Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 23:25

r-HOLLANDE-MERKEL-large570.jpg On se doutait que la première réunion entre les deux chefs d'Etat allait faire des éclairs, mais pas à ce point. Alors qu'il se rendait à Berlin pour son tout premier voyage présidentiel, l'avion de François Hollande a failli être frappé par la foudre et a dû faire demi-tour. Il a ensuite redécollé afin que le nouveau président puisse rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel.

Pour ce premier rendez-vous, le ton était clair: chacun est prêt à faire un pas vers l'autre, mais il y a encore du chemin à faire. Autrement dit? Pas de tabou! Discutons de tout, mettons tout sur la table et avançons. Un discours finalement assez honnête de la part des deux chefs d'Etat, qui ont su garder, chacun de son côté, leur ligne de conduite.

A noter tout de même, un gros pas en avant de la part d'Angela Merkel sur la Grèce qui s'est dite prête, pour la première fois, à "des mesures supplémentaires pour la croissance" dans le pays.

Qu'on ne s'y trompe pas: il s'agissait seulement d'une première prise de contact. Pas question de tout régler en une petite heure. Angela Merkel avait d'ailleurs déclaré, après la victoire de François Hollande, qu'il serait accueilli "à bras ouverts". Mais les thèmes du jour étaient d'importance: enclencher une première réflexion sur la politique de croissance en Europe, poser les bases d'une modification du traité budgétaire et évoquer le problématique cas grec.

Les deux chefs d'Etat sont parvenus à un consensus dans le discours, tout en affirmant chacun leur identité. Les divergences dans le couple Merkhollande n'ont d'ailleurs pas été masquées: François Hollande a précisé vouloir une "relation entre la France et l'Allemagne équilibrée et respectueuse de nos sensibilités politiques". Il n'empêche, chacun semble prêt à en discuter afin "d'avancer ensemble". Angela Merkel, de son côté, a fait plusieurs pas en direction du président français.

Couple franco-allemand: l'axe doit rester fort
"La rencontre d'aujourd'hui ne pouvait pas régler tous les problèmes mais nous avons vu qu'un président parlant en français pouvait être compris par un chef d'Etat allemand, et réciproquement" a résumé François Hollande. Même son de cloche chez Angela Merkel qui a déclaré: "Je suis très heureuse d'accueillir François Hollande et je pense que la coopération entre nous se déroulera très bien". Le 50e anniversaire du couple franco-allemand sera une façon de réaffirmer l'engagement des deux pays. "Nous sommes d'accord pour dire que nous avons le devoir de travailler ensemble", a-t-elle ajouté, assurant que parfois la presse évoquait "des divergences plus importantes qu'elles ne le sont réellement" entre elle-même et François Hollande. "La France et l'Allemagne sont conscientes de la responsabilité qu'elles ont pour l'Europe, les deux pays avaient "le devoir" de travailler ensemble" a résumé la chancelière.

Croissance: Angela Merkel ouverte à des discussions
"Je rappelle que depuis février, mars, je parle de discuter et de travailler à la croissance. Il y a des points d'accord mais aussi, bien sûr des divergences. Mais je me réjouis de discuter de ces points avec le président français" a rassuré Angela Merkel. "Le mot de croissance était certes inscrit dans le pacte budgétaire. Mais rien n'était prévu. Je suis ravi qu'il revienne sur le devant de la scène grâce à la campagne présidentielle française. Après, je sais que bien que nous n'entendons pas la même chose derrière ce mot. Mais nous allons en discuter" a complété le président français.

Pacte budgétaire: François Hollande reste ferme
"J'ai dit pendant la campagne et je répète que je voulais renégocier le pacte de stabilité. Nous avons décidé de tout mettre sur la table, y compris les euro-bonds, et d'en discuter. Ce n'est qu'au terme de ces discussions que je pourrais répondre à la question de la ratification du pacte budgétaire" a affirmé François Hollande, ne déviant pas de son discours de campagne, mais laissant la porte ouverte à d'autres solutions, comme une annexe sur la croissance dans le pacte budgétaire. Il a toutefois concédé que la rigueur budgétaire était nécessaire.

La Grèce: Une main tendue par Angela Merkel
Pour les deux chefs d'Etat, la Grèce doit continuer à appliquer les réformes sur lesquelles elle s'est engagée. Mais "nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro" ont martelé les deux chefs d'Etat. Et le couple franco-allemand aidera son voisin "à retrouver le chemin de la croissance" et "à des mesures supplémentaires pour la croissance en Grèce" a précisé Angela Merkel, ce qui est une nouveauté. "Nous respectons le nouveau scrutin en Grèce et il faudra voir quelles sont les possibilités pour relancer la croissance et voir comment nous pouvons les aider" a ajouté la chancelière. "Je respecterai quoi qu'il arrive le vote des Grecs. Mais mon rôle est d'adresser un signe au peuple grec. Ils doivent savoir que nous irons vers eux pour leur permettre d'assurer leur présence en zone euro" a complété François Hollande.

 

Source The Huffington Post

Par SD32 - Publié dans : Politique européenne
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 15:05

4205625-6375997.jpg « En ce jour où je suis investi de la plus haute charge de l'Etat, j'adresse aux Français un message de confiance. Nous sommes un grand pays qui, dans son Histoire, a toujours su affronter les épreuves et relever les défis qui se présentaient à lui.

A chaque fois, il y est parvenu en restant lui-même, toujours dans l'élévation et l'ouverture, jamais dans l'abaissement et le repli. Tel est le mandat que j'ai reçu du peuple français le 6 mai : redresser la France dans la justice, ouvrir une voie nouvelle en Europe, contribuer à la paix du monde comme à la préservation de la planète.

Je mesure aujourd'hui même le poids des contraintes auxquelles notre pays fait face, une dette massive, une croissance faible, un chômage élevé et une compétitivité dégradée et une Europe qui peine à sortir de la crise.

Mais je l'affirme ici : il n'y a pas de fatalité dès lors qu'une volonté commune nous anime, qu'une direction claire est fixée et que nous mobilisons pleinement nos forces et les atouts de la France.

Ils sont considérables, la productivité de nos travailleurs, l'excellence de nos chercheurs, le dynamisme de nos entrepreneurs, le travail de nos agriculteurs, la qualité de nos services publics, le rayonnement de notre culture et notre langue, sans oublier la vitalité de notre démographie et l'impatience de notre jeunesse.

La première condition de la confiance retrouvée, c'est l'unité de la Nation. Nos différences ne doivent pas devenir des divisions, nos diversités des discordes. Le pays a besoin d'apaisement, de réconciliation, de rassemblement. C'est le rôle du président de la République de faire vivre ensemble tous les Français sans distinction d'origine, de parcours, de lieu de résidence, autour des même valeurs, celles de la République.

