On se doutait que la première réunion entre les deux chefs d'Etat allait faire des éclairs, mais pas à ce point. Alors qu'il se rendait à
Berlin pour son tout premier voyage présidentiel, l'avion de François Hollande a failli être frappé par la foudre et a dû faire demi-tour. Il a ensuite redécollé afin que le nouveau
président puisse rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel.
Pour ce premier rendez-vous, le ton était clair: chacun est prêt à faire un pas vers l'autre, mais il y a encore du chemin à faire. Autrement dit? Pas de tabou! Discutons de tout, mettons tout sur la table et avançons. Un discours finalement assez honnête de la part des deux chefs d'Etat, qui ont su garder, chacun de son côté, leur ligne de conduite.
A noter tout de même, un gros pas en avant de la part d'Angela Merkel sur la Grèce qui s'est dite prête, pour la première fois, à "des mesures supplémentaires pour la croissance" dans le pays.
Qu'on ne s'y trompe pas: il s'agissait seulement d'une première prise de contact. Pas question de tout régler en une petite heure. Angela Merkel avait d'ailleurs déclaré, après la victoire de François Hollande, qu'il serait accueilli "à bras ouverts". Mais les thèmes du jour étaient d'importance: enclencher une première réflexion sur la politique de croissance en Europe, poser les bases d'une modification du traité budgétaire et évoquer le problématique cas grec.
Les deux chefs d'Etat sont parvenus à un consensus dans le discours, tout en affirmant chacun leur identité. Les divergences dans le couple Merkhollande n'ont d'ailleurs pas été masquées: François Hollande a précisé vouloir une "relation entre la France et l'Allemagne équilibrée et respectueuse de nos sensibilités politiques". Il n'empêche, chacun semble prêt à en discuter afin "d'avancer ensemble". Angela Merkel, de son côté, a fait plusieurs pas en direction du président français.
Couple franco-allemand: l'axe doit rester fort
"La rencontre d'aujourd'hui ne pouvait pas régler tous les problèmes mais nous avons vu qu'un président parlant en
français pouvait être compris par un chef d'Etat allemand, et réciproquement" a résumé François Hollande. Même son de cloche chez Angela Merkel qui a déclaré: "Je suis très heureuse
d'accueillir François Hollande et je pense que la coopération entre nous se déroulera très bien". Le 50e anniversaire du couple franco-allemand sera une façon de réaffirmer l'engagement des
deux pays. "Nous sommes d'accord pour dire que nous avons le devoir de travailler ensemble", a-t-elle ajouté, assurant que parfois la presse évoquait "des divergences plus
importantes qu'elles ne le sont réellement" entre elle-même et François Hollande. "La France et l'Allemagne sont conscientes de la responsabilité qu'elles ont pour l'Europe, les deux
pays avaient "le devoir" de travailler ensemble" a résumé la chancelière.
Croissance: Angela Merkel ouverte à des discussions
"Je rappelle que depuis février, mars, je parle de discuter et de travailler à la croissance. Il y a des points d'accord
mais aussi, bien sûr des divergences. Mais je me réjouis de discuter de ces points avec le président français" a rassuré Angela Merkel. "Le mot de croissance était certes inscrit dans le
pacte budgétaire. Mais rien n'était prévu. Je suis ravi qu'il revienne sur le devant de la scène grâce à la campagne présidentielle française. Après, je sais que bien que nous n'entendons pas la
même chose derrière ce mot. Mais nous allons en discuter" a complété le président français.
Pacte budgétaire: François Hollande reste ferme
"J'ai dit pendant la campagne et je répète que je voulais renégocier le pacte de stabilité. Nous avons décidé de tout
mettre sur la table, y compris les euro-bonds, et d'en discuter. Ce n'est qu'au terme de ces discussions que je pourrais répondre à la question de la ratification du pacte budgétaire" a
affirmé François Hollande, ne déviant pas de son discours de campagne, mais laissant la porte ouverte à d'autres solutions, comme une annexe sur la croissance dans le pacte budgétaire. Il a
toutefois concédé que la rigueur budgétaire était nécessaire.
La Grèce: Une main tendue par Angela Merkel
Pour les deux chefs d'Etat, la Grèce doit continuer à appliquer les réformes sur lesquelles elle s'est engagée. Mais
"nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro" ont martelé les deux chefs d'Etat. Et le couple franco-allemand aidera son voisin "à retrouver le chemin de la croissance" et
"à des mesures supplémentaires pour la croissance en Grèce" a précisé Angela Merkel, ce qui est une nouveauté. "Nous respectons le nouveau scrutin en Grèce et il faudra voir quelles
sont les possibilités pour relancer la croissance et voir comment nous pouvons les aider" a ajouté la chancelière. "Je respecterai quoi qu'il arrive le vote des Grecs. Mais mon rôle est
d'adresser un signe au peuple grec. Ils doivent savoir que nous irons vers eux pour leur permettre d'assurer leur présence en zone euro" a complété François Hollande.
Source The Huffington Post



« En ce jour où je suis investi de la plus haute charge de l'Etat, j'adresse aux Français un message de confiance. Nous sommes un grand pays qui, dans son
Histoire, a toujours su affronter les épreuves et relever les défis qui se présentaient à lui.
Il est des anniversaires dont on se serait bien passé : le 14 mai 2011. Ce jour-là, le favori des sondages à l’élection présidentielle, au faîte de sa popularité, Dominique
STRAUSS-KAHN, Directeur général du FMI, est arrêté à New-York.
Bien sûr, la France n'est pas une puissance internationale suffisante pour captiver l'audimat étranger. Pourtant
Le Parti socialiste européen (PSE) adresse ses plus sincères félicitations à
François Hollande à l’occasion de son élection comme 24e Président de la République française. Cette élection est une victoire pour le progrès, en France et en Europe.
Eh bien voilà. C'est fait! Les Français ont voulu le changement. Nicolas Sarkozy a perdu son pari d'être réélu.
Un lendemain de premier tour, les électeurs digèrent les résultats, et regardent ce qui s'est passé dans leur ville ou dans leur région. Ou
tout simplement, comme la majorité des citoyens, commentent les scores de chaque candidat devant la machine à café, avant de "reprendre une occupation normale" comme dit PPD à la fin de
la séquence des Guignols.
"Du passé, ou plutôt du premier tour, faisons table rase". Tel était le mot d'ordre de l'UMP tout au long de la soirée
électorale du 22 avril et il faut comprendre pourquoi.
Nous sommes économistes et suivons avec attention les débats en cours et les annonces faites par les candidats à la présidence. Nous jugeons leur ambition économique à la pertinence des
options qu'ils proposent, en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l'emploi, le redressement de notre compétitivité, la régulation financière et la vision des
politiques économiques européennes. Mais nous jugeons aussi de la crédibilité de leur projet, notamment la cohérence d'ensemble des propositions, leur impact sur la cohésion sociale de notre
pays, la constance et la fiabilité des engagements et leur compatibilité avec les contraintes budgétaires. Un candidat se dégage à nos yeux, le plus apte à redresser la France et rassembler les
Français. Ce candidat, c'est François Hollande.
