Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 15:51

jeunes-2.jpg La situation des jeunes et les moyens de l’améliorer sont un des enjeux importants de la campagne présidentielle qui s’ouvre. Cette situation semble refléter une bonne partie des difficultés et des blocages propres à la société française.

Mais pour bien l’appréhender il faut évidemment produire un bon diagnostic. Une des questions centrales est de déterminer s’il faut mettre en œuvre une action globale en direction de l’ensemble de la jeunesse ou s’il convient plutôt d’adopter une politique ciblée en faveur de certaines franges particulièrement défavorisées.

Certains travaux ont popularisé l’idée d’une « génération sacrifiée », ce qui militerait, si l’on y adhère, pour une action d’envergure en faveur de l’ensemble des jeunes. En réalité, cette thèse est très contestable car elle repose essentiellement sur la comparaison avec une « génération dorée » qui a connu sa jeunesse dans l’après-guerre. Cette génération a connu une extraordinaire promotion par rapport aux générations d’avant-guerre et à cette aune, les générations actuelles paraissent bien mal loties. Mais les conditions économiques qui l’ont permise étaient exceptionnelles et ne se reproduiront pas à un horizon prévisible. Conserver ce point de référence comme norme n’a donc pas grand sens, sauf à considérer que toute nouvelle génération est traitée de façon inique.

Cela veut-il dire pour autant que tout va bien pour les jeunes en France ? Sûrement pas, mais le diagnostic doit être affiné et différencié selon les catégories. L’entrée dans la vie adulte est certes longue et pleine d’embuches dans notre pays. Mais les causes en sont nombreuses et complexes et ne relèvent pas exclusivement de considérations économiques. Il faut bien avoir à l’esprit en effet que le modèle d’entrée dans la vie adulte qui prévalait pour la « génération dorée » – une adaptation rapide et presque automatique entre des aspirations et un statut – est définitivement caduc. La forte prolongation de la scolarité qu’ont connue les générations scolaires des années 1990-2000 a mis à bas le modèle de reproduction sociale qui prévalait autrefois. Aujourd’hui les jeunes doivent construire eux-mêmes leur destin professionnel, ils ne l’héritent plus de leurs parents. La jeunesse est la phase de tâtonnements nécessaires qui permet d’y parvenir.

On y parvient cependant plus ou moins bien d’un pays européen à l’autre et, sur ce plan, force est de reconnaître que la France est loin d’être la plus performante. Plusieurs raisons l’expliquent. Le système d’information et d’orientation, qui devrait être un outil vital pour construire ce chemin complexe dans les filières de formation et d’emploi, est totalement défaillant. Le marché du travail est très rigide, réservant les bons emplois stables et très protégés aux adultes, et cantonnant les jeunes sur des emplois instables. Les performances du système scolaire enfin sont loin d’être à la hauteur, puisque près d’un jeune sur cinq le quitte sans avoir obtenu de diplôme. L’école a réussi la massification de l’accès à l’enseignement secondaire sans réussir la démocratisation. Les structures et les méthodes d’enseignement sont restées, dans une large mesure, celles du collège et du lycée classiques pensés pour préparer l’accès aux meilleures filières de l’enseignement général. Ceux qui ne peuvent y prétendre sont, dans une large mesure, éliminés.

Le principal résultat de ces défaillances multiples est d’introduire un profond clivage à l’intérieur même de la jeunesse (voir à ce sujet Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo, Olivier Galland, André Zylberberg, La machine à trier. Comment la France divise sa jeunesse, Eyrolles 2011). En effet, dans ce système opaque, les ressources sociales dont chacun dispose prennent une importance grandissante. Les jeunes eux-mêmes ne s’y trompent pas : dans une récente enquête (sondage IPSOS, janvier 2012) ils indiquent que « l’aide des parents et des proches est indispensable pour s’en sortir » (71% des 18-24 ans sont d’accord avec cette idée), et que c’est le fait « d’avoir des relations » qui est le plus important « pour réussir sa vie professionnelle » (première raison citée, par 48% des 18-30 ans). Le résultat est bien là : certains s’en sortent et d’autres non. Tous les jeunes connaissent aujourd’hui une phase de transition instable au sortir des études, dans la première phase de la jeunesse. Cette situation est parfois une source d’angoisse ou même d’échec, mais pour la plupart des jeunes elle se finit bien : entre 25 et 30 ans 70 à 80% d’entre eux finissent par accéder à ce fameux CDI qui est, en France plus qu’ailleurs, la clé d’entrée dans la vie adulte. Mais certains restent sur le carreau. Il s’agit surtout de jeunes non diplômés qui subissent une triple peine : ils ont été rejetés par l’école, ils ont de faibles ressources familiales, ils sont insuffisamment aidés par la puissance publique (pas de RSA pour les jeunes, des structures d’aide à l’insertion insuffisamment dotées en moyens humains permettre un suivi efficace).

Comment améliorer les choses ? Tout d’abord des réformes de structure concernant l’école et le marché du travail sont indispensables : l’école doit se fixer l’objectif d’une réussite pour tous, 100% au niveau 5, plutôt que 80% au niveau du bac. Plus aucun élève ne devrait sortir du système éducatif initial sans un socle de compétences minimum. Le contenu et les méthodes d’enseignement doivent être profondément repensés pour y parvenir. Le marché du travail doit s’assouplir pour réduire la distance entre le CDD et le CDI et faciliter le passage de l’un à l’autre. Mais ces réformes ne pourront porter leurs fruits qu’à moyen terme. En attendant il faut aider les jeunes en difficulté, mais pour être efficace il faut concentrer les moyens sur ceux qui le sont vraiment. Diluer les rares ressources publiques sur toute la classe d’âge n’améliorera pas la situation d’ensemble et sera totalement inefficace pour ceux qui sont le plus en difficulté. Créer des emplois publics est une solution de pis-aller qui, les expériences passées l’ont montré, ne profite pas aux plus démunis et n’apporte pas d’amélioration significative au terme du contrat à ceux qui en bénéficient.

Un nouveau contrat doit être passé avec la partie de la jeunesse la plus défavorisée, les jeunes non diplômés qui sont, pour une large part, laissés à l’abandon : une aide financière (en étendant le bénéfice du RSA au moins de 25 ans non étudiants et sans emploi), avec des contreparties fortes en termes de recherche d’emploi et de formation. Cette politique suppose aussi de renforcer considérablement les moyens humains du service public de l’emploi de façon à accompagner ces jeunes de manière individualisée et sur la durée. Les expériences étrangères montrent que pour que ces politiques soient efficaces, il faut compter au moins un conseiller pour trente jeunes. Il y a actuellement un conseiller pour 100 jeunes. Cela donne la mesure de l’effort à faire.

 

Par Olivier GALLAND

Sociologue Directeur de recherche au CNRS

Source © Telos

Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 15:36
energie-democratie.png Les sources d’énergie sont-elles porteuses de modèles politiques ? Oui, répond Timothy Mitchell, dans un essai stimulant sur les soubassements énergétiques des démocraties contemporaines. Le passage du charbon au pétrole au cours du XXe siècle a érodé le potentiel de mobilisation de la classe ouvrière et consacré le pouvoir des experts.

