mais la dépense publique ralentit...

Elle n'est maîtrisée qu'en apparence. Entre 2007 et 2008, les dépenses fiscales (allégements d'impôt, réductions, etc.) ont évolué trois fois plus vite que les dépenses budgétaires. Le gouvernement s'assied sur la loi de programmation des finances publiques, votée en janvier, qui a fixé des règles de pilotage des dépenses fiscales et posé le principe de leur compensation et de leur évaluation. On l'a vu avec la TVA dans la restauration. Les parlementaires de la majorité font peu de cas de la règle d'or (un budget équilibré en fonctionnement et en investissement) qu'ils prétendaient vouloir respecter. Et même si la dépense publique était maîtrisée, cela ne serait pas suffisant.

Voyez-vous le président revenir sur son refus d'augmenter les impôts ?

Non, et nous risquons de nous retrouver en 2012 dans une situation pire qu'en 1997 sur le plan des finances et du chômage. Nicolas Sarkozy va jouer la montre pour reporter les décisions douloureuses au lendemain de l'élection présidentielle de 2012. Une purge terrible menacera les Français si la droite gagne les élections. Il sera alors difficile d'échapper à l'augmentation des impôts. En fait, il faudrait commencer par revenir sur les baisses d'impôts et réformer notre système fiscal, de plus en plus opaque, illisible et injuste. La fiscalité est de moins en moins progressive, la redistribution diminue, les inégalités de revenus explosent. Du coup, le consentement à l'impôt recule. C'est à cela aussi qu'il faut s'attaquer.

Source : Propos recueillis pour Le Monde.fr par Claire Guélaud
Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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Lundi 22 juin 2009
Députée PS d’Indre-et-Loire, membre de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales à l’Assemblée, Marisol Touraine est secrétaire nationale du PS à la santé et à la Sécurité sociale. Elle vient d'accorder une interview au Parisien concernant la problématique des retraites.

Le recul de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans serait-il une bonne mesure ?
Marisol Touraine. Le résultat des élections européennes a renforcé, au sein du gouvernement, le sens de la provocation ! Dans cette période d’envolée du chômage et de plans sociaux qui touchent d’abord les plus de 55 ans, quelle cohérence y a-t-il à annoncer qu’il faudra travailler plus longtemps ? La France a l’un des plus mauvais taux d’emploi des seniors en Europe.

Donc, reculer l’âge légal de départ à la retraite est aujourd’hui incongru. En plus, cela pénaliserait ceux qui ont commencé à travailler jeunes. Prenons plutôt en compte la pénibilité.

Peut-on rester l’un des pays d’Europe où l’âge de la retraite est le plus bas ?
Dans les autres pays européens, le taux d’emploi des jeunes et des seniors est nettement supérieur au nôtre. Donc il y a une cohérence à augmenter l’âge de la retraite. La priorité, si on veut consolider notre système, c’est de faire en sorte que les plus de 55 ans travaillent effectivement et que les jeunes entrent plus facilement dans un emploi durable. Commençons par donner des emplois à tous ceux qui peuvent y prétendre. Aucune réforme ne sera envisageable s’il n’y a pas un taux d’emploi plus important chez les jeunes et les seniors. Si la moitié de la population active ne travaille pas, il est impossible de financer les régimes de retraite. J’ajouterai que la consolidation du financement de nos régimes de retraite passe par la modulation des règles applicables selon la pénibilité des métiers et par une contribution de tous les revenus. De ce point de vue-là, on est loin du compte, avec le bouclier fiscal qui exonère de cotisations sociales les revenus des plus riches.
Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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Vendredi 19 juin 2009

Martine Aubry a lancé devant les socialistes un appel à refonder les idées et la maison commune de la gauche et par là même le PS.

Ce qui manque au PS et à la gauche c'est tout à la fois l'unité et l'évolution révolutionnaire dont parlait Jean Jaurès. Le but d'une nouvelle société et les moyens pour y arriver pas à pas. Retrouver le goût du changement de société. Il faut s'attacher à cette tâche déterminante en redonnant la parole aux militants et aux citoyens. Il faut le faire sans tabou mais avec l'esprit de responsabilité et de l’intérêt général.

Voilà pourquoi je vous propose un site ouvert à la discussion, aux propositions et à l'action.

A la demande de beaucoup, l'acte I de cette refondation serait le mandat électif unique. A vous de donner votre avis et proposer ce qui pourrait être l'Acte II.