Tel est mon impérieux devoir, quel que soit notre âge, quelles que soient nos convictions, où que nous vivions, dans l'Hexagone ou dans les Outre-mer, dans nos villes, dans nos quartiers, dans nos territoires ruraux, nous sommes la France. Une France non pas dressée contre une autre mais une France réunie dans une même communauté de destin. Et je réaffirmerai en toutes circonstances nos principes intangibles de laïcité, comme je lutterai contre le racisme, l'antisémitisme et toutes les discriminations.

La confiance c'est aussi l'exemplarité. Président de la République, j'assumerai pleinement les responsabilités exceptionnelles de cette haute mission. Je fixerai les priorités mais je ne déciderai pas de tout, pour tous et partout.

Conformément à la Constitution, le gouvernement déterminera et conduira la politique de la Nation, le Parlement sera respecté dans ses droits, la justice disposera de toutes les garanties de son indépendance. Le pouvoir au sommet de l'Etat sera exercé avec dignité et simplicité, avec une grande ambition pour le pays. Et une scrupuleuse sobriété dans les comportements.

L'Etat sera impartial parce qu'il est la propriété de tous les Français et qu'il n'appartient donc pas à ceux qui ont en ont reçu pour un temps limité la charge. Les règles de nomination des responsables publics seront encadrées et la loyauté, la compétence et le service de l'intérêt général seront les seuls critères pour déterminer mes choix pour les grands serviteurs de l'Etat.

La France a la chance de disposer d'une fonction publique de grande qualité. Je veux lui dire ma reconnaissance et l'attente que je place en elle et en chacun de ses agents.

La confiance, elle est dans la démocratie elle-même. Je crois en la démocratie locale et j'entends la revivifier par un nouvel acte de décentralisation susceptible de donner des libertés nouvelles pour le développement de nos territoires.

Je crois en la démocratie sociale et de nouveaux espaces de négociations seront ouverts aux partenaires sociaux que je respecterai, aussi bien les représentants des syndicats de salariés que les organisations professionnelles.

Je crois à la démocratie citoyenne, celle des associations et des engagements civiques qu'elles mobilisent. Les bénévoles seront soutenus pour leur dévouement pour la République.

La confiance, elle repose sur la justice, dans les choix, la justice dans la conception même de la création de richesse. Il est temps de remettre la production avant la spéculation, l'investissement d'avenir avant la satisfaction du présent, l'emploi durable avant le profit immédiat.

Il est temps d'engager la transition énergétique et écologique, il est temps d'ouvrir une nouvelle frontière pour le développement technologique et pour l'innovation.

Mais la justice, elle est aussi dans la répartition de l'effort indispensable. Il ne peut pas y avoir des sacrifices pour les uns, toujours plus nombreux, et des privilèges pour les autres sans cesse moins nombreux. Ce sera le sens des réformes que le gouvernement conduira, avec le souci de récompenser le travail, le mérite, l'initiative et de décourager la rente et les rémunérations exorbitantes.

La justice ce sera le seul critère sur lequel chacune décision publique sera prise au nom de la République.

Enfin, la confiance c'est à la jeunesse que la République doit l'accorder. Je lui rendrai la place qui doit être la sienne, la première. C'est le fondement de mon engagement pour l'école de la République, car sa mission est vitale pour la cohésion de notre pays, pour la réussite de notre économie et pour la promotion de chacun.

C'est la volonté qui m'anime pour rénover la formation professionnelle, pour accompagner les jeunes vers l'emploi et lutter contre toutes les précarités. Ce sera aussi la belle idée du service civique, que j'entends relancer.

Mesdames, Messieurs, en ce jour où bien des peuples, et d'abord en Europe, nous attendent et nous regardent, pour surmonter la crise, elle a besoin de solidarité, elle a besoin de croissance. A nos partenaires, je proposerai un nouveau pacte qui alliera la réduction nécessaire des dettes publiques avec l'indispensable stimulation de l'économie.

Et leur dirai la nécessité pour notre continent de protéger dans un monde si instable non seulement ses valeurs mais ses intérêts, au nom du principe de réciprocité de nos échanges commerciaux.

La France est une nation engagée dans le monde. Par son histoire, par sa culture, par ses valeurs d'humanisme, d'universalité et de liberté, elle y occupe une place singulière. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a fait le tour du monde.

Nous devons en être, et moi le premier, les dépositaires et nous situer aux côtés de toutes les forces démocratiques du monde qui se recommandent de ses principes. La France respectera tous les peuples, elle sera partout fidèle à la vocation qui est la sienne, défendre la liberté des peuples, l'honneur des opprimés, la dignité des femmes.

Dans cet instant, et j'en mesure la solennité, où je suis chargé de présider la destinée de notre pays et de le représenter dans le monde, je salue mes prédécesseurs, tous ceux qui avant moi ont eu la responsabilité de conduire la République : Charles de Gaulle, qui a mis son prestige au service de la grandeur et de la souveraineté de la France; Georges Pompidou, qui fit de l'impératif industriel un enjeu national; Valéry Giscard d'Estaing, qui relança la modernisation de la société française; François Mitterrand, pour lequel j'ai une pensée toute particulière aujourd'hui même, qui fit tant pour faire avancer les libertés et le progrès social; Jacques Chirac, qui marqua son attachement aux valeurs de la République; Nicolas Sarkozy, à qui j'adresse des voeux pour la nouvelle vie qui s'ouvre devant lui.

Mesdames, Messieurs, je veux servir une grande cause, le rassemblement, le redressement, le dépassement et l'espoir doivent en être le fil conducteur.

Vive la République et vive la France ! »

Par SD32 - Publié dans : Politique
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 23:13

dsk25032009.jpg Il est des anniversaires dont on se serait bien passé : le 14 mai 2011. Ce jour-là, le favori des sondages à l’élection présidentielle, au faîte de sa popularité, Dominique STRAUSS-KAHN, Directeur général du FMI, est arrêté à New-York.

L’affaire sordide du Sofitel débutait : passé un moment d’incrédulité, on allait vite tomber dans l’orchestration bien amenée d’une mise à mort médiatique de celui à qui la présomption d’innocence allait être d’emblée, refusée.

Inutile de revenir sur les différents épisodes qui allaient structurer le feuilleton politico-médiatique de l’été 2011, ni sur cette affaire Banon qui devait succéder à cette affaire Nafissatou Diallo, avant que toutes deux soient supplantées par l’affaire du Carlton de Lille.

Inutile également de parler des faux-amis qui abandonnèrent très vite Dominique Strauss-Kahn, comme d’ailleurs de celui qui voulut tuer le père en tentant de s’accaparer un héritage politique qui ne lui appartenait pas.

Le moment viendra, d’ailleurs, de parler de cet héritage. Car, si aujourd’hui, Dominique Strauss-Kahn n’est plus dans le temps politique, le strauss-kahnisme reste bien vivant et d’une intense actualité.