Janvier 2012 : l’Iran menace de fermer le détroit d’Ormuz. Casus belli : les États-Unis envisagent de répondre par la guerre si la république islamique met sa menace à exécution. Ni la répression intérieure du régime contre les mécontents, ni même son programme nucléaire n’ont ces dernières années amené réaction aussi belliqueuse. La raison en est connue: un quart du pétrole mondial transite par le détroit. Or l’économie mondiale dépend du pétrole pour sa survie. L’histoire récente l’a montré plus d’une fois : quand le pétrole est en jeu, c’est l’escalade, au moins verbale, souvent militaire. Comment sommes-nous devenus si dépendants aux hydrocarbures ?

Timothy Mitchell, politiste et historien spécialiste du Proche-Orient à l’université de Columbia, signe avec Petrocratia un court essai d’histoire globale, bien documenté et stimulant, qui éclaire la corrélation entre sources d’énergie, systèmes énergétiques et systèmes politiques. L’auteur propose ainsi de « suivre la piste du carbone » (p. 21) pour décortiquer les liens unissant le surgissement et l’hégémonie des hydrocarbures et la naissance de la démocratie de masse et de l’impérialisme aux XIXe et XXe siècles. Il s’intéresse particulièrement aux charnières de l’histoire énergétique contemporaine : le passage des énergies renouvelables au charbon au XIXe siècle, puis le passage du charbon au pétrole au siècle suivant. Il montre comment les propriétés physiques respectives du charbon et du pétrole ont facilité la naissance des démocraties sociales modernes et l’impérialisme colonial et néo-colonial. À cette interrogation historique sur les ruptures introduites par l’exploitation de nouvelles sources énergétiques, il ajoute l’analyse de plusieurs « connexions » entre les hydrocarbures et ce qu’il appelle – souvent par antithèse – la « démocratie » (nous dirions « le pouvoir »).

Petrocratia se transforme alors en laboratoire d’idées : Mitchell teste sur le lecteur ses intuitions sur la constitution de cette nébuleuse où se rencontrent pétrole et politique et qu’il nomme « pétrocratie ». Certaines sont convaincantes, d’autres moins. Trions.

 

La suite : laviedesidees.fr/IMG/pdf/20120123_CR-Petrocratia.pdf

Par SD32 - Publié dans : Faits de société
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 11:21

peuple.jpg Le problème est simple en apparence : nul ne peut gagner l'élection présidentielle s'il n'est capable de mobiliser la majorité des suffrages des catégories populaires.

C'est le cas pour toute élection présidentielle, en raison notamment de la forte participation populaire qui distingue ce scrutin des autres. Mais c'est plus encore le cas cette année. Le peuple ayant fait un retour inattendu sur le devant de la scène politique française à l'occasion de la campagne.

"Retrouver le sens du peuple !" Voilà en effet le cri de ralliement de tous les candidats à l'élection présidentielle. Non tant parce que le Général de Gaulle a voulu en 1962 qu'elle soit cette fameuse rencontre entre un homme (il ne pensait pas à une femme à l'époque...) et le peuple français que parce que face à une crise sans précédent depuis un demi-siècle, chacun sent bien que la lassitude et le mécontentement populaire pourraient tourner à la révolte dans les urnes. Abstention bien sûr mais aussi vote de protestation pour des candidats vite qualifiés de populistes.

C'est donc entre injonction populaire et menace populiste que se joue une bonne partie de la campagne présidentielle de 2012.

Ce "peuple" qui renvoie les politiques à leur impuissance sondage après sondage, ce sont d'abord et avant tout les catégories populaires - même si une partie de l'insaisissable "classe moyenne" n'est pas loin. Ce sont ces ouvriers, ces employés et ces retraités issus des deux CSP précédentes de l'Insee qu'il faut majoritairement conquérir pour gagner l'élection présidentielle. Ce qu'a fait précisément Nicolas Sarkozy en 2007, en les mobilisant fortement (alors qu'elles s'abstiennent plus que d'autres) et en les arrachant, en grande partie, au vote FN qui avait été leur premier choix en 2002 - à l'époque Lionel Jospin avait obtenu un piètre 12% chez les ouvriers et 13% chez les employés, loin derrière Le Pen et Chirac. C'est d'ailleurs le soutien de ces catégories qui manque cruellement à la gauche depuis 1988 pour gagner une élection nationale, présidentielle bien sûr mais encore législative - à l'exception, toute relative, de la victoire aux législatives "de la dissolution" en 1997.

Cette année, chacun des candidats se bat donc pour la (re)conquête de cet électorat-clef. A juste titre puisqu'il représente encore, n'en déplaise aux faux experts ès-élections du think tank Terra Nova notamment, une large majorité des électeurs inscrits. Et, devrait-on ajouter, qui dans le contexte de crise que nous traversons, voit ses conditions sociales se dégrader plus vite que n'importe quelle autre catégorie sociale. Ce qui crée non pas une identité collective, comme ce fut le cas au temps de la classe ouvrière, mais à tout le moins une condition commune : celle de la France des fins de mois qui commencent de plus en plus tôt, d'une France largement invisible dans les médias, qui souffre en silence, comme l'a d'ailleurs souligné la quasi-totalité des candidats.

C'est pour le président sortant que le problème se pose avec le plus de difficulté. Il ne pourra pas réitérer son exploit de 2007. Il doit cette année défendre son bilan. Celui du président des riches et des privilégiés qui a trahi la promesse faite il y a 5 ans à la "France qui se lève tôt", celle de lui redonner du pouvoir d'achat et un avenir pour ses enfants. La crise historique que nous traversons n'explique pas tout de cette faillite ; les Français, les plus modestes en particulier, le savent. Les attaques répétées contre la gauche, ses 35 heures et sa retraite à 60 ans ne portent pratiquement pas. Le seul espoir de réélection de Nicolas Sarkozy tient à la faiblesse potentielle de ses adversaires.

Ceux de la droite et du centre évidemment au premier chef. Ainsi un François Bayrou qui arriverait assez haut dans les intentions de vote pourrait-il menacer directement la qualification du président pour le 2nd tour. La multiplication des candidatures à sa droite pouvant lui faire perdre de précieux points, à la manière de ce qui est arrivé à Lionel Jospin à gauche en 2002. Sans une part significative du vote populaire, le président de la République ne peut pas surmonter ces aléas. Sans son socle de 2007, il peut donc tout perdre.

C'est aussi tout l'enjeu de la campagne pour François Hollande. Il a un boulevard devant lui mais encore faut-il qu'il sache dans quel sens l'emprunter ! Pour ramener vers lui le vote populaire, il n'a guère d'autre choix que d'aller de l'avant... sur deux jambes. D'une part, en proposant un programme économique et social ambitieux, celui d'une rupture à la fois effective, visible et lisible, avec le désordre et l'inégalité régnantes. C'est la réforme fiscale qui est l'arme principale d'une telle révolution. Profonde, radicale et égalitaire, elle est en effet dernier outil dont dispose l'Etat national dans un cadre européen et mondial aussi incertain que difficile à infléchir. D'autre part, en prononçant un discours d'autorité et de rassemblement du peuple, de la nation précisément, autour d'un projet républicain réaffirmé et renouvelé. Celui-là même que la gauche a oublié et perdu depuis tant d'années, entre pouvoir et opposition, entre dilution locale et errements doctrinaux.

Cette élection est un moment privilégié pour la gauche pour se réapproprier ces dimensions matérielles et symboliques. Il reste 3 mois à son principal candidat - les autres, Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly ou Jean-Pierre Chevènement notamment ne pouvant en rien lui disputer ce statut - pour non seulement gagner mais pour le faire dans les meilleures conditions possibles. Celles qui lui seront indispensables s'il veut gouverner dans la durée, et pas seulement pendant quelques courtes semaines d'état de grâce, si tant est qu'il y en ait un.