Et ainsi nous allons élaborer ensemble une démarche sans autre ambition que d’aider la gauche à se ressourcer et à se refonder.

                                                                                                                                               Jean-Christophe Cambadélis


Pour signer la pétition et participer aux actes de la refondation, je me rends sur


http://www.lesactesdelarefondation.net/
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Vendredi 19 juin 2009

WASHINGTON, 19 juin (Reuters) - Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn a salué jeudi un "important pas en avant" après le vote au Congrès américain d'un financement de 100 milliards de dollars pour aider le Fonds monétaire international à répondre à la crise financière.

"La décision démontre l'engagement fort des Etats-Unis envers un FMI bien gouverné et bien financé et, plus largement, pour une approche multilatérale de la résolution des problèmes économiques et financiers internationaux", a dit Dominique Strauss-Kahn dans un communiqué.

Le président américain Barack Obama s'était engagé lors du sommet du G20 de Londres, en avril, à contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars à l'augmentation des ressources du FMI.

Il s'est heurté à une intense opposition des républicains et de certains démocrates qui ont peu goûté de voir cette ligne de crédit exceptionnelle être liée au texte sur le budget des guerres en Irak et en Afghanistan.

Le Sénat américain a finalement approuvé le texte jeudi par 91 voix contre 5. La Chambre des représentants l'avait déjà voté et il doit être transmis à la Maison blanche pour promulgation.
Par SD32 - Publié dans : International
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Mercredi 17 juin 2009
Les partis de gouvernement de gauche devraient se rapprocher dès maintenant pour revenir au pouvoir, considèrent une majorité de leurs sympathisants selon un sondage Viavoice.

Le Front de gauche, le Parti socialiste et Europe Ecologie doivent se "rapprocher dès maintenant pour travailler à un retour commun au pouvoir" selon 64% des sympathisants de gauche ou d'extrême gauche interrogés.

Pour cette population, les meilleurs porte-parole de l'opposition seraient Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry  (16%), Olivier Besancenot (15%) et Daniel Cohn-Bendit (11%). (17% chacun) devant Ségolène Royal.

Le Directeur du Fonds monétaire international (FMI) se détache et monte à 20% sur l'ensemble de l'échantillon interrogé, loin devant Martine Aubry et Daniel Cohn-Bendit (12%), puis les autres.

Par SD32 - Publié dans : Politique
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Mercredi 17 juin 2009

DOUCHANBÉ (AFP) — L'économie mondiale devrait observer des signes de reprise d'ici l'année prochaine, et bénéficier au passage au Tadjikistan, a déclaré mercredi le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn lors d'une tournée en Asie centrale.

"Nous (...) nous attendons à ce que le taux de croissance de l'économie mondiale commence à se reprendre en 2010, et avec la reprise de la croissance économique mondiale, (ce taux) augmentera aussi dans votre pays", a dit M. Strauss-Kahn à Douchanbé, capitale du Tadjikistan.

Il s'exprimait devant les journalistes à l'issue d'une réunion avec le président de cette ex-république soviétique, Emomali Rakhmon, dans le cadre d'une tournée dans les pays d'Asie centrale, dont la plupart ont été durement touchés par le ralentissement économique mondial.

En dépit de chiffres indiquant que le plongeon des transferts d'argent par les travailleurs tadjiks en Russie et en Chine tiraient l'économie du pays vers le bas, M. Strauss-Kahn a estimé que Douchanbé avait mis en place des mesures anti-crise importantes.

"Je pense que ce qui a été fait par le gouvernement était correct compte tenu de la situation de l'économie, notamment la partie monétaire, en laissant la devise se dévaluer", a-t-il jugé.

Le Tadjikistan, une république montagneuse qui jouxte la Chine et l'Afghanistan, lutte ces dernières années pour fournir à ses citoyens des services de base.

Le pays produit trop peu d'énergie électrique et fait face tous les ans, en hiver, à une grave crise énergétique en raison du manque de centrales électriques et de l'absence de moyens gouvernementaux pour acheter à l'étranger l'énergie qui lui fait défaut.

Le FMI a commencé sa tournée lundi au Kazakhstan, une république riche en hydrocarbures elle aussi touchée par la crise et la chute des prix des matières premières.

M. Strauss-Kahn est attendu mercredi soir à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, où il doit rencontrer le président Kourmanbek Bakiev, puis doit se rendre jeudi en Ouzbékistan.

Source © 2009 AFP
Par SD32 - Publié dans : International
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