N’oublions pas que c’est bien Dominique Strauss-Kahn qui, au lendemain de la défaite de la gauche à l’élection présidentielle de 2007, lançait le grand débat de la rénovation de la gauche en déclarant : « Le socialisme du réel doit être celui d’une gauche efficace au temps de la mondialisation. Trois principes l’animeront : une vraie compréhension des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée ; une efficacité sociale et non pas des slogans inopérants ; une stratégie émancipatrice redonnant de la force à l’idée de progrès ».

Déjà, en 2002, dans son livre de référence, La Flamme et la Cendre, il nous donnait une vision globale de la société. Dominique Strauss-Kahn proposait alors une analyse des mutations en cours et des enjeux pour l’avenir. Il concluait en énonçant : « le monde nouveau reste à bâtir [mais] certainement pas en repartant de rien [...] Bâtir la société des hommes, mais la bâtir différemment en aidant à définir le socialisme du nouvel âge ».

Par ailleurs, en 2004, dans un autre ouvrage,  Pour l’égalité réelle, Dominique Strauss-Kahn dessinait les contours d’un modèle social-démocrate rénové (les 3 socialismes) et ouvrait « des pistes pour que la lutte contre les inégalités devienne une doctrine concrète : le réformisme radical ».

Aujourd’hui, un an après, le peuple français a élu un Président de gauche, François Hollande, celui que personne n’attendait mais qui a su franchir tous les obstacles pour parvenir aux marches de l’Elysée. Le sarkozysme a été rejeté aux oubliettes de l’Histoire mais pas ses conséquences économiques et sociales dramatiques pour nombre de nos compatriotes.

Je ne sais si le hollandisme constituera le socle d’une nouvelle doctrine politique mais souhaitons que le réformisme soit au cœur de l’action de notre nouveau Président.

 

Philippe PUGNET

Par SD32 - Publié dans : Socialisme et Démocratie
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 10:46

3652746.jpgBien sûr, la France n'est pas une puissance internationale suffisante pour captiver l'audimat étranger. Pourtant la presse internationale est en train de développer un intérêt grandissant pour le nouveau président français. Cet intérêt fut tardif car en proie à de nombreux préjugés.

Le New York Times, par exemple, s'est fait fort de colporter les surnoms du candidat Hollande, le présentant à de multiples reprises comme la "tortue" de l'élection, le "flanby" du paysage politique français (traduit en anglais par pudding ou marshmallow). Quant à The Economist, sa couverture spéciale sur la France comme pays "dans le déni" fut l'occasion de cibler plus particulièrement les "conséquences dramatiques" que l'élection de François Hollande engendrerait pour l'économie européenne du fait de la réaction des marchés.

Mais ce qui est devenu au cours des semaines une victoire probable de Hollande a incité les observateurs internationaux à y regarder de plus près. Si le personnage ne convainc pas encore forcément, le projet - socialiste malgré la crise - intrigue. On a d'abord vu Mario Draghi et Angela Merkel devenir peu à peu favorables à une politique de relance malgré le consensus européen en faveur de l'austérité. The Economist s'est rapidement fendu d'un nouvel article, cette fois présentant Hollande comme le "leader de l'axe de la croissance". Plus marquant, Fareed Zakaria, l'un des plus importants intellectuels publics américains réputé libéral, remarque que la réaction à la crise la plus marquée à gauche provient de France et que si celle-ci fonctionne, les politiques partout en Europe et même dans le monde en prendront note et se diront : "c'est la formule gagnante".

Les gouvernements jusqu'alors se sont convaincus que la solution à la crise du capitalisme financier mondialisé est un renforcement d'une politique libérale d'assainissement des comptes, le retrait de l'Etat supposé source de tous les maux, et le triomphe renouvelé de l'équation néolibérale. Or de 2008 à 2012 la situation a globalement stagné quand elle ne s'est pas empirée, laissant désormais les politiciens sans leur outil d'action - la politique - sacrifié au profit de l'autonomie des marchés.

C'est dans ce climat hostile que les Français ont décidé de porter au pouvoir un candidat qui a l'audace de réaffirmer la politique face à l'économie et de vouloir repenser la structure du système avant de le réparer. Dans un récent entretien avec Edgar Morin, il affirmait : "la mondialisation n'est pas une loi de la physique. C'est une construction politique. Ce que des hommes ont décidé et construit, d'autres hommes peuvent le changer. Le politique doit intervenir pour lutter contre l'économie de casino et la spéculation financière, pour préserver la dignité du travailleur et fonder la concurrence sur des normes environnementales et sociales".

Ce sont des phrases comme celles-ci qui poussent une partie de la droite néolibérale à décrier le socialisme comme idéaliste et inapplicable. Cette droite s'est réfugiée dans ce qu'on pourrait nommer une 'idéologie du donné', à savoir que les choses nous sont données telles qu'elles sont, que la mondialisation telle qu'on la connait est inamovible et que le changement ne peut être que le fait des ajustements aléatoires du marché. Par conséquent, toute tentative d'aller contre le marché relève de l'irréalisme. Le penseur Marcel Gauchet rappelle bien qu'une des matrices du néolibéralisme est de représenter le monde comme incertain et imprévisible et par conséquent d'abolir la possibilité d'action politique qui ne peut rien faire contre cette imprévision, en préférant les mécanismes d'ajustements de marché aux projets de société.

Le socialisme peut-il se relever de l'accusation d'irréalisme ? Pour certains, le parti socialiste d'aujourd'hui n'a de socialiste que le nom, c'est un parti qui a opéré sa conversion à la modernité, à l'individualisme démocratique, à l'économie de marché et à la liberté d'entreprise. En dépit de cela, le terme 'socialisme' ou de 'social-démocratie' semble reprendre de la vigueur sous un nouveau sens partout dans le monde. Aux Etats-Unis, il était jusqu'à peu une insulte politique. Aujourd'hui on ose le prononcer dans les couloirs du Capitole.

Le socialisme contemporain veut voir en l'histoire non le triomphe de l'imprévisible mais la possibilité de son inflexion par l'action politique. Il interprète le progrès comme une plus grande coopération dans la concurrence et non comme une plus parfaite mise en compétition des intérêts qui ne peut en définitive que creuser le sillon d'une vie en commun impossible. Il met au défi l'équation simplificatrice qui marque notre siècle -- la somme des intérêts privés peut-elle vraiment aboutir à l'intérêt général comme nous l'indique Léon Walras, un économiste du XIXe siècle ?

La social-démocratie à l'ère du néolibéralisme, si elle a eu ses représentants, n'a pas encore eu son moment. Mitterrand fut malgré tout aussi l'initiateur du tournant néolibéral de 1983 en France, comme le souligne Edgar Morin. En revanche on associe souvent François Hollande à Pierre Mendès-France et Jacques Delors, des sociaux-démocrates qui ont fait vivre leur projet sans le porter à la fonction suprême. Le nouveau président dispose donc de cette possibilité inédite, celle de faire valoir l'option de la social-démocratie dans le traitement de la mondialisation.