Ce qui complique sérieusement l'affaire, c'est qu'en face il y a désormais Marine Le Pen. Et c'est elle qui pour le moment possède la clef du vote populaire, composante essentielle de ses 20% d'intentions de vote régulières. Un tel capital ne la conduira certainement pas à la victoire mais peut l'emmener suffisamment loin, et pourquoi pas au second tour, comme son père en 2002, pour faire trembler l'ensemble de l'édifice politique français. Si une telle situation devait se produire, contre François Hollande en particulier, celui-ci ne connaîtrait qu'une victoire à la Pyrrhus. Le pays serait ingouvernable. Et dès les législatives, la véritable "barrière d'espèce" construite dans la douleur parfois (souvenons-nous des régionales de 1998 !) entre droite de gouvernement et FN pourrait bien disparaître, définitivement. Les triangulaires qui ont si souvent profité à la gauche depuis des années ne seraient plus alors qu'un souvenir.

Quoi qu'il arrive, l'élection de 2012 marquera la fin du système politique mis en place depuis plus de 20 ans, celui qui a tenu le FN à sa lisière. Ce qui lui a d'ailleurs permis de prospérer, de devenir le refuge des votes contre ce système justement. Aujourd'hui, si une partie de la droite se lepénise à grande vitesse, le FN se banalise aussi, en grande partie. De ce double mouvement pourrait bien naître, dès l'élection du printemps, un casse-tête politique bien plus douloureux encore pour la gauche que l'échec national qu'elle subit depuis des années.

Laurent BOUVET

Professeur à Sciences Po PARIS

Source Le HuffingtonPost.fr

Par SD32 - Publié dans : Politique
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 21:05

ouvriers La fin du mandat de Nicolas Sarkozy est marquée par une évidence : celle de son échec sur le front de l'emploi. Un million de demandeurs d'emploi de plus qu'en mai 2007, un taux de chômage qui approche dangereusement les 10 % et qui continue d'augmenter rapidement, le Président sortant ne s'est pas donné les moyens de sortir de la crise. Bien pire, il a contribué à l'aggraver.


Alors que l'activité baissait et que le bon sens appelait à la mise en place de dispositifs massifs de chômage partiel, comme en Allemagne, Nicolas Sarkozy a préféré encourager les heures supplémentaires au détriment des embauches. La France a dépensé dix fois moins pour son dispositif de chômage partiel que l'Allemagne en 2009, au plus fort de la crise, et l'efficacité en a été diminuée d'autant : selon l'OCDE, le dispositif allemand a permis de préserver plus de 200 000 emplois alors qu'en France il en sauvegardait moins de 20 000. Il faut prendre conscience de la responsabilité de Nicolas Sarkozy dans l'augmentation du chômage tant par le maintien de la détaxation des heures supplémentaires, près de 13 milliards d'euros de gaspillés par l'Etat en trois ans pour un dispositif qui détruit de l'emploi sur fonds publics, que par l'absence d'ambition dans la mise en place du chômage partiel. L'obsession du "travailler plus pour gagner plus" aura coûté cher en emploi.


La mise en place de plans d'austérité successifs est également intervenue sans vision ni cohérence. Alors qu'il aurait fallu investir massivement dans des projets de relance ciblée, au contraire du grand emprunt qui n'a été qu'un saupoudrage d'argent public, la seule réponse du gouvernement à la crise semble avoir été un ensemble de plans de rigueur qui ont brisé la croissance. Cette politique a plongé la France dans une spirale négative : les plans d'austérité, plombant la consommation et l'investissement, donc la croissance, ont entraîné une baisse des recettes, rendant nécessaires de nouveaux plans d'austérité.


Enfin, le démantèlement du service public de l'emploi en pleine crise a été une faute majeure. Comme en convient le rapport du 5 juillet 2011 de la mission sénatoriale relative à Pôle emploi, cet organisme cumule les difficultés : manque de moyens et de personnels, inexpérience de certains opérateurs privés à qui on délègue l'accompagnement des chômeurs, etc. La droite a compliqué le retour à l'emploi de millions de chômeurs.


Face à ce désastre, face à l'état déplorable dans lequel Nicolas Sarkozy laissera, en 2012, le marché du travail dans notre pays, avec François Hollande, nous avons la lourde responsabilité de remettre en marche le moteur de l'emploi.


Par le contrat de génération, d'abord, qui permettra de cibler les allégements de cotisations vers les entreprises qui embauchent un jeune travailleur en contrat à durée indéterminée (CDI) tout en gardant un employé senior. Négociée par les syndicats et financée par un redéploiement d'une partie des allégements généraux de cotisations, cette mesure améliorera la situation de l'emploi aux deux âges les plus touchés par le chômage.

 

Par les emplois d'avenir, ensuite, qui seront ciblés sur les populations les plus fragiles et par un parcours d'insertion afin de garantir qu'aucun jeune ne reste sans solution.

 

Par une réorganisation du service public de l'emploi bien sûr, avec un plan de recrutement d'agents formés et une personnalisation de l'accueil et du suivi des demandeurs d'emploi.

 

Par la relance de la croissance surtout, grâce au pacte de production de François Hollande pour une France qui produit mieux et qui respecte le travail. Car c'est bien là la clef pour résoudre le problème du chômage à long terme : avoir une stratégie offensive pour remettre en marche notre appareil productif.


- D'abord par un soutien massif à la recherche et à l'innovation, pour qu'enfin notre économie monte en gamme et change de dimension ;


- Ensuite, en investissant dans la formation des étudiants et des salariés parce que l'élévation des qualifications et l'amélioration des savoirs sont la meilleure garantie d'une économie d'avenir ;


-Egalement en aidant au développement des entreprises, notamment des PME/PMI grâce à une banque publique d'investissement déclinée sous forme de fonds régionaux ;


- Enfin, en soutenant des filières industrielles d'avenir comme les énergies durables, la santé ou encore le numérique.


C'est bien par une gouvernance économique inspirée, par une économie de l'intelligence que nous pourrons stimuler une croissance soutenue et durable et que nous créerons plus d'emplois de qualité.

 

Alain VIDALIES Député des Landes

Source LeMonde

Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 10:33

ecriture Enfin nous y voilà : 2012 l’année du changement tant attendu avec notre candidat François HOLLANDE, vainqueur de notre belle primaire citoyenne en octobre dernier.

Une légitimité sans précédent lui a été accordée à l’issue d’une procédure de désignation particulièrement bien réussie, en dépit des critiques d’une droite totalement désemparée face à ce succès populaire.

Une exigence également, celle de gagner et faire gagner la gauche en mai et juin prochains.

Une responsabilité aussi, celle de conduire notre pays sur la voie de la transformation économique pour plus de croissance et d’emploi, d’innovation et de recherche ; celle de promouvoir un nouvel ordre social empreint de justice, d’égalité et de respect ; celle enfin de lui faire retrouver sa légitimité au sein de la communauté internationale, sans oublier un rôle prépondérant dans la construction européenne.

Pour autant le parcours est semé d’embûches car une crise économique et financière sans précédent vient ternir cette exigence de victoire et impose d’apporter des réponses précises. Les attentes de nos concitoyens sont particulièrement importantes.

Excédés par une rigueur injuste qui leur est imposée par une droite arrogante, plus soucieuse de satisfaire une caste de privilégiés que de mettre en oeuvre une politique économique et sociale garante de l’intérêt général, les français en ont assez des palabres et autres promesses purement électoralistes.

Nous savons tous, et François HOLLANDE le premier, qui est responsable de cette politique qui a creusé les déficits, a aggravé la dette, a augmenté le chômage. Pour autant , nombreux sont celles et ceux qui ne croient plus en l’action politique, se sentent trahis, ne savent pas vers qui se tourner. Alors, empreints d’amertume ou de colère, ils s’orientent dans les méandres dangereux du populisme qui ne fait qu’attiser les haines et rejeter l’autre, coupable à leurs yeux, de tous les maux.

Le moment est désormais venu de renoncer à la fatalité, à la résignation et de préparer le changement, avec conviction et détermination. Le 4 janvier dernier , à Mérignac, François HOLLANDE s’est clairement positionné : « je suis candidat à l’élection présidentielle pour le récit républicain, pour le rêve français, pour que la génération qui arrive comme les autres qui l’ont précédée puissent connaître le progrès, la justice et la dignité à laquelle toute génération a droit pour son avenir »

Nous n’avons pas le droit d’échouer. Dans ce combat collectif, notre engagement doit être total. Nous devons aller au devant de nos concitoyens pour dialoguer avec eux et construire l’espérance. Mais nous ne saurions nous contenter que de cela. Gagner l’élection présidentielle au mois de mai prochain est une exigence, mais c’est la première étape. Il nous faudra aussi apporter au nouveau Président une majorité à l’Assemblée nationale.

Certes, les désignations préalables de nos candidat(e)s s’accompagnent parfois de surprises et autres querelles, ici ou là. Et nous n’ignorons pas également que certains sont avant tout soucieux de leur propre avenir politique. Mais nous devons dépasser ces péripéties car l’enjeu est de taille. Nous avons l’obligation de bâtir cette alternance tant attendue et nous en donner les moyens.

C’est pourquoi, au mois de juin prochain, nous devrons élire, en très grande majorité, des hommes et des femmes de gauche, socialistes bien sûr mais aussi radicaux de gauche ou écologistes, qui , dans leur diversité, soutiendront la nouvelle action présidentielle et voteront les lois progressistes dont notre pays a besoin.


Au seuil de cette nouvelle année, Socialisme & Démocratie 32 reste fidèle à ses engagements. Par delà les hommes, nous avons des convictions et nous mènerons le combat pour la justice, l’équité, la solidarité et la fraternité, afin qu’au printemps prochain les roses fleurissent et parfument l’air du renouveau démocratique.

 

Philippe PUGNET

Par SD32 - Publié dans : Socialisme et Démocratie
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 11:42

DSK-en-Chine-2.JPG Après plus de sept mois de turbulences personnelles, Dominique Strauss-Kahn a choisi une conférence économique dans la capitale chinoise pour retrouver son statut de spécialiste en macro-économie. Aux journalistes étrangers qui lui posaient des questions plus personnelles, sur son actualité judiciaire, sur son état d'esprit ou sur son choix de la Chine pour revenir sur le devant de la scène, il a systématiquement opposé la même réponse: "Aucun commentaire". Circulez, il n'y a rien à voir !

Invité par le groupe NetEase, l'un des géants de l'internet en Chine, Dominique Strauss-Kahn a prononcé un discours en anglais de 45 minutes*.  

Fort d'une expérience liée à ses quatre années passées à la tête du FMI, bien au-dessus de la mêlée, il a distribué bons et mauvais points, se montrant particulièrement très critique des mesures de sauvetage récemment prises à Bruxelles.

 

"Nous voyons les pays européens passer d'un plan (de sauvetage) à un autre, d'un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance", a -t-il déclaré . Le ton est donné.


Les 500 millions d'euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), futur fonds de sauvetage permanent de la zone euro, "ne seront pas réels avant six mois, ce qui est bien trop tard. C'est une question de semaines, ce n'est pas une question de mois", a t-il tenu à souligner.

Quant aux 200 milliards d'euros de prêts bilatéraux promis par la zone euro et d'autres pays de l'UE pour renflouer le FMI, ils "sont dans les limbes", a jugé Dominique Strauss-Kahn, avant de conclure que le pare-feu anti-crise de la dette européenne "n'existait pas vraiment".

Concernant les autres mesures sur lesquelles planchent les leaders européens, qui se retrouveront en sommet début 2012, DSK a assuré: "Franchement je ne suis pas vraiment sûr que ce qu'ils vont préparer sera suffisamment solide pour être efficace".


Dominique Strauss-Kahn a ensuite répondu à des interrogations d'internautes transmises par le biais d'un animateur du forum.

"Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant", a-t-il affirmé en parlant de l'eurozone. "Le fait que l'euro soit encore au milieu de la rivière et que l'union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très vulnérable et le radeau semble sur le point de sombrer".

"Je ne suis pas persuadé que (le président français) M. Sarkozy et (la chancelière allemande) Mme Merkel se comprennent bien entre eux et c'est probablement une des raisons pour lesquelles le système européen a des problèmes pour avancer", a-t-il confié.

 

Un retour aux sources particulièrement percutant et réaliste.

 

D'après source AFP

 

*Socialisme & Démocratie 32 publiera cette intervention dès que possible

Par SD32 - Publié dans : International
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 15:08

zone euro L'Union européenne affronte la plus grave crise de son existence. Elle tient moins à la force des marchés qui menace la zone euro, qu'à la faiblesse de la gouvernance politique pour la conjurer.


Le 9 décembre, le compromis de Bruxelles à l'occasion du 16e sommet européen depuis le déclenchement de la défaillance grecque en a été une nouvelle illustration. Je partage la nécessité d'adresser de nouveaux signes de crédibilité par des procédures de contrôle des engagements budgétaires des Etats. Mais je constate que la proclamation d'un nouveau traité n'a pas permis de restaurer le calme sur les marchés et d'instaurer la confiance chez les citoyens. Car cet accord n'a été capable ni de répondre à l'urgence, ni de relancer l'Europe.

Personne ne sait d'ailleurs quelle en sera la traduction juridique: une révision des traités européens ? L'adaptation de dispositions existantes ou la finalisation de mécanismes déjà prévus par la Commission ? Un accord intergouvernemental sur de bonnes pratiques mais avec quel rattachement à l'ordre juridique communautaire ?

Je le sais d'autant moins que le président-candidat se garde bien de consulter l'opposition. Il en appelle à l'union nationale, ce qui est cocasse venant de celui qui n'a cessé d'entretenir des divisions, et se prive, sur des questions essentielles, de l'avis de ceux qui pourraient être demain en charge du pays.

Une révision des traités est un exercice difficile. Et même périlleux, a fortiori si le texte lui-même suscite la controverse. En tout cas, sa seule annonce, même célébrée par des communiqués de presse de victoire, n'a pas été de nature à lever les incertitudes. Une semaine après, tout semble être revenu comme avant. Et c'est un constat d'insuffisance qui est dressé. Je souhaite évidemment que les moyens financiers décidés à Bruxelles dissipent les inquiétudes avec le concours de la Banque centrale européenne. C'est l'intérêt de la France, comme de l'ensemble de la zone euro.

Je tiens néanmoins à exprimer mes réserves. Car ce projet de traité, parce qu'il est étroit, flou et punitif, entretient une dangereuse confusion entre la nécessaire convergence des politiques économiques dans la zone euro et la généralisation de l'austérité.