Porter un socialiste au pouvoir au moment où la plupart des pays ont préféré des gouvernements libéraux conservateurs pour faire face à la crise a une portée symbolique. Or face aux récents échecs, les yeux sont maintenant rivés sur l'alternative socialiste. Le prix Nobel d'économie et éditorialiste Paul Krugman s'en réjouit particulièrement: "la France va servir de prototype." Hollande le sait quand il dit dans son discours de victoire à la Bastille : "Vous êtes déjà un mouvement qui se lève partout en Europe et peut être dans le monde pour porter nos valeurs et notre exigence de changement". Ce qui est sûr c'est que le monde vous regarde, Monsieur le président.

Source Le Huffington Post

Par Eloi Saint Bris


Par SD32 - Publié dans : Politique
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 16:54

francois-hollande-president-de-la-republique-photo-reuters.jpg Le Parti socialiste européen (PSE) adresse ses plus sincères félicitations à François Hollande à l’occasion de son élection comme 24e Président de la République française. Cette élection est une victoire pour le progrès, en France et en Europe.

Le Président du PSE, Sergei Stanishev, en déplacement à Sofia, a déclaré: «Président Hollande, je vous félicite! L’élection d’un socialiste à l’Elysée est un grand jour, pas seulement pour la France mais aussi pour l’Europe. C’est un grand jour pour les citoyens français et une opportunité pour le peuple européen. Cette élection traduit aussi un rejet incontestable de la folie Merkozy qui a étouffé la croissance économique européenne ces deux dernières années».

M. Stanishev a ajouté: «Pendant sa campagne, François Hollande n’a cessé d’insister sur l’importance d’une nouvelle politique de croissance pour l’Europe. Je ne doute pas un seul instant qu’il soit animé de la détermination nécessaire pour commencer dès à présent à mettre en œuvre cette politique et guider l’Europe sur une voie nouvelle. Son élection est une victoire non seulement pour la Gauche européenne, mais aussi pour la justice et la solidarité en Europe de manière générale».

Philip Cordery, Secrétaire général du PSE, a déclaré: «L’élection de François Hollande donne l’espoir d’une Union européenne plus progressiste et plus juste. Les politiques économiques proposées à l’électorat français doivent aussi être appliquées à l’échelle communautaire. Si nous voulons une relance durable, nous devons privilégier l’investissement dans l’emploi et dans la croissance. Nous pouvons désormais espérer que les réunions du Conseil européen seront plus ouvertes et plus équilibrées».

Les dirigeants du PSE ont indiqué que les socialistes français avaient remporté les élections parce qu’ils avaient compris l’importance de la relance économique. Le programme présenté au peuple français est aussi le programme économique dont a besoin l’Union européenne. Il repose sur une taxation juste de la spéculation financière, sur un système solide d’euro-obligations qui reconnaît l’intérêt économique de la mise en commun des ressources et sur un système équitable d’imposition des personnes physiques.

Le PSE organisera une réunion des leaders socialistes et sociaux-démocrates à la veille du prochain Conseil européen du 28 juin.

Par SD32 - Publié dans : Politique
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 00:03

3613637.jpgEh bien voilà. C'est fait! Les Français ont voulu le changement. Nicolas Sarkozy a perdu son pari d'être réélu. François Hollande a gagné le sien et va entrer à l'Elysée avec un score de 51,7%.

Il sera intéressant lundi de s'interroger sur le naufrage du Président sortant, qui fut un candidat populaire en 2007, avant de devenir assez vite un Président repoussé par ses concitoyens. Il aura exaspéré par son exercice du pouvoir qui ne fut ni humble, ni tranquille, alors qu'il avait su séduire par une énergie féroce, une détermination qui l'a fait se battre dos au mur ces deux dernières semaines, endossant tous les discours, tous les arguments, même les plus contestables.
Mais la tradition veut que ce soir, on célèbre le vainqueur, François Hollande, dont personne, il y a deux ans, n'aurait parié sur la victoire et dont certains camarades doutaient même qu'il puisse endosser l'habit présidentiel. Il l'a fait.

Dans les dernières heures précédant le scrutin, les élus socialistes rapportaient tous des propos alarmistes venus de leur circonscription : le vote en faveur de François Hollande s'érodait au profit de celui pour Nicolas Sarkozy.
Pour deux raisons : d'abord les mesures fiscales et économiques du programme du candidat de gauche qui effraieraient beaucoup de centristes. Ces derniers seraient, certes, réceptifs aux sévères critiques de François Bayrou sur la dérive de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, mais une partie de cet électorat plus attentive aux mesures de rigueur qu'à la correction des injustices sociales, s'effaroucherait des audaces - pourtant relatives - du candidat socialiste en matière d'impôts ou de dépenses publiques.

Mais surtout, ce qui inquiète, disaient ces élus impressionnés par les remontées venues de la France profonde, c'est la promesse du candidat socialiste de donner le droit de vote aux immigrés. Plus encore depuis le débat, les Français auraient pris conscience que, en cas de victoire de François Hollande, cette mesure était inéluctable.
Eh bien, ils se seront fait peur pour rien. Cet engagement de donner le droit de vote aux étrangers pour les élections municipales - promise par la gauche depuis 1981 et souhaitée par beaucoup d'élus venus de la droite humaniste - aura été à François Hollande ce que l'abolition de la peine de mort fut à François Mitterrand : une proposition risquée, peu populaire, mais morale et emblématique de la gauche.
Et c'est tout à son honneur de n'avoir pas fléchi sur ce terrain qui supposera une révision de la Constitution, soit par le vote des 3/5èmes des parlementaires, soit par un référendum qui donnerait, dans ce cas, au peuple français, une deuxième opportunité de se prononcer.

La France de gauche, qui, depuis 1997 n'avait plus rencontré les faveurs du peuple français et qui pourtant en rêvait, va retrouver le bonheur de mai 81. Le temps d'une nuit, de quelques jours, de quelques semaines. Après, comme l'a dit, en 1936, Léon Blum "C'est maintenant que les ennuis commencent", ou pour parodier le nouveau Président : "Les ennuis, c'est maintenant".
Le traditionnel "état de grâce" dont disposent les nouveaux élus, est de plus en plus court. Le temps d'un été peut-être, s'il se passe sans crise européenne.
Mais dès la rentrée, il faudra coordonner les promesses du candidat avec les réalités économiques et sociales françaises, avec la situation de l'Europe - où la Grèce, en colère, votait aussi ce 6 mai -, avec Madame Merkel, Monsieur Obama, les marchés financiers, le chômage, le pouvoir d'achat, la crise de la dette. Il va falloir gérer les espoirs des Français et leur inévitable déception - tant il est vrai que ceux qui gouvernent en temps de crise font plus de mécontents que de satisfaits. "Ce qui d'abord est gloire, à la fin est fardeau" écrivait Victor Hugo dans La Légende des Siècles.