Et je vois, non sans m'en étonner, la résignation de l'un de ses initiateurs. Nicolas Sarkozy lui-même déclare, au détour d'une phrase, ne pas faire un drame de la dégradation de la notation de notre pays par les agences de notations. C'est dire sa confiance ! Le sauvetage du triple A était hier considéré comme un "trésor national" et le talisman d'une bonne gestion. Sa perte, aujourd'hui, est jugée "tout sauf insurmontable". Il y a là un terrible aveu d'échec.

La réduction des déficits et de la dette est un impératif. Si les Français m'accordent leur confiance en mai 2012, je demanderai au Parlement de voter une loi de programmation des finances publiques sur le retour à l'équilibre de nos comptes avant 2017. Cet effort sera réalisé dans la justice sociale. Mais rien de sérieux ne sera possible sans la croissance; elle est la grande oubliée de l'accord de Bruxelles avec même le risque d'accentuer la récession, au point d'en inquiéter les marchés eux-mêmes.

La démocratie est l'autre grande absente. Comment admettre la mise à distance des institutions communautaires et, notamment, du Parlement européen ? Est-ce au prix d'un plus grand rôle donné à la Cour de justice européenne ? Ce serait inacceptable. Quelle sera la place des Parlements nationaux ? Pour toutes ces raisons, j'ai indiqué que j'examinerai avec la plus grande attention le détail de cet accord au fur et à mesure de son écriture, et j'ai exprimé ma volonté de renégocier pour rééquilibrer et compléter le futur traité dans l'esprit du pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance que je réclame, avec mes amis de la gauche européenne.

Je souhaite des moyens efficaces d'action sur les marchés, conjuguant ceux de la Banque centrale européenne, dans le respect de son indépendance, et d'un fonds de secours financier puissamment doté pour décourager la spéculation. La zone euro doit se munir d'une véritable force de frappe financière. Je suis favorable à la mise en place d'euro-obligations, pour mutualiser au moins une partie de notre dette. Enfin, je demande des moyens de soutien à la croissance: les interventions de la Banque européenne d'investissement dans les secteurs d'avenir, un budget européen renforcé par des ressources nouvelles (notamment la taxe sur les transactions financières) pour conduire des politiques industrielles, en faveur de la conversion écologique ou dans les nouvelles technologies.

Comment comprendre que l'on se soit privé de ces éléments indispensables à la sortie de crise ? Les peuples le demandent. Même le président du Conseil européen Herman Van Rompuy le propose.

L'enjeu n'est pas seulement la sortie de la crise. Il est aussi de refonder le projet européen. Celui-ci ne peut se réduire à l'austérité et à une simple coordination intergouvernementale, sans ambition. Les peuples s'en détourneraient définitivement. Cette refondation ne peut être entreprise qu'à partir d'un processus de convergence économique, d'harmonisation fiscale et sociale, de grands programmes européens de croissance, d'un nouvel élan démocratique. Tout cela donnera naissance à ce "fédéralisme des projets" que j'entends discuter avec nos partenaires et amis européens pour le proposer au peuple français et demain à l'Union européenne tout entière.

 

François HOLLANDE

Par SD32 - Publié dans : Politique européenne
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 10:50

manif.jpg Les thèmes de l’emploi, du chômage et du pouvoir d’achat sont au coeur des préoccupations des Français.

Pourtant, dans un contexte d’élection présidentielle inédit car marqué par la rigueur et la crise économiques, les syndicats restent dans une situation difficile. Réussiront-ils à se faire entendre durant les prochains mois ? Pour eux, la question se pose plus que jamais.

 

 

En 2012, les syndicats sont dans une situation bien plus difficile qu’ils ne l’étaient lors de la dernière élection présidentielle. En 2007, la question sociale était au coeur des débats qu’il s’agisse du pouvoir d’achat - chacun se rappelle du slogan de Nicolas Sarkozy : « Travailler plus pour gagner plus » - ou de la rénovation de la démocratie sociale. À ce sujet, l’ensemble des « grands candidats », de Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal en passant par François Bayrou, prônaient un renouvellement en profondeur des rapports entre la loi et la négociation. Estimant qu’il fallait accorder plus de place à celle-ci face au législateur, ils souhaitaient aussi redéfinir en profondeur les règles de la représentativité syndicale tant dans l’entreprise qu’à d’autres niveaux de négociations.

1/ Des élections marquées par la crise et la rigueur

En 2012, pour la première fois sous la Ve République, l’élection présidentielle sera placée sous le signe de la rigueur économique, ce qui contredit les propositions que les syndicats s’apprêtaient à soumettre aux divers candidats en matière de redistribution sociale ou de nouveaux financements publics. Pour les confédérations, la situation actuelle est d’autant plus difficile qu’elle est en partie imprévue. Lors du mouvement sur les retraites de l’automne 2010, certains commentateurs, experts ou dirigeant syndicaux estimaient possible un recul du pouvoir politique au vu de la faible popularité du président de la République et de l’approche de l’élection présidentielle. À leurs yeux, la conjoncture était favorable aux syndicats.

Aujourd’hui, c’est exactement le contraire qui se produit. Non seulement les pouvoirs publics ont maintenu leurs objectifs en matière de réforme de retraites mais le gouvernement a depuis défini de nouvelles mesures de rigueur qui touchent plusieurs domaines : accélération de la réforme des retraites, consommation et TVA, allocations familiales, indemnités relatives aux arrêts maladie, contreparties liées au RSA, etc.


Certes, on pourrait penser que ces mesures renforcent le mécontentement social, confortant ainsi les organisations syndicales mais la situation n’est pas dénuée d’ambiguïtés. Face à la situation économique et sociale de la France, le nombre de Français qui se disent « révoltés » a encore augmenté depuis le printemps 2011 : 48% en mai, 53% en octobre dernier. Et ce pourcentage est beaucoup plus élevé que celui qui concerne les Français qui se disent « résignés » (29%) ou « confiants » (11%)1.


En outre, en novembre 2011, les questions liées au chômage et à l’emploi venaient largement en tête des préoccupations des Français (76% du total des réponses citées contre 57% pour les questions de santé et de qualité des soins qui se situaient en second rang)2. Mais en parallèle, les conséquences de la crise économique actuelle semblent produire ses premiers effets sur l’opinion. À la fin octobre, un sondage réalisé par l’IFOP montrait que « la dette et le déficit public » constituaient désormais le problème le plus important pour les Français (33%) allant jusqu’à devancer le thème traditionnel du pouvoir d’achat (23%).


De la même manière, l’influence des syndicats sur l’emploi et le chômage est souvent sujette à caution. En l’occurrence, seuls 23% des Français disent faire confiance aux syndicats pour « combattre le problème du chômage », un pourcentage inférieur à ceux des chefs d’entreprise (41%), du gouvernement (30%) ou des collectivités locales (27%)3.

Dans la conjoncture présente, le faible crédit des syndicats qui affaiblit leurs propositions face aux candidats à l’élection présidentielle, peut être rapporté à l’échec qu’ils ont connu en 2010, lors du grand mouvement social sur les retraites. Ou encore à l’absence de résultats tangibles durant les vastes mobilisations du printemps 2009 qui dénonçaient la politique du gouvernement face à la crise. Mais plus fondamentalement, ces mouvements sociaux récents sont porteurs d’autres enseignements.

2/ Unité de façade, divergences de fond ?

Estimant que la faiblesse des syndicats français était due à leurs divisions, la CGT allait, dès les années 1990, militer en faveur d’un rapprochement entre les grandes confédérations. Cette stratégie avait un nom : le « syndicalisme rassemblé » et ce dernier prit forme au cours des mobilisations de 2009 et 2010. En dépit de certaines réserves de FO, ces dernières s’appuyèrent sur une unité syndicale qui concerna la totalité des centrales - de SUD à la CFTC - ce qui est inédit dans le contexte de l’après-guerre.

Mais dans le même temps, cette stratégie avait des limites. Elle masquait mal les divisions existantes sur le terrain des pratiques et sur celui des propositions. Si l’unité permet d’atteindre le plus haut niveau possible de mobilisation face aux pouvoirs publics, ses résultats demeurent peu probants si elle ne s’incarne pas aussi sur le terrain des propositions. À l’automne 2010, l’unité syndicale n’était pas seulement mise en cause par les appels répétés de FO et de SUD en faveur d’une grève générale déclenchée de façon centralisée, ce que refusaient la CGT et la CFDT.


Elle l’était surtout par le fait qu’elle ne débouchait pas sur des propositions communes face aux initiatives du gouvernement. À cet égard, entre la CGT et la CFDT qui constituaient l’axe du front syndical d’alors, les divergences étaient patentes notamment sur le plan de l’allongement de la durée des cotisations. Or, faute de propositions (réellement) communes, faute d’une sorte de « programme syndical commun », la mobilisation ne s’arrête-t-elle pas aux portes de la négociation, alors que c’est précisément là où elle devrait porter tous ses fruits ? En d’autres termes, fautes de propositions communes, l’unité d’action se limite à l’action immédiate et ne débouche que rarement sur des résultats tangibles.

D’une manière générale, c’est l’une des raisons qui explique la désaffection des salariés par rapport aux syndicats même s’ils rallient à l’occasion telle ou telle mobilisation, un ralliement par définition éphémère. Mais c’est aussi ce qui explique plus globalement le faible crédit des syndicats au sein de l’opinion comme le montre le Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF.


À l’automne 2011, à peine un peu plus du tiers des interrogés (35%) disaient faire globalement confiance aux syndicats. Ce chiffre était égal à celui relatif à la confiance accordée aux grandes entreprises privées et il se situait en deçà de ceux concernant l’Union européenne (39%), les grandes entreprises publiques (44%), la police (65%) ou les hôpitaux (80%)4.

À l’évidence, le faible crédit des syndicats constitue pour eux un réel handicap dans le cadre d’une élection présidentielle particulière à cause d’une conjoncture de crise et de rigueur. Comme il risque aussi de les handicaper dans l’après-présidentielle surtout lorsque l’on sait que la faiblesse de leur crédit est liée à leurs divisions organisationnelles et à leurs divergences sur le terrain des propositions.

Source SciencesPo CEVIPOF CNRS

Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 21:40

dsk-29112011.jpg Socialisme & Démocratie 32 publie ce texte de Gaël Tchakaloff ( Le Nouvel Economiste ) dans lequel il nous parle du nouvel état d’esprit de Dominique Strauss-Kahn, de ce qu’il est, de ce qu’il ressent, de ce qu’il a décidé de faire, de ses interrogations.

Un texte poignant où l'on découvre un homme dont on mesure trop l'absence aujourd'hui, dans le débat politique et la gestion de cette crise qu'il avait su juguler, en son temps, par des réponses lumineuses et des actions pertinentes.

Dominique avait fait fi des vieilles recettes, bousculé les théorèmes dépassés et affronté le spectre spéculatif avec l'intelligence d'un joueur capable de découvrir ses pions pour mieux anéantir l'adversaire.

 

Le vrai DSK par Gaël Tchakaloff

 

Héros contemporain du mythe camusien, il a refusé les codes politiques, sociaux et sociétaux, au nom de la liberté individuelle. En armant contre lui ceux qui poursuivent sa chute, il semble avoir appliqué, à la lettre, la théorie de l’absurde. Retrouvant son tempérament révolté, il décide désormais d’arracher une à une les griffes de sorcières médiatiques et politiques qu’il n’avait pas suffisamment vues pousser.

Le mythe de Sisyphe


L’humour, la joie, l’enthousiasme, la capacité à transformer un instant banal en situation exceptionnelle. Cela, c’est ce qu’il était avant. Plus provocateur que léger, il avait décidé de se faire aimer tel qu’il était. Tant pis pour les autres, ils resteraient sur le bas-côté. Recherchant le bonheur au gré de ses amitiés tribales, de la musique, des jeux de go, d’échecs ou de poker, des bonnes tables, du travail intellectuel, de sa capacité à séduire les hommes autant que les femmes…

Il refusait les codes établis : psychologiquement, ils contraignaient sa liberté ; philosophiquement, ils rétrécissaient le champ des possibles ; intellectuellement, ils induisaient des raisonnements étriqués. Mêlant l’hédonisme au besoin d’être aimé, il s’arrangeait toujours pour jouer à armes égales avec son interlocuteur (à condition qu’il ne soit pas son adversaire). Il avait autant de plaisir à fréquenter l’élite du pouvoir que le bistrotier du coin de la rue.

Il admirait ceux qui accumulaient les excellences variées. Il avait autant le goût des mots que celui des chiffres, celui du chocolat que celui de la vodka. Mais tout cela, c’était avant. Avant que ne surgissent trois questions lancinantes : Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Comment a-t-il pu ? Nous ne détenons pas tous les réponses à nos interrogations les plus profondes. Il n’est pas question de revenir ici sur des faits qui ne pourront être précisément retracés que par le travail commun de la justice et des parties impliquées dans les affaires. On peut néanmoins se demander pourquoi une telle déferlante médiatique s’est abattue sur Dominique Strauss-Kahn depuis le mois de mai.

Son tempérament peu précautionneux, son mode de vie et les conditions de son arrestation aux Etats-Unis n’expliquent qu’une partie du raz-de-marée. Plusieurs présidents français ou étrangers ont été des maris volages, plusieurs grands managers internationaux ont négocié des gros contrats entre deux libertinages, sans que les médias choisissent d’étaler tout cela sur la place publique. Contre toute attente, cela a été fait plus que de mesure, notamment dans le cadre de l’affaire du Carlton. Personnellement, je ne sais pas de quelle manière John Fitzgerald Kennedy faisait l’amour avec Marilyn Monroe.

Mais je sais désormais précisément, et sans le vouloir, l’intimité supposée d’un homme qui n’a pas encore été entendu dans le cadre d’une procédure judiciaire. Un homme dont le nom et les agissements potentiels ont fait grimper le chiffre d’affaires d’une presse économiquement condamnée à un cortège funèbre qui lui fait perdre la tête, cherchant à tout-va les ventes dont elle se sait bientôt privée.

Résolument, le prisme de la crise économique a également modifié ce que nous demandons à ceux qui nous gouvernent. La rationalité des personnalités doit l’emporter sur le reste de leur ADN. La compétence et la vision sociétale passent après la morale. Et depuis le 14 mai 2011, la morale est devenue le synonyme de la responsabilité. Il semble entendu qu’un homme aux mœurs dissolues ou un mauvais mari est un irresponsable politique.

Et cela a été implicitement revendiqué par les médias (notamment sur le plateau de France 2, fin mai 2011), bien avant l’issue pénale de l’affaire Diallo. Par extension, un mauvais père de famille serait-il aussi un irresponsable politique ? Paradoxalement, la pression qu’induit le pouvoir conduit les hommes politiques à décompresser ou décompenser, plus que de raison. Ils sont nombreux à le faire, pour le moins en France.

Que les journalistes politiques féminines qui n’ont pas été poursuivies par une drague assidue de certains membres du pouvoir exécutif actuel lèvent le doigt. Je crains qu’elles soient peu nombreuses.