Mais ce soir, après une pensée pour les perdants qui représentent presque la moitié des Français, souhaitons bonne chance au 7ème Président de la Vème République.
Souhaitons qu'il sache se montrer mesuré, modeste, juste, audacieux, courageux, généreux, visionnaire, rassembleur, compétent et tenace !
Le candidat socialiste avait choisi l'humilité. Souhaitons que François Hollande, chef de l'État, qui a devant lui des défis considérables, nous surprenne, se dépasse et ne se satisfasse pas, au nom de la France en difficulté, de n'être qu'un Président "normal".

 

Anne SINCLAIR

Source The Huffington Post

Par SD32 - Publié dans : Politique
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 10:55

anne sinclair 5 mars 2012Un lendemain de premier tour, les électeurs digèrent les résultats, et regardent ce qui s'est passé dans leur ville ou dans leur région. Ou tout simplement, comme la majorité des citoyens, commentent les scores de chaque candidat devant la machine à café, avant de "reprendre une occupation normale" comme dit PPD à la fin de la séquence des Guignols.

Les candidats, eux, on l'a vu, ne perdent pas une minute: ils n'avaient que quelques heures dans la nuit pour écrire leur profession de foi, avant de repartir au combat dont chacun prévoit qu'il sera un corps à corps.
Quant aux journalistes, ils dissèquent, analysent, se projettent vers le second tour, fatigués comme les candidats, mais moins fébriles qu'eux.

Si vous m'y autorisez, un petit retour donc sur la soirée de dimanche : la forte mobilisation a rassuré les citoyens que le spectre de l'abstentionnisme hantait. Mis à part quelques instituts, on la prédisait presque aussi forte qu'en 2002. Elle fut seulement un peu plus importante qu'en 2007. Non pas forcément comme on l'a dit un peu vite, parce que la campagne aurait finalement plus intéressé les électeurs qu'on ne l'avait cru (la question posée par ViaVoice pour Le Huff Post est à cet égard éclairante : les projets des candidats ont laissé les Français largement indifférents). Mais parce qu'ils avaient quelque chose à dire, leur rejet, leur colère, leur malaise, leur mal-être. Et c'est finalement assez démocratiquement rassurant que la colère s'exprime dans les urnes plutôt que dans le découragement, prélude à beaucoup d'aventures.

Et c'est ce que François Hollande doit comprendre pour l'emporter au second tour : le total des voix de gauche est élevé mais l'enthousiasme est absent. Il va lui falloir parler aux citoyens de tout ce qui s'est trouvé négligé dans cette campagne : le chômage, le pouvoir d'achat, la pauvreté, les quartiers délaissés, bref, la peur d'un lendemain qui pourrait ne plus jamais chanter. Il va falloir clarifier sa position sur l'Europe, ne pas seulement "envisager" une hausse du smic, prendre quelques risques, donner une vision, déclencher une adhésion plus qu'emmagasiner le rejet. Essayer de donner cette dynamique qui peut enflammer les foules et transformer une élection par refus de l'autre en victoire par l'adhésion à ses propositions.

Nicolas Sarkozy, a eu beau tenter de rassurer ses électeurs en leur disant que tous les pronostics le donnant battu étaient des leurres, il m'a fait penser à la fameuse phrase de Ségolène Royal, au soir du deuxième tour de 2007, et où, largement battue par Sarkozy, elle donnait rendez-vous à ses partisans en pleurs en leur promettant "de (les) emmener vers d'autres victoires".
Notons en passant l'étrange impression que faisait le discours du Président sortant à la Mutualité dimanche soir : dans son texte écrit, il a d'abord tenté de donner du cœur au ventre à ses troupes déçues, puis, improvisant quelques mots, il donnait le sentiment de les remercier avec nostalgie, presque comme un au revoir, avant de se reprendre et d'engager les militants à repartir sur les routes, dès ce lundi. Difficile de tenir deux semaines quand le vent est contraire.
Car il reste peu de cartes à jouer dans la manche de Nicolas Sarkozy, mais on peut être sûr qu'il les jouera toutes.
De la même manière qu'il a égrainé pendant deux mois une promesse par jour, il va tenter de donner le tournis à François Hollande en le défiant quotidiennement. L'accusant de tout : d'être faible en refusant les trois débats qu'il propose (lui-même s'étant réfugié derrière un "ce n'est pas la tradition" pour refuser les débats du premier tour que réclamaient les "petits" candidats).
Il le désignera comme un "bleu" sur la scène internationale - le candidat socialiste n'ayant jamais gouverné et peu voyagé - et incapable de faire face à la crise qui risque de s'amplifier en Europe et qui peut toucher la France.
Il le traitera d'angélique sur l'immigration, de flou sur le nucléaire, de dépensier quand la France croule sous les déficits.
Il l'accusera de mettre la France en danger s'il ne rétablit pas un protectionnisme d'ailleurs illusoire.
Il se battra comme un lion blessé, cherchant à faire mal et à prendre à l'arraché l'avantage en montrant courage et énergie.

Et c'est aux deux finalistes que va se poser le problème du "que dire" aux électeurs de Marine Le Pen. Ils représentent un Français sur cinq. C'est beaucoup, mais ce score de 17,90 % - et cela n'a pas été souligné dimanche soir - est en dessous de l'addition des voix de Jean-Marie Le Pen et de son lieutenant dissident Brunot Mégret en 2002 (16,86 + 2,34 = 19,2). Ce n'est pas pour minimiser l'importance du vote Le Pen de dimanche, mais pour remarquer que ce n'est pas la première fois que le FN fait ce score lors d'une présidentielle.

Alors en effet, que dire à cet électorat qui voudra être maître du jeu politique demain en tentant de recomposer une droite abîmée ?
Il y a deux façons de considérer ce vote extrême : comme son conseiller Patrick Buisson l'y invite depuis des mois - avec le succès limité qu'on a vu - Nicolas Sarkozy va sans doute jouer sur les valeurs traditionnelles de l'extrême-droite comme la protection des frontières ou la peur de l'immigré.
François Hollande ne négligera pas lui non plus, cet électorat convoité. Il convoquera la démondialisation sans le dire et les délocalisations en le disant. Il intégrera quelques thèmes qui furent chers aux "nonistes" qui se méfient de l'Europe. Plus qu'aux valeurs de l'extrême-droite, il parlera aux oubliés de la République et des quartiers, il tentera de convaincre les plus sceptiques des électeurs que tout n'a pas été tenté contre le chômage et le déclassement des classes moyennes.

Ce deuxième tour va être violent. On verra si François Hollande renonce à son flegme légendaire pour répliquer aux attaques au bazooka qui viendront de son adversaire. Les prochains jours vont être ceux d'une guerre de position. Dès la fin de semaine, on passera à la guerre de mouvement.

Anne SINCLAIR

The Huffington Post

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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 22:40

220px-Gilles_Finchelstein_-_Janvier_2012.jpg "Du passé, ou plutôt du premier tour, faisons table rase". Tel était le mot d'ordre de l'UMP tout au long de la soirée électorale du 22 avril et il faut comprendre pourquoi.

Nicolas Sarkozy, depuis le début de l'année, visait un objectif, poursuivait une stratégie et construisait un récit. Il est éclairant de les reprendre un à un si l'on veut analyser lucidement les résultats du premier tour.

L'objectif ? Il était clair : arriver en tête au premier tour pour créer la dynamique - c'est d'ailleurs pour atteindre cet objectif que l'UMP avait été inventée en 2002 et que Nicolas Sarkozy avait tout mis en oeuvre en 2011 et en 2012 pour assécher le terrain à droite en obtenant le retrait, les uns après les autres, de tous ses concurrents potentiels.

La stratégie ? Elle était transparente : reconquérir l'électorat populaire qui, se sentant trahi, avait abandonné le candidat sortant. Et, alors, faire du clivage peuple/élite le clivage central de la vie publique et de l'immigration le thème structurant de la campagne.

Le récit ? Il était simple : la vérité était ailleurs que dans les chiffres des sondages. Il y aurait un "vote caché" dont l'existence expliquerait la sous-estimation de Nicolas Sarkozy par les instituts de sondage. Il y aurait cette "majorité silencieuse" de la place de la Concorde que l'on n'entendrait pas. Il y aurait une "vague immense" que l'on ne voyait pas mais qui viendrait tout submerger...

Las...

L'objectif ? Il est raté. Nicolas Sarkozy, en recul de plus de trois points par rapport à 2007, est devancé - ce n'était jamais arrivé à un président sortant. Point de dynamique.

La stratégie ? Celle du premier tour a échoué - c'est ce que montreront, à n'en pas douter, les analyses sociologiques du vote. Celle du second tour est compliquée - si compliquée que, plutôt que de risquer le grand écart pour améliorer à la fois les reports de l'électorat de Marine Le Pen et de François Bayrou, Nicolas Sarkozy n'a réussi qu'à lancer un débat... sur le débat.

Le récit ? Il est brisé. Pas de "vote caché", Pas de "majorité silencieuse", Pas de "vague", mais la froide réalité des chiffres. Pas de peur du "rouge" à agiter - Jean-Luc Mélenchon réalisant un score en deçà des derniers sondages (mais, ne l'oublions pas, bien au-delà des intentions de vote de janvier). Et donc, au final, alors que le rapport de force du second tour reste aussi stable que défavorable, pas de récit de substitution - faute de ne pouvoir compter sur autre chose qu'une infime réserve d'abstentionnistes ou de reports...

Ce petit détour jette en définitive une lumière crue sur la situation de l'entre-deux-tours : François Hollande est, plus que jamais, dans une situation extrêmement favorable pour devenir le prochain président de la République.

La "tabula rasa", cela n'existe pas.

 

Par Gilles Finchelstein

Directeur général de la Fondation Jean-Jaurès

Source The Huffington Post


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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 14:38

logo.png Nous sommes économistes et suivons avec attention les débats en cours et les annonces faites par les candidats à la présidence. Nous jugeons leur ambition économique à la pertinence des options qu'ils proposent, en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l'emploi, le redressement de notre compétitivité, la régulation financière et la vision des politiques économiques européennes. Mais nous jugeons aussi de la crédibilité de leur projet, notamment la cohérence d'ensemble des propositions, leur impact sur la cohésion sociale de notre pays, la constance et la fiabilité des engagements et leur compatibilité avec les contraintes budgétaires. Un candidat se dégage à nos yeux, le plus apte à redresser la France et rassembler les Français. Ce candidat, c'est François Hollande.

En effet, l'heure est aux choix. La crise de la zone euro montre que le pire reste possible : une course absurde vers le moins-disant social, des politiques d'austérité qui brisent la croissance, et finalement la tentation du chacun pour soi qui devient la plus forte. Il faut mettre un terme à ces politiques qui dévastent les économies européennes. La crise de la dette ne pourra se régler si la croissance est brisée et le pouvoir d'achat en berne. Une réorientation de la construction européenne est urgente, au service de la croissance et des citoyens européens, avec notamment la négociation d'un nouveau Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance avec nos partenaires européens.

La croissance des dettes publiques rend indispensable l'assainissement des finances publiques. L'objectif de revenir à l'équilibre budgétaire à la fin du quinquennat constitue un cadre exigeant mais crédible. La grande réforme fiscale annoncée par François Hollande devra certes être précisée et son calendrier accéléré. Mais le cap fixé est le bon, avec une réorientation de la politique fiscale dans le sens d'une plus grande justice sociale et d'une plus grande efficacité économique. Il faut mettre un terme à la sous-taxation du capital et des rentes, qui conduit non seulement à l'aggravation des inégalités, mais aussi aux excès spéculatifs à l'origine de la crise financière.

L'efficacité et la justice se rejoignent donc pour rendre nécessaire une remise en cause des avantages fiscaux inefficaces, plutôt qu'une augmentation des impôts des ménages les plus fragilisés ; par la sélection, voire la sanctuarisation des dépenses d'investissement indispensables à la croissance à moyen terme, en particulier l'éducation et la recherche.

En fixant une norme d'évolution des dépenses publiques strictement inférieure à celle du PIB, François Hollande montre qu'il veut un Etat efficace et soucieux des deniers publics. Mais il tourne le dos aussi à la politique menée depuis 2007 qui réduit la modernisation de l'Etat à une simple équation comptable : le non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux. Cinq ans plus tard, nos administrations sont désorganisées, nos fonctionnaires démobilisés et la qualité des services publics dégradée... Il est temps de mettre un terme à des pratiques budgétaires qui n'ont de cesse d'entamer la légitimité de l'action publique. Restaurer notre crédibilité financière, ce n'est pas simplement jouer sur des paramètres financiers, c'est redonner à l'Etat le sens de sa mission et de ses responsabilités.

En matière d'emploi et de pouvoir d'achat une nouvelle orientation est nécessaire. La France dispose d'un atout exceptionnel, celui d'une jeunesse nombreuse et dynamique. Mais celle-ci connaît un taux de chômage inacceptable. L'accent doit donc être mis sur les mesures en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes, à travers la sécurisation des parcours professionnels, la réorientation des efforts de formation professionnelle, le développement de contrats ciblés - tels que les contrats de génération - et le renforcement de l'éducation nationale. Redonner leur place aux syndicats - en organisant une Conférence nationale pour la croissance et l'emploi - est également crucial pour que les salariés contribuent à la transformation du monde professionnel sans être cantonnés à la seule critique de décisions déjà prises par l'employeur. Comment faire évoluer sinon la mixité sociale, l'égalité hommes-femmes, les mobilités interentreprises et les stratégies d'embauche et de promotion dans les entreprises et les administrations ?