Le malentendu


Les amalgames nuisent à la vérité, mais il semble que les médias n’en aient cure. Du Sofitel au Carlton, en passant par l’affaire Tristane Banon, la liste des agrégats hasardeux est longue. Si bien que la différence n’est plus faite entre un violeur maladif et un séducteur libertin qui drague avec insistance, s’organisant une vie personnelle marginale… Développé par les médias, l’amalgame s’est propagé jusqu’au cercle rapproché de Dominique Strauss-Kahn.

Le triple choc correspondant à l’accumulation des trois affaires sus-citées, a entraîné la désertion des troupes sur le thème de la trahison. “Il aurait dû nous dire”, clament certains, qui se sont engagés de près à ses côtés l’année d’avant. C’est vrai, il aurait dû, mais peut-être ne pouvait-il ou ne voulait-il pas, soit par honte, soit parce qu’il n’avait pas pris la mesure des répercussions et des risques induits.

A cet endroit s’opère le tri sélectif entre ceux qui appartiennent au cercle de l’amitié, envers et contre tout, et ceux qui se sont présentés comme étant ses amis, quittant pourtant la route au troisième virage. Le problème réside dans le fait que nombre de ses amis travaillaient à ses côtés. Affaire d’opportunisme pour ceux-là, affaire judéo-chrétienne pour d’autres, considérant qu’ayant fait des bêtises, l’homme doit tout assumer.

Et tout seul. Le paradoxe entre l’hyper-réalisme d’un manager international gérant des problématiques économiques et financières planétaires et la déconnexion des comportements à risques dans le monde réel en a choqué plus d’un. Quoi qu’il en soit, ce comportement reste commun à beaucoup de gens de pouvoir, quand s’opère la bascule de la surpuissance, liée aux contenus traités, aux personnalités rencontrées et à la disparition de l’espace temps, réduit aux heures passées dans les avions autour de la planète. Ceci n’excuse pas cela. C’est un fait communément répandu. Voilà tout.

L’homme révolté


A qui profite le crime ? C’est, semble-t-il, la question que se pose aujourd’hui Dominique Strauss-Kahn. Jusqu’au-boutiste, décidé à prouver qu’aucun de ses agissements n’est pénalement répréhensible, en dépit d’égarements relevant de sa vie personnelle, il a choisi de ne pas négocier. Ni dans le cadre de l’affaire américaine, ni – on pourrait le supposer – dans le cadre de l’affaire Banon.

Même scénario pour l’affaire Carlton, puisqu’il demande à être entendu, ce qui laisse présager de la ligne défendue. La question qui demeure en suspens reste celle de l’étalage judiciaire à tiroirs qui a suivi le scandale new-yorkais, à propos duquel on peut, à ce jour, penser que la théorie du piège est devenue l’hypothèse de travail privilégiée. En ce qui concerne Tristane Banon, son avocat ayant annoncé envisager de déposer une plainte dès le 16 mai 2011 – c’est-à-dire deux jours après l’arrestation de DSK -, il semble entendu que la connexité médiatique des dossiers ait pu motiver la jeune romancière. Quant à l’affaire du Carlton, reste encore à découvrir le cadre précis du déclenchement de cette instruction, voire, si les langues se délient, quels en sont les commanditaires. La question n’est plus de savoir si l’homme avait des faiblesses.

La question ne consiste plus à se demander s’il les a suffisamment encadrées ou contrôlées. La seule question appartenant à la sphère publique qui demeure sans réponse aujourd’hui est celle de l’organisation du déroulé médiatico-judiciaire, dont l’avalanche ne peut être naturelle, tant sont concomitantes les superpositions de faits potentiellement reprochés. Le Parti socialiste est affaibli, l’homme traqué cherche les maîtres d’œuvre des révélations en cascade autant que la vérité de leurs mobiles.

Il a connu le pire à l’époque de Rikers Island. Il a connu des jours meilleurs, au mois de juillet, caressant l’espoir d’une procédure accélérée, avant que ne surgisse le tournant racial de l’affaire new-yorkaise. Rentré à Paris au mois de septembre, il a retrouvé l’envie de vivre normalement. Mais, très vite, un nouveau rebondissement l’a affaissé… Dans L’Etranger, le héros est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu de la société dans laquelle il vit.

Il ne montre pas d’émotions, se contentant de regarder avec distance l’enchaînement des faits. Pour ceux qui ouvrent les yeux, l’émotion de Dominique Strauss-Kahn est visible, autant que sa volition à faire émerger la vérité. De gré ou de force, l’homme est confronté à lui-même autant qu’à l’humanité réelle ou défaillante de ceux qui l’encensaient, encore récemment. Pendant plusieurs semaines au mois d’octobre, les interventions de ses avocats se sont raréfiées.

Puis, il est parvenu à en convaincre d’autres de l’aider. Pendant plusieurs semaines, ce même mois, les visites se sont espacées, la barbe a poussé, le regard s’est égaré, certainement lié à la déception qu’il a de son proche entourage autant que du comportement des amis de toujours qu’il avait dans la presse, ceux-là n’ayant pas su le contacter pour vérifier certaines informations… L’homme n’est plus à terre. Il s’est redressé.

Comme dans Camus, il n’est pas question de quitter la vie, il est question de démontrer sa vérité. Et cela, d’abord et avant tout, par des voies juridiques et judiciaires. On est bien loin du concept marketing de la “faute morale” que les communicants lui ont fait réciter, cherchant trop tôt la réconciliation avec l’opinion, alors que les procédures en cours interdisaient la formulation de la réalité passée.

Peut-être la livrera-t-il plus tard ou peut-être jamais. Car il appartient à la justice seule de décider du caractère pénalement répréhensible des faits reprochés. Si ce n’est pas le cas, personne n’a à connaître les dessous d’une vie privée et intime qui n’appartiennent qu’à Dominique Strauss-Kahn. Qui aurait osé demander à Nicolas Sarkozy de venir publiquement expliquer les hypothétiques tromperies dont la presse se faisait l’écho à l’égard de sa précédente épouse ? Qui aurait eu l’audace d’en livrer le détail ? Personne. Et c’était louable.

Par SD32 - Publié dans : Politique
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 21:31

la-poste-2.jpg La dégradation de la qualité des services publics rendus à la population, le désengagement de l'Etat de certaines missions essentielles, l'abandon d'une vision du service public comme facteur de développement et de solidarité, la délégation par les collectivités territoriales de leurs missions au secteur privé, l'absence d'association des usagers aux prises de décision et à la gestion : autant d'évolutions qui contribuent aujourd'hui à délégitimer le service public en France. Il est urgent de rebâtir en la matière une stratégie ambitieuse et réaliste. Le rapport de Terra Nova "Pour une République des services publics" dégage certains principes et formule des propositions pour faire des services publics un pilier du projet politique porté par la gauche, en partant des besoins de la population, pour en assurer la légitimité et la qualité.


Partant du constat que les "services publics, dans tous les domaines, se sont dégradés" ces dernières années, Terra Nova estime que "la situation aujourd'hui n'est plus acceptable", tant dans "les services publics les plus régaliens" comme la police ou la justice, qu'à l'école, dans la santé ou les services dits en réseau (postes, transports, énergie, etc.) en grande partie ouverts à la concurrence.

 

Le think tank affirme que "pour une part, ce résultat est celui de la majorité sortante et du président de la République" qui "a appliqué une politique de gestion des ressources humaines marquée par le dogmatisme, que manifeste la règle absurde du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite".

Par conséquent, Terra Nova estime que "2012 sera pour les services publics un point de rendez-vous historique" et souligne que "le candidat de la gauche en 2012 doit être le candidat du service public" et ne pas "se contenter de défendre le statu quo".

 

Les 21 propositions


Refaire des services publics des vecteurs de progrès économique et social
 
Proposition 1 : Mettre fin à la baisse de la part de l'investissement dans les dépenses publiques, en investissant dans les services publics porteurs d'innovation et favorables au développement durable
 
Proposition 2 : Mettre fin à la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et à la fermeture d’éléments-clés du service public (classes, hôpitaux, tribunaux, commissariats, etc.), ouvrir immédiatement avec les partenaires sociaux une phase de concertation, d’évaluation des compétences et des carrières des agents publics, et lancer un débat public national sur les besoins des services publics
 
Proposition 3 : Renforcer la mixité sociale parmi les agents des services publics dans les quartiers, en envisageant des voies particulières de recrutement
 
Proposition 4 : Assurer un financement suffisant pour des services publics efficaces et développés, avec un niveau de redevances reflétant les coûts réels, et en utilisant tous les modes de financements autorisés par le droit européen : compensations publiques, fonds de compensation, système dit « play or pay »
 
Proposition 5 : « Piloter » la tarification de manière plus fine, plus progressive, et conformément aux objectifs sociaux et environnementaux des services publics
 
Proposition 6 : Généraliser la tarification sociale des services publics, en privilégiant l’attribution automatique des tarifs sociaux, et envisager la gratuité sociale dans certains services publics
 
Proposition 7 : Mettre en place un système permettant le « fléchage » des différentes sources de financement des services publics, cohérent et compréhensible par les usagers-contribuables
 
Réaffirmer la responsabilité du politique dans l'amélioration des services publics
 
Proposition 8 : Organiser un grand débat annuel au Parlement consacré aux services publics en France
 
Proposition 9 : Créer un « Secrétariat général aux services publics nationaux », structure interministérielle rattachée au Premier ministre, en interface avec le Secrétariat général aux affaires européennes (SGAE) pour les enjeux européens, avec tous les ministères concernés et avec l’agence nationale d’évaluation
 
Proposition 10 : Identifier et exploiter les marges de manœuvre laissées par le droit communautaire et non utilisées en droit interne pour tous les services en réseau, notamment en ce qui concerne la définition du service universel, la mise en œuvre des objectifs d'accessibilité et de qualité, et le financement des missions de service public
 
Proposition 11 : Améliorer le cadre juridique européen en matière de services publics, en utilisant les potentialités ouvertes par le Traité de Lisbonne, notamment en ce qui concerne l’application du droit de la concurrence, le principe de subsidiarité, et les conditions de financement des SIG
 
Proposition 12 : Garantir la liberté de choix des modes de gestion des services publics, et mettre l'accent sur l'exercice de leurs prérogatives par les autorités politiques afin de s'assurer que les besoins des usagers sont satisfaits, que le service public soit exploité directement ou délégué
 
Proposition 13 : Mieux définir les missions de service public dans chaque loi sectorielle et, lorsqu'elles ne sont pas assurées directement par la collectivité publique, les décliner dans les conventions conclues entre l’autorité politique responsable et la structure chargée du service public
 
Proposition 14 : Renforcer, dans les conventions de délégation de service public, les clauses portant sur la définition des missions de service public, leur contrôle, avec des pouvoirs de sanction, et leur évaluation. A cette fin, élaborer des conventions - ou clauses conventionnelles - types, sur la base des meilleures pratiques
 
Proposition 15 : Redéfinir les relations entre les collectivités publiques et les associations exécutant des missions de service public, en les encadrant systématiquement par des conventions définissant ces missions et contrôlant et évaluant leur exécution
 
Refonder les services publics en partant des besoins des citoyens
 
Proposition 16 : Transformer une partie des 17.000 points de contacts de La Poste en « maisons de services publics » rénovées, dans le cadre de ce que prévoit la loi du 12 avril 2000
 
Proposition 17 : Créer des conseils des usagers des services publics, dotés de pouvoirs de décision ou de blocage, avec une composition renouvelée, en envisageant de nouveaux modes de désignation
 
Proposition 18 : Renouveler les procédures de débats publics et d'enquêtes publiques, en les généralisant à toutes les décisions stratégiques en matière de services publics, et en modernisant les outils de participation, notamment par la voie numérique
 
Proposition 19 : Créer, par la loi, une agence pour l’évaluation et la qualité des services publics
 
Proposition 20 : Créer un service public national de médiation et du règlement de différends chargé d'apporter des réponses aux litiges individuels des consommateurs-usagers
 
Proposition 21 : Créer de nouveaux services publics sectoriels répondant aux nouveaux besoins essentiels, tels qu’un service public de la petite enfance, un service public de l’information scolaire et universitaire et de l’orientation, et l’accès à des services bancaires universels
Source TERRA NOVA
Par SD32 - Publié dans : Problèmes économiques et sociaux
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La fiscalité française est asphyxiée par sa complexité, son manque de transparence et l'accumulation de privilèges pour une minorité de contribuables ultra-riches. Mais on en reste trop souvent, en la matière, à des énoncés aussi vagues que stériles. Ce livre innove en proposant une critique d'ensemble du système fiscal français. Il démontre scientifiquement, pour la première fois, le caractère régressif de l'impôt dans notre pays (ce qui signifie que, tous prélèvements confondus, les taux d'imposition sont plus élevés pour les ménages les plus modestes et s'abaissent pour les plus riches). Pour cette raison, il fera date. Mais cette analyse au scalpel ne se contente pas de mettre au jour l'injustice du système. Elle plaide pour une révolution fiscale, chiffrée et opérationnelle, fondée sur trois principes: équité, progressivité réelle, démocratie. Ce livre contribue de manière décisive à l'édification d'une nouvelle critique sociale et se pose au centre du débat politique pour les années à venir.


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Cet essai est une contribution à cette indispensable réflexion de la gauche. Les idées qui y sont développées sont le fruit d’un investissement déjà ancien dans les questions de doctrine et d’analyse de l’opinion et d’un parcours d’élus locaux. Il ne fournit pas un programme clé en mains mais, revenant aux racines des défaites passées, il cherche à répondre à cette interrogation stratégique décisive : quelle offre politique de gauche peut répondre en 2012 aux attentes créées par les nouvelles réalités et expériences ? Quels leviers, quelles orientations générales peuvent fédérer une majorité idéologique et sociologique dans ce grand rendez-vous présidentiel ?

 

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La gauche européenne, aujourd’hui à la peine, peut connaître demain un spectaculaire retour de fortune. Les instituts de sondage la donne gagnante en France (2012) et en Allemagne (2013). Cette gauche ne vit pas son agonie, ni une crise de croissance, mais une crise de refondation, la troisième du genre, due au bouleversement de son écosystème politique. Henri Weber analyse les nouveaux paramètres historiques de l’action de la gauche au XXIe siècle : mondialisation et financiarisation de l’économie, bien sûr, mais aussi fragmentation de la société et du salariat, montée de l’individualisme moderne, avènement de la « vidéocratie », surgissement de « l’urgence écologique ».

 

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Gilles Finchelstein nous entraîne dans un vertigineux voyage au cœur de la dictature de l’urgence. On y découvre une réalité qui dépasse ce que chacun pressent.

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Jean-Christophe Cambadélis a publié un nouveau livre "Dis moi où sont les fleurs ?" Essai sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy.

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