La mondialisation a été porteuse de croissance et de diffusion des connaissances mais a aussi engendré un monde plus fragmenté et, paradoxalement, moins solidaire, augmentant les inégalités de salaires et favorisant les délocalisations. La finance internationale n'a pas joué son rôle de catalyseur de la croissance et a fait revenir le capitalisme à ses pires travers. Des mesures indispensables pour remédier à ces défaillances du système financier sont nécessaires. Ainsi, la séparation des activités bancaires entre spéculation et économie réelle permettra de circonscrire les risques, et donc de limiter les engagements futurs de la puissance publique en cas de crise bancaire.

L'interdiction d'utiliser les paradis fiscaux est également nécessaire, et permettra de réduire l'évasion fiscale, notamment si la mesure est étendue à l'ensemble des grands groupes français. Enfin, la mise en place d'une véritable taxe sur les transactions financières, l'interdiction des stock-options, le plafonnement des frais bancaires et l'encadrement du crédit à la consommation répondent au souci légitime de mieux protéger des dysfonctionnements de la finance.

En matière de compétitivité, le bilan des cinq dernières années - 350 000 emplois industriels perdus, 900 usines fermées et un déficit commercial structurel - atteste d'une erreur stratégique dans l'analyse des déterminants de la compétitivité française, laquelle repose principalement sur la qualité de nos produits, de nos processus industriels et de notre gouvernance. Création d'une banque publique d'investissement dotée d'un réseau régional, incitations fiscales à la localisation des investissements en France, baisse de la cotisation foncière pour les entreprises qui innovent, instauration d'un crédit impôt innovation ciblé sur les entreprises effectivement concernées par la concurrence internationale... Ces mesures du candidat socialiste s'inscrivent dans la perspective qui convient pour relever le défi de l'innovation qui se pose aujourd'hui.

Le débat sur la politique économique à suivre ne doit pas occulter les questions économiques fondamentales qui se posent maintenant. Voulons-nous toujours plus d'objets de consommation, à l'obsolescence accélérée, consommateurs d'énergie et générateurs de déchets ? Ou bien plus de santé, plus d'éducation, plus de qualité de vie ? Réussir la transition écologique, c'est changer de mode de vie, créer une nouvelle civilisation urbaine fondée sur des activités de proximité, mettre fin à l'étalement urbain - catastrophe économique, écologique et sociale - et mettre en œuvre les investissements considérables qui seront nécessaires à la transition énergétique.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à voter pour François Hollande. Alors que le souvenir de 2007 nous oblige à la plus grande réserve sur les multiples promesses de campagne du candidat sortant, François Hollande a présenté un agenda de réformes qui dessinent à nos yeux la voie souhaitable. La crédibilité, l'ambition et la cohérence sont de son côté.

 

 

Philippe Aghion (Harvard), Michel Aglietta (Paris-X Nanterre), Yann Algan (Sciences Po Paris), Rémi Bazillier (université d'Orléans), Maya Beauvallet (Telecom Paristech), François Bélorgey (Irest), Françoise Benhamou (Paris-XIII), Eric Brousseau (Paris-Dauphine, Institut universitaire européen), Julia Cagé (Harvard), André Cartapanis (IEP Aix-en-Provence), Gilbert Cette (université de la Méditerranée), Thomas Chalumeau (Sciences Po Paris), Mireille Chiroleu Assouline (Paris-I), Daniel Cohen (Ecole normale supérieure), Elie Cohen (Sciences Po Paris), Brigitte Dormont (Paris-Dauphine), Bernard Gazier (Paris-I), Jean Imbs (Ecole d'économie de Paris, CNRS), Marc Fleurbaey (Princeton, Collège d'études mondiales), Samuel Fraiberger (New York University), André Gauron (Cour des comptes), Jérôme Gautié (Paris-I), Patrice Geoffron (Paris-Dauphine), Tristan Klein, Jacques Le Cacheux (université de Pau et des Pays de l'Adour), Jean-Hervé Lorenzi (Paris-Dauphine), Philippe Martin (Sciences Po Paris), Jacques Mistral (Harvard Kennedy School), El Mouhoub Mouhoud (Paris-Dauphine), Pierre-Alain Muet (fondateur du Conseil d'analyse économique, député socialiste, et membre de l'équipe de campagne de François Hollande), Fabrice Murtin (Sciences Po Paris), Dominique Namur (Paris-XIII), Romain Perez (Paris-I), Thomas Philippon (New York University), Thomas Piketty (EEP et EHESS), Michel Rainelli (université Nice-Sophia-Antipolis), Lionel Ragot (université d'Evry-Val-d'Essonne), Romain Rancière (EEP), Katheline Schubert (Paris-I), Laurence Tubiana (Sciences Po Paris, Columbia), Joëlle Toledano (Supélec), Dominique Villemot.

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 21:34

41eKVrhdOlL._SS500_.jpg Quels rapports le socialisme, les partis socialistes et les gouvernements socialistes européens ont entretenus avec le capitalisme ? Loin d’être purement linéaire, l’analyse de ces relations, du XIXème siècle jusqu’à nos jours, en dit beaucoup sur l’identité du socialisme aujourd’hui et sur ses perspectives futures. C’est à cette analyse que se sont livrés les 23 contributeurs de cet ouvrage.

Quels rapports le socialisme, les partis socialistes et les gouvernements socialistes européens ont entretenus et doivent entretenir avec le capitalisme ? Originellement, la situation semblait d’une certaine manière évidente : la SFIO était un « parti de classe qui a pour but (…) de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste » (statut 1er). Néanmoins, les bouleversements des schémas économiques et sociaux, ajoutés à l’accroissement fort du capitalisme (jusqu’à sa domination mondiale), amènent légitimement à repenser les rapports entretenus entre socialisme et capitalisme.


Loin d’être purement linéaire, l’analyse de ces relations, du XIXème siècle jusqu’à nos jours, offre sans nul doute une réponse intéressante quant à l’identité du socialisme aujourd’hui, ce qui le définit, ce qui fait sa particularité. De plus, l’analyse engage une réflexion essentielle quant aux perspectives futures du socialisme, métamorphosé face au capitalisme mondialisé qui domine depuis les années 1980.


Fruits de 23 contributeurs (historiens, politistes, sociologues), les textes qui composent cet ouvrage collectif sont issus de quatre séminaires de réflexion et d’un colloque placés sous la direction de Daniel Cohen, économiste, président du Conseil d’orientation scientifique de la Fondation Jean-Jaurès, et d’Alain Bergounioux, historien et directeur de La Revue socialiste.


L’intérêt de l’ouvrage est double. D’une part, il s’agit de comprendre l’identité du socialisme à travers l’analyse historique de ses rapports avec le capitalisme, à la fois dans la pensée, dans les doctrines et dans les politiques menées par les partis et les gouvernements socialistes européens. L’évolution de ces rapports est analysée à travers quatre périodes principales (avant 1914 ; les années 1930 ; la période post Seconde Guerre mondiale ; les années 1970) au sein desquelles la perspective visant à l’effacement du capitalisme (horizon originel de la doctrine socialiste) se réduit peu à peu pour laisser place à une sorte de « compromis durable » avec le capitalisme, conjuguant à la fois efficacité économique et réformes sociales. En outre, les années qui suivent la fin de la Seconde Guerre mondiale donnent naissance à une nouvelle dynamique dans l’histoire des partis socialistes européens et de la social-démocratie (bien que tout ne soit pas purement linéaire), comprenant peu à peu le marché comme facteur efficace de redistribution sociale et de prospérité (Congrès de Bad Godesberg, 1959).


Ainsi, on note différentes transformations du socialisme sous l’effet du capitalisme, passant successivement, pour reprendre les catégories de Fabrice d’Almeida, d’un « socialisme compréhensif » à un « socialisme déceptif », laissant place à un « socialisme réceptif », puis à un « socialisme prospectif ».


D’autre part, l’ouvrage doit éclairer les relations que le socialisme entretient et qu’il doit entretenir aujourd’hui avec le capitalisme, notamment à travers l’enjeu de la domination du capitalisme financier. Ainsi, analyser ces relations permet de réfléchir à ces outils nouveaux dont doivent se servir les partis et gouvernements socialistes européens, afin d’apporter des réponses appropriées, tenant compte à la fois de l’évolution du capitalisme depuis le XIXème siècle et des valeurs originelles du socialisme : justice sociale, démocratie, solidarité.


Bien sûr, les divergences entre partisans d’une idéologie de type marxiste, en proie à une critique constante du capitalisme, et les partisans d’un certain « réformisme », acceptant les compromis avec le capitalisme, ont toujours structuré les partis socialistes à l’échelle européenne et demeurent encore aujourd’hui objets de débat, bien que minimisés. Ce sont ces débats et ces oppositions entre « innovateurs » et « gardiens du temple » (Marc Lazar). Cependant, bien que certains revendiquent aujourd’hui leur hostilité face à la mondialisation, les partisans d’un certain « réformisme » voient en elle des vertus évidentes, en adéquation avec les valeurs socialistes, comme le fait, par exemple, qu’elle puisse faire sortir de la pauvreté certains pays (aujourd’hui pays émergents) ou qu’elle puisse assurer la mondialisation écologique et culturelle (défense de la démocratie dans le monde).


Rechercher les nouveaux instruments permettant de concilier développement capitaliste et justice sociale, croissance par le profit et prospérité collective, devient alors une clef possible – et non des moindres – pour répondre aux défis et aux enjeux actuels du socialisme. Cette analyse permet ainsi de répondre de manière pertinente et efficace aux questions de l’avenir du socialisme, offrant des outils qui permettent de conjuguer principes fondamentaux du socialisme et réalités du capitalisme mondialisé.


Bien qu’ayant l’histoire comme objet d’analyse principal, l’ouvrage réalise ce « droit d’inventaire » (Daniel Cohen) à tous points de vue essentiel, fondamentalement tourné vers l’avenir, à la recherche d’une identité qui doit permettre d’éclaircir la position, le rôle et l’action des socialistes européens vis-àvis de l’évolution du capitalisme et de sa complexité actuelle. Que l’on parle d’alternative au capitalisme ou d’économie sociale de marché, la claire compréhension du rapport qu’entretient le socialisme avec le modèle capitaliste est un enjeu de taille, apparaissant comme l’un des points qui mérite de ne plus susciter l’ambiguïté, souvent néfastes pour les socialismes européens.

Par SD32 - Publié dans : Parti Socialiste
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La fiscalité française est asphyxiée par sa complexité, son manque de transparence et l'accumulation de privilèges pour une minorité de contribuables ultra-riches. Mais on en reste trop souvent, en la matière, à des énoncés aussi vagues que stériles. Ce livre innove en proposant une critique d'ensemble du système fiscal français. Il démontre scientifiquement, pour la première fois, le caractère régressif de l'impôt dans notre pays (ce qui signifie que, tous prélèvements confondus, les taux d'imposition sont plus élevés pour les ménages les plus modestes et s'abaissent pour les plus riches). Pour cette raison, il fera date. Mais cette analyse au scalpel ne se contente pas de mettre au jour l'injustice du système. Elle plaide pour une révolution fiscale, chiffrée et opérationnelle, fondée sur trois principes: équité, progressivité réelle, démocratie. Ce livre contribue de manière décisive à l'édification d'une nouvelle critique sociale et se pose au centre du débat politique pour les années à venir.


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Cet essai est une contribution à cette indispensable réflexion de la gauche. Les idées qui y sont développées sont le fruit d’un investissement déjà ancien dans les questions de doctrine et d’analyse de l’opinion et d’un parcours d’élus locaux. Il ne fournit pas un programme clé en mains mais, revenant aux racines des défaites passées, il cherche à répondre à cette interrogation stratégique décisive : quelle offre politique de gauche peut répondre en 2012 aux attentes créées par les nouvelles réalités et expériences ? Quels leviers, quelles orientations générales peuvent fédérer une majorité idéologique et sociologique dans ce grand rendez-vous présidentiel ?

 

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La gauche européenne, aujourd’hui à la peine, peut connaître demain un spectaculaire retour de fortune. Les instituts de sondage la donne gagnante en France (2012) et en Allemagne (2013). Cette gauche ne vit pas son agonie, ni une crise de croissance, mais une crise de refondation, la troisième du genre, due au bouleversement de son écosystème politique. Henri Weber analyse les nouveaux paramètres historiques de l’action de la gauche au XXIe siècle : mondialisation et financiarisation de l’économie, bien sûr, mais aussi fragmentation de la société et du salariat, montée de l’individualisme moderne, avènement de la « vidéocratie », surgissement de « l’urgence écologique ».

 

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Gilles Finchelstein nous entraîne dans un vertigineux voyage au cœur de la dictature de l’urgence. On y découvre une réalité qui dépasse ce que chacun pressent.

la-dictature-de-l-urgence.jpg

 

Jean-Christophe Cambadélis a publié un nouveau livre "Dis moi où sont les fleurs ?" Essai sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy.

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Michel Rocard raconte une vie d'engagements qui conduira le jeune militant bouillonnant jusqu'au sommet de l'Etat. Evoquant ses combats actuels pour l'environnement et le développement, il nous délivre aussi une formidable leçon d'avenir.rocard-si-ca-vous-amuse.jpg

 